James de La Cloche

Un article de Wikipédia, l'encyclopédie libre.
Aller à : navigation, rechercher

James de La Cloche (1644? - 1669?) est un prétendu fils bâtard de Charles II d'Angleterre qui, après être entré dans un séminaire jésuite, aurait renoncé à l'état ecclésiastique et épousé une Napolitaine. Son existence n'est pas démontrée et la filiation avec Charles II serait peu probable si la date de naissance de 1644 était correcte, puisque le roi n'avait que 14 ans à cette époque.

James de la Cloche est surtout connu à travers les études de l'historien britannique Lord Acton.

Barnes, en 1908, et Marcel Pagnol ont défendu une identification entre l'Homme au masque de fer et James de La Cloche.

Dans son essai historique Le Secret du Masque de fer (1973), Marcel Pagnol reprend et commente diverses thèses d’historiens. Outre Lord Acton et Mgr Barnes, il fait référence à l’historien John Lingard, à Andrew Lang[1], Miss Carey[2], ou encore l’historien Laloy.

Les recherches de l'historien Lord Acton[modifier | modifier le code]

En 1862, Lord Acton obtint une copie d'un manuscrit prétendument du père Boero qui aurait été conservé dans les archives des Jésuites à Rome. Il en tira la matière d'un article intitulé : The Secret History of Charles II (Histoire secrète de Charles II).

Selon ces documents, Charles II aurait eu un fils bâtard avec Marguerite de Carteret à Jersey en 1646. Officiellement, il fut donné pour fils du mari de Marguerite, Jean de La Cloche. Il aurait été élevé dans la religion protestante en France et aux Pays-Bas et utilisé le nom James de La Cloche du Bourg. Charles II l'aurait reconnu secrètement en 1665, lui allouant une pension annuelle de 500 livres, pour autant qu'il demeure à Londres et se convertisse à la religion anglicane. Apparemment, La Cloche s'exprimait principalement en français.

Jacobus de La Cloche entra dans un séminaire jésuite à Rome le 2 avril 1668, portant des habits ordinaires et se déclarant âgé de 24 ans. Il s'était converti au catholicisme à Hambourg en 1667. Il avait reçu de la reine Christine de Suède une preuve écrite de son lignage. Il fut accepté comme novice à Sant'Andrea du Quirinal le 11 avril.

La conversion de La Cloche au catholicisme n'avait apparemment pas ému Charles II puisqu'en 1668, Oliva, général des Jésuites, reçut une lettre dans laquelle le roi lui disait qu'il envisageait de se convertir. Il ne pouvait entrer en contact avec le clergé catholique sans éveiller de soupçons, mais son fils, un certain La Cloche, pouvait servir d'intermédiaire. S'il ne pouvait lui succéder, il pourrait lui obtenir le chapeau de cardinal. En août, une nouvelle lettre invitait La Cloche à rentrer en Angleterre sans parler à la reine Christine, qui devait se rendre à Rome. Le roi lui avait fait établir un passeport au nom d'Henri de Rohan. La Cloche se mit en route en octobre.

La lettre suivante, datée du 18 novembre 1668, indique que Charles II a renvoyé son fils à Rome pour être son ambassadeur officieux auprès du Saint-Siège et qu'il devrait retourner à Londres avec les réponses à des questions que le roi ne voulait faire faire que verbalement. Après cette lettre, plus aucune mention n'est faite de La Cloche.

Le Prince "Stuardo"[modifier | modifier le code]

Un James Stuart ou don Giacopo Stuardo fit son apparition à Naples en 1669. Le 19 février, il épousa Teresa Corona, fille d'un aubergiste, en remettant à son père 200 ducats en guise de dot. Quand le beau-père commença à dépenser l'argent, Stuart fut arrêté comme faux-monnayeur et déclara être un fils naturel de Charles II. Le vice-roi écrivit à Londres pour vérifier, tandis que Stuart, détenu au château de Gaète, appelait à l'aide le consul d'Angleterre, Browne. Mais à l'issue de ces démarches, Stuart fut transféré du château de Gaète à la prison de Vicaria, beaucoup moins confortable. Il fut finalement relâché. On suppose qu'il retourna en Angleterre et revint avec de l'argent. Il mourut le 31 août et, dans un testament confus, demanda à Charles II de donner à son enfant à naître une « principauté ordinaire » ou quelque chose d'approprié. Il nomma Marie Henriette Stuart (sœur de Charles II), comme sa mère. L'affaire fut mentionnée dans des gazettes du temps et dans les dépêches du consul d'Angleterre.

La veuve de Stuart donna naissance à un fils, Giacomo Stuardo, qui épousa Lucia Minelli di Riccia en 1711 et parvint à mettre la main sur une partie de l'héritage de son père. Il est mentionné pour la dernière fois en 1752.

Les historiens sont partagés sur le sujet. James de La Cloche pourrait avoir écrit lui-même de fausses lettres royales. Le testament pourrait avoir été fabriqué par la famille Corona. Il pourrait y avoir eu deux hommes se réclamant de la même filiation. Lord Action et le Père Boero pensent que le second était un imposteur. Boero suppose que La Cloche était retourné à Londres sous un autre nom. Lord Acton pense que Stuart pouvait avoir été au service de La Cloche et lui avoir volé de l'argent et des papiers.

John Lingard[modifier | modifier le code]

L’historien John Lingard, qui se procure les lettres de Charles II à James et au père Oliva, affirme que toutes sont des faux, ce qui fait de James un prince imposteur. Les lettres adressées au roi Charles II évoquent la reine Henriette Marie comme étant à Londres en 1668, or elle est partie 3 ans plus tôt s’installer en France, où elle restera jusqu’à sa mort en 1669. M. Pagnol cite ensuite une autre preuve avancée par John Lingard identifiant une lettre comme un faux : « D’autre part, l’un des certificats du roi est daté de White Hall alors que le roi, à cause de la peste à Londres, s’était réfugié à Oxford avec toute sa cour ».

Whitehall n’apparaît pas en signature dans la retranscription par M. Pagnol du certificat. La lettre du 18 novembre 1668 par laquelle Charles II envoie au Père Oliva une reconnaissance de dettes est datée de Whitehall. D’après l’article Charles II (roi d'Angleterre) faisant référence au livre de John Miller (Londres, Weidenfeld and Nicolson, 1991), la famille royale quitte Londres en juillet 1665 pour Salisbury, tandis que le Parlement se réunit à Oxford. Le roi rentre à Londres en février 1666, il aurait donc pu rédiger une lettre à Whitehall fin 1668.

Miss Edith Carey[modifier | modifier le code]

Elle est convaincue que James est vraiment le fils du roi Charles II et de Marguerite Carteret. Il aurait ainsi été ordonné prêtre à Rome avant de repartir pour Londres afin d’y catéchiser son père. Il disparaît après la lettre de Charles II à Oliva, datée le 18 novembre 1668.

Charles II aurait obtenu de Louis XIV l’arrestation en France (en juillet 1669) de ce bâtard encombrant et son internement à Pignerol, ce qui ferait de James le prisonnier au Masque de Fer, lui qui était petit-cousin de Louis XIV, fils de son cousin germain. Le Prince Stuardo de Naples pourrait alors être une invention de Charles II pour justifier la disparition de James.

Charles II se serait donc débarrassé ainsi de son fils bâtard, quelques mois seulement après avoir demandé son retour à Londres, afin de solliciter son nouveau statut de prêtre pour le catéchiser. Marcel Pagnol s’oppose à cette thèse en soulignant que Charles II, qui a fait de ses fils bâtards des ducs, n’aurait certainement pas fait emprisonner James à vie après l’avoir reconnu.

Andrew Lang[modifier | modifier le code]

Selon lui, si James de la Cloche était vraiment de sang royal, et avait acquis de profondes convictions religieuses, il n’aurait pu épouser une roturière ni faire étalage de sa richesse. Il prend le parti diabolisant James, le considérant comme un « audacieux escroc » ayant dupé le Père Oliva dans le seul but de lui soutirer de l’argent.

C’est ce que Marcel Pagnol retrouve dans le dictionnaire de Jersey : James n’était pas un bâtard du roi, mais un escroc mégalomane, qui meurt à Naples le 10 Septembre 1669.

Arthur S. Barnes[modifier | modifier le code]

Dans son livre The man of the Mask (1908)[3], Mgr Arthur Barnes affirme que James était vraiment le bâtard de Charles II. Il est selon lui revenu à Londres sous le nom de l’abbé Pregnani pour y catéchiser son père avant de retourner en France. Parce qu’il détient le secret du traité de Douvres[4], il est arrêté puis conduit à Pignerol sous le nom « Eustache Dauger ». Cette thèse fut reprise par l’historien français M. Laloy.

L’abbé Pregnani revient bien de Londres à Paris début juillet 1669, mais d’après les Mémoires de Primi Visconti[5], il mourut à Rome en 1679.

Marcel Pagnol[modifier | modifier le code]

Dans son essai historique Le Masque de fer (1965), Marcel Pagnol développe une thèse identifiant le fameux prisonnier au Masque de fer comme étant le frère jumeau de Louis XIV, né après lui (donc son frère aîné conçu avant lui) et ainsi héritier légitime du trône.

Marcel Pagnol complète son essai en 1973, le ré-intitulant Le Secret du Masque de fer, et y ajoute notamment le résultat de ses recherches sur James de la Cloche, qu’il identifie au frère jumeau de Louis XIV, portant ce nom dans sa jeunesse.

La jeunesse sur l’île de Jersey[modifier | modifier le code]

En 1644, Louis XIV a 6 ans. Le cardinal Mazarin (qui succède à Richelieu) envoie la sage-femme dame Perronette en Angleterre où la reine Henriette de France, sœur de Louis XIII, va accoucher de Henriette d’Angleterre. D’après M. Pagnol, la sage-femme emmène avec elle le jumeau pour le cacher à l’étranger, ce qui est d’ailleurs le véritable objet de son voyage.

Après l’accouchement, Henriette de France envoie dame Perronette chez les Carteret, la plus noble famille de l’île[6], dont la fille Marguerite élèvera l’enfant. Perronette leur verse une dot importante pour l’adoption[7] mais ne leur révèle pas sa véritable identité, le présentant comme le fils d’une jeune noble. C’est dans cette même famille Carteret qu’Henriette d’Angleterre enverra son fils (le futur Charles II alors âgé de 15 ans) pendant la guerre civile en 1646.

M. Pagnol ne retrouve dans les archives de l’île de Jersey ni acte de naissance, ni certificat de baptême, ni acte de décès. Il conclut donc que James n’est pas né sur l’île, et que la famille Carteret n’est pas la sienne. En 1657, Marguerite épouse Jean de la Cloche qui donne son nom à James[8].

À Jersey, il se répand la rumeur selon laquelle James serait né d’une liaison entre Marguerite Carteret et le roi Charles II, venu sur l’île dans sa jeunesse[9]. James interroge Marguerite qui dément la rumeur. Plus tard, se trouvant une ressemblance frappante avec Charles II en voyant son portrait[10], il est convaincu d’être le fils du roi et souhaite être reconnu, tels deux autres fils bâtards[11],[12]. Marguerite (ou sans doute son père Sir Carteret) démarche en sa faveur auprès du roi, mais celui-ci refuse de le reconnaître.

Jésuite à Rome[modifier | modifier le code]

S’estimant injustement désavoué par celui qu’il croit être son père[13], James ne se résigne pas pour autant. Sachant par les Carteret que Charles II prépare secrètement sa conversion au catholicisme[14] (et soumettre ainsi l’Église anglaise sous l’autorité du pape), il décide de se faire ordonner prêtre catholique dans le but d’être à même de convertir Charles II.

Outre le certificat de la reine de Suède[15], James appuie sa candidature à l’Institut des novices jésuites par un premier certificat de Charles II lui-même[16],[17], le reconnaissant comme son fils le « Prince Stuart ». Dans d’autres lettres, Charles II promet le trône à James et une généreuse récompense aux jésuites.

Dans une lettre du 18 novembre 1668 (vraisemblablement celle citée par Lord Acton), le Père Oliva reçoit une reconnaissance de dettes, lui promettant la somme de 20 000 livres sterling (soit 200 000 livres tournois), puis lui demande le versement à James de 800 livres sterling qu’il s’engage à lui rembourser[18].

D’après M. Pagnol, Oliva a certainement versé cette somme à James, croyant l’authenticité des lettres et des garanties royales. M. Pagnol situe donc le départ de Rome vers début décembre 1668, soit quelques semaines plus tard que la date donnée par Lord Acton.

En comparant les lettres de Charles II au père Oliva avec d’autres lettres de ce même Charles II adressées à sa sœur Henriette d’Angleterre[19], deux experts graphologues consultés par M. Pagnol sont formels : les lettres adressées au père Oliva sont des faux, faisant de James un imposteur. M. Pagnol l’estime cependant de bonne foi en admettant qu’il croyait sincèrement être le fils bâtard de Charles II.

La rencontre avec Charles II[modifier | modifier le code]

Dans sa dernière lettre, Charles II recommande à James de s’arrêter à Paris rendre visite à sa sœur Henriette d’Angleterre qui pourra le faire ordonner prêtre. S’agissant d’un faux, c’est donc James qui, selon le même procédé d’une fausse lettre d’appui de Charles II, aurait demandé une audience à Henriette d’Angleterre.

D’autre part, M. Pagnol cite également une lettre du 20 janvier 1669 de Charles II à Henriette d’Angleterre[20], qui évoque une précédente lettre d’Henriette à Charles remise par un certain « Italien » identifié comme étant James venu de Rome.

M. Pagnol conclut qu’Henriette a bien reçu James, qu’elle a immédiatement reconnu la ressemblance avec son cousin Louis XIV (elle vit en France), et lui remet une lettre à l’attention de Charles II lui laissant judicieusement la responsabilité de faire ordonner James. Lorsque James remet la lettre à Charles II à Londres début 1669, celui-ci, qui le reconnaît, lui révèle le secret de sa naissance, qu’il tenait certainement de sa mère Henriette de France.

Apprenant ainsi qu’il aurait dû régner en lieu et place de son frère jumeau, James est envoyé par Charles II à Roux de Marcilly qui organise une conspiration contre Louis XIV dont tous les ministres anglais sont au courant.

Dans son essai, Marcel Pagnol démontre que le fameux prisonnier au Masque de Fer n’était pas italien. Identifiant James de la Cloche au prisonnier, James de la Cloche ne serait donc pas l’abbé Pregnani, tel que l’affirme Mgr Barnes.

Quant au Prince « Stuardo », M. Pagnol estime qu’il ne peut être James de la Cloche, qui ne serait certainement pas retourné en Italie dépenser la fortune escroquée aux jésuites à Rome. Il s’agirait donc du valet de James qui, en apprenant l’arrestation de son maître, s’empare de son argent et usurpe son identité avant de s’enfuir à Naples.

Notes et Références[modifier | modifier le code]

  1. (en) Andrew Lang, The Valet’s Tragedy,‎ , The Mystery of James de la Cloche
  2. (en) Miss Carey, The Channel Islands, Londres,‎
  3. Marcel Pagnol cite le titre The man behind the Mask. Or le livre de Mgr Barnes s’intitule The man of the MaskThe man behind the Mask étant le titre d’un autre livre, de Rupert Furneaux (1954).
  4. Dans le contexte de la menace d’une alliance Suède / Provinces-Unies / Angleterre pour contrecarrer les ambitions de Louis XIV sur les Pays-Bas espagnols (actuelle Belgique), son cousin Charles II lui promit, en échange d’une généreuse aide financière, son appui militaire et sa conversion à la religion catholique « dès que les affaires de son royaume le permettra », la grande majorité du Parlement anglais étant anti-papiste et francophobe. Nul ne sait si Charles avait réellement l'intention de se convertir. Il tient en tout cas au secret cette clause de conversion et ne se convertira que sur son lit de mort en 1685.
  5. (it) Primi Visconti, Mémoires sur la cour de Louis XIV, 1673-1681
  6. L’importance de la famille Carteret était telle qu’aujourd’hui encore un petit cap du Cotentin porte ce nom, dans la commune Barneville-Carteret.
  7. D’après les Mémoires pour servir à l’Histoire d’Anne d’Autriche (1723) de Mme de Motteville, dame Peronette emporte en Angleterre 20 000 pistoles, soit 200 000 livres tournois. M. Pagnol estime le montant de la dot à 10 000 pistoles.
  8. Lorsqu’il prend le nom « de la Cloche » en 1657, James a donc 19 ans en supposant qu’il soit né en 1638 (année de naissance de Louis XIV), ou bien 11 ans si on le croit né d’une liaison entre Marguerite et Charles II qui arrive sur l’île en 1646, âgé de 16 ans.
  9. En situant la naissance de James au moment de celle de Louis XIV, c’est-à-dire le 5 septembre 1638, il n’aurait que 8 ans de moins de Charles II né en 1630. Ainsi Charles II a 16 ans lorsqu’il arrive à Jersey en 1646 (il n’est pas encore roi), et James, déjà sur l’île, a 8 donc ans.
  10. La reine d’Angleterre avait donné à Sir Carteret un portrait de Charles II, peint par Peter Lely. M. Pagnol y voit une ressemblance frappante avec Louis XIV (et donc son frère jumeau le cas échéant), cousin germain de Charles II, ce qui peut paraître contestable même si M. Pagnol ne spécifie pas le portrait de Louis XIV qui serait si ressemblant.
  11. M. Pagnol cite le duc de Monmouth, fils de Lucy Walter qui obtient ce titre en 1665. Il cite également le duc de Saint-Albans, fils de Nell Gwynnes, mais il n’est fait duc qu’en 1684.
  12. Né en 1638, James a donc 30 ans en 1668, sachant que James Scott, fils de Charles II, est fait duc de Monmouth 5 ans plus tôt en 1663.
  13. L’hypothèse selon laquelle James croyait sincèrement être le fils bâtard de Charles II, en étant en réalité le frère jumeau de Louis XIV, implique qu’il ne connaissait alors pas sa propre date de naissance : En situant la naissance de James au moment de celle de Louis XIV, c’est-à-dire le 5 septembre 1638, il n’aurait que 8 ans de moins de Charles II né en 1630. On remarque également que lorsque Charles II arrive à Jersey en 1646 (il a donc 16 ans), James, né en 1638 et déjà sur l’île, avait 8 ans. Dans la lettre prétendue de Charles II, arrivée quelques jours après le certificat, il est précisé : « Ce notre fils […] nous est né quand nous n’avions guère plus de seize ou dix-sept ans […] ».
  14. Les véritables intentions de Charles quant à sa conversion au catholicisme restent inconnues : Il s’engage secrètement plus tard, par l’un des clauses du traité de Douvres ne se convertira que sur son lit de mort en 1685. On sait toutefois que sa mère Henriette de France et sa femme Catherine de Bragance étaient catholiques.
  15. Dans son certificat, rédigé en latin, la reine Christine de Suède affirme que James est le fils bâtard du roi, et que Charles II lui-même l’en a informée. En outre, elle déclare qu’elle a assisté à la cérémonie au cours de laquelle James a été reçu dans l’Église catholique à Hambourg.
  16. M. Pagnol se procure des photostats des lettres de Charles II par l’intermédiaire du Père archiviste du Gesù de Rome.
  17. Le certificat du roi Charles II se termine par la mention : « Le 27 de septembre 1665. Écrit et signé de notre main, cacheté du cachet ordinaire de nos lettres sans autre façon. »
  18. Extrait du post-scriptum de la reconnaissance de dettes datée au 18 novembre 1668 : « Nous, Charles Roi ’Angleterre, […] confessons devoir […] la somme de huit cents livres sterling, savoir de huit cents jacobus ou pistoles pour l’entretien et voyages de notre[…] fils le Prince Jacques Stuart, […] lesquelles huit cent pistoles ledit Révérendissime Père Général Monsieur Jean Paul Oliva lui a fournies […] » La somme de 800 livres sterling est citée comme étant déjà versée à James, ce que M. Pagnol interprète comme une demande expresse, s’agissant en l’occurrence d’une escroquerie.
  19. M. Pagnol se procure des lettres de Charles II à sa sœur Henriette d’Angleterre par l’intermédiaire des archives des Affaires étrangères. Elles permettent aux experts graphologues consultés par M. Pagnol d’en examiner l’écriture afin de la comparer aux lettres adressées au père Oliva à Rome. S’agissant de la conversion secrète du roi, les lettres au père Oliva n’ont certainement pas été dictées à un secrétaire.
  20. La lettre du 20 janvier 1669 de Charles II à sa sœur Henriette d’Angleterre fut publiée par Mgr Barnes. Dans cette lettre, Charles II évoque une précédente lettre d’Henriette remise dans un couloir sombre par un certain « Italien » qu’il n'aurait pas reconnu… Mgr Barnes identifie le messager italien comme étant James venant de Rome. M. Pagnol qualifie le contenu de cette lettre de « ridicule » et mensonger, expliquant que Charles II prend certaines précautions en cas d’égarement de la lettre.

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Giovanni Tarantino, « Jacques de la Cloche : A Stuart Pretender in the Seventeenth Century », Archivum Historicum Societatis Iesu, LXXIII (Juin-Décembre 2004)
  • Arthur Stapylton Barnes, The man of the mask: A study in the by-wars of history (1908)
  • Marcel Pagnol, Le Masque de fer (1965), éditions de Provence (remanié sous le titre Le Secret du Masque de fer en 1973), essai historique, Monte-Carlo, Pastorelly