Jean-Baptiste Sénac

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Jean-Baptiste Sénac (1693–1770), chimiste et médecin français, précurseur de la cardiologie, fut conseiller d'État et premier médecin de Louis XV, surintendant des eaux minérales du royaume[1]. Il releva les points communs des symptômes en cardiologie.

Le premier médecin du roi 1752-1770[modifier | modifier le code]

Jean Baptiste de Senac, gravure de Petit le Jeune, 1759, d'après Desrochers.

Jean-Baptiste Sénac naît en 1693 à Lombez, dans le département du Gers, en Gascogne. Son père est avocat, sa mère, fille de notaire.

Il fait une partie de ses études de médecine à Leyde, chez un condisciple de Newton ; il suit ensuite à Londres les cours de John Freind ; il est docteur de Montpellier. Une fois à Paris, il veut être médecin sans soutenir de thèse devant la faculté de la capitale, ce qui lui est refusé (Sénac ne l'oubliera pas[2]). En , il est nommé, sur la recommandation de Joseph-Guichard Du Verney et de Jacques-Bénigne Winslow, adjoint anatomiste à l'Académie royale des sciences.

De 1732 à 1748, il est médecin de l’Hôpital royal et de l’Infirmerie de Versailles. Vers 1737- 1741, il est médecin de la maison royale de Saint-Cyr.

Durant la guerre de 1745, il est le médecin du maréchal Maurice de Saxe, qu'il sauve d'une grave maladie.

Sénac sait gagner l'estime et l'amitié des grands du royaume, puis celle de Louis XV, qui en fait en 1752[2] son premier médecin. Il meurt le , âgé d’environ 77 ans. Louis XV ne voulut pas choisir un autre premier médecin[2].

Descendance[modifier | modifier le code]

De son mariage célébré à Blaye en 1721 avec Marie Thérèse Tanet, d’une famille de marchands de Gironde, naissent trois enfants:

  • Jean Sénac (1723-1783) fermier général pendant dix-huit ans, puis lecteur du cabinet du roi
  • Marie Thérèse Sénac (1729 Saint-Germain en-Laye -1795) qui épouse en 1752 Jean François Imbert (1722-1785), professeur de la faculté de médecine de Montpellier, médecin en chef de l’expédition de Minorque en 1756, Inspecteur des hôpitaux militaires, tant pour le Languedoc que le Roussillon, la Provence et le Dauphiné
  • Gabriel Sénac de Meilhan (1736 Versailles -1803), intendant de justice, police et finances dans plusieurs généralités, et écrivain
Jean-Baptiste de Sénac

Un des fondateurs de la cardiologie[modifier | modifier le code]

Le coeur, circa 1749

Bien qu'il ait eu d'illustres précurseurs tels Richard Lower à Londres et Raymond Vieussens à Montpellier, Sénac est souvent cité comme fondateur de la cardiologie. Il fait des recherches poussées sur l'hypertrophie cardiaque. Il étudie les effets pharmacologiques du Cinchona et de la rhubarbe, étudie les lésions du cœur aussi bien qu'on pouvait le faire avant l'auscultation: le pouls est alors le seul moyen d'investigation. Il découvre dans ses autopsies le lien entre la fibrillation atriale et l'insuffisance mitrale.

Jacques Poulet dit de lui qu'« il faut retenir à son actif le fait d'avoir montré que les affections cardiaques possédaient en commun un cortège fonctionnel et d'avoir insisté sur la latence clinique de nombre de ces affections. » Ainsi il est le premier à reconnaître la gêne respiratoire et l'œdème des jambes comme des symptômes significatifs.

Œuvres[modifier | modifier le code]

Œuvres originales[modifier | modifier le code]

Traductions[modifier | modifier le code]

  • Anatomie de Heister avec des Essais de physique sur l'usage des parties du corps humain et sur le mécanisme de leurs mouvements, traduction annotée avec des Essais originaux :
    • t. 1 ; t. 2 et t. 3 de l'édition « revue, corrigée et augmentée considérablement » de 1753

Fausses attributions[modifier | modifier le code]

Jugements de ses contemporains[modifier | modifier le code]

  • « Sénac vient d’être déclaré premier médecin du Roi. Depuis ce temps, on le démasque et l’on donne ce choix comme des plus mauvais. L’on dit que c’est un scélérat, et digne de la recommandation des Noailles qui l’y ont porté. Il se trouve qu’il a été jésuite, puis en fuite en Hollande où il a été ministre calviniste, puis en Angleterre où il s’est fait ministre anglican, puis enfin médecin. Il a de l’esprit, mais peu d’idées ; il ne fait que se servir habilement de celles des autres. Sa réputation tombait à Paris : il était temps, dit-on, qu’il passât à la cour." Journal du marquis d’Argenson, 18 avril 1752, p. 203-204.

Bibliographie[modifier | modifier le code]

Compléments[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Depuis les lettres patentes de Louis XIV du unissant la « surintendance des eaux minérales et médecinales du Royaume à la charge de premier médecin du Roy », le titulaire était la même personne.
  2. a b c et d Michaud.
  3. « Ces lettres pseudonymes fort piquantes dans lesquelles Sénac réfute la doctrine de Sylva sur la révulsion et la dérivation, et écrites contre plusieurs médecins du temps, attirèrent des désagréments à Laméthrie, qui fut accusé d'en être l'auteur, et dont elles occasionnèrent en partie l'expatriation. » Joseph-Marie Quérard, « Senac (Jean-Baptiste »), dans La France littéraire, ou dictionnaire bibliographique des savants, 1838, p. 46.
  4. Numérisation de BIU Santé.
  5. « Fièvre caractérisée par des rémissions de 1 à 2 degrés dans les vingt-quatre heures, mais sans retour à la normale », définition de Termium Plus.
  6. « Sénac Jean-Baptiste (1693–1770) », site universalis.fr.
  7. Notice BnF no cb353207107.
  8. Notice BnF no 34954468.

Liens externes[modifier | modifier le code]