Jane Sivadon

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Jane Sivadon
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Biographie
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MuretVoir et modifier les données sur Wikidata
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Jeanne Lucie Eugénie Sivadon, dite Jane, alias Jacqueline Simon, assistante sociale, directrice de l'école des surintendantes d'usine et résistante française, le à Toulouse, et meurt le à Muret (en Haute-Garonne).

Famille[modifier | modifier le code]

Elle appartient à une ancienne famille huguenote, son père est pasteur de l'Église réformée, sa mère, Leila de Verbizier, appartient à une famille de verriers de l'Ariège[1]. Elle a trois frères, dont Paul Sivadon, médecin-chef du service psychiatrique asilaire de Ville-Évrard.

Elle fait ses études secondaires à Clermont-Ferrand, où elle obtient un premier prix de piano au conservatoire de musique et fonde une troupe d'éclaireuses[1]. En 1927, elle entre à l'école des surintendantes d'usines et de services sociaux, école privée d'assistantes sociales, rue Princesse. Elle obtient son diplôme de surintendante en 1932, après de nombreux stages. Elle prend la direction d'une maison pour l’enfance en difficulté, dans les environs de Grenoble mais en juillet 1933, Cécile Brunschvicg lui propose de devenir « monitrice générale » à l'école des surintendantes. Elle en devient sous-directrice en septembre 1933, puis directrice en septembre 1939[1].

Durant la Seconde Guerre mondiale[modifier | modifier le code]

Fin 1940 et début 1941, une ancienne élève, Berty Albrecht, fondatrice, avec le capitaine Henri Frenay, du Mouvement de libération nationale (MLN), envoie deux émissaires, d'abord Pierre de Froment, puis Robert Guédon. Sous l'impulsion de Jeanne qui recrute plusieurs surintendantes, l'école devient un centre extrêmement actif qui assure, d'une part, une coordination entre de petits groupes de résistants auparavant isolés, en région parisienne et en province, d'autre part, une liaison avec d'autres mouvements. Jeanne est alors, sous l'autorité du capitaine Guédon, secrétaire générale en zone occupée de ce mouvement connu après la guerre sous le nom de Combat Zone nord. Lors de la réorganisation de Combat Zone nord (janvier 1942), elle est membre du comité directeur.

Le , elle est arrêtée par la Geheime Feldpolizei, détenue à La Santé et interrogée à l'hôtel Cayré, boulevard Raspail. En application du décret Nacht und Nebel, qui prévoit la déportation des résistants vers l'Allemagne, elle est déportée et emprisonnée à Sarrebruck. Elle est condamnée à mort, le 12 octobre 1943, premier jour du procès des militants de Combat Zone Nord (Affaire Continent) devant le 2e sénat du Volksgerichtshof. Elle est ensuite détenue à la prison de Cologne, avec les autres condamnées à mort (Elizabeth Dussauze, Odile Kienlen, Hélène Vautrin, Marietta Martin-Le-Dieu et Gilberte Bonneau du Martray). L'exécution de la condamnation en ce qui concerne les femmes est suspendue et elle est transférée le 9 mars 1944 au bagne de Lübeck, puis le 4 avril 1944, au bagne de Cottbus.

Le , le décret Nuit et Brouillard ayant été partiellement levé, elle est transférée au camp de Ravensbrück, puis, déportée à Mauthausen (3-7 mars 1945). Elle est libérée, le et rapatriée par la Croix-rouge suisse.

Des condamnées du procès de Combat Zone nord, seules ont survécu Jeanne Sivadon (ESU), Elizabeth Dussauze, Anne-Marie Boumier (ESU), Gilberte Lindemann, Marcelle Villaine, Denise Lauvergnat (ESU) et Maguy Perrier.

Après-guerre[modifier | modifier le code]

Jeanne est directrice du centre d’études et de formation du service social du travail où elle est chargée par le ministère du Travail de créer un diplôme d'État de surintendante d'usine (assistante sociale).

Elle participe à la fondation de l'Association nationale des anciennes déportées et internées de la Résistance, association de femmes résistantes, dont elle prend la présidence : « Nous nous sommes réunies entre femmes seulement […] : cet esprit de fraternité que nous voulons toutes prolonger et faire fructifier naît de la connaissance directe que les unes ont des autres, des souvenirs communs et des souffrances partagées »dit-elle lors de l’assemblée générale constitutive de l'ADIR (4 novembre 1945).

Elle prend ensuite la direction générale des services sociaux des trois armées (terre-air-mer-armement).

En 1961, elle prend sa retraite d'abord à Paris, où elle s'occupe d'œuvres sociales, puis à partir de 1971 au Mas-d'Azil, où elle crée, avec ses cousines, une association, La Réveillée, regroupant les descendants de leurs ancêtres, des gentilshommes verriers huguenots.

Distinctions[modifier | modifier le code]

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • « Sivadon Jane », sur le site du Dictionnaire biographique, mouvement ouvrier, mouvement social - Université de Paris I.
  • Musée de la Résistance et de la Déportation de Besançon : Procès-verbal d'audition par le service de recherche des crimes de guerre (14 mai 1945) Fonds Germaine Tillion 19a
  • Archives nationales : Causerie du Mas-d'Azil (28 juillet 1945) AN72AJ/317 et Déposition auprès du comité d'histoire de la deuxième guerre mondiale AN72AJ/47
  • BDIC (Nanterre) : Lettre d'octobre 1989 à l'ADIR et Souvenirs d'une déportée (2 mars 1992) F°delta rés 797/III/66.
  • À la Bibliothèque municipale de Toulouse, le Centre d’études et de recherches sur la résistance toulousaine (CERRT) conserve plusieurs témoignages, dont celui de J. Sivadon au Mas d'Azil : « En écoutant l’acte d’accusation, grande fut notre joie quand nous avons entendu cette phrase : "Les accusés [...] seront punis au maximum parce qu’ils sont à l’origine d’un mouvement de résistance qui met l’armée d’occupation en danger". Nos cœurs étaient enflés de joie et, j’ose l’avouer, de fierté face aux Allemands. [...]. Mon assurance suffisait pour dire à la Haute Cour : "C’est ainsi que sont les femmes françaises" ».
  • Henri Frenay : La nuit finira, Paris, Laffont, 1975
  • Marie Granet et Henri Michel : Combat, histoire d'un mouvement de résistance, Paris, PUF, 1957
  • FNDIRP-UNADIF : Leçons de ténèbres, Paris, Perrin, 2004
  • FNDIRP-UNADIF, Bernard Filaire : Jusqu'au bout de la résistance, Paris, Stock, 1997
  • Henri Noguères : Histoire de la Résistance en France, Paris, Robert Laffont, 1972
  • Anne-Marie Boumier : Notre Guerre 1939-1945, manuscrit, Musée de Besançon.
  • Anne-Marie Pavillard, « À propos des archives des femmes dans la Résistance », Matériaux pour l'histoire de notre temps, 2003/1, vol. 69, p. 61-65, [lire en ligne].
  • Jean de Verbizier, « Hommage à Jane Sivadon », discours prononcé à l’ETSUP, Paris, 7 novembre 1995.

Liens externes[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. a b et c notice SIVADON, [lire en ligne]