Jardin d'essai du Hamma

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Jardin d'essai du Hamma
Image illustrative de l'article Jardin d'essai du Hamma
Jardin d'essai du Hamma à Alger.
Géographie
Pays Drapeau de l'Algérie Algérie
Commune Alger
Superficie 58 ha
Histoire
Création 1832
Gestion
Lien Internet www.jardindessai.dz
Localisation
Coordonnées 36° 44′ 53″ nord, 3° 04′ 34″ est

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Jardin d'essai du Hamma

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Jardin d'essai du Hamma

Le Jardin d'essai du Hamma, situé dans le quartier de Hamma à Alger, est un jardin luxuriant, qui s'étend en amphithéâtre, au pied du Musée National des Beaux-Arts d'Alger, de la rue Mohamed Belouizdad à la rue Hassiba Ben Bouali, sur une superficie de 58 hectares (38 hectares de jardin et 20 hectares d'arboretum)[1].

Créé en 1832, il est considéré comme l'un des jardins d'essai et d'acclimatation les plus importants au monde[2].

Le jardin d'essai est desservi par la station Jardin d'essai du métro d'Alger.

Historique[modifier | modifier le code]

Jardin d'essai du Hamma
Le pont du jardin

La Pépinière Centrale du Gouvernement[modifier | modifier le code]

En 1832, sur proposition de l'intendant civil Pierre Genty de Bussy, le général Antoine Avisard, gouverneur par intérim, décide d'assécher les marais situés au pied de la colline des Arcades[3] et de créer le Jardin du Hamma[4] sur une superficie de 5 ha pour en faire à la fois une ferme modèle et un jardin d'essai. afin de « propager par un Établissement, que le Gouvernement seul peut soutenir, la culture des végétaux les plus utiles et auxquels conviennent le sol et le climat de l'Afrique ». Cinq années plus tard, en 1837, avec l'acquisition de 18 ha sous la Fontaine des Platanes, le Jardin se déplace plus à l'Ouest et devient Pépinière Centrale du Gouvernement, la parcelle initiale de 5 ha conservant le nom de Petit Jardin d'essai jusqu'à son échange en 1848 contre une parcelle enclavée dans la pépinière. L'activité principale est la fourniture d'arbres aux organismes publics et aux colons (25 000 plants en 1834 ; 87 000 plants en 1837) ; s'y ajoute dès 1833 un élevage de cochenilles à carmin.

1842-1867 : Auguste Hardy et le jardin d'acclimatation[modifier | modifier le code]

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Auguste Hardy est nommé directeur en 1842. Commence alors une importante série de tests d'acclimatation de végétaux du monde entier. De nombreuses espèces végétales sont introduites et de grands aménagements sont effectués : les araucarias plantés en 1844; l'allée des platanes (face à l'entrée principale), l'allée des palmiers en 1845 ; l'allée des bambous géants, l'allée des dragonniers en 1847 et celle des grands ficus en 1863. À cette période, le Jardin d'essai manifeste son activité dans tous les domaines de l'agriculture et de l'horticulture et devient un jardin botanique de renommée mondiale. Introduction et culture ne se limitent plus aux espèces arborescentes, mais concernent toutes les plantes utiles annuelles ou vivaces (légumes, plantes vivrières, industrielles et d'ornement). Les céréales sont particulièrement bien représentées et les plantes industrielles — tinctoriales, textiles, oléagineuses, alcooligènes, à parfum, à cire ou à gomme — font l'objet de nombreux essais. On pratique aussi des sélections de vers à soie et des essais de domestication d'autres espèces de Bombyx et des élevages de divers animaux exotiques (émeu, lama, alpaga, zébu) ou nord-africains (autruche, porc-épic), et de chèvres et moutons angoras destinés à l'amélioration du cheptel algérien. À côté des productions végétales et animales, l'industrie de transformation et études technologiques (soie, coton, sucre de canne, alcool de tubercules, huile d'olive…) occupe un important personnel.

Des acquisitions de terrains successives réalisées entre 1848 et 1867 finissent par donner au jardin sa configuration actuelle. En 1860 le lac est creusé et le boulevard extérieur réalisé ; l'année suivante le jardin est rebaptisé Jardin d'acclimatation. En 1867, Hardy dénombre 8 214 espèces et variétés en culture.

1867-1913 : Auguste Rivière et la Société générale algérienne[modifier | modifier le code]

Durant son voyage en Algérie en 1865 Napoléon III visite le Jardin d'essai[5] et, fin 1867, en concède la gestion à la toute jeune Société générale algérienne, dirigée par Paulin Talabot et Louis Frémy. Auguste Hardy cède la place et Auguste Rivière devient directeur du jardin qui s'étend alors sur un quadrilatère d'une superficie d'environ 70 ha : les trois allées longitudinales, longues de 410 m sont plantées de palmiers, dattiers, platanes, Dracaena et Ficus ; les allées transversales, longues d'environ 345 m sont composées de bambous, Chamaerops et lataniers[6],[7]. La Société générale vend à très bon marché des plantes utiles et d'ornement d'origine européenne destinées à être répandues dans la colonie et dont elle distribue un premier catalogue dès 1869[8].

En 1900 un jardin zoologique est créé par le Dr Joseph d'Ange.

1913-1942 : centre d'expérimentation et d'enseignement[modifier | modifier le code]

En 1914, des travaux d'embellissement, selon un projet présenté par les architectes Régnier et Guion, sont entrepris. On leur doit la perspective du Jardin français qui s'étend du Musée des Beaux-Arts à la rue Hassiba Ben Bouali en cinq plans successifs, sur une longueur de 500 mètres et 7 hectares de superficie.

En 1918, l'École d'horticulture et l'École ménagère agricole s'implantent dans l'enceinte du jardin.

En 1930, le jardin zoologique qui héberge des oiseaux aquatiques, des singes, des lions, des panthères, mais aussi un élevage d'animaux de basse cour sélectionnés est réaménagé. Deux ans plus tard, une partie du film Tarzan, l'homme singe avec Johnny Weissmuller est tournée dans ce parc mythique[réf. nécessaire] considéré à l'époque comme le meilleur parc zoologique d'Afrique du nord.

1942-1946 : occupation par les troupes alliées[modifier | modifier le code]

Occupé par les Alliés en 1942, le Jardin est éprouvé par les bombardements de 1943. À la fin de la guerre, il est remis en état.

1946-1962 : Paul Carra et l'INRA[modifier | modifier le code]

1962-2000 : Roger Hames et l'Administration algérienne[modifier | modifier le code]

Le Jardin du Hamma au XXIe siècle[modifier | modifier le code]

De 2001 à 2009, le jardin est fermé en raison de travaux[9]. Rouvert en mai 2009, il abrite dorénavant les locaux de l'Institut national de la recherche agronomique d'Algérie.

Description[modifier | modifier le code]

Le Jardin d'essai n'est pas seulement un centre de production botanique ou horticole mais aussi un centre d'enseignement et un lieu de promenade fort apprécié des Algérois. On y dénombre plus de 1 200 espèces végétales.

Le parc se présente comme une trouée de verdure sur le littoral algérois dans l'axe de Maqam E'chahid et du Musée National des Beaux-Arts. Il est bordé au nord par la rue Hassiba Ben Bouali et la baie, au sud par la rue Belouizdad, à l'est par la stade du 20 août 1955 et à l'ouest par l'esplanade du Hamma avec l'hôtel Sofitel et la Bibliothèque Nationale.

L'aile ouest du jardin est occupée par le jardin français, bordé de washingtonias. Il est séparé de l'ancien jardin situé plus à l'est par l'allée des platanes, perpendiculaire à la route comme l'allée des dragonniers et l'allée des ficus, coupées elles-mêmes de nombreuses allées parallèles à la route dont les deux principales sont l'allée des bambous et l'allée des palmiers. Une allée circulaire au sud-est, l'allée des cocos, contourne le jardin anglais doté d'un petit lac avec plantes aquatiques. Un jardin japonais fut également aménagé mais n'existe plus. Plusieurs sculptures en pierre d'Émile Gaudissard ornent les allées.

Ce qui frappe le visiteur est ce contraste saisissant entre le jardin français soigneusement taillé et agencé en gradins, offrant un panorama unique sur la mer et le reste du jardin où, flore tropicale, troncs d'arbres aux formes tortueuses et lianes exubérantes nous plongent dans un univers végétal exotique inconnu à ces latitudes.

À l'extrémité nord de l'allée des dragonniers se situe le jardin zoologique qui rassemble des spécimens de la faune d'Afrique du Nord et quelques animaux sauvages.

Actualités[modifier | modifier le code]

 : Hector, le condor des Andes du Jardin d'essai est mort[10]. Il avait au moins 70 ans, amené des Andes par Joseph d'Ange, le créateur du parc animalier. Il était déjà au zoo en 1942.

 : plantation symbolique d'un araucaria du Chili au jardin du Hamma par l'ambassadeur du Chili.

En 2011, le Jardin d'Essai a accueilli 1,5 million de visiteurs[11].

Avec le concours de l'ambassade d'Autriche, à l'automne 2011, 21 arbustes et arbres autrichiens ont été plantés au « Carré autrichien » du jardin algérois[12].

En 2012, dans le cadre d'un partenariat entre la wilaya d'Alger et la ville de Paris, un guide illustré de la flore algérienne est édité à mille exemplaires[13],[n 1].

Aménagement d'un nouvel espace dédié aux zones humides comprenant 30 nouvelles espèces végétales et plusieurs espèces animales locales en marge de la journée mondiale des zones humides le [14]

Galerie[modifier | modifier le code]

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Notes et références[modifier | modifier le code]

Notes[modifier | modifier le code]

  1. Ce guide est téléchargeable en ligne.

Références[modifier | modifier le code]

  1. Mairie de Paris, « Jardin d'Essai du Hamma d'Alger » (consulté le 24 février 2014).
  2. Laribi-Hadjadj 2012, p. 120.
  3. à l'endroit où avait débarqué Charles Quint en 1541
  4. Hamma en arabe signifie « fièvre » ou « marais » Chalon 1872, p. 3
  5. Sampol 2008
  6. Auguste Rivière, « Quelques mots sur le Jardin d'essai », dans Société générale algérienne, Catalogue des végétaux et graines disponibles et mis en vente au jardin d'essai (au Hamma, près Alger, Algérie), , v-xii
  7. Auguste Rivière, « Note sur certains végétaux cultivés au jardin d'essai du Hamma près Alger (Algérie) », Journal de la Société impériale et centrale d'horticulture de France, 2esérie, vol. III,‎ , p. 112-116 & 166-173
  8. Catalogue des végétaux et graines disponibles et mis en vente au jardin d'essai (au Hamma, près Alger, Algérie), Alger, Société générale algérienne, , 121 p.
  9. Le Jardin d'Essai du Hamma renaît de ses cendres, Le Soir d'Algérie du 29 mai 2008
  10. Mort du plus vieux condor du monde, El Watan, mercredi 28 juillet 2010
  11. « Le jardin d'Essai fait recette », Le Quotidien d'Oran du 11 février 2012
  12. Le Soir d'Algérie du mercredi 6 juin 2012
  13. « France - Algérie : Publication prochaine d'un guide illustré de la flore algérienne », sur Maghreb émergent,
  14. El Watan du 4 février 2013

Annexes[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Ghanem Laribi et Sofiane Hadjadj, « Le Jardin d’essai du Hamma : histoire d’un jardin colonial », dans Abderrahmane Bouchène, Jean-Pierre Peyroulou, Ouanassa Siari Tengour et Sylvie Thénault, Histoire de l'Algérie à la période coloniale : 1830-1962, Éditions La Découverte et Éditions Barzakh, (ISBN 9782707173263), p. 120-123
  • Paul Carra et M. Gueit, Le Jardin d'essai du Hamma, Alger, Gouvernement général de l'Algérie, Direction de l'Agriculture, , 114 p. (lire en ligne)
  • Jean Chalon, « Notes d'un touriste : Le Jardin d'essai d'Alger », La Belgique horticole,‎ , p. 200-230
  • Marcelline Sampol, « Louis Auguste Hardy, Directeur du Jardin d'Essai du 3 mars 1842 au 31 décembre 1868 », Aux Échos d'Alger, vol. 102,‎ (lire en ligne)
  • Alger, Photographies du XIXe siècle, Éditions Raïs, Alger, 2001
  • Algérie, les guides bleus, Hachette, Paris 1974
  • OLJ, « Le Jardin d’essai d’Alger, un joyau méconnu », L'Orient Le Jour,‎ (lire en ligne)

Liens externes[modifier | modifier le code]

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