Jean-Baptiste Franceschi-Delonne

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Officier général francais 2 etoiles.svg Jean-Baptiste Francisqui
Jean-Baptiste Franceschi-Delonne
Le général Jean-Baptiste Delonne-Franceschi (1767-1810). Peinture de Louise Adélaïde Desnos, 1842 (musée de l'Armée, Paris).
Le général Jean-Baptiste Delonne-Franceschi (1767-1810). Peinture de Louise Adélaïde Desnos, 1842 (musée de l'Armée, Paris).

Naissance
Lyon, France
Décès (à 43 ans)
Carthagène, Espagne
Mort au combat
Origine Drapeau de la France France
Allégeance Drapeau de l'Empire français Empire français
Arme Cavalerie
Grade Général de brigade
Années de service 1792-1810
Conflits Guerres de la Révolution française
Guerres napoléoniennes
Commandement 4e régiment de hussards
8e régiment de hussards
Faits d'armes Siège de Gênes
Bataille d'Austerlitz
Combat de Mansilla
Bataille de Braga
Distinctions Baron de l'Empire
Commandeur de la Légion d'honneur
Hommages Nom gravé sous l'arc de triomphe de l'Étoile, 36e colonne

Jean Baptiste Francisqui, dit Franceschi-Delonne, né le à Lyon et mort le à Carthagène, en Espagne, est un général français du Premier Empire. Sous-lieutenant en 1792, il combat à Austerlitz puis devient aide de camp de Joseph Bonaparte à Naples. Envoyé en Espagne à la tête d'une brigade de cavalerie légère, il est capturé par les Espagnols et meurt en prison des suites de mauvais traitements. Le maréchal Soult, son ami, le considère dans ses Mémoires comme l'un des meilleurs officiers généraux de l'armée française. Non seulement militaire mais aussi artiste, il a été pensionnaire de la villa Médicis et lauréat du prix de Rome.

Biographie[modifier | modifier le code]

L'artiste et le soldat[modifier | modifier le code]

Fils de Regle Francisqui, plâtrier, et Marie-Barbe Dellone, Jean-Baptiste Francisqui, dit Franceschi-Delonne, naît après son frère jumeau Charles-Joseph le 4 septembre 1767 à Lyon, paroisse Sainte-Croix[1]. Il devient sculpteur et pensionnaire de la villa Médicis avant d'être lauréat du prix de Rome. En septembre 1792, il s'engage dans l'armée à la « compagnie des Arts » qui est ensuite intégré au 9e bataillon de volontaires de Paris ; Franceschi est alors élu sous-lieutenant. Affecté à l'armée du Rhin, il devient artilleur puis adjoint de l'adjudant-général Debelle qui fait partie de l'état-major de l'artillerie[2].

Chez les hussards[modifier | modifier le code]

Le 9 novembre 1796, il est promu lieutenant du 4e régiment de hussards et participe à la bataille de Neuwied (18 avril 1797) où il reçoit le grade de capitaine. Il intègre par la suite l'armée d'Helvétie où il fait la connaissance du général Soult, qui le prend comme aide de camp et avec lequel il se lie d'amitié. En 1799, Franceschi-Delonne est chef d'escadron. Il se distingue lors du siège de Gênes, lorsqu'il réussit à passer les lignes autrichiennes pour faire un compte-rendu à Napoléon avant de regagner la ville assiégée[2]. En 1802, il est colonel du 4e hussards et en 1804, il passe avec son grade au 8e régiment de hussards avec lequel il participe à la bataille d'Austerlitz, le 2 décembre 1805 : ce jour-là, alors qu'il passe devant l'Empereur avec ses cavaliers, ce dernier lui dit « toujours mon hussard !… Toujours partout !… Toujours intrépide !… Toujours prêt à donner un bon coup de sabre !… ». Il est promu général de brigade le 24 décembre 1805[3]. En 1806, il sert sous les ordres d'Eugène de Beauharnais puis devient en 1807 aide de camp de Joseph Bonaparte, roi de Naples.

En Espagne et au Portugal, 1808-1809[modifier | modifier le code]

Le 1er régiment de hussards sert dans la division Franceschi-Delonne lors de la campagne du Portugal en 1809.

Le 8 février 1808, au palais de Portici (it), il épouse Anne-Adélaïde Dumas, la fille du général Dumas (ministre de la Guerre du royaume de Naples)[4],[5]. Le couple s'apprécie beaucoup[6]. La même année, le général Franceschi-Delonne doit néanmoins partir pour la guerre d'Espagne où il prend la tête d'une brigade de cavalerie légère au sein du VIe corps d'armée commandé par le maréchal Ney. Il prend part à plusieurs affrontements, en particulier à Lerín (25 et 26 octobre) et au combat de Mansilla (29 décembre) où il capture un millier de soldats espagnols[7],[5]. En 1809, il commande une division de cavalerie légère avec laquelle il forme l'avant-garde de l'armée du maréchal Soult, chargé de poursuivre l'armée anglaise en retraite vers La Corogne. Cette division comprend quatre unités : le 1er régiment de hussards, le 8e régiment de dragons, le 22e régiment de chasseurs à cheval et le régiment de chasseurs à cheval hanovriens[5].

En mars 1809, Soult entre au Portugal. Deux régiments de la division Franceschi, le 1er hussards et le 8e dragons, sont présents les 18 et 20 mars 1809 à la bataille de Braga[5], où le général s'empare du village de Lanhoso[8] et contourne le dispositif adverse conjointement avec l'infanterie de Mermet[9]. Les Français continuent leur avance mais se replient après l'arrivée des troupes britanniques du général Wellesley ; la division Franceschi constitue alors l'arrière-garde. Au cours de la retraite, le général montre un remarquable sens tactique qui lui permet de ramener ses deux brigades sans grandes pertes. Le 23 mai, les cavaliers de Franceschi-Delonne s'arrêtent à Lugo et le repli de l'armée française prend fin[10].

La détention et la mort[modifier | modifier le code]

Chargé par le maréchal Soult de porter à Madrid une dépêche destiné au roi Joseph, le général Franceschi, escorté par les capitaines Bernard et de Saint-Joseph, tombe peu après Zamora dans une embuscade tendue par les hommes du moine « El Capuchino », le 28 juin. Présentés au duc de Parque, ils sont emmenés à Séville puis emprisonnés à l'Alhambra de Grenade. Le capitaine de Saint-Joseph est rapidement libéré grâce à l'intervention du général Suchet ; les deux autres officiers sont conduits à Carthagène au début de l'année 1810. Les geôliers espagnols qui veulent rançonner les captifs réussissent à faire évader le capitaine Bernard mais la somme demandée pour Franceschi-Delonne est plus importante et celui-ci reste prisonnier. Les mauvaises conditions de sa détention font décliner la santé du général qui meurt le 23 octobre 1810. Apprenant la nouvelle, sa femme refuse de s'alimenter et meurt en 1811[10]. La mort de Franceschi-Delonne fait dire plus tard au maréchal Soult : « Franceschi a été mon meilleur ami. Il est devenu un des meilleurs officiers généraux de l'armée française, jusqu'à ce que, jeune encore et plein d'avenir, il ait trouvé en Espagne une triste fin qui a été un des plus amers chagrins de ma vie »[2]. Le nom de Franceschi-Delonne est inscrit sur l'arc de triomphe de l'Étoile, à Paris[11].

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Acte de baptême de Jean Baptiste Francesqui page 42 (en haut page de droite)
  2. a, b et c Capelle et Demory 2008, p. 211.
  3. Capelle et Demory 2008, p. 211 et 212.
  4. Girardin 1911, p. 10 et 110.
  5. a, b, c et d Capelle et Demory 2008, p. 212.
  6. Girardin 1911, p. 110.
  7. Lorblanchès 2007, p. 217.
  8. Charles-Antoine Thoumas, Les grands cavaliers du Premier Empire, vol. 2, Berger-Levrault, , « Franceschi-Delonne ».
  9. Lorblanchès 2007, p. 261 et 262.
  10. a et b Capelle et Demory 2008, p. 213.
  11. Louis Gamichon, Napoléon et les Lyonnais, 1779-1815, Bellier, , 342 p. (ISBN 9782846310093), p. 288.

Bibliographie[modifier | modifier le code]

Document utilisé pour la rédaction de l’article : document utilisé comme source pour la rédaction de cet article.

  • Béatrice Capelle et Jean-Claude Demory, « Franceschi-Delonne, artiste, hussard et héros… », dans Maréchaux d'Empire, E/P/A, , 287 p. (ISBN 978-2-85120-698-5). Document utilisé pour la rédaction de l’article
  • Stanislas Girardin, À la cour du roi Joseph : souvenirs du comte de Girardin, L. Michaud, , 192 p.. Document utilisé pour la rédaction de l’article
  • Jean-Claude Lorblanchès, Les soldats de Napoléon en Espagne et au Portugal (1807-1814), L'Harmattan, , 539 p. (ISBN 9782296024779). Document utilisé pour la rédaction de l’article