Jean-Baptiste de Gennes

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Jean-Baptiste de Gennes
Fonctions
gouverneur de l'île Saint-Christophe
Titres de noblesse
Comte d'Oyac (ou de Gennes)
Biographie
Naissance
Décès
Activité
Autres informations
Grade militaire
capitaine de vaisseau
Conflit
Distinction
Œuvres principales
Métier à tisser automatique
Premier explorateur français du détroit de Magellan
signature de Jean-Baptiste de Gennes
signature

Jean-Baptiste de Gennes, comte d'Oyac, seigneur de Bourg-Chevreuil, capitaine de vaisseau français, gouverneur de Saint-Christophe, né à Guérande vers 1656, et mort à Plymouth en août 1705.

Jean-Baptiste de Gennes a été le premier explorateur français du détroit de Magellan. Il a inventé une machine à tisser automatique utilisant des cames présentée à l'Académie royale des sciences en 1677 qui en fait un précurseur de Jacques Vaucanson.

Biographie[modifier | modifier le code]

Jean-Baptiste de Gennes appartient à la famille de Gennes qui était installée à Gennes-sur-Seiche. La famille s'était divisée en plusieurs branches, en Poitou, en Bretagne et en Anjou.

Jean-Baptiste de Gennes est le fils de Jean de Gennes, écuyer, seigneur du Boisguy et de Bourg-Chevreuil, était protestant, ainsi que sa mère Anne Naudin. Elle est la fille de Paul Naudin, seigneur du Vieux-Pont, apothicaire à Paris, valet de chambre du roi. Ses deux frères sont morts en bas âge. Tombé dans la misère, il a dû exercer « un art mécanique qui fait une partie nécessaire de la médecine » pour entretenir sa famille[1].

Il est remarqué par le duc de Vivonne qui l'a tiré de la boutique paternelle, l'a emmené à Messine puis la fait entrer dans la marine royale à Rochefort, en 1673. Il est nommé lieutenant de frégate légère en 1680, lieutenant de vaisseau après sa conversion, en 1685. Il a participé à une expédition que avait pour but de faire un relevé des côtes d'Espagne, en 1686.

Il a continué ses études dans l'art mécanique. Il a inventé une horloge « ascendante » sans ressort ni contrepoids. En 1677, il a présenté à l'Académie royale des sciences une machine à tisser ne nécessitant pas d'ouvriers[2]. C'est le premier emploi de cames dans un métier à tisser, mais son métier à tisser n'a jamais fonctionné. Jacques Vaucanson a repris ses idées mais il a substitué aux cames des bielles qui ont permis de simplifier le système primitif[3]. Le Père Labat a vu en 1700, à l'île Saint-Christophe un paon mécanique que le comte de Gennes avit construit.

En 1687, il a obtenu un congé pour travailler à un « machine de la longitude ». Il participe avec Jean Du Casse (vers 1650-1715) à une expédition le long de la côte du Surinam, en 1689. Une absence injustifiée et un bref voyage en Hollande ont fait naître des soupçons quant à la qualité de sa loyauté et à sa conversion. Cependant, à son retour, il est nommé capitaine de vaisseau, en 1691. Il monte la garde devant l'entrée de la rivière de Rochefort sur le Soleil d'Afrique, vaisseau du 5e rang.

En 1695, Jean-Baptiste de Gennes a proposé d'établir une base française sur la côte du Pacifique de l'Amérique du Sud pour conquérir les mines d'argent du Pérou. Une société comprenant 85 actionnaires est formée à la Cour dont Vauban, Villars, le duc de Chaulnes et le duc de Nevers, la princesse de Conti, la marquise de Montespan, a recueilli 183 833 livres tournois. Six navires : le Faucon-Anglais (capitaine Jean-Baptiste de Gennes), le Soleil-d'Afrique (capitaine Du Parc), le Séditieux (capitaine de la Rocque), la Félicité frégate du roi, une flûte la Gloutonne, la Féconde se détache du convoi pour aller en Gambie puis à Cayenne[4]] sont armés et partent de La Rochelle sous le commandement de de Gennes le 3 juin 1695. Il passe par Gorée, la rivière de Gambie où il enlève le fort Saint-Jammes tenu par les Anglais, il fait transporter les Noirs qu'il a trouvé dans les magasins anglais dans les îles françaises pour les vendre, en 1696[5]. Il a relâché dans la baie de Rio de Janeiro et arrive le 11 février 1696 à l'entrée du détroit de Magellan mais il tente deux fois de le franchir, sans succès à cause des vents. Il abandonne et va croiser plusieurs mois dans la mer des Antilles où il capture 5 bateaux anglais, dont le Didaper qu'il conduit au port de Saint-Pierre, à la Martinique. Ses bâtiments arrivent à La Rochelle le 21 avil, sauf celui de Porée qui arrive plus tard. Cette expédition n'est pas une réussite financière[6],[7],[8].

Il est nommé chevalier de Saint-Louis en 1697. La Compagnie de la mer du Sud lui demande de commander une nouvelle expédition qui doit passer par le détroit de Magellan, mais les conditions posées ne le satisfaisant pas, il refuse. Le commandement de l'expédition a été donné à Jacques Gouin de Beauchêne (1697-1701).

Ayant visité la Guyane, il obtient de Louis XIV une concession de terrain le long de la rivière Oyac et reçoit le titre de comte par lettres patentes de juin 1697[9]

Il est nommé gouverneur de l'île Saint-Christophe en 1699. Au début de la guerre de Succession d'Espagne, le général Codrington le somme de se rendre. Après avoir demandé l'avis de ses officiers, il capitule devant les Anglais le16 juillet 1702. Il est retenu prisonnier par les Anglais, puis libéré, il part en bateau pendant son voyage vers la terre qu'il possédait sur les rives de l'Oyac, il est capturé par un corsaire hollandais qui l'amène à Saint-Thomas. Il est ensuite enfermé à la Martinique où il a été accusé de trahison et de lâcheté devant l'ennemi. Le conseil de guerre présidé par le nouveau gouverneur Machault l'a condamné. Il est enfermé au Fort-Royal, condamné en août 1704, dégradé de la noblesse et privé de la croix de Saint-Louis, puis libéré. Il écrit à Jérôme de Pontchartrain pour défendre son honneur. Il a été ramené en France sur la Thétis avec les pièces de son procès. La Thétis est coulée par l' Exeter le 25 février 1705. L'équipage est conduit à Kinsale, en Irlande, et de Gennes est amené à Plymouth où il meurt en août 1705. Il a été défendu par le Père Labat[10]. Il a été ensuite réhabilité par Louis XIV.

Famille[modifier | modifier le code]

Manoir de Bourgchevreuil
  • Jean de Gennes, sieur de Boisguy et de Boisteilleul (†1592) marié à Catherine de Ravenel (†1592) ;
    • Jean de Gennes, sieur de Boisguy, né le 9 décembre 1584 à Vitré, marié à Françoise Doudart, dame de l'Isle, fille de Guillaume Doudart, sieur du Prat et de La Grée et de Gilette Loret. Jean de Gennes est un protestant. Il achète par un acte du 12 juin 1625 la terre noble de Bourgchevreuil qui se compose du manoir de Bourgchevreuil, de la métairie, du jardin, du verger et des bois, situé à Cesson, à Jacques Bonnier. Cette terre relevait du marquisat de Cucé qui était exempt de fouage. Il a agrandi le domaine en achetant des terres en 1626, 1633, 1635 et 1637. Les revers de fortune de son fils ont fait que le manoir a été transmis à ses deux filles, Catherine et Marie. Le domaine est resté dans la famille jusqu'à sa vente à Jacques Robinois, marchand de vin, le 27 janvier 1715[11] ;
      • Jean de Gennes, seigneur de Bourg-Chevreuil, sieur de Boisguy, marié en 1643 à Anne Naudin (1612- ), fille de Paul Naudin, seigneur du Vieux-Pont. Ayant connu des revers de fortune, la coutume de Bretagne acceptant la dormition de la noblesse pendant la dérogeance, il a exercé « un art mécanique qui fait partie nécessaire de la médecine » pour entretenir sa famille ;
        • Jean-Baptiste de Gennes, comte d'Oyac, seigneur de Bourg-Chevreuil et de Boisguy (vers 1656-1705) marié en premières noces en 1681 avec Marie Guillet, protestant, fille d'un capitaine de vaisseau, dont il a 5 filles dont 2 mortes en bas âge. Il s'est remarié à Rochefort, le 1er juin 1690, avec Marie Savouret, fille d'un marchand bourgeois de La Rochelle. Protestante, elle abjure après la révocation de l'édit de Nantes, dont il a quatre filles dont une morte en bas âge, et un fils ;
          • du premier mariage : Anne Henriette de Gennes (1690-La Rochelle, 1751) mariée en 1719 à Pierre Louis Gaultier, seigneur de Beaupré ;
            • Marie Catherine Gaultier (1721-1776) mariée en 1746 avec René François de Gennes, seigneur de La Touche (1712-1782) ;
              • Marie Geneviève de Gennes (1755-1838), comtesse de Gennes à la mort de son grand-oncle en 1787, mariée à Poitiers, en 1785, avec Marie Narcisse Dubois de Montcez, seigneur des Anorelles (1749-1799) ;
                • Louis Dubois de Gennes (1786-1826)
          • du second mariage : Jean Guillaume de Gennes, né le 16 mars 1699, mort en 1787, comte de Gennes, prêtre, grand archidiacre du chapitre de La Rochelle. Il a contre la réunion au domaine prononcée par d'Orvilliers de la comté érigée pour son père sur les bords de la rivière d'Oyac ;
      • Catherine de Gennes (†1680) mariée vers 1640 avec Jacques de Farcy, seigneur de la Ville du bois, sieur de Painel (†1682)[12]
        • René Farcy, seigneur de la Ville du bois (1647-1694) marié à Charlotte l'Evesque ;
        • Jean de Farcy, seigneur de Mué (1647- ) marié en 1670 à Suzanne Ravenel (1653- )
        • Michel Farcy (†1680)
        • Françoise Farcy mariée en 1659 à Jacques de Camprond, seigneur de Glatigny
      • Marie de Gennes mariée à René de Farcy, seigneur de la Daguerie
        • François de Farcy, seigneur de Pont-Farcy, marié à Marie du Breil[13].

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Jean-Baptiste Labat, Nouveau voyage aux isles de l'Amérique, p. 334
  2. Journal des sçavans, 1678, p. 317-320 (lire en ligne)
  3. Isidore Hedde, Études séritechniques sur Vaucanson , p. 46
  4. Erik Wilhelm Dahlgren, Voyages français à destination de la mer du Sud avant Bougainville (1695-1749), dans Nouvelles archives des missions scientifiques et littéraires. Choix de rapports et instructions publié sous les auspices du Ministère de l'Instruction publique et des beaux-arts, Imprimerie nationale, 1907, tome 14, p. 447-449 (lire en ligne)
  5. Jean-Baptiste Labat, Nouveau voyage aux isles de l'Amérique, p. 46
  6. 'XXXV. Monsieur de Gennes, dans Charles de Brosses, Histoire des navigations aux Terres Australes, chez Durand, Paris, 1756, tome 2, p. 104-112 (lire en line)
  7. Philippe Hrodej,Gilbert Buti, Dictionnaire des corsaires et des pirates, éditions du CNRS, Paris, 2013 (ISBN 978-2-271-07701-1)
  8. François Froger, Relation d'un voyage : fait en 1695, 1696 et 1697 aux côtes d'Afrique, détroit de Magellan, Brésil, Cayenne et isles Antilles, par une escadre des vaisseaux du roy, commandée par M. De Gennes, chez Michel Brunet, Paris, 1698 (lire en ligne)
  9. Notre cher et bien aimé le sieur Jean Baptiste de Gennes, écuyer, seigneur de Bourg Chevreuil, chevalier de l'Ordre royal militaire de Saint- Louis, et capitaine entretenu dans la marine nous ayant très humblement fait remontrer qu'il se trouve vis-à-vis de Cayenne une rivière nommée Oyac,le long des bords de laquelle il y a une quatité très considérables d’arbres très propres pour la construction de nos vaisseaux et d’autres dont le débit peut-être convenable au commerce,et pour la commodité des habitants des isles françoises de l’Amérique,et d’autant que les bords de la dite rivière ne sont habités que par les naturels païs,ils nous auraient supplié de leur accorder nos lettres de concession pour la défricher et y établir des habitations et moulins, sans crainte d'y être troublés ; à ces causes,voulant favorablement traitter lesdits exposants en considération des bons et agréables services qu’ils nous ont rendus,nous avons de notre grâce spéciale,pleine puissance et authorité royale,donné et octroyé,donnons et octroyons par ces présentes signées de notre main aux dits sieurs messieurs de Ferrolles et de Gennes, les bords de la rivière d'Oyac dans l'étendue de neuf cents pas de chaque côté depuis les deux caps où finit l'habitation des pères jésuittes,jusqu’au haut en remontant,pour en jouir à perpétuité par eux,leurs hoirs,ou ayant cause,sans pouvoir être troublés en leur possession et jouissance pour quelque cause et sous quelque prétexte que ce soit,sans que pour raison de ce ils soyent tenus de nous payer,ny à nos successeurs roys, aucune finance, ni indemnité, de laquelle, à quelque somme qu 'elle puisse monter,nous leur avons fait don et remise.Si donnons en mandement à nos aimés et féaux les gens tenant notre conseil souverain à la Martinique,et à tous nos autres officiers de ladite isle de cayenne qu’il appartiendra que ces présentes ils fassent enregistrer et du contenu en icelles jouir et user paisiblement et perpétuellement lesdits sieurs marquis de Ferrolles et de Gennes, cessant et faisant cesser tous troubles et empêchements contraires,car tels est notre plaisir ;et affin que ce soit chose ferme et stable à toujours,nous avons fait mettre notre scel à ces présentes,sauf entre autres choses notre droit et l’autrui en touttes. Donné à Marly. Les concessions ont été enregistrées au greffe de Cayenne le 10 mars 1698.
  10. Jean-Baptiste Labat, Nouveau voyage aux isles de l'Amérique, p. 329-342
  11. Ville de Cesson-Sévigné : Manoir de Bourgchevreuil
  12. François-Alexandre Aubert de La Chenaye-Desbois, Dictionnaire de la noblesse, p. 242 (lire en ligne)
  13. François-Alexandre Aubert de La Chenaye-Desbois, Dictionnaire de la noblesse, p. 243 (lire en ligne)

Annexes[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • François Froger, ingénieur volontaire sur le vaisseau Le Faucon Anglois, Relation d'un voyage fait en 1695. 1696. & 1697. aux côtes d'Afrique, détroit de Magellan, Brezil, Cayenne & isles Antilles, par une escadre des vaisseaux du roy, commandée par Monsieur de Gennes, chez Nicolas Le Gras, Paris, 1700 (lire en ligne)
  • Jean-Baptiste Labat, Nouveau voyage aux isles de l'Amérique. Contenant l'histoire naturelle de de ces pays, les origines, les mœurs, la religion & le gouvernement des habitants anciens & modernes, chez P. Husson, La Haye, 1724, tome 2, p. 46-47, 182, 190, 297-298, 329-342 (lire en ligne)
  • N.. de Gennes, dans Prosper Levot, Biographie bretonne, Cauderan libraire-éditeur, Vannes, 1852, tome 1, p. 772-774 (lire en ligne)
  • Isidore Hedde, Études séritechniques sur Vaucanson , Eugène Lacroix, Paris, 1876, p. 12-17, 36-37, 46, 56, 62, 77, 105, 107 (lire en ligne)
  • Hubert Juet, Louis XIV à la conquête du Pérou avec Jérôme de Ponchartrain, 1694-1715, Éditions Le Sémaphore, Paris, 2001 (ISBN 978-2-912283-48-1)
  • Jacques-François Artur, Histoire des colonies françoises de la Guiane, texte établi, présenté et annoté par Marie Polderman, Ibis rouge, Matoury, 2002
  • Philippe Hrodej,Gilbert Buti, Dictionnaire des corsaires et des pirates, CNRS éditions, Paris, 2013 (ISBN 978-2-271-07701-1) (aperçu) Document utilisé pour la rédaction de l’article

Article connexe[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]