Janet Frame

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Janet Frame
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Biographie
Naissance
Décès
Voir et modifier les données sur Wikidata (à 79 ans)
DunedinVoir et modifier les données sur Wikidata
Nom de naissance
Nene Janet Paterson Clutha[1]
Nationalité
Formation
Activités
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A travaillé pour
Domaines
Mouvement
Genres artistiques
Influencée par
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Distinctions
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Pennsylvania State University Libraries (en)
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Œuvres principales
Janet Frame memorial plaque in Dunedin.jpg
plaque commémorative

Janet Frame (/ˈd͡ʒænɪt fɹeɪm/[n 1]), de son vrai nom Nene Janet Paterson Clutha[1], née le à Dunedin et morte le [2] dans la même ville, est une écrivaine néo-zélandaise.

Biographie[modifier | modifier le code]

Issue d’une famille ouvrière[3],[4] de cinq enfants, elle se passionne très tôt pour la littérature, qu’elle étudie, et veut devenir « poète[5] ». Son entourage la pousse à choisir la carrière d’institutrice, mais après avoir essayé de l'exercer, elle finit par l'abandonner[2].

Profondément marquée par la mort de deux de ses sœurs par noyade à dix ans d’écart[4], très introvertie, elle est diagnostiquée à tort schizophrène en 1945[4]. Internée huit ans en hôpital psychiatrique où elle subit quelque deux cents électrochocs, notamment au Sunnyside Hospital de Christchurch, elle réussit tout de même à écrire[6].

En 1946, elle finit la rédaction de son premier recueil de nouvelles, Le Lagon et autres histoires, qui n'est publié qu'en 1951 alors qu’elle est toujours à l’hôpital[3]. Le prix littéraire qu’elle reçoit alors, le Hubert Church Memorial Award, alors l'une des récompenses littéraires les plus prestigieuses de Nouvelle-Zélande, la sauve de justesse de sa lobotomie qui était déjà programmée[7],[8],[9]. Libre de quitter l'hôpital, elle apprend plus tard, en subissant de nouveaux examens en Angleterre, qu’elle n’a finalement jamais souffert de schizophrénie[10].

Encouragée par son ami l'écrivain Frank Sargeson, elle écrit alors son premier roman, Les hiboux pleurent vraiment, qui paraît en 1957 (publié une première fois en France en 1984 chez Alinéa sous le titre La Chambre close)[8]. Puis elle quitte la Nouvelle-Zélande pendant sept ans et visite l’Europe. Elle vit à Ibiza, puis à Londres[11]. Le médecin qu’elle rencontre dans la capitale britannique lui conseille pour sa santé de ne jamais cesser d'écrire[12] : cet encouragement précieux lui permet d'achever son roman Visages noyés, paru en 1961, qui précipite lecteurs et lectrices au cœur de l'univers psychiatrique[13].

Elle retourne en Nouvelle-Zélande en 1963, à la mort de son père[14]. Après la rédaction de plusieurs romans dans les années 1960 et 1970, Janet Frame entreprend d'écrire son autobiographie : Un ange à ma table. Celle-ci recouvre trois volets : Ma terre mon île[15], Un été à Willowglen (paru pour la première fois en France sous le titre Parmi les buissons de matagouri) et Le Messager[16]. En , l'autrice rencontre la réalisatrice Jane Campion[17]. Celle-ci portera au cinéma huit ans plus tard Un ange à ma table, en 1990, ce qui contribue à faire découvrir son œuvre dans le monde entier[18].

Janet Frame, à l'exception de plusieurs séjours en Grande-Bretagne et aux États-Unis, passe le reste de sa vie en Nouvelle-Zélande (« en recluse » selon certaines sources[19],[20], tant la discrétion de celle qui a été de nombreuses fois honorée dans son pays est grande)[21]. Son œuvre compte onze romans, cinq recueils de nouvelles, un recueil de poèmes et un livre pour enfants[22]. Son dernier ouvrage, The Carpathians (en) (inédit en France, comme beaucoup de ses romans), est paru en 1988[4].

Elle meurt d’une leucémie à Dunedin le [23].

Hommages et distinctions[modifier | modifier le code]

Œuvres[modifier | modifier le code]

  • Le Lagon et autres nouvelles (The Lagoon and Other Stories, 1951), traduction de Jean Anderson et Nadine Ribault, Postface de Nadine Ribault, Éditions des femmes-A. Fouque, Paris 2006.
  • Visages noyés (Faces in the Water, 1961), traduction de Solange Lecomte, Éditions du Seuil, Paris, 1963 ; réédité sous le titre Visages noyés, Éditions Joëlle Losfeld, 1996, Éditions Payot et Rivages, Paris, 2004.
  • Le Jardin aveugle (Scented Gardens for the Blinds, 1963), traduction de Dominique Mainard, Éditions Payot et Rivages, Paris, 2004.
  • La Fille-bison (Daughter Buffalo, 1972), traduction Dominique Mainard, Éditions Joëlle Losfeld, Paris, 2002.
  • Ma terre, mon île (To the Is-Land, An Autobiography, 1982), traduction d’Anne Damour, Éditions Les Belles Lettres, 1992, réédité sous le titre « Ma terre, mon île, un ange à ma table », traduction Dominique Mainard, aux Éditions Joëlle Losfeld, Paris, 2000.
  • Poussière et lumière du jour (extraits de You Are Now Entering the Human Heart, 1983), traduction de Dominique Mainard, Éditions Joëlle Losfeld, Paris, 1995.
  • Un été à Willowglen, Autobiographie, J. Losfeld, Paris, 1995.
  • La Chambre close (Owls Do Cry, 1957), traduction de Catherine Vieilledent, Alinéa, Aix-en-Provence, 1986 (réédité sous le titre Les hiboux pleurent vraiment, Éditions Joëlle Losfeld, 1994, Éditions Payot & Rivages, 2002).
  • Parmi les buissons de Matagouri (An Angel at My Table, An Autobiography, 1984), traduction de Françoise Robert, Hommes et Groupes éditeurs, Paris, 1986, réédité sous le titre « Un été à Willowglen, Un ange à ma table », vol.2, Éditions Joëlle Losfeld, 1995.
  • Le messager, un ange à ma table, vol.3 (The Envoy from Mirror City, An Autobiography, 1985), traduction de Dominique Mainard, Éditions Joëlle Losfeld, 1996.
  • Vers l’autre été (Towards Another Summer, 2007), traduction Marie-Hélène Dumas, Éditions Joëlle Losfeld, Paris, 2011.

Notes et références[modifier | modifier le code]

Notes[modifier | modifier le code]

  1. Prononciation en anglais standard retranscrite phonémiquement selon la norme API.

Références[modifier | modifier le code]

  1. a b et c (en) « Miss Nene Janet Paterson Clutha (Janet Frame), ONZ, CBE (1983) », sur dpmc.govt.nz, Department of the Prime Minister and the Cabinet (consulté le 15 janvier 2020).
  2. a et b (en) « Biography », sur janetframe.org.nz, Janet Frame Literary Trust (consulté le 15 janvier 2020).
  3. a et b (en) The Arts Foundation, « Janet Frame’s Biography », sur thearts.co.nz (consulté le 15 janvier 2020).
  4. a b c d et e (en) Janet Frame sur l’Encyclopædia Britannica.
  5. Janet Frame (trad. de l'anglais), Un été à Willowglen : Un ange à ma table II [« An Angel at My Table (Autobiography 2) »] (autobiographie), Paris, Gallimard, coll. « Littérature étrangère/Joëlle Losfeld », , 276 p. (ISBN 978-2-909906-55-3).
  6. (en) New Zealand Ministry for Culture and Heritage Te Manatu Taonga, « Hospitalisation and publication », sur teara.govt.nz (consulté le 14 janvier 2020)
  7. (en) Janet Frame, An Autobiography, New York, George Braziller, (1re éd. 1989), p. 222-223; (en) Michael King, Wrestling with the Angel: A Life of Janet Frame, Penguin, , p. 111-112
  8. a et b Janet Frame sur le site de l'Encyclopædia Universalis.
  9. Anne Pons, « Janet Frame: la souffrance et la gloire », L'Express,‎ (ISSN 0014-5270, lire en ligne, consulté le 14 janvier 2020).
  10. (en) Alan Tinkler, « Janet Frame », dans John O'Brien, Review of Contemporary Fiction : Robert Creeley / Louis-Ferdinand Céline / Janet Frame [« Revue de la fiction contemporaine »], vol. XXIV, t. 2 (revue littéraire), Dalkey Archive Press, , 1re éd., 160 p., 15,20 × 22,60 cm, relié (ISBN 978-1564783653, lire en ligne [PDF]), p. 89-122.
  11. « Un ange à ma table – An Angel at my Table », sur larousse.fr, Éditions Larousse (consulté le 14 janvier 2020).
  12. Josyane Savigneau, « Une nouvelle visite à Janet Frame », Le Monde,‎ (ISSN 0395-2037, lire en ligne, consulté le 14 janvier 2020).
  13. (en) Sylvie Gambaudo, « Melancholia in Janet Frame's Faces in the Water », Literature and Medicine, vol. 30, no 1,‎ , p. 42–60 (ISSN 1080-6571, DOI 10.1353/lm.2012.0008, lire en ligne, consulté le 14 janvier 2020).
  14. (en) « Janet Frame », The Telegraph,‎ (ISSN 0307-1235, lire en ligne, consulté le 14 janvier 2020).
  15. Janet Frame (trad. de l'anglais), Ma terre, mon île : autobiographie, vol. 1, Paris, Joëlle Losfeld, , 227 p. (ISBN 2-84412-052-0 et 978-2-84412-052-6, OCLC 491257510).
  16. Janet Frame (trad. de l'anglais), Le messager : autobiographie, vol. 3, Paris, J. Losfeld, 245 p. (ISBN 978-2-07-078795-1, 2-07-078795-8 et 978-2-07-078797-5, OCLC 758289625).
  17. (en) Jane Campion, « Jane Campion recalls her encounters with Janet Frame », The Guardian,‎ (ISSN 0261-3077, lire en ligne, consulté le 14 janvier 2020).
  18. « Un ange à ma table de Jane Campion - (1990) - Drame, Drame sentimental » (consulté le 14 janvier 2020).
  19. (en) Reuters / Sharon Verghis, « Reclusive writer Janet Frame dead », sur The Sydney Morning Herald, (consulté le 20 juillet 2020)
  20. Josyane Savigneau, « Une nouvelle visite à Janet Frame », Le Monde.fr,‎ (lire en ligne, consulté le 20 juillet 2020)
  21. (en) « Janet Frame: An Angel at My Table from the archives », sur Now To Love (consulté le 14 janvier 2020).
  22. (en) « Janet Frame: Autobiography », sur medhum.med.nyu.edu, NYU Grossman School of Medicine, (consulté le 14 janvier 2020).
  23. André Claver, « Redécouvrir Janet Frame », L'Express,‎ (ISSN 0014-5270, lire en ligne, consulté le 14 janvier 2020).
  24. « Janet Frame - Site Gallimard », sur www.gallimard.fr (consulté le 14 janvier 2020)
  25. « Janet Frame Day Therapy Center », sur remediation-cognitive.org, Association francophone de remédiation cognitive, (consulté le 14 janvier 2020).

Liens externes[modifier | modifier le code]