Jane Wenham

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Jane Wenham
Biographie
Décès
Sépulture

Jane Wenham (décédée en 1730) était l'une des dernières personnes à être condamnée à mort pour sorcellerie en Angleterre, bien que sa condamnation fût annulée. Son procès du 4 mars 1712 est communément considéré à tort comme le dernier procès de la chasse aux sorcières en Angleterre[1].

Contexte[modifier | modifier le code]

Wenham, une veuve du village de Walkern (en), dans le Hertfordshire, a accusé un fermier de diffamation, en réponse à une accusation de sorcellerie. Le Juge de Paix local, Sir Henry Chauncy (en) a renvoyé l'affaire à Rev Gardiner, le recteur de Walkern. Elle a été récompensée par un shilling, bien que conseillée d'être moins querelleuse. Elle était déçue du résultat de cette affaire, et aurait dit qu'elle aurait la justice "d'une autre manière". Elle aurait alors supposément ensorcelé Ann Thorne, une servante au presbytère[2].

Le procès[modifier | modifier le code]

Un mandat d'arrêt contre Wenham a été émis par Sir Henry Chauncy, qui a donné les instructions pour qu'elle soit recherchée pour "marque de sorcières (en)". Elle a demandé à subir des épreuves pour éviter d'être emprisonnée. Ainsi on lui a demandé de réciter le Notre Père, car on croyait qu'aucune sorcière ne pouvait le faire[2]. Pendant sa récitation, elle a apparemment trébuché, et a dans la foulée reconnu ses accusations. Quand son logement fut fouillé, une potion, considérée comme magique a été découverte sous son oreiller.

L'accusé a été traduit devant Sir John Powell à la cour d'assises d'Hertford le 4 mars 1712. Un certain nombre de villageois ont apporté des preuves témoignant de la pratique de sorcellerie de l'accusée. Le juge était clairement sceptique. Ainsi quand Whenham été accusée d'avoir volé dans les airs, le juge fit remarquer qu'aucune loi n'interdisait de le faire. Elle fut donc accusée mais ce dernier annula sa condamnation, suspendit la peine de mort, et demanda le pardon royal de la Reine Anne.

Certains historiens comme Keith Thomas ont suggéré, en prenant cette affaire pour exemple, qu'il y avait généralement une différence dans les positions envers la sorcellerie supposée entre les parties éduquées de la population et les gens plus crédules, moins éduqués[3].

Les dernières années[modifier | modifier le code]

Whenman a été expulsée de son village pour sa propre sûreté. Sa cause a été adoptée par William Cowper, 1er comte Cowper, un aristocrate du parti whig, et fut cachée dans un cottage d'une autre partie de l'Hertfordshire, où elle vécut le reste de sa vie. Elle fut enterrée dans une tombe anonyme à Hertingfordbury. .

Durant ces dernières années, elle recevait la visite de l'évêque Francis Hutchinson (1660-1739), auteur d'un Historique essaie sur la sorcellerie (1718) dans lequel il applique une approche rationnelle sur le sujet. Hutchinson qui a rencontré d'autres survivantes de la chasse aux sorcières, a regardé leur persécution comme un résultat de la superstitions des Torys[4]. Tandis que lui, la considéré comme une femme simple et pieuse.

Autres affaires[modifier | modifier le code]

Selon le Oxford Dictionary of National Biography, Jane Wenham a été la dernière personne condamnée pour sorcellerie en Angleterre[5]. Cependant, des procès et des exécutions pour sorcellerie continuèrent en Angleterre après l'affaire Wenham. Une de ces affaire impliquée Mary Hickes et sa fille Elizabeth alors âgée de neuf ans, condamnées à mort par la cour d'assises et pendues à Huntingdon le samedi 28 juillet 1716, car on pensait qu'elles avaient enlevées leurs bas pour provoquer une pluie torrentielle.

Représentation médiatique de l'affaire[modifier | modifier le code]

Comptes contemporains[modifier | modifier le code]

Le procès a fait sensation à Londres, où des éditeurs comme Edmund Curll ont vendu des documents proclamant l'innocence ou la culpabilité de Wenham. Un des témoins du procès, Francis Bragge, a publié trois brochures sur l'affaire, y compris, Un compte-rendu complet et impartial de la découverte de la sorcellerie pratiquée par Jane Wenham de Walkerne dans le Hertfordshire[6]. Comme le suggère le titre, il s'agissait d'un compte rendu détaillé de l'affaire, bien que sa prétention à l'impartialité soit remise en question: la motivation de Bragge était peut-être de justifier le clergé impliqué dans l'affaire.

Références[modifier | modifier le code]

  1. Phyllis J. Guskin, « The Context of Witchcraft: The Case of Jane Wenham (1712) », Eighteenth-Century Studies, vol. 15, no 1,‎ , p. 48–71 (DOI 10.2307/2738402, lire en ligne, consulté le 22 juillet 2018)
  2. a et b (en) Owen Davies, « Wenham, Jane (d. 1730), last person convicted of witchcraft in England », dans Oxford Dictionary of National Biography (DOI 10.1093/ref:odnb/9780198614128.001.0001/odnb-9780198614128-e-29042, lire en ligne)
  3. Thomas, Keith. Religion and the Decline of Magic. Studies in popular beliefs in sixteenth and seventeenth century England". London: Weidenfeld & Nicolson.
  4. The political aspect of the case has been discussed by Ian Bostridge.
  5. “Wenham, Jane (d. 1730),” Owen Davies in Oxford Dictionary of National Biography, eee ed. H. C. G. Matthew and Brian Harrison (Oxford: OUP, 2004); online ed., ed. David Cannadine, September 2013, http://www.oxforddnb.com/view/article/29042 (accessed July 19, 2017).
  6. (en) 1712 Francis Bragge. London: Printed for E. Curll, A Full and Impartial Account of the Discovery of Sorcery and Witchcraft, Practis'd by Jane Wenham... (lire en ligne)

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Article connexe[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]