Jean-Baptiste Dumas (chimiste)

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Jean-Baptiste Dumas
Description de l'image Jean Baptiste André Dumas.jpg.
Naissance
Alès dans le Gard (France)
Décès (à 83 ans)
Cannes (France)
Nationalité Drapeau de France Français
Domaines chimie et politique
Institutions Académie des sciences, Académie de médecine
Renommé pour chimie organique

Jean Baptiste André Dumas, né à Alès (Gard) le et mort à Cannes le , est un chimiste, pharmacien et homme politique français.

Biographie[modifier | modifier le code]

La tombe de Jean Baptiste Dumas, dans le cimetière du Montparnasse, à Paris.

Jean-Baptiste Dumas arrive en Suisse encore très jeune. Il devient pharmacien à Genève, où il a suivi les cours de l'Université. Il publie un mémoire sur la physiologie du système nerveux, qui attire l'attention. Il est alors invité à Paris, où il devient assistant de Louis Jacques Thénard à la Faculté des sciences et répétiteur à l'École polytechnique.

Gendre du minéralogiste Alexandre Brongniart, il travaille aux côtés de son fils Adolphe Brongniart à la fondation en 1823 des Annales des Sciences naturelles. Il donne de nombreux articles dans le Dictionnaire classique d'Histoire naturelle (1822-1831) de Bory de Saint-Vincent (1778-1846). À partir de 1842, Justus von Liebig le considère comme son rival[1] jusqu'à leur réconciliation en 1850 à l'initiative du chimiste lillois Frédéric Kuhlmann.

Il donne également des cours de chimie à l'Athénée, un centre de conférences sur les sciences et les techniques qui est aussi un lieu de rassemblement de l'opposition libérale au gouvernement (chefs d'entreprise, scientifiques). On y trouve bon nombre de lecteurs du Globe, journal d'opposition d'intellectuels, dont un certain Alphonse Lavallée est actionnaire. Dumas aide Lavallée à fonder en 1829 son projet : l'École centrale des arts et manufactures (École centrale Paris), qui a pour but de former des ingénieurs civils, « médecins des usines et des fabriques ». Il renouvelle ses conseils, à la demande de Napoléon III, auprès de Frédéric Kuhlmann à partir d'octobre 1853 en vue de la fondation de l'École des arts industriels et des mines (École centrale de Lille).

Élu dans la section de chimie de l'Académie des sciences en 1832, Dumas succède ensuite à Thénard à la chaire de chimie de l'École polytechnique en 1835, jusqu'en 1840 où il est remplacé par Théophile-Jules Pelouze. En 1838, il devient titulaire de la chaire de chimie organique à la Faculté de médecine: il y a pour élève Louis Pasteur, qui restera fortement influencé par son maître. Parallèlement, il devient suppléant de Thénard à la Faculté des sciences pour les cours du 2e semestre de 1832 à 1836, puis pour l'ensemble des cours de 1836 à 1841. Il est fait membre étranger de la Royal Society en 1840. Il devient ensuite titulaire de la chaire de chimie au départ de Thénard et doyen de la Faculté en 1841, succédant à Jean-Baptiste Biot. Il a eu comme élève Ignacy Domeyko (1802-1889).

Il est ministre de l'Agriculture et du Commerce de 1850 à 1851 dans le gouvernement de Louis-Napoléon Bonaparte et devient sénateur lors du sacre de l'Empereur. Il est nommé le 9 mars 1853 inspecteur général de l'enseignement supérieur pour les sciences charge qu'il occupe jusqu'en 1868, année où il est remplacé par Antoine Jérôme Balard. Il est à ce titre membre du conseil impérial de l'instruction publique dont il occupe la vice présidence jusqu'en 1864 où il est remplacé par Ernest de Royer. Il est ensuite vice-président du Conseil supérieur de perfectionnement pour l'enseignement supérieur spécial.

Il est le père de l'homme politique Ernest Charles Jean-Baptiste Dumas et le grand-père du général de division français Noël Jean-Baptiste Henri Alphonse Dumas.

Il est inhumé au cimetière du Montparnasse (16e division), dans le 14e arrondissement de Paris.

Contributions scientifiques[modifier | modifier le code]

En collaboration avec le médecin suisse Jean-Louis Prevost (1790-1850), Jean-Baptiste Dumas, qui était alors apprenti en pharmacie, met en évidence, en 1824, le rôle fécondant des spermatozoïdes.

Il formula les principes fondamentaux de la chimie générale, mesura de nombreuses densités de vapeur, détermina de façon précise la composition de l'air, de l'eau et du dioxyde de carbone (anciennement gaz carbonique). Dumas travailla notamment sur la chimie organique. Il découvrit les amines et l'anthracène. Il établit la théorie des substitutions, en démontrant la possibilité de substituer l'hydrogène par du chlore dans les composés organiques. Il définit la fonction alcool et donna la composition des éthers. Il s'intéressa notamment au poids atomique du carbone.

Fonctions, titres et distinctions[modifier | modifier le code]

Buste de Jean-Baptiste Dumas à la Vieille Bourse de Lille (1853)
Académies et sociétés savantes
Mandats électifs et fonctions ministérielles
Autres fonctions
  • Membre du conseil municipal de Paris
  • Vice-président du conseil municipal de Paris
  • Vice-président du Conseil supérieur de l'Instruction publique (1861-1863)
  • Président de la Commission Supérieure du Phylloxéra (1871- 1885)[3]
Décorations
Autres

Principales publications[modifier | modifier le code]

  • Traité de chimie appliquée aux arts, Béchet jeune (Paris), 1828-1846,en 8 volumes:
  1. Tome 1, disponible sur Gallica
  2. Tome 2, disponible sur Gallica
  3. Tome 3, disponible sur Gallica
  4. Tome 4, disponible sur Gallica
  5. Tome 5, disponible sur Gallica
  6. Tome 6, disponible sur Gallica
  • Dissertation sur la densité de la vapeur de quelques corps simples, Paris, Thuau, (lire en ligne).
  • Mémoire sur les substances végétales qui se rapprochent du camphre et sur quelques huiles essentielles, Paris, Thuau, (lire en ligne).
  • Précis de l'art de la teinture, Béchet jeune (Paris), 1846, disponible sur Gallica.
  • Traité de chimie appliquée aux arts. Partie organique., Félix Oudart (Liège), 1847. Textes en ligne disponibles sur IRIS : Atlas, tome 1, tome 2, tome 3, tome 4
  • Traité de chimie appliquée aux arts. Partie inorganique., Félix Oudart (Liège), 1848. Textes en ligne disponibles sur IRIS : Atlas, tome 2, tome 3, tome 4
  • Mémoire sur les équivalents des corps simples, Mallet-Bachelier (Paris), 1859, disponible sur Gallica.
  • Éloge de M. M. Alexandre Brongniart et Adolphe Brongniart... : lu dans la séance publique annuelle de l'Académie des Sciences du 23 avril 1877, (lire en ligne).
  • Leçons sur la philosophie chimique [professées au Collège de France, recueillies par M. Bineau], Gauthier-Villars (Paris), 1878, disponible sur Gallica.

Hommages[modifier | modifier le code]

  • Son nom est inscrit sur la tour Eiffel
  • Le principal lycée d'Alès porte aujourd'hui son nom
  • Le collège de Salindres porte également son nom

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. (en) The quiet revolution - Liebig and Dumas, Rocke, Alan J. The Quiet Revolution: Hermann Kolbe and the Science of Organic Chemistry. Berkeley: University of California Press, c1993
  2. Bulletin de la Société ethnologique de Paris, tome 1, année 1846. Compte-rendu de la séance du 26 décembre 1846, page 118.
  3. (en) Harry W. Paul, Science, Vine and Wine in Modern France, p. 40

Voir aussi[modifier | modifier le code]

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Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Ph. Van Tiegheim : Notice sur la vie et les travaux de Jean-Baptiste Dumas, [lue en séance publique annuelle du 16 décembre 1912], Texte intégral.
  • Marc Tiffeneau, Jean-Baptiste Dumas (1800-1884), Laboratoires G. Beytout, , 18 p.
  • Jimmy Drulhon : Jean-Baptiste Dumas (1800-1884) - La vie d’un chimiste dans les allées de la Science et du Pouvoir, Éditions Hermann (Paris), 2011, 382 p. (ISBN 978-2-70568069-5)
  • Marcel Chaigneau : J.B. Dumas , chimiste et homme politique . Sa vie, son œuvre 1800 - 1884 , Édition Guy Le Prat (Paris), mars 1984, 434 p
  • « Jean-Baptiste Dumas (chimiste) », dans Robert et Cougny, Dictionnaire des parlementaires français, [détail de l’édition]

Liens externes[modifier | modifier le code]