Jean-Baptiste Ceineray

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Jean-Baptiste Ceineray
Image illustrative de l’article Jean-Baptiste Ceineray
Portrait par Jean-Francois Sablet
Présentation
Naissance
Paris
Décès
Nantes
Activités Architecte-voyer de la Ville de Nantes
Formation Académie royale d'architecture
Ses élèves Mathurin Crucy
Œuvre
Réalisations Chambre des comptes de Bretagne (Hôtel de préfecture de la Loire-Atlantique)
Hôtel Deurbroucq
Cours Saint-André
Hôtel d'Aux
Hôtel Pépin de Bellisle
Hôtel Lelasseur

Jean-Baptiste Ceineray, né en à Paris[1],[2] et mort le [3] à Nantes, est un architecte et un urbaniste français néo-classique, concepteur d'un programme urbain et architectural qui a transformé sa ville d'adoption. Il est l'un des inspirateurs de Mathurin Crucy.

Biographie[modifier | modifier le code]

Famille[modifier | modifier le code]

Jean-Baptiste Ceineray est le fils de François Ceineray[1] et d'Anne-Perrine Constantin d'Etiau ; il est petit-fils de Marc de Ceneret et de Marie de La Plancque.

Le 7 mai 1754[4], il épouse à Nantes Marie Sauvaget, fille d’un lieutenant de la milice royale, François Sauvaget de la Gaudiniére, et de Marie Symon de Boisrenault[5]. En 1755, ils ont un fils, Jean-Marie[6], puis Marie Sauvaget meurt en 1756[7], âgée de 30 ans.

Le fils de Jean-Marie Ceineray, Théophile[8] épousera Lucile Crucy, nièce de Mathurin[9] et sera un notable de Vigneux-de-Bretagne (maire de 1830 à 1835).

Carrière[modifier | modifier le code]

Il est probable qu'il ait été formé dans une premier temps par son père. Jean-Charles Renoul, biographe de Ceineray, affirme qu'il a suivi l'enseignement de Denis Jossenay, membre de l’Académie royale d'architecture, mais son nom n'apparait dans aucun document lié à ce dernier[1]. François II Franque, dans les procès-verbaux de l'Académie affirme aussi qu'il a été son professeur, mais ce dernier habita Avignon jusqu'en 1744 et ne rentra à l'académie qu'en 1754[5]. Puis il serait parti durant cinq ans en voyage pour l'Italie, pour compléter sa formation[réf. nécessaire]. Il est influencé par Jacques Gabriel, auteur de nombreux édifices rennais[réf. nécessaire].

Après son retour d'Italie, il vient s'installer à Nantes à la fin des années 1740 ou au début des années 1750 (on lui attribue probablement à tort la construction du château du Grand-Blottereau, à Doulon dont l'édification avait débuté en 1742 alors qu'il avait à peine vingt ans et qui se termina cinq ans plus tard en 1747)[10]. En 1754, il s'y marie, a un fils l'année suivante et devient veuf un an après. Il ne se remariera pas.

En 1757, bénéficiant probablement de l'aide de son beau-père, il devient l'aide de Nicolas Portail, architecte-voyer de la ville de Nantes, avant de succéder à ce dernier en 1760[5]. Sa rémunération est fixée à 1 000 livres par an.

Il conçoit un « plan général pour la commodité et l'embellissement de la ville ». Ceineray repense totalement la ville, prévoyant notamment d'abattre les remparts pour y aménager un cours (actuellement cours Saint-Pierre et Saint-André, à l'origine, cours des États), le réaménagement de la place du Bouffay et la création d'une place à l'ouest de l'Erdre, près de l'église Saint-Nicolas (la place Royale)[11]. Une bonne partie de ce « plan général » sera réalisée sous sa responsabilité.

À partir de 1767, il a comme élève Mathurin Crucy, qu'il soutient ensuite pendant sa formation à Paris (1771-1775). Après son séjour en Italie (1775-1779), Mathurin Crucy rentre à Nantes. Il reprend contact avec Ceineray. Celui-ci étant confronté à un problème de malfaçon dans le bâtiment de la chambre des comptes de Bretagne, selon une expertise de Mathurin Grolleau, architecte des Ponts et Chaussées, Mathurin Crucy rend une contre-expertise favorable à Ceineray[12].

À partir de 1777, Ceineray a un assistant, Louis Béranger. Malgré cela, il a du mal à assumer ses obligations d'architecte-voyer en raison de problèmes de santé (il est atteint d'asthme). En 1780, il donne sa démission. Le conseil de ville du 28 juillet 1780 entérine cette démission, accordant à Ceineray une pension égale à son traitement antérieur (mesure entérinée par l'Intendant de Bretagne et par le ministre des Finances). Mathurin Crucy est nommé à sa place d'abord à titre provisoire, puis définitivement en 1782.

Jean-Baptiste Ceineray meurt dans la misère en 1811[5] dans la maison Merot du Barré, où il habitait, rue de la Fosse. Selon l'acte de décès, il est « pensionnaire de l'État[13] ».

Réalisations[modifier | modifier le code]

Vue d'ensemble[modifier | modifier le code]

Travaux d'aménagement à Nantes[modifier | modifier le code]

La ville de Nantes lui doit :

Constructions à Nantes[modifier | modifier le code]

Les bâtiments suivants sont construits d'après des plans de Ceineray :

Hors de Nantes[modifier | modifier le code]

Il est l'architecte de la folie de la Gibraye à Saint-Sébastien-sur-Loire[16] et du château de la Picauderie à Thouaré-sur-Loire[réf. nécessaire].

La Chambre des comptes de Bretagne (1759-1781)[modifier | modifier le code]

C'est Anne de Bretagne qui en 1495 fait transférer à Nantes, la Chambre des comptes de Bretagne, le service qui contrôle l'administration et les finances de son duché. Un palais lui est consacré par François Ier sur les bords de l'Erdre. Ce bâtiment est devenu vétuste quand en 1750 Hilarion-François de Becdelièvre, alors premier président de la Chambre des comptes, demande la construction d'un nouveau bâtiment à même de garantir la pérennité des archives de Bretagne. Jean-Baptiste Ceineray, alors architecte-voyer de la ville, est chargé du projet en 1759. La première pierre est posée en 1763[17].

L'Hôtel d'Aux[modifier | modifier le code]

L'hôtel d'Aux avec son fronton triangulaire

L’hôtel d'Aux se situe à l'angle de la Place du Maréchal-Foch et de la rue Tournefort. Ceineray le construit pour René Louis d'Aux, riche propriétaire de plantations d’ananas à Saint-Domingue, qui a acquis le terrain en 1770. L'édifice se compose de 3 niveaux de 7 fenêtres. La partie centrale est légèrement avancée et surmontée d'un fronton et ses fenêtres sont encadrées par des pilastres d'ordre corinthien. Surpris par les bas honoraires demandés par l'architecte, le marquis d'Aux doubla la somme à la fin des travaux[18].

Ce bâtiment a longtemps servi à héberger l'état-major des troupes en garnison à Nantes (la façade porte la mention : « 11e Corps d'armée ») et pendant l'Occupation, c'est là que se trouvait le siège de la Feldkommandantur.

Hommages[modifier | modifier le code]

Buste de Jean-Baptiste Ceineray dans le passage Pommeraye.

Le quai Ceineray se trouve sur la rive gauche de l'Erdre à Nantes, entre la rue de Strasbourg et la rue Sully, longeant la façade de son chef-d'œuvre, l'actuelle préfecture de la Loire-Atlantique.

Annexes[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Daniel Rabreau, Dictionnaire des architectes, éd. Encyclopaedia Universalis - Albin Michel,
  • Armel de Wismes, Le vieux Nantes, Nantes, Infolio, , 65 p. (ISBN 978-2-909449-00-5, LCCN 93144509)
  • Hélène Rousteau-Chambon, « La Chambre des comptes de Jean- Baptiste Ceineray », Annales de Bretagne et des Pays de l’Ouest, nos 108-4,‎ (lire en ligne)
  • Yves Cossé, La Famille Crucy à Nantes, XVIIIè-XIXè, autoédition, Nantes, 1993 : informations en relation avec Mathurin Crucy ainsi que sur la succession de Ceineray, pages 32–36.

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. a, b et c Rousteau-Chambon 2001, p. 81
  2. Paroisse de Saint-Jacques du Haut Pas (cf. Acte de mariage, note infra)
  3. Acte de décès de Jean-Baptiste Ceineray : 3° et 4° canton, vue 85, AMN Etat civil.
  4. Acte de mariage de Jean-Baptiste Ceineray : Saint-Nicolas, vue 69, AMN Registres paroissiaux.
  5. a, b, c et d Rousteau-Chambon 2001, p. 82
  6. Jean-Marie Ceineray :
    • Acte de baptême (22 août 1755) : St-Nicolas, vue 124.
    • Acte de mariage avec Marie Jeanne Froust (27 décembre 1791) : St-Nicolas, vue 186.
  7. Acte de décès de Marie Sauvaget (19 mai 1756) : St-Nicolas, vue 61.
  8. Né en 1802 à Saint-Etienne-de-Montluc
  9. Mariage en 1833. Lucile Crucy est la fille de Louis Crucy.
  10. Groupe de recherche historique de Doulon, Alain Croix dir.Du village à la ville, Doulon de la Révolution à la fin du 19e siècle, Editions ACL, Nantes, 1985, pages 43-44.
  11. « Les architectes », sur site du conseil général de Loire-Atlantique (consulté le 29 décembre 2010)
  12. La Famille Crucy, page 33.
  13. Cf. acte de décès (note supra)
  14. Collectif, Iconographie de Nantes, Nantes, musée Dobrée, , 224 p. (notice BnF no FRBNF34612558), p. 19.
  15. de Wismes 1992, p. 15-16
  16. « Folie de la Gibraye », BNF, base Rameau (consulté le 12 mars 2015).
  17. Rousteau-Chambon 2001, p. 83
  18. de Wismes 1992, p. 14