Jane Cunningham Croly

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Jane Cunningham Croly
JaneCroly.JPG
Biographie
Naissance
Décès
(à 72 ans)
New York
Sépulture
Nom de naissance
Jane Cunningham
Pseudonyme
Jennie June
Nationalité
Domicile
Activité
Conjoint
David G. Croly
Enfant
Autres informations
Organisation
Sorosis, Fédération générale des clubs de femmes, Women's Press Club de New York
A travaillé pour
Noah's Sunday Times, New York World, Demorest's Magazine, The Cycle, Home-Maker
Domaine
Distinction
Titres honorifiques
National Women's Hall of Fame (1994)
Œuvres principales
History of the Woman's-Club Movement in America (1898 et 1900)

Jane Cunningham Croly (, Market Harborough - , New York) est une journaliste, femme de lettres et féministe américaine, mieux connue sous le pseudonyme de Jennie June. Elle est une auteure pionnière de chroniques féminines dans les principaux journaux et magazines de New York. Elle est également la fondatrice du Woman's Press Club of New York City (en)[1].

Biographie[modifier | modifier le code]

Jane Cunningham est née en Angleterre. Elle est la fille d'un ministre unitarien, le révérend Joseph Cunningham et de son épouse Jane Scott. À l'âge de 12 ans, elle émigre avec ses proches aux États-Unis. La famille s'installe tout d'abord à Poughkeepsie dans l'État New York, puis à Southbridge dans le Massachusetts[1].

Elle s'intéresse au journalisme alors qu'elle est étudiante et commence par publier le journal de l'école. Plus tard, elle édite le journal pour l'église de son frère. En 1855, elle déménage à New York à la recherche d'un travail de journaliste à plein temps[2]. Certaines sources affirment que c'est à cette période que l'auteure commence à utiliser le pseudonyme de Jennie June, un surnom d'enfance donné par un ami de la famille[3].

Le 14 février 1856, elle épouse l'un de ses collègues David G. Croly, journaliste et éditeur du New York Herald. Ils sont les parents d'Alice, Herbert David, Minnie et Viola Croly. Leur fils Herbert Croly, également journaliste, devient le rédacteur en chef du magazine The New Republic.

Dans ses dernières années, Jennie June Croly est souvent mentionnée dans la presse comme la « mère des clubs de femmes ». À l'été 1898, elle est victime d'une grave chute et se brise la hanche[4]. En 1900, pas encore totalement rétablie, elle annonce prendre sa retraite des journaux et des clubs[5]. Elle entreprend un voyage en Angleterre, qu'elle n'a jamais revu depuis son départ. De retour à New York, elle décède d'une insuffisance cardiaque, le 23 décembre 1901, à l'âge de 72 ans[6].

En 1994, Jane Cunningham Croly est intronisée au National Women's Hall of Fame[7].

Carrière professionnelle[modifier | modifier le code]

Après avoir postulé à plusieurs titres de presse, elle est finalement embauchée chez Noah's Sunday Times, souvent rapporté à tort comme The New York Times, pour lequel elle n'a jamais travaillé. La publication est éditée par Mordecai Manuel Noah. Pour Noah's Sunday Times, elle alimente une chronique féminine abordant des thèmes comme la mode, la cuisine et les arts[1].

Jane Cunningham se souviendra plus tard de cette période difficile, pendant laquelle les femmes étaient quasi absentes des rédactions ou cantonnées à l'écriture de contenus réservés aux « intérêts des femmes ». Il persiste alors une grande résistance de la part des rédacteurs masculins à l'idée d'embaucher une femme pour couvrir les nouvelles ou réaliser des reportages sérieux en dehors de ce qui est considéré comme appartenant à la sphère féminine[8]. Sa carrière de journaliste prend un réel envol dès son entrée au New York World grâce à la position de son mari. Un nouveau poste qui lui permet d'étendre son champ d'action sur le terrain et dans le choix de ses sujets[9].

De 1860 à 1887, elle est la rédactrice en chef de Demorest's Magazine, un magazine consacré à la mode féminine. L'expertise de Jennie June dans ce domaine est largement citée et reconnue dans d'autres publications. Elle devient par la suite directrice de la publication du magazine The Cycle qu'elle a elle-même fondé, puis du magazine Home-Maker. Ses colonnes deviennent de plus en plus politiques et syndiquées. La journaliste s'attache à relater la situation des femmes à travers les États-Unis[5].

Engagement féministe[modifier | modifier le code]

Citée parmi les journalistes pionnières du féminisme, Jane Cunningham Croly assume un point de vue progressiste sur la place des femmes dans la société américaine, appelant à plus d'efficacité dans leur habillement ou à une égalité concrète dans le domaine professionnel. Bien qu'elle soutienne le mouvement du suffrage féminin, elle n'y est pas une membre active. La journaliste se mobilise fortement pour l'égalité des droits, en accordant une attention particulière aux nouvelles carrières des femmes de la classe moyenne, telles que secrétaire, aide-comptable, enseignante et infirmière[10]. Pour elle, l'indépendance financière et l'égalité économique sont aussi importantes, sinon plus, que le droit de vote[11].

Portrait photographique de Jane Cunningham Croly alors agée de 40 ans, période pendant laquelle elle fonda le club Sorosis. Memories of Jane Cunningham Croly - Jenny June, Caroline M. Morse, New York, G. P. Putnam's Sons, 1904.

En 1868, elle fonde le club Sorosis pour les femmes à New York, étendu à la Fédération générale des clubs de femmes. L'organisation préconise une plus grande acceptation et davantage d'opportunités professionnelles pour les femmes. Le club ne s'occupe pas de politique ou du droit de vote des femmes[12]. Jennie June déclare à la presse qu'elle envisageait cet organe, dont le nom est un terme botanique grec désignant un arbre qui donne diverses sortes de fruits et de fleurs, comme un salon où les femmes pourraient se rassembler et échanger des idées. En 1890, elle organise son successeur, la Fédération générale des clubs de femmes[13].

Jane Cunningham Croly est également la fondatrice du Women's Press Club de New York en 1889[14]. Les premières rencontres se déroulent à son domicile[15].

Publications[modifier | modifier le code]

  • For Better or Worse, 1875
  • Jennie Juneiana : Talds on Women's Topics, 1864
  • Cookery-Book for Young Housekeepers, 1866
  • Knitting and Crochet, 1885
  • Thrown on Her Own Resources, 1891
  • History of the Woman's-Club Movement in America, H.G. Allen & Company, 1184p, 1898 et 1900

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. a b et c (en) Jane Cunningham Croly - Woman's Press Club of New York City, Memories of Jane Cunningham Croly, Jenny June, G. P. Putnam's Sons, , 233 p. (ISBN 1318722543)
  2. (en) « Jane Cunningham Croly », sur http://www.gfwc.org
  3. (en) « Women Journalists », The Washington Post,‎ , p. 2
  4. (en) « Two Noted Women Stricken », St. Louis Post-Dispatch,‎ , p. 4
  5. a et b (en) « Mrs. Jennie June Croly », New York Times,‎ , p. 17
  6. (en) « Jennie June is Dead », Baltimore Sun,‎ , p. 2
  7. (en-US) « Home - National Women’s Hall of Fame », sur National Women’s Hall of Fame (consulté le 21 décembre 2017)
  8. (en) « Women's Work on Newspapers », The Washington Post,‎ , p. 6
  9. (en) « Banquet to Jennie June », Boston Globe,‎ , p. 5
  10. (en) Elizabeth Bancroft Schlesinger, The Nineteenth-century Woman's Dilemma and Jennie June, New York History, Vol. 42, No. 4, , p. 365-379
  11. (en) Anne Margaret Mary Lewis, Jane Cunningham Croly : a study in woman-centeredness, University of Wisconsin--Madison, , 202 p.
  12. (en) « Sorosis », Arthur's Home Magazine,‎ , p. 320
  13. (en) Jane Cunningham Croly, The History of the Woman's Club Movement in America, H. G. Allen & Company, , 1184 p.
  14. (en) « Women's Press Club of New York State », sur www.womenspressclubnys.com (consulté le 21 décembre 2017)
  15. (en) « Forming a Women's Press Club », New York Times,‎ , p. 8

Liens externes[modifier | modifier le code]