Jeûne intermittent

Un article de Wikipédia, l'encyclopédie libre.
Aller à : navigation, rechercher

Le jeûne intermittent ou fasting[1] (traduction de l'anglais : intermittent fasting) est un régime alimentaire qui consiste à alterner des périodes de jeûne et des périodes d'alimentation normale. Les effets recherchés d'un tel régime peuvent être d'ordre physique (perte de poids, amélioration de la santé) ou encore d'ordre spirituel. Des études à ce sujet sont menées depuis 1943[2].

Principe[modifier | modifier le code]

La durée de ce régime et la fréquence jeûnée sont modulables, la plupart du temps de nature cyclique. Les périodes de jeûne et d'alimentation normale auront alors une durée fixe. À titre d'exemple : sauter le petit déjeuner pour un cycle de 16 heures.

Conséquences physiologiques[modifier | modifier le code]

Le jeûne intermittent serait susceptible de conduire à :

  • une perte de poids[3] ;
  • une accumulation de la graisse dans les tissus adipeux, un développement de l'obésité et du syndrome métabolique[4];
  • une perte de masse adipeuse proportionnellement à la masse corporelle[5] ;
  • une diminution de l'inflammation de tissus[6] ;
  • une diminution des risques cardio-vasculaires[7] ;
  • une augmentation de l'appétit pendant les périodes d'alimentation normale ;
  • une diminution de la mortalité[8] ;
  • une diminution de l'obésité[9] ;
  • une conservation de l'apport calorique moyen ;
  • un moindre vieillissement du cerveau[10] ;
  • une modification du rythme circadien[11] ;
  • une résistance au stress cytotoxique[12] et aux effets d'une irradiation ;
  • des effets positifs sur différents biomarqueurs, notamment le cholestérol LDL[13] et la température corporelle ;
  • un moindre développement des maladies chroniques lié aux autres modifications physiologiques décrites[réf. souhaitée].
  • une réduction de la prolifération cellulaire[14].

Ces effets n'ont pas tous fait l'objet d'études chez l’être humain[15]. Des variations dans la durée du cycle jeûne/alimentation notamment, très mal documentés, seraient susceptibles de modifier considérablement les répercussions d'un tel régime. A propos du jeûne, la revue médicale indépendante Prescrire précise qu'aucune étude n'a démontré son intérêt à long terme sur le maintien de la réduction pondérale et qu'il n'est donc pas raisonnable de le recommander[16].

Le jeûne intermittent comme régime amincissant[modifier | modifier le code]

Un nombre grandissant d'individus utilise des programmes qui reposent sur le jeûne intermittent pour maigrir[17],[18],[19],[20].

La fenêtre d'alimentation est modifiée. En phase de jeûne, la consommation alimentaire est réduite, et elle n'est pas compensée par une sur-consommation en-dehors de cette phase. La phase de jeûne, qui varie d'un programme à l'autre, débute en général le soir.

Contrairement à son utilisation dans un cadre scientifique, le jeûne intermittent pour la perte de poids autorise généralement la consommation de boissons non-caloriques durant la phase de jeûne.

Régime apparenté[modifier | modifier le code]

Les effets de la restriction calorique, régime consistant à réduire l'apport calorique, sont similaires mais non identiques. Le jeûne intermittent est plus facile à suivre. Contrairement à la restriction calorique, il semble incertain que le fasting améliore la sensibilité à l'insuline[21].

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. http://sante-medecine.commentcamarche.net/faq/34019-jeune-intermittent-fasting-effets-sur-l-organisme-et-precautions
  2. (en) Anton J. Carlson and Frederick Hoelzel, étude principalement sur des animaux « Apparent Prolongation of the Life Span of Rats by Intermittent Fasting » Journal of Nutrition Vol. 31 no 3 mars 1946, pp. 363-375
  3. Article reposant sur la traduction d'une étude espagnole menée en 1957, les références de l'étude et la perte de poids n'étant pas précisées dans le résumé.(en) Johnson JB, Laub DR, John S. « The effect on health of alternate day calorie restriction: eating less and more than needed on alternate days prolongs life » Med Hypotheses 2006;67(2):209-11 PMID 16529878
  4. (en) Han JM, « Repeated sense of hunger leads to the development of visceral obesity and metabolic syndrome in a mouse model. », PLoS One.,‎ 2014 may 30 (lire en ligne)
  5. Etude de 1966 réalisée sur un seul patient alternant des jeunes de 10 jours et des périodes de 10 jours de prises caloriques faibles (en) The American Journal of Medicine, volume 40, no 6, juin 1966, pages 967-986
  6. (en) Free Radical Biology and Medicine, volume 42, no 5, 1er mars 2007, pages 665-674
  7. (en) The Journal of Nutritional Biochemistry, volume 21, no 5, mai 2010, pages 413-417
  8. (en) Mechanisms of Ageing and Development, volume 115, no 1-2, 17 mai 2000, pages 61-71
  9. Time-Restricted Feeding Is a Preventative and Therapeutic Intervention against Diverse Nutritional Challenges
  10. (en) Ageing Research Reviews, volume 5, no 3, août 2006, pages 332-353
  11. (en) Mechanisms of Ageing and Development, volume 130, no 3, mars 2009, pages 154-160
  12. (en) Free Radical Biology and Medicine, volume 48, no 1, 1er janvier 2010, pages 47-54
  13. (en) FEBS Letters, volume 581, no 5, 6 mars 2007, pages 1071-1078
  14. (en) Nutrition, volume 25, no 4, avril 2009, pages 486-491
  15. Fitness Heroes, « Le jeûne intermittent », Fitness Heroes,‎ (lire en ligne)
  16. La Revue Prescrire avril 2007, Tome 27, no 282
  17. "5:2 Fast Diet" aussi connu sous le nom "Eat, Fast and Live Longer" de Michael Mosley
  18. Eat Stop Eatde Brad Pilon
  19. Lean Gains de Martin Berkhan
  20. la communauté Fast-5
  21. (en) Free Radical Biology and Medicine, volume 49, supplément 1, 2010, page S219

Voir aussi[modifier | modifier le code]