Jamie Dimon

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Jamie Dimon
Image dans Infobox.
Dimon à la conférence sur l'investissement dans le secteur de la santé JPMorgan, 8 janvier 2013
Fonction
Administrateur délégué
Biographie
Naissance
(65 ans)
New York
Surnom
Super Jamie[1]
Nationalité
Domicile
Formation
Activité
Conjoint
Judith Kent
Autres informations
A travaillé pour
Religion
Parti politique

James « Jamie » Dimon, né le à New York, est une personnalité de la finance américaine. Président-directeur de Bank One de à , il devient directeur des opérations chez JPMorgan Chase Co. à la suite de la fusion de ces deux banques. Depuis , il est président-directeur général de JPMorgan Chase Co[2].

Connu pour avoir été le protégé de Sandy Weill, au côté duquel il a participé au développement de Citigroup, il est contraint de partir à la suite d'un différend avec ce dernier en .

Biographie[modifier | modifier le code]

Jeunesse et ascension[modifier | modifier le code]

Né à New York, James « Jamie » Dimon est l'un des trois fils d'un couple d'immigrants grecs, Theodore et Themis (née Kalos) Dimon[3]. Son nom de famille originel est Papademetriou. Son grand-père, qui a travaillé en tant que banquier à Smyrne et Athènes, l'a changé en Dimon pour lui donner un sens plus français[4]. Il a un frère aîné, Peter, et un frère jumeau, Ted. Le père et le grand-père de Dimon étaient tous deux agents de change chez Shearson[5].

Jeune, il va à la Browning School[6]. Il se spécialise ensuite en psychologie et en économie à l'université de Tufts, où il obtient un diplôme avec mention. À Tufts, Dimon écrit un essai sur les fusions de Shearson que sa mère envoie à Sandy Weill, qui l'embauche pour travailler chez Shearson pendant les vacances d'été[7].

Après avoir obtenu son diplôme, il travaille dans le conseil en gestion pendant deux ans avant de s'inscrire à la Harvard Business School. Pendant les vacances estivales où n'étudie pas à Harvard, il travaille chez Goldman Sachs. Il est diplômé en 1982, obtenant un MBA en tant que Baker Scholar[8].

Après avoir obtenu son diplôme, Sandy Weill le convainc de refuser des offres de Goldman Sachs, Morgan Stanley et Lehman Brothers pour le rejoindre en tant qu'assistant chez American Express[9].

Une réputation de financier prudent durant la crise[modifier | modifier le code]

Avant la crise, sa rémunération annuelle totale est de 41,2 millions de $[10]. Il avait une réputation de financier se méfiant des produits spéculatifs suspects et avait débarrassé sa banque des subprimes début 2007[1]. Cela rejoint le concept de la Fortress Balance sheet dont il se voulait le promoteur. Sa banque n'avait en effet présenté aucun bilan négatif sur 2008-2010[11] et il était surnommé « Monsieur Parfait »[12]. Duff McDonald le décrit dans le livre Last Man Standing, Simon & Schuster, 2009 comme « une boussole morale et managériale[11] ».

À la faveur de la crise, il lance le rachat de Bear Sterns et Washington Mutual[1].

Montée des critiques à son égard[modifier | modifier le code]

Complicité de Fraude dans l'affaire Madoff

La banque américaine, qui a abrité les comptes de Jamie Dimon pendant deux décennies, doit débourser près de 2 milliards d'euros pour complicité de fraude dans le cadre de l'affaire Madoff[13]. La banque, responsable en partie de la crise des subprimes, a également accepté de payer la somme de 13 milliards de dollars. Il s'agit de la plus grosse amende jamais infligée[14].

Le cumul des fonctions[modifier | modifier le code]

Il s'oppose de manière répétée, perdant petit à petit le soutien de ses actionnaires, à la séparation des postes de président et de directeur général, qu'il cumule[11].

La baleine de Londres[modifier | modifier le code]

Selon un rapport du Senat Américain publié en mars 2013 après 9 mois d'investigation[15], Dimon a induit en erreur les investisseurs et les régulateurs alors que les pertes montaient dangereusement jusqu'à 6,2 milliards de dollars sur un pari « monstrueux » fait sur des produits dérivés CDS par le trader français Bruno Iksil, surnommé la « baleine de Londres. »

Selon Carl Levin, président de cette commission d’enquête, JP Morgan avait « une opération de trading qui accumulait les risques, ignorait les limites de prise de risque, cachait les pertes, esquivait la surveillance et désinformait le public. » Dimon a rejeté les informations de la presse de possible pertes par Bruno Iskil (en) en les qualifiant de « tempête dans une théière » le alors qu'il savait qu'Iksil avait déjà perdu un milliard de dollars. Ceci a amené Levin à affirmer « Aucune des affirmations faites le 13 avril au public, aux investisseurs et aux analystes n'était vraie », et « la banque a aussi négligé de révéler ce jour-là que le portefeuille avait des positions massives qu'il était difficile de liquider, et qui violaient massivement les chiffres clés de limites de risques. » [16],[17]

Prises de position[modifier | modifier le code]

Sur la régulation[modifier | modifier le code]

Il prend position sur la règle Volcker interdisant les paris sur fonds propres, la jugeant « puérile » et « antiaméricaine[1]. »

Relations avec l'administration Obama[modifier | modifier le code]

Sur la hausse des impôts[modifier | modifier le code]

Dans un interview accordée à The Wall Street Journal, le 7 avril 2021, Jamie Dimon se prononce en faveur de la hausse des impôts[18], notamment pour réduire les inégalités sociales et pour combler la dette qui s'est aggravée avec la crise sanitaire du covid-19 : "Les impôts vont devoir augmenter. Vous ne pouvez pas gérer un déficit de 10 à 15 % pour toujours [...] Si les gens pensaient que leurs impôts servaient à aider les pauvres et les désavantagés, ils préféreraient de loin payer un montant plus élevé"[19].

Rémunérations[modifier | modifier le code]

En 2013, le conseil d'administration de JPMorgan Chase a accordé à Jamie Dimon 20 millions de dollars (14,6 millions d'euros) de rémunérations vs 11,5 millions en 2012 [20].

Il va toucher 29,5 millions de dollars pour l'année 2017, en hausse de 5,4%. Ce montant se compose d'un salaire de base de 1,5 million de dollars et de 28 millions de dollars de bonus et stock-options basés sur la performance de l'entreprise[21].

En 2020, la rémunération de Jamie Dimon s'élève à 31,5 millions de dollars. Depuis 2016, il se place à la tête des PDG de banques américaines, les mieux payés[22].

Vie personnelle[modifier | modifier le code]

En 1983, Jamie Dimon épouse Judith Kent, qu'il a rencontrée à la Harvard Business School. Ils ont trois filles : Julia, Laura et Kara Leigh[23]. Julia et Kara ont été à l'université Duke, tandis que Laura est diplômée du Barnard College et est devenue journaliste indépendante après avoir travaillé pour le New York Daily News[24],[25].

Représentation dans la culture populaire[modifier | modifier le code]

Dimon est interprété par Bill Pullman dans le film de 2011 Too Big to Fail diffusé par HBO et par Michael Brandon dans le film The Last Days of Lehman Brothers (en) diffusé par la BBC.

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. a b c et d Marc Roche, « JPMorgan Chase : "Super Jamie" descend de son piédestal », Le Monde,‎ (lire en ligne).
  2. a et b Éric Desrosiers, « Perspectives - Querelle de banquiers », Le Devoir,
  3. (en) Mj Lee, « 10 facts about Jamie Dimon », sur POLITICO (consulté le )
  4. « Book review: The secret to Jamie Dimon's luster - Sep. 22, 2009 », sur archive.fortune.com (consulté le )
  5. Langley, Monica. Tearing Down the Walls: How Sandy Weill Fought His Way to the Top of the Financial World ... and then Nearly Lost it All. Simon & Schuster, 2003, p. 50
  6. "Class of 1938 Alumnus Achievement Award". The Browning School. Archived from the original on June 14, 2012. Retrieved June 14, 2012
  7. (en) « The bankers that define the decades: Jamie Dimon, JPMorgan Chase », sur Euromoney, (consulté le )
  8. « The bankers that define the decades: Jamie Dimon, JPMorgan Chase | Euromoney », sur web.archive.org, (consulté le )
  9. Langley, Monica. Tearing Down the Walls: How Sandy Weill Fought His Way to the Top of the Financial World ... and then Nearly Lost it All. Simon & Schuster, 2003, p.74
  10. « 25 Highest-paid men - Jamie Dimon (19) - FORTUNE », sur money.cnn.com (consulté le )
  11. a b et c Sylvain Cypel et Marc Roche, « Jamie Dimon, le banquier », Le Monde.fr,‎ (ISSN 1950-6244, lire en ligne, consulté le )
  12. Stéphane Lauer, « JP Morgan : le vent a tourné pour "monsieur Parfait" Jamie Dimon », Le Monde,‎ (lire en ligne).
  13. Le Monde avec AFP, « JPMorgan Chase condamnée dans l'affaire Madoff », Le Monde,‎ (lire en ligne, consulté le ).
  14. Pierre-Yves Dugua, « Amende record pour JPMorgan Chase pour solder l'affaire des subprimes », Le Figaro,‎ (lire en ligne).
  15. Senate report "JPMorgan Chase Whale Trades: A Case History of Derivatives Risks and Abuses", MAJORITY AND MINORITY STAFF REPORT, PERMANENT SUBCOMMITTEE ON INVESTIGATIONS, UNITED STATES SENATE, RELEASED IN CONJUNCTION WITH THE PERMANENT SUBCOMMITTEE ON INVESTIGATIONS MARCH 15, 2013 HEARING, http://media.bloomberg.com/bb/avfile/rJ5Q_k_NsIk8 « Copie archivée » (version du 31 octobre 2013 sur l'Internet Archive)
  16. (en) Dawn Kopecki, « JPMorgan Report Piles Pressure on Dimon in Too-Big Debate », Bloomberg LP,‎ (lire en ligne, consulté le )
  17. (en) Dawn Kopecki, « JPMorgan Misled Investors, Dodged Regulators, Senate Report Says », Bloomberg LP,‎ (lire en ligne, consulté le )
  18. (en-US) Orla McCaffrey, « JPMorgan CEO Jamie Dimon Sees ‘Goldilocks Moment’ for U.S. Economy », Wall Street Journal,‎ (ISSN 0099-9660, lire en ligne, consulté le )
  19. « Confiant pour l'avenir, le patron de JP Morgan milite pour une hausse des impôts », sur Les Echos, (consulté le )
  20. La rémunération du PDG de JPMorgan a presque doublé en 2013, Le Monde, 25 janvier 2014
  21. BFM BUSINESS, « Le PDG de JPMorgan va toucher son plus gros chèque depuis 10 ans », sur BFM BUSINESS (consulté le )
  22. « Jamie Dimon, le patron de JP Morgan, a gagné 31,5 millions de dollars en 2020 », sur Les Echos, (consulté le )
  23. (en) Duff McDonald, Last Man Standing: The Ascent of Jamie Dimon and JPMorgan, Simon & Schuster, , 352 pages p. (ISBN 1416599541), p.22
  24. (en-US) « Who’s a Better Writer: Jamie Dimon or His Daughter? », sur Intelligencer (consulté le )
  25. (en-US) Bethany McLean, « Tom Brady Called Jamie Dimon During JPMorgan’s $6 Billion Loss to Tell Him to “Hang in There” », sur Vanity Fair (consulté le )

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]

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