Jean-Baptiste Malenge Kalunzu

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Jean-Baptiste Malenge Kalunzu
Image illustrative de l'article Jean-Baptiste Malenge Kalunzu
Biographie
Naissance (57 ans)
à Gungu
Ordination sacerdotale

Blason

Jean-Baptiste Malenge Kalunzu est un prêtre catholique, journaliste, écrivain et philosophe de la République démocratique du Congo.

Biographie[modifier | modifier le code]

Enfance[modifier | modifier le code]

Né le 6 mai 1960 à Gungu, dans la province du Kwilu, il est élève à Gungu puis dans la ville de Kikwit et dans le village de Lozo-Munene, village d’origine de ses parents. Après deux années au Collège Ufuta (ex Saint Jean-Baptiste) de Kilembe, il est admis, sur concours en 1974, au petit séminaire de Laba, dans le territoire d’Idiofa. À dix-sept ans, il fonde, avec des amis, la revue scolaire Tam-Tam de Laba puis devient correspondant de l’émission Excelsior de la radio provinciale, La Voix du Zaïre/Bandundu.

Études supérieures[modifier | modifier le code]

En 1978, trois jours après les résultats du baccalauréat, il entre au noviciat des missionnaires oblats de Marie-Immaculée à Ifwanzondo (Idiofa). Le 8 septembre 1979, il prononce ses premiers vœux de religion. Les études sacerdotales l’emmènent alors à Kinshasa pour le cycle de philosophie. Il est élu rédacteur en chef adjoint puis rédacteur en chef de l’organe des étudiants Raison Ardente, de l'institut jésuite de philosophie Saint Pierre Canisius de Kimwenza. En 1981, son roman (inédit) Coûte que coûte remporte le premier prix au concours littéraire organisé à Idiofa par le bureau diocésain Développement Progrès Populaire (D.P.P.).

Son mémoire de graduat Pour une philosophie émancipatrice est une lecture de La crise du Muntu du Camerounais Fabien Eboussi Boulaga.

En 1983, trois de ses poèmes figurent dans J’entends battre le cœur de l’Afrique, anthologie de poètes publiés par l’Union des écrivains zaïrois.

À l'issue du premier cycle de philosophie, le programme de sa formation sacerdotale lui impose un an de stage. Il le divise en deux : la dernière partie le verra à Mutoy, dans le territoire de Bulungu, comme secrétaire dans un centre de santé. Pour la première partie, il passe « par ondes et par plans » pour « six mois de stage à l’Office zaïrois de radiodiffusion et de télévision »[1]. Il esquisse ainsi le besoin de « voir les médias servir la cause de l’évangélisation ».

En octobre 1983, il entame le cycle de théologie. Le stage d’initiation à la production audiovisuelle le dote d’un contrat de collaborateur avec l’Office zaïrois de radiodiffusion et de télévision. Il produit et présente des émissions à la radio pendant les quatre ans de ses études de théologie à l’Institut Saint-Eugène de Mazenod de Kinshasa. Par ailleurs, sous le pseudonyme Sha Mabula ou sous son vrai nom, il collabore à la revue mensuelle Zaïre-Afrique (actuel Congo-Afrique).

En 1987, dans tout le pays, un extrait d'un article paru en 1985 sur les « paysans en marche » est proposé comme texte de français aux élèves soumis au baccalauréat[2].

Jean-Baptiste Malenge s'intéresse surtout à la « question nègre » et particulièrement à la manière dont les esclaves et autres colonisés ont recouru à l'évangile pour lire et dire leur espérance. L'ouvrage Le Christ noir-américain de l'assomptionniste français Bruno Chenu devient l'un de ses livres de chevet. Sa spiritualité se dessine ainsi comme celle du « prêtre dans la rue ». Il consacre son mémoire de théologie à la théologie narrative : « Théologie africaine, théologie narrative. »

Ordination[modifier | modifier le code]

Il est ordonné prêtre le 2 août 1987 à Kinshasa par Mgr Eugène Biletsi, évêque d’Idiofa, dans la congrégation des Missionnaires oblats de Marie Immaculée[3].

De 1987 à 1988, il est à la Conférence épiscopale nationale du Congo comme producteur-animateur du Jour du Seigneur, l'émission religieuse catholique, diffusée dans la capitale Kinshasa par la radio et la télévision nationales.

De 1988 à 1990, il effectue le deuxième cycle d'études en philosophie à l'Université Catholique de Louvain (UCL) en Belgique.

À la fin de l'année 1990, il séjourne à Bangkok en Thaïlande comme membre du groupe de recherche sur Langage audiovisuel et cultures, un projet du Centre de recherche en communication - Expression de la foi (CREC-AVEX) basé à Lyon (France).

Depuis 1990[modifier | modifier le code]

Ancien secrétaire de la commission épiscopale des communications sociales à la Conférence épiscopale nationale du Congo (Kinshasa), il est depuis 1992, correspond local[4] de Radio Vatican (émission Rendez-vous avec l'Afrique).

De 1992 à 1994, lorsque le vent de la démocratisation de l'Afrique fait vivre son pays à l'ère du forum de la Conférence nationale, il produit Maintenant ou jamais, une chronique diffusée chaque matin sur la Voix du Zaïre, la radio nationale.

Depuis 1992, il est membre du comité de rédaction du magazine Renaître fondé en 1991 par la Conférence des évêques.

En 1995, il participe à la formation des premiers animateurs de la radio catholique de l'archidiocèse de Kinshasa, Radio Elikya dont il est l'un des animateurs.

Retourné à l'Université catholique de Louvain (Belgique) en 1997, il en sort diplômé d'un master en information et communication, docteur en philosophie avec spécialisation en philosophie de la communication[3] de l'Institut supérieur de philosophie après avoir soutenu sa thèse de doctorat L’universel au cœur du particulier - Philosophie africaine, philosophie de la communication le 3 juillet 2002[5]. Cette thèse de doctorat a été préparée sous la direction du professeur Marc Maesschalck.

Par mandat épiscopal national[6], il a été nommé depuis le 16 juillet 2003 au poste de directeur du service des moyens de communication sociale et de secrétaire adjoint de la Commission épiscopale de l’évangélisation où il avait travaillé comme producteur et présentateur en 1987-1988[3]. Les évêques créent la Commission épiscopale des communications sociales en 2007, le nomment, en janvier 2008, Secrétaire de cette nouvelle Commission. Il achève son mandat en 2011.

En 2012, il enseigne la philosophie et la communication à l’Institut africain des sciences de la Mission et à l’Institut théologique Saint-Eugène de Mazenod à Kinshasa[7]. Il est aussi professeur de philosophie de la communication au grand séminaire saint André Kaggwa de l'archidiocèse de Kinshasa. Il a dispensé le même cours à la Faculté de philosophie Saint Pierre Canisius de Kimwenza et celui de l'éthique de la communication au grand séminaire de théologie Jean XXIII de Kinshasa.

Il est membre de l'équipe internationale des formateurs du Centre de recherche et d'éducation en communication (CREC) fondé à Lyon (France) en 1971[8].

Il est également membre du Conseil d'administration de la naissante Agence de presse catholique africaine créée par le Symposium des conférences épiscopales d'Afrique et de Madagascar (SCEAM).

Philosophie africaine, philosophie de la communication[modifier | modifier le code]

L’œuvre majeure de Jean-Baptiste Malenge reste à ce jour sa thèse de doctorat publiée en 2011 et en 2012 sur « Philosophie africaine, philosophie de la communication ». L’auteur soutient que la philosophie de la communication est le paradigme qui aidera, enfin, l’Afrique à honorer son projet d’autonomie, d’indépendance et de relation saine avec l’Occident, dans l’ère de la mondialisation. Il s’agit de réconcilier l’afro-pessimisme et l’afrocentrisme.

Le philosophe Kä Mana, qui trouve le livre « très lumineux »[9]"], parle de « la splendeur de la philosophie africaine », en fait une lecture critique et éthique. Il trouve le projet « manifestement philosophique, puissamment politique et radicalement éducatif ». Et il conclut « Nous devons être reconnaissants à Malenge Kalunzu de nous avoir proposé cette sagesse dans un monde qui en a plus que jamais besoin dans ses réalités vitales, dans ses rêves rayonnant comme et dans la splendeur de ses nouvelles espérances ».

Pour sa part, le professeur Célestin Dimandja, qui présente l’ouvrage au lecteur, salue une « pensée neuve ». Il estime « En lisant Philosophie africaine, philosophie de la communication de Jean-Baptiste Malenge, on se prend à penser que presque tout restait à dire. Notamment sur la logique « politique » (au sens fort du terme) qui préside au développement de cette philosophie. Et aussi sur la modernité d’un discours qui ne cessait pas d’intriguer tellement les points de connexion semblaient sinon absents du moins difficiles à saisir ».

Quant au préfacier, le professeur Théodore Mudiji, il situe Malenge « au carrefour de codes du savoir et du faire, conjugués d'une manière inédite ». Et il pense que « Malenge sonde un réseau complexe du savoir à situer au carrefour des sciences comme la philosophie, la théologie, la politique, la sociologie, la linguistique, la communication, etc. Il réalise une recherche scientifique rationnelle, systématique et spécialisée caractérisée par le passage qualitatif de méthode et d’intelligibilité ».

Des médias pour l’évangélisation[modifier | modifier le code]

La philosophie de la communication conduit aussi à explorer les possibilités d’une appropriation optimale des médias pour l’évangélisation de l’Afrique. Les deux assemblées spéciales du synode des évêques pour l’Afrique, en 1994 et en 2009 l’ont préconisé : la communication et l’information comptent parmi les défis majeurs et les champs prioritaires de l’évangélisation de l’Afrique.

Jean-Baptiste Malenge a publié ainsi Liberté d'expression en 1993, Jésus au micro en 1994 et Jésus au bout du clic en 2014.

Engagé depuis longtemps dans les médias catholiques de la RDC, Jean-Baptiste Malenge est allé plus loin encore lorsqu’il fut appelé au service de la Conférence épiscopale. Il a favorisé la création de la Commission épiscopale des communications sociales (CECOS). En 2011, il a aidé à la formation à la culture médiatique des évêques eux-mêmes et des responsables des médias diocésains. Par des rencontres animées dans les six provinces ecclésiastiques (Bukavu, Kananga, Kinshasa, Kisangani, Lubumbashi et Mbandaka), il a fait créer un véritable réseau des médias catholiques et des responsables des Commission des communications sociales dans les quarante-sept diocèses de la RDC.

L'Église catholique de la RDC cherche ainsi à évangéliser les médias et à accompagner les journalistes catholiques et autres professionnels des médias pour les éclairer dans les questions d'éthique et de déontologie.

Jean-Baptiste Malenge est devenu, en 2012, membre du comité de rédaction d'Oblatio, la revue de recherche de sa congrégation religieuse, publiée à Rome par l'administration générale de la congrégation des Missionnaires Oblats de Marie Immaculée. La même année, il a été nommé rédacteur en chef de la Revue Africaine des Sciences de la Mission, publication de l'Institut Saint Eugène de Mazenod de Kinshasa.

Œuvres[modifier | modifier le code]

Jean-Baptiste Malenge est l'auteur de :

  • Trois poèmes dans J'entends battre le cœur de l'Afrique, anthologie, Union des Écrivains Zaïrois, Kinshasa, 1983.
  • Prêtre dans la rue, éditions Le Bel Élan, Louvain-la-Neuve, 1990 puis une deuxième édition en 1992 aux éditions Baobab, Kinshasa et une troisième édition augmentée en 2010[10]
  • Préface de l'ouvrage Religieux africain de l'an 2000 : problème et urgences de Jean-Bosco Musumbi, Baobab, Kinshasa, 1994.
  • Quatre livres qui « tournent autour de l’éthique et de la politique de la communication au regard des enjeux de l’identité et de l’altérité »[3],[6] :
    • Liberté d’expression, éditions L’Épiphanie, 47 pages, 1993[11]
    • Maintenant ou jamais, éditions Sélect, 106 pages, 1993[12]
    • Sans jambages, éditions du Trottoir, 35 pages, 1993[13]
    • Jésus au micro : Églises d'Afrique appelées à la communication, éditions Baobab, 80 pages, 1994[14]
  • L’universel au cœur du particulier - Philosophie africaine, philosophie de la communication, thèse de doctorat, soutenue à l'Université de Louvain, 2002.
  • Préface de l'ouvrage Quelle éthique pour les acteurs des médias aujourd'hui ? Responsabilité éthique dans la représentation médiatisée de Ferdinand Banga Jalum'Weci, éditions Baobab, 2004.
  • Préface de l'ouvrage République démocratique du Congo. Histoire d'une guerre des frontières avec trois voisins de Nicaise Kibel'Bel Oka, L'Harmattan, Paris, 2006.
  • Préface de l'ouvrage Les marionnettes congolaises. 1998-2002 de Nicaise Kibel'Bel Oka, Éditions du Panthéon, Paris, 2012.
  • Philosophie africaine, philosophie de la communication. L'universel au cœur du particulier, Éditions Baobab, Kinshasa, 2011, 543 pages[7],[15]. Cet ouvrage est une version de la thèse de doctorat[16]. En juin 2012, les éditions L'Harmattan de Paris (France) ont publié le même livre.
  • Médias catholiques et élections, quels défis et quels enjeux ?, 26 mai 2010, [lire en ligne]
  • Une seule chose te manque. Méditation à l'occasion de mes vingt-cinq ans de sacerdoce, Baobab, Kinshasa, 2013.
  • Jésus au bout du clic. L'Église répond à la communication, Baobab, Kinshasa, 2014.
  • Médias et formation à la vie consacrée, Edilivre, Paris, 2015.
  • Préface de l'ouvrage RD Congo - Ituri. De la guerre identitaire au pillage des mines d'or de Kilo-Moto par des multinationales anglo-saxonnes de Nicaise Kibel'Bel Oka, Éditions Scribe, Bruxelles, 2016.
  • Evangéliser les médias, un défi chrétien, Edilivre, Paris, 2016.
  • Préface de l'ouvrage L’avènement du Jihad en RD Congo de Nicaise Kibel'Bel Oka, Éditions Scribe, Bruxelles, 2016.
  • La guerre est un crime, Baobab, Kinshasa, 2017.
  • Préface de l'ouvrage Conception africaine du temps et coopération internationale de Didier Mafuta, Baobab, Kinshasa, 2017.

Pour approfondir[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. in Telema, périodique jésuite de réflexion théologique et pastorale, no 38, avril-juin 1984, p. 51-67.
  2. no 119, novembre 1985, p. 521-532.
  3. a, b, c et d Informations diffusées par l'agence de presse DIA (Documentation et Informations Africaines), 15 octobre 2003, [lire en ligne].
  4. « RDCONGO: LA FEMME MILITAIRE ET POLICIERE EN AFRIQUE A L'HEURE DE LA COMMUNICATION, Conférence-débat », sur le site de la chaîne Radio Vatican, (consulté le 31 mai 2012).
  5. Soutenance de thèse de doctorat, Louvain-la-Neuve, 3 juillet 2002, [lire en ligne].
  6. a et b « Le père Jean-Baptiste Malenge publie : « Philosophie africaine, philosophie de la communication » », sur le portail numérique des médias du groupe L'Avenir, (consulté le 31 mai 2012).
  7. a et b Kä Mana, « Une lecture éthique et sociopolitique du nouveau livre de Jean-Baptiste Malenge Kalunzu : Philosophie africaine, philosophie de la communication (Kinshasa, Editions Baobab, 2011) », sur le site du quotidien Le Potentiel, (consulté le 31 mai 2012).
  8. « Formateurs », sur le site du Centre de recherche en communication (consulté le 6 juin 2012).
  9. Construire une paix durable et ouvrir les horizons du développement solidaire entre le Rwanda et la République démocratique du Congo. Les exigences d’avenir, [lire en ligne].
  10. Avant-propos, 8 pages, [lire en ligne]
  11. Caractéristiques de l'ouvrage Liberté d’expression
  12. Caractéristiques de l'ouvrage Maintenant ou jamais
  13. Caractéristiques de l'ouvrage Sans jambages
  14. Caractéristiques de l'ouvrage Jésus au micro
  15. « RD CONGO, Editions Baobab : "L’universel au cœur du particulier" », sur le site de la chaîne Radio Vatican, (consulté le 31 mai 2012).
  16. « Philosophie africaine : la pensée neuve du professeur Jean-Baptiste Malenge », sur le site rdc-news, (consulté le 31 mai 2012).