Janusz Korwin-Mikke

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Janusz Korwin-Mikke
Janusz Korwin-Mikke en 2016.
Janusz Korwin-Mikke en 2016.
Fonctions
Député européen
En fonction depuis le
(3 ans, 4 mois et 18 jours)
Élection 25 mai 2014
Législature 8e
Groupe politique NI
Biographie
Date de naissance (75 ans)
Lieu de naissance Varsovie (Gouvernement général de Pologne)
Nationalité Polonaise
Parti politique Congrès de la Nouvelle droite (2011-2015)
KORWiN (depuis 2015)

Janusz Korwin-Mikke, né le à Varsovie, est un homme politique et essayiste libéral-conservateur et eurosceptique polonais. Ses prises de position font de lui l'une des figures les plus controversées de la politique polonaise[1].

Biographie[modifier | modifier le code]

Activité militante et clandestine durant la période communiste[modifier | modifier le code]

Étudiant de la faculté de mathématiques et (simultanément) de la faculté de philosophie de l'université de Varsovie, il adhère à l'âge de 20 ans au Parti démocratique. Il est incarcéré une première fois en 1965 mais continue d'étudier en prison la psychologie, le droit et la sociologie. En 1968, il est à nouveau arrêté et exclu de l'université en raison de sa participation aux manifestations étudiantes. Il passe l'examen principal sans avoir suivi un seul cours de philosophie. Au début des années 1970, il occupe un poste de chercheur, d'abord à l'institut des transports, puis à l'université de Varsovie. En 1978 il fonde la maison d'édition clandestine Officyna Liberalów et rejoint le syndicat Solidarność. Il participe deux ans plus tard à la grève ouvrière du chantier naval de Szczecin, ce qui lui vaut d'être à nouveau emprisonné après l'entrée en vigueur de la loi martiale.

Activité politique depuis la transition démocratique[modifier | modifier le code]

En 1987 il est l'un des membres fondateurs du Mouvement de la politique réelle, devenu en 1989 l'Union de la politique réelle. En 1990, il crée l'hebdomadaire Najwyższy Czas!.

Après avoir occupé un siège de député de 1991 à 1993, Janusz Korwin-Mikke s'est présenté cinq fois à l'élection présidentielle (en 1995, 2000, 2005, 2010 et 2015). Candidat également à l'élection sénatoriale d'avril 2004, il a obtenu 18 % des voix.

En 2009 il rejoint le parti Liberté et règne du droit (pl), créé par certains de ses partisans en 2005. Ce groupement prend en 2011 le nom de Congrès de la Nouvelle droite.

Lors des élections au Parlement européen de mai 2014, il est élu député européen, les listes qu'il conduit ayant obtenu au niveau national 7,15 % des suffrages exprimés et lui-même 67 928 voix dans la circonscription de Silésie. Il siège parmi les non-inscrits.

En janvier 2015, il est démis de ses fonctions de président du Congrès de la Nouvelle Droite, officiellement après des révélations sur sa vie privée et l'existence d'enfants nés hors mariage[2]. En réaction, il annonce la création d'une nouvelle formation politique destinée à porter sa candidature à l'élection présidentielle de 2015, la Coalition pour la restauration de la liberté et de l'espoir de la République (Koalicja Odnowy Rzeczypospolitej Wolność i Nadzieja, KORWiN)[3].

Il arrive en quatrième position du premier tour de l'élection présidentielle de 2015 avec près de 500 000 voix et 3,26 %, réalisant ainsi son meilleur score.

Lors des élections parlementaires d'octobre 2015, son parti obtient 4,8 %, échouant de justesse à obtenir des élus à la Diète.

Prises de positions[modifier | modifier le code]

En 2013 Janusz Korwin-Mikke déclare qu'Adolf Hitler n'était pas au courant de l'extermination des Juifs car celle-ci avait été organisée par Heinrich Himmler[4].

Janusz Korwin-Mikke remet en question le droit de vote des femmes étant donné que d'après lui les femmes sont moins investies en politique et sont en faveur de dépenses sociales plus élevées[1]. Lorsqu'on lui demande si les femmes devraient avoir le droit de voter il répond qu'« en tant que monarchiste [il] défend la fin du droit de vote pour tous »[5].

Le 7 juillet 2015, lors de débats au Parlement européen portant sur la création d'un ticket de train valable dans toute l'Union européenne, Janusz Korwin-Mikke fait un salut nazi dans l'hémicycle et prononce les mots « Ein Reich, ein Volk, ein Ticket »[6]. À la fin du mois d'octobre 2015, Korwin-Mikke est sanctionné par le Bureau du Parlement. Il lui est interdit de participer aux activités officielles du Parlement pendant dix jours consécutifs et contraint de payer une amende de 3 060 pour ses allusions au régime nazi[7].

Le , il déclare lors d'une séance du Parlement européen que les femmes sont « plus faibles », « plus petites » et « moins intelligentes » que les hommes, et que de ce fait, elles doivent être moins payées[8]. Le , il est en conséquence suspendu pendant 10 jours, est privé de 30 jours d'indemnité et ne peut représenter le parlement pendant un an[9].

Œuvre[modifier | modifier le code]

  • Bez impasu (Sans impasse)
  • Ratujmy państwo (Sauvons l'État) 1990
  • (pl) Janusz Korwin-Mikke (dir.) et Antoni Zambrowski, Nie tylko o Żydach : artykuły o sprawach narodowych [« Pas seulement sur les Juifs »], Oficyna Liberałów, , 197 p.
  • Prowokacja? (Provocation ?) 1991
  • (pl) Janusz Korwin-Mikke (dir.) et Zdzisław Kościelak, Rząd rżnie głupa!, czyli, Mowy sejmowe [« Le gouvernement nous baise – Les discours à la diète »], Gdańsk, , 170 p. (OCLC 30026811)
  • Wizja parlamentu w nowej konstytucji Rzeczypospolitej Polskiej (Le rôle du parlement dans la nouvelle constitution polonaise) 1994
  • Vademecum ojca (Vademecum de mon père) 1997
  • Niebezpieczne ubezpieczenia (Des assurances peu sûres) 2000
  • Ekonomikka (Économikke) 2001
  • Rok 2007 (L'année 2007) 2001
  • Dekadencja (Décadence) 2002
  • Naprawić Polskę? No problem! (Réparer la Pologne ? No problem !) 2004
  • (pl) Janusz Korwin-Mikke, Podatki – Czyli rzecz o grabieży [« Les impôts – c'est-à-dire le vol »], , 211 p. (ISBN 9788391176054 et 8391176053, OCLC 749253514)
  • Kto tu dymi? (Qui enfume ici ?) 2007
  • Rusofoby w odwrocie (Les Russophobes vus de derrière) 2009

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. a et b (en) « The Congress of the New Right is the latest anti-establishment party to have success in Poland, but it may struggle to secure long-term support », sur blogs.lse.ac.uk, .
  2. (en) « Korwin-Mikke ousted as leader of New Right », sur Thenews.pl, .
  3. (en) « Maverick MEP Korwin-Mikke launches new party », sur Thenews.pl, .
  4. (en) « Polish politician says Hitler unaware of extermination of Jews in Shoah », sur Jewish Telegraphic Agency, (consulté le 29 mai 2016).
  5. (en) Matthew Day, « EU elections 2014: the Polish party that wants to turn EC building in Brussels into brothel », The Telegraph,‎ (lire en ligne).
  6. « Parlement européen: un député d’extrême droite fait un salut nazi », sur bfmtv.com, (consulté le 14 juillet 2015).
  7. (en) « MEPs suspended for making Nazi gestures », sur POLITICO, (consulté le 14 janvier 2016).
  8. Léa Stassinet, «  Pour ce député européen, les femmes sont "plus faibles" et "moins intelligentes"  », sur rtl.fr, .
  9. « L'eurodéputé polonais Korwin-Mikke sanctionné pour ses propos sexistes », sur RTBF, .

Liens externes[modifier | modifier le code]

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