Jardin d'acclimatation

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Ne pas confondre avec Le Jardin d'acclimatation, roman de Yves Navarre

Le jardin d'acclimatation ou jardin colonial est un type de jardin botanique présentant une collection de plantes exotiques importées des comptoirs coloniaux. Sa fonction est d'acclimater les espèces équatoriales, tropicales ou subtropicales que ce soit dans le but de soutenir l'« agriculture coloniale » ou simplement pour des motifs esthétiques. Souvent ouverts dans le cadre d'une exposition coloniale, les jardins d'acclimatation publics ont parfois hébergé une ménagerie d'animaux exotiques. Leur histoire marque une étape tant dans la recherche en botanique que dans l'art du jardin et du paysage.

Terminologie[modifier | modifier le code]

Le pendant dans la colonie du jardin d'acclimatation établi en métropole est le jardin d'essai, mais les deux appellations sont souvent confondues et le jardin situé dans la métropole est parfois aussi appelé « jardin d'essai colonial », tel le jardin tropical de Paris.

La plupart des jardins d'acclimatation qualifiés de coloniaux ont été renommés à la fin du XXe siècle à la suite de l'effondrement des empires coloniaux. L'expression jardin colonial étant dès lors tombée dans une certaine désuétude sinon un certain désaveu, elle est réapparue parfois dans le sens de jardin d'une maison coloniale[1].

Histoire[modifier | modifier le code]

Dans la seconde moitié du XVIIIe siècle, l'agriculture des plantes exotiques suscitent en Europe même un intérêt croissant voire des inquiétudes, telles la fraise ou la pomme de terre, mais aussi dans les colonies, dont l'intérêt économique, méprisé par Voltaire, sera vanté par Adam Smith. C'est ainsi qu'en 1770, soit un an avant la publication du best seller que sera le Voyage autour du monde de Louis-Antoine de Bougainville, Pierre Poivre, intendant de l'Isle de France crée le Jardin colonial de Montplaisir à Pamplemousses, où il rassemble arbres, fleurs et épices du monde entier pour les envoyer vers Madagascar et les Antilles. En 1775, la direction en est confiée à Jean-Nicolas Céré.

Quelques années plus tard, en 1788, le Jardin d'acclimatation de La Orotava est fondé à Tenerife, sur ordre de Charles III d'Espagne, pour y acclimater les plantes récoltées dans les colonies espagnoles du Nouveau Monde, avant leur transfert dans les jardins royaux de Madrid et d'Aranjuez.

En 1803 est ouvert le Jardin colonial des Plantes de Saint Pierre de la Martinique, à la fois jardin d'essai et, pour les plantes du Coromandel et du Malabar, jardin d'acclimatation. En 1812, il est dépassé en splendeur par le Jardin colonial de Sans Souci, créé par la gouverneur des Indes néerlandaises. Créé en 1832, le Jardin colonial d'Alger rivalise avec celui ci sans le surpasser. Les tentatives d'acclimatation y seront des échecs[2].

La plupart des jardins d'acclimatation ont été créés sur le continent européen dans la seconde moitié du XIXe siècle et jusqu'à la Première Guerre mondiale. Au XXIe siècle, ces jardins sont généralement devenus des jardins botaniques qui jouent un rôle d'institution didactique et de conservatoire de la biodiversité. D'autres ont été transformés en jardins publics.

Quelques jardins d'acclimatation[modifier | modifier le code]

Annexes[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Sources[modifier | modifier le code]

  1. Ph. Collignon, Le jardin. Relooking d'extérieur., p. 243, MA éditions, Paris, 2007 (ISBN 9782742983414).
  2. G. Jean, Ils ont domestiqué plantes et animaux: Prélude à la civilisation., p. 170, Quæ, Versailles, octobre 2013 (ISBN 9782759215898)