Jean-Baptiste Julien d'Omalius d'Halloy
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Edmond de Sélys Longchamps (gendre) |
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Jean-Baptiste Julien d'Omalius d'Halloy, né à Liège le et mort à Bruxelles le , est un homme d'état et géologue belge. Omalius d'Halloy est gouverneur de la province de Namur[1] pendant la période du royaume uni des Pays-Bas (1815-1830). En 1848, il est élu au Sénat belge dont il devint vice-président trois ans plus tard en 1851, poste qu'il occupe jusqu'à 1870. Il est de ce fait le plus long titulaire du poste de vice-président du Sénat de l'histoire de la Belgique. Jean-Baptiste d'Omalius est également l'un des pionniers de la géologie moderne en Europe occidentale.
Biographie
[modifier | modifier le code]Jean-Baptiste d'Omalius d'Halloy, né à Liège le , est le fils unique d'une ancienne et noble famille. Il a eu deux filles. Du fait du mariage le de sa fille Sophie Caroline d'Omalius d'Halloy (1818-1869) au baron Michel Edmond de Selys-Longchamps, vice-président du Sénat de Belgique, entomologiste renommé, président de la Société royale des sciences de Liège, tous les descendants actuels de la famille de Selys Longchamps descendent de Jean-Baptiste Julien d'Omalius d'Halloy. Parmi ceux-ci :
- Hector de Sélys Longchamp (1878-1957) : homme politique libéral belge.
- Jean de Selys Longchamps (1912-1943) : officier belge engagé dans la RAF pendant la Seconde Guerre mondiale et qui doit sa notoriété à l'audacieux mitraillage du siège de la Gestapo à Bruxelles en 1943.
- Gérard de Sélys (1944-2020) : journaliste, militant de gauche et écrivain belge.
- Delphine de Saxe-Cobourg (née en 1968) : princesse de Belgique, fille adultérine du roi Albert II de Belgique et de la baronne Sybille de Selys Longchamps
Après avoir terminé ses études classiques dans sa ville natale, il est envoyé à Paris en 1801 par ses parents pour bénéficier des avantages sociaux et littéraires de la métropole. Il manifeste un vif intérêt pour la géologie, en particulier pour les travaux de Buffon ainsi que pour les riches collections du Jardin des Plantes.
Il visite à nouveau Paris en 1803 et 1805, et pendant ces périodes assiste aux conférences de Fourcroy, Lacépède et Georges Cuvier. Ses voyages de retour étaient généralement l'occasion d'une expédition géologique à travers le nord de la France. Dès 1808, il communique au Journal des Mines un article intitulé Essai sur la géologie du Nord de la France. Il conçoit alors le projet de faire une série d'enquêtes dans tout le pays. Cela a été renforcé par une commission chargée d'exécuter une carte géologique de l'empire qui apportait avec elle l'exemption du devoir militaire. C'est ainsi que Jean-Baptiste d'Omalius devient l'un des pionniers de la géologie moderne. Il jette les bases de la géologie dans les régions carbonifères de Belgique et des provinces rhénanes et dans les gisements tertiaires du bassin parisien.


Ses activités scientifiques ne l'empêchent pas d'exercer de nombreuses responsabilités politiques. En 1807, il est bourgmestre de Skeuvre puis, en 1811, de Braibant. En 1814, il est sous-intendant de l'arrondissement de Dinant et, en 1815, secrétaire général de la province de Liège. Cette même année, il devient gouverneur de Namur après la création du royaume uni des Pays-Bas. Il occupe cette fonction jusqu'après la révolution de 1830, publiant au cours de cette période le code administratif de la province de Namur. En 1827, il est nommé conseiller d’état par le roi Guillaume Ier. La même année il publie le code administratif de la province du Luxembourg qui sert de guide pour les services administratifs de la province. Il y reprend par catégorie les lois, arrêtés, circulaires et règlements[2].
Parallèlement, il occupe ses temps libres à la recherche géologique. En 1813, il avait parcouru déjà plus de 25 000 km en France et dans certaines parties de l'Italie. Sa famille n'avait cependant que peu de sympathie pour son activité géologique et le persuade de renoncer à ses expéditions. La carte qu'il avait faite de la France et des territoires voisins n'est publiée qu'en 1822 et sert de base aux relevés plus détaillés d'Armand Dufrénoy et d'Elie de Beaumont. En 1822, il est le premier à définir le Crétacé comme une période géologique distincte[3]. Il réalise la première carte géologique de la France, du Benelux, de la Rhénanie et de la Suisse, terminée en 1813 et publiée en 1822. En 1830, il prend parti pour Geoffroy Saint-Hilaire contre Cuvier. Jusqu'en 1841, il n'y a pas d'autres cartes géologiques que celles dessinées par d'Omalius pour la France. C'est seulement à cette époque qu'Ami Boué fait paraître une carte géologique comprenant la partie occidentale de l'Europe.

Il est élu membre du Sénat belge en 1848, en devient le vice-président en 1851, position qu'il conservera jusqu'à sa retraite de la vie politique en 1870, à l'âge de 87 ans. Dans ses dernières années, il accorde une grande attention aux questions d'ethnologie et de philosophie. Sa mort est précipitée par les efforts d'une expédition scientifique entreprise seul au cours de sa 91e année. Il meurt à Bruxelles le 15 janvier 1875.
Il était membre de l'Académie royale de Belgique (élu le et président en 1850, 1858 et 1872)[1], président de la Société géologique de France (1852) et membre correspondant de l'Académie des sciences de France (1842). Il est fait membre étranger de la Royal Society en 1873.
Publications scientifiques
[modifier | modifier le code]- 1808 - Essai sur la géologie du nord de la France
- 1823 - Carte géologique de la France dressée sur commande du gouvernement de Napoléon Ier. Prête en 1813, elle ne fut publiée que dix ans plus tard.
- 1828 - Description géologique des Pays-Bas
- 1831 - Eléments de Géologie
- 1833 - Introduction à la Géologie
- 1842 - Coup d'œil sur la géologie de la Belgique
- 1843 - Précis élémentaire de Géologie
- 1845 - Des Races humaines ou Eléments d'Ethnographie : un Manuel pratique d'ethnographie ou description des races humaines. Les différents peuples, leurs caractères sociaux, divisions et subdivisions des différentes races humaines.
- 1853 - Abrégé de Géologie
- 1860 - Minéralogie, A. Jamar (Bruxelles). texte en ligne disponible sur IRIS
- 1874 - Le transformisme, Revue scientifique,
Ainsi que de nombreux mémoires et notes dans: Le Journal de physique, de chimie et d'histoire naturelle, Les Annales des mines de France, Les bulletins de la Société d'anthropologie de Paris, Les bulletins de la Société géologique de France et ceux de l'Académie royale de Belgique.
Hommages et distinctions
[modifier | modifier le code]En 1829, il est fait docteur honoris causa en philosophie à l’Université de Louvain[2].
Dans la troisième édition de De l'origine des espèces publiée en 1861, Charles Darwin ajoute une « Esquisse historique » (Historical Sketch en anglais) faisant honneur aux naturalistes qui l'avaient précédé dans la publication de l'opinion selon laquelle les espèces subissent des modifications et que les formes de vie existantes sont descendues par véritable génération. à partir de formes préexistantes. Cela comprenait d'Halloy -
En 1846, le géologue vétéran M. J. d'Omalius d'Halloy publia dans un excellent, quoique court article ("Bulletins de l'Acad. Roy. Bruxelles", tom. xiii. p. 581), son opinion qu'il est plus probable que de nouvelles espèces ont été produites par descendance avec modification, qu'elles n'ont été créées séparément : l'auteur a d'abord promulgué cette opinion en 1831[4].
Pierre Berthier lui a dédié une espèce minérale l'halloysite, un minéral argileux en son honneur.
Le « square d'Omalius », à Namur, lui est dédié, au centre duquel trône sa statue, œuvre de Guillaume Geefs. La « rue d'Omalius » à Liège et à Ciney lui rendent hommage.
Les distinctions suivantes lui ont été attribuées :
Notes et références
[modifier | modifier le code]- « Jean-Baptiste Julien d'Omalius d'Halloy », sur le site de l'Académie royale de Belgique, Who's who, sur academieroyale.be (consulté le ).
- « Omalius d'Halloy, Jean-Baptiste-Julien d' (1783-1875) — Bestor », sur www.bestor.be (consulté le )
- ↑ J.-J. d’Halloy, d’Omalius, « Observations sur un essai de carte géologique de la France, des Pays-Bas, et des contrées voisines » [« Observations sur l'essai d'une carte géologique de la France, des Pays-Bas et des pays voisins »], Annales des Mines, vol. 7, , p. 353–376 (lire en ligne), p. 373 : « La troisième, qui correspond à ce qu'on a déjà appelé formation de la craie, sera désignée par le nom de terrain crétacé. »
- ↑ Darwin 1861, p. xvi
Voir aussi
[modifier | modifier le code]Liens externes
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- Ressources relatives à la recherche :
- Ressource relative à la santé :
- Ressource relative à plusieurs domaines :
- Notices dans des dictionnaires ou encyclopédies généralistes :
- La première carte géologique de France et de Belgique, par Jean-Baptiste d'Omalius sur le site de l'université de Liège
- [PDF] Notice sur Jean-Baptiste-Julien d'Omalius d'Halloy sur le site de l'Académie royale de Belgique
- Géologue belge du XIXe siècle
- Personnalité du règne de Léopold Ier de Belgique
- Membre du Congrès national de Belgique
- Sénateur belge
- Vice-président du Sénat belge
- Membre étranger de la Royal Society
- Membre de l'Académie royale des sciences, des lettres et des beaux-arts de Belgique
- Membre de l'Académie des sciences (France)
- Grand officier de l'ordre de Léopold
- Naissance en février 1783
- Naissance à Liège
- Décès en janvier 1875
- Décès à 91 ans