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Jan Želivský

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Jan Želivský
Biographie
Naissance
Décès
Activités
Prononciation

Jan Želivský, né en 1380 à Humpolec (actuelle République tchèque) et mort décapité le 9 mars 1422 à Prague, est un prêtre du royaume de Bohême, qui a joué un rôle important dans le mouvement hussite, notamment après la mort sur le bûcher de Jan Hus en 1415. Après la défenestration de Prague (30 juillet 1419), il devient l'un des chefs de la révolution hussite, confrontée au roi Sigismond Ier, catholique intransigeant, au cours des croisades contre les hussites (1419-1434). Želivský meurt victime d'un conflit politico-religieux entre factions hussites de Prague.

Origines familiales et formation

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Il passe quelque temps[Quand ?] dans l'ordre des Prémontrés, ordre canonial généralement considéré comme précurseur des ordres mendiants.

En 1419, Jan Želivský prêche à l'église Sainte-Marie-Majeure de Prague. C'est l'un des rares prêtres utraquistes de Prague à cette époque et ses sermons qui se distinguent à la fois par leur éloquence et leurs descriptions apocalyptiques lui donnent une grande notoriété.

La défenestration de Prague (30 juillet 1419)

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Le 30 juillet 1419, Želivský conduit une procession hussite dans les rues de Prague.

Selon différentes sources, lorsque la procession passe devant l'hôtel de ville, « le prêtre [Želivský] et ses partisans furent cependant accueillis avec dérision par les édiles, qui se présentèrent aux fenêtres, et des pierres furent jetées sur le cortège. L'une des pierres frappa le prêtre Jan... et les gens furieux tentèrent immédiatement de prendre d'assaut la mairie »[1].

Cet assaut se termine par la défenestration de plusieurs échevins, qui sont ensuite massacrés par la foule. C'est l'origine des croisades contre les hussites, qui vont durer de 1419 à 1434.

Želivský et les débuts de la guerre contre les hussites

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Il va permettre[Quand ?] la réunification[note 1] de la Vieille Ville et de la Nouvelle Ville[2].

Vaincu lors de la bataille de Brux en 1421, Želivský est démis de ses fonctions[Lesquelles ?].

Mort (9 mars 1422) et funérailles

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Le 9 mars 1422, au cours des guerres intestines entre factions hussites, il est arrêté sur l'ordre du conseil municipal de Prague, principalement composé de bourgeois de l'ancienne Vieille Ville, condamné à mort et décapité[2].

La pensée de Želivský

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Une pensée bibliciste

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En effet, à une période où le catholicisme s'est éloignée de la Bible, l'accès à cette dernière étant limitée, Želivský s'appuie sur un biblicisme strict, s'incarnant dans nombre de ses sermons[3].

Un disciple de Jan Hus, plus radical sur le plan social

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On retrouve dans ces derniers, particulièrement dans ceux qu'il prononce entre le 16 avril et le 9 juillet 1419, une position théologique similaire à celle de Jan Hus, dont Želivský se revendique disciple[3]. Cette position théologique est celle d'une opposition forte avec le catholicisme.

Les points de désaccord soulevés par Jan Hus, suivi par Želivský, portent principalement sur la place des laïcs dans la société, la réforme hussite étant, à l'origine, fervente partisane d'une laïcisation du pouvoir et également sur la nécessité de faire des sermons compréhensibles par tous, au lieu de sermons en latin.

En revanche, si Jan Hus était déjà partisan d'un retour à une Église apostolique, c'est-à-dire héritière des apôtres, et à une église plus pauvre, sur ce dernier point Želivský va plus loin que Jan Hus. En effet, il combine son biblicisme intransigeant avec des revendications sociales fortes.

Želivský est le principal partisan d'une église pauvre et proche du peuple[3].

Un penseur de la révolution hussite

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La pensée de Želivský peut être considérée comme révolutionnaire. Želivský est l'un des principaux penseurs de la révolution hussite mais il est aussi, par ses sermons parlant au peuple et rappelant la nécessité pour le chrétien de lutter, celui qui a permis de légitimer les actions armées menées par les hussites et d'entamer les guerres hussites[4].

Il s'est appuyé également, pour cela, sur l'angoisse ambiante de l'époque, la croyance populaire voulait alors que la fin du monde soit proche. Une illustration cet appui de Želivský sur l'ambiance de l'époque est qu'il n'a pas hésité à faire de l'homme qui a exécuté Jan Hus, Sigismond de Luxembourg, l'Antéchrist.

Son nom a été donné à de nombreuses rues de la République tchèque, notamment une rue de Prague longue de 1 400 mètres (ulice Jana Želivského), ainsi qu'à une station du métro de Prague.

Notes et références

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  1. La ville de Prague était alors divisée entre la Vieille Ville (Stare Mesto), dominée par des bourgeois hussites modérés, et la Nouvelle Ville (Nove Mesto), dominée par des hussites radicaux

Références

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  1. The Count Lutlow, Hussite Wars, New York, E.P. Dutton & Co., , p. 10
  2. a et b Martin Malia (trad. Laurent Bury), Histoire des révolutions, Paris, Tallandier, dl 2008 (ISBN 978-2-84734-495-0 et 2-84734-495-0, OCLC 470825260, lire en ligne), p. 55-86
  3. a b et c François Wendel, « Jan Zelivsky, Dochovanà kázání z roku 1419, I. Prague, Naklada-telství Ceskoslovenské Akademie Věd, 1953 », Revue d'Histoire et de Philosophie religieuses, vol. 36, no 4,‎ , p. 358–358 (lire en ligne, consulté le )
  4. Jean-Claude Junin, « Première défenestration de Prague », sur grassemat.info, (consulté le ). La deuxième défenestration de Prague a lieu en 1483, la troisième en 1618 et la quatrième en 1948.

Bibliographie

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Liens externes

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