Jean-Baptiste Réveillon
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Cimetière du Père-Lachaise, Grave of Jean-Baptiste Réveillon (d) |
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Entrepreneur, homme d'affaires, wallpaper manufacturer |
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Jean-Baptiste Réveillon, né le à Paris et mort le dans la même ville, est le propriétaire de la Manufacture royale de papiers peints à la Folie Titon au faubourg Saint-Antoine. Il est au centre de l’« affaire Réveillon », émeute précurseure de la Révolution française.
Biographie
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Fils d'un bourgeois de Paris[1], Réveillon achète un fonds de commerce en 1753 à son patron, François Maroy, papetier, dont il épouse la fille, Marie Anne Maroy, l'année suivante[2]. Il est d'abord marchand mercier avec une boutique rue de l'Arbre-Sec avant de devenir fabriquant. Il fait fortune grâce aux papiers peints, il fait travailler les dessinateurs des Gobelins et devient le second employeur du faubourg Saint-Antoine où il installe son entreprise en 1760, environ 400 personnes dont 100 enfants travaillent pour lui. Dès 1763, il loue les locaux de la Folie Titon avant de les acheter en 1767[3]. Achetant au départ ses papiers en Angleterre via la Hollande, il les produit ensuite lui-même, notamment à sa papeterie de Courtalain-en-Brie dont il devient propriétaire en 1772[3]. Sa « fabrique de papier velin » obtient le titre de manufacture royale en 1783[3].
Réveillon fournit une assistance importante aux frères Montgolfier dans la réalisation de leurs premiers aérostats. Il leur fournit le papier qui enveloppe le ballon qui est assemblé dans les jardins de la manufacture. La première montgolfière habitée est appelée Le Réveillon en son honneur. Ce premier vol, effectué par son adjoint Giroud de Villette et le physicien Pilâtre de Rozier, a lieu le .

Le , il propose, à la suite d’un hiver particulièrement rigoureux, de déréglementer la distribution du pain pour entraîner une baisse des prix, qui permettrait en retour de moindres coûts salariaux qui se traduiraient par des prix de fabrication plus bas qui stimuleraient rapidement la consommation[réf. souhaitée]. Cette proposition fut comprise par la population parisienne déjà en colère comme une proposition de baisse des salaires des ouvriers à 15 sous par jour, qui déclenche une révolte à la Folie Titon, pillée le dans le faubourg Saint-Antoine, et qui finira dans le sang, avec des affrontements dans la rue entre les ouvriers de sa manufacture, de la manufacture de Saint-Gobain et la population, contre les troupes royales. Son effigie est portée jusqu’en place de Grève et pendue.
Cette émeute illustre le climat qui règne à Paris à la veille de la réunion des états généraux de 1789. Quelques mois plus tard, le , ces mêmes ouvriers participent à la prise de la Bastille, à la porte du bourg de Paris, du côté de ce faubourg.
À la Révolution, il émigre en Angleterre avec sa fortune intacte. Après la Révolution, il louera sa fabrique à Jacquemart & Bérnard (en), qui continueront à produire des papiers peints jusqu’en 1840.
Il est inhumé au cimetière du Père-Lachaise (9e division)[4], à Paris.
Dans la littérature
[modifier | modifier le code]« Mademoiselle Leseigneur vint elle-même ouvrir la porte. [...] La partie honorable, qui servait à la fois d'antichambre et de salle à manger, était tendue d'un vieux papier de couleur aurore, à bordure veloutée, sans doute fabriqué par Réveillon, et dont les trous ou les taches avaient été soigneusement dissimulés sous des pains à cacheter. », in: Honoré de Balzac, La Bourse (édition de La Pléiade, tome 1, 1969, pp. 335-336).
Jean-Baptiste Réveillon est un personnage secondaire dans le roman de Jean Diwo, Les Dames du Faubourg, Gallimard, 1987, tome I (ISBN 978-2020386654). Jean Diwo évoque notamment l'épisode sur le vol des aérostats des frères Montgolfier mais aussi l'émeute de l'affaire Réveillon.
Références
[modifier | modifier le code]- ↑ Anna Bellavitis, Laurence Croq et Monica Martinat, Mobilité et transmission dans les sociétés de l’Europe moderne, Presses universitaires de Rennes, (ISBN 978-2-7535-6651-4, lire en ligne)
- ↑ Véronique de Bruignac-La Hougue, Art et artistes du papier peint en France: répertoire alphabétique, Gourcuff Gradenigo, (ISBN 978-2-35340-008-9, lire en ligne)
- Alain Thillay, Le Faubourg Saint-Antoine et ses "faux ouvriers": La liberté du travail à Paris aux XVIIe et XVIIIe siècles, Champ Vallon, (ISBN 978-2-87673-773-0, lire en ligne)
- ↑ appl, « REVEILLON Jean-Baptiste (1723-1811) », sur Cimetière du Père Lachaise – APPL, (consulté le )
Voir aussi
[modifier | modifier le code]Bibliographie
[modifier | modifier le code]- Pascal Bastien, « De quoi les émeutes Réveillon sont-elles le nom ? Les revendications d’un peuple en colère », Annales historiques de la Révolution française, vol. 416, no 2, , p. 61–88 (ISSN 0003-4436, lire en ligne).
- Erick Noël, Jean-Baptiste Réveillon : homme d'affaires et roi de la fête : 1725-1811, Paris, Hémisphères éditions : Maisonneuve et Larose, , 146 p. (ISBN 978-2-37701-216-9).
Liens externes
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- Ressources relatives aux beaux-arts :
- Notices dans des dictionnaires ou encyclopédies généralistes :