Jean-Baptiste Girard (jésuite)

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Jean-Baptiste Girard
Jean-Baptiste Girard 1732.jpg

Le père Jean-Baptiste Girard (1680-1733), jésuite français

Biographie
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Ordre religieux

Le père Jean-Baptiste Girard, jésuite français, est né à Dole (Jura) en 1680 et mort dans la même ville le .

Biographie[modifier | modifier le code]

Jean-Baptiste Girard est élève des jésuites en 1696. Ordonné prêtre en 1707, il exerce un ministère à Gray et à Pontarlier et est nommé en Provence à Aix, où il a la charge de la congrégation des dames de 1719 à 1728. Il est ensuite nommé recteur du séminaire royal de la Marine à Toulon en 1728. C'est là que son nom commence à susciter le scandale.

Il s'est illustré dans l'affaire qui l'opposa à Marie-Catherine Cadière, une de ses pénitentes. Les accusations de sorcellerie, de relations sexuelles, d'inceste spirituel donnent lieu à un procès retentissant à Aix en 1731.

Ce procès divise le Parlement et, au-delà de l'affaire, se révèle être une lutte d'influence entre jésuites et jansénistes : ces derniers voient dans cette affaire une occasion de répondre aux accusations contre le diacre Pâris et la répression des convulsionnaires de Saint-Médard. Cette affaire est donc une nouvelle conséquence de la bulle Unigenitus : c'est autant le père Girard que la Compagnie de Jésus qui est visée ici. Le bruit de l'affaire monta jusqu’à Paris : les mémorialistes comme Barbier et Narbonne l'évoquent, la diffusion des factums, chansons, poèmes et libelles sur l'affaire divise le royaume et passionne l'Europe entière. On peut y voir la naissance de la rubrique du fait divers, à l'aube du développement de la presse et de l'engouement des Français pour les causes célèbres dans les dernières décennies de l'Ancien Régime. Finalement, Girard et la Cadière sont acquittés par un arrêt de la Grand-Chambre le 10 octobre 1731. Le père Girard est renvoyé dans sa ville natale, où il meurt le 4 juillet 1733.

L'affaire continue de susciter un vif intérêt au XVIIIe siècle dans les correspondances et les romans inspirés par l'affaire : notamment Voltaire et Boyer d'Argens. Ce dernier reprend le personnage de Girard (avec l'anagramme Dirrag) dans le roman libertin Thérèse Philosophe. Au XIXe siècle, le père Girard est cité comme archétype de la corruption du clergé, dans les polémiques antijésuites : on consultera notamment La sorcière de Jules Michelet (1862).

Sources principales[modifier | modifier le code]

Travaux universitaires[modifier | modifier le code]

  • Stéphane Lamotte, Un fait divers à l'épreuve du temps : l'affaire Girard-Cadière, de 1728 à nos jours, thèse d'histoire, doctorat soutenu à Montpellier III en décembre 2011.