James Salter

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James Salter
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James Salter à l'université Tulane le 10 novembre 2010

Nom de naissance James Arnold Horowitz
Naissance
Passaic (New Jersey, Drapeau des États-Unis États-Unis)
Décès (à 90 ans)
Sag Harbor (État de New York, Drapeau des États-Unis États-Unis)
Activité principale
Distinctions
Auteur
Langue d’écriture Anglais américain

Œuvres principales

James Salter, né James Arnold Horowitz le à Passaic dans le New Jersey[1] et mort le [2],[3] à Sag Harbor dans l'État de New York, est un écrivain américain.

Biographie[modifier | modifier le code]

James Salter est le nom de plume de James A. Horowitz[3], fils de George Horowitz, un agent immobilier et entrepreneur moyennement prospère. Né dans le New Jersey, il grandit à Manhattan et fait une partie de sa scolarité à la Horace Mann School dans le Bronx[1].

Il entre à l'académie militaire de West Point[3] en 1942 à l'instigation de son père, lui-même ancien élève de cette école militaire. À cette époque, du fait de la guerre, le nombre d'élèves a doublé et le programme d'études a été ramené à trois ans, contre quatre en temps de paix. Il obtient son diplôme en 1945. Il occupe le 49e rang d'une promotion de 852 élèves. Ses condisciples le surnomment l'« horrible Horowitz »[4].

Il est formé au pilotage au cours de sa troisième et dernière année. Sa formation initiale a lieu à Pine Bluff (Arkansas). Il se perfectionne à Stewart Field, New York. Au cours d'un vol d'entraînement en mai 1945, à court de carburant, il s'égare, confond un pont de chemin de fer avec une piste et s'écrase avec son T-6 Texan sur une maison à Great Barrington (Massachusetts).

Probablement à cause de cet incident, Il est orienté jusqu'en février 1946, vers une formation sur B-25. Il est nommé, pour sa première affectation au 6e Troop Carrier Squadron, qui est cantonné à Nielson Field, puis aux Philippines, à Okinawa et au Japon. Il est promu premier lieutenant en janvier 1947.

À partir d'août 1948, il poursuit ses études supérieures à l'université de Georgtown dont il sort diplômé en janvier 1950 (master degree). Il est affecté au quartier général du Tactical air command (Langley AFB) en mars 1950. En février 1952, après s'être porté volontaire pour une affectation en Corée et avoir suivi un entrainement au pilotage du F-86 Sabre, il rejoint la 335e escadrille de chasse et d'interception, une unité réputée de chasseurs de Mig. Du 12 février au 6 août, il participe à plus de cent missions. Une victoire contre un Mig-15, le 4 juillet, est officiellement portée à son crédit. Il utilisera son expérience en Corée dans son premier roman, The Hunters,1956 (Pour la gloire, en version française), qui sera porté à l'écran en 1958 dans un film dont la vedette sera Robert Mitchum.

La version cinématographique de The Hunters a été très largement saluée pour la puissance de sa performance, son intrigue émouvante, et sa représentation réaliste de la guerre de Corée. Bien qu'excellente adaptation hollywoodienne, ce film est très différent du roman original, qui traite de la lente auto-destruction d'un pilote de chasse de 31 ans, qui autrefois était considéré comme un « as », mais qui n'a trouvé que de la frustration dans son premier combat, tandis que d'autres autour de lui, parvenaient à la gloire grâce à des faits parfois inventés.

Ses œuvres, qui s'appuient sur son expérience à la Force aérienne, ont un ton fataliste : ses protagonistes, après avoir surmonté leur conflit entre réputation et perception de soi, sont tués dans l'exercice de leurs fonctions, alors que les incompétents au sein de leurs propres rangs survivent. Salter brosse des portraits qui sont vivants et familiers pour tout pilote militaire qui a survécu à un combat aérien.

Son roman The Arm of Flesh s'appuie sur ses expériences de vol avec le 36e Wing, à la base aérienne de Bitburg, en Allemagne, entre 1954 et 1957[1]. Une version largement remaniée de ce roman a été rééditée en 2000 sous le titre Cassada.

Considéré comme l'un des plus grand styliste de la fiction américaine moderne[3],[1], Salter lui-même est critique de son propre travail, seul son roman de 1967 Un sport et un passe-temps conservant grâce à ses yeux. Se déroulant en France dans la période de l'après-guerre, Un sport et un passe-temps est un roman érotique impliquant un étudiant américain et une jeune Française, raconté au présent à travers des flashbacks par un narrateur anonyme qui connaît à peine l'étudiant, qui lui-même désire la jeune fille, et admet volontiers que la plus grande partie de son récit est du ressort du fantasme[1].

La prose de James Salter laisse transparaître l'influence d'Ernest Hemingway et d'Henry Miller, mais dans des entretiens avec son biographe, William Dowie[5], il indique qu'il a été principalement influencée par André Gide et Thomas Wolfe.

Souvent décrite par les critiques comme « succincte » ou « comprimée », son écriture utilise des idées tracées sèchement à partir d'images en apparence éphémères pour que tant les faits que les personnages explosent de la page. Ses phrases sont courtes, et dans certaines œuvres, souvent fragmentaires, il écrit aussi bien à la première qu'à la troisième personne, au temps présent ou passé. Dans ses dialogues, quelques indications aident le lecteur à comprendre l'identité du locuteur ; il doit sinon la deviner à partir du ton et de la motivation des propos.

Ses mémoires, Une vie à brûler, utilisent ce style de prose pour raconter l'impact que ses expériences, à West Point, dans l'armée de l'air puis en tant que célébrité pseudo-expatriée en Europe, ont eu sur la façon dont il voyait les changements de son style de vie.

Bien qu'il semble glorifier l'adultère, Salter exprime en fait une réflexion sur ce qui a été connu de lui et des impressions qu'il a pu laisser, comme le fait par exemple son récit poignant sur la mort de sa fille.[pas clair]

Une ligne de The Hunters exprime ces sentiments : « Ils ne savaient rien du passé et de sa sainteté. »Son recueil de nouvelles Dusk and Other Stories (American Express) a reçu en 1988 le PEN/Faulkner Award

James Salter a été élu à l'Académie américaine des arts et des lettres en 2000.

Œuvres[modifier | modifier le code]

  • The Hunters (roman, 1957)
  • The Arm of Flesh (roman, 1961; republié sous le titre Cassada en 2000)
  • A Sport and a Pastime (roman, 1967)
  • Downhill Racer (scénario, 1969)
  • The Appointment (scénario, 1969)
  • Three (scénario et mise en scène, 1969)
  • Light Years (roman, 1975)
  • Solo Faces (roman, 1979)
  • Threshold (scénario, 1981)
  • Dusk and Other Stories (nouvelles, 1988; PEN/Faulkner Award 1989)
  • Still Such (poésie, 1988)
  • Burning the Days (mémoires, 1997)
  • Gods of Tin (compilation, 2004; sélection de The Hunters, Cassada, et Burning the Days)
  • Last Night (nouvelles, 2005)
  • There and Then: The Travel Writing of James Salter (essai, 2005)
  • Life Is Meals: A Food Lover's Book of Days (2006)
  • My Lord You and Palm Court. Deux courtes nouvelles éditées dans un même ouvrage par Picador en 2006
  • Memorable Days: The Selected Letters of James Salter and Robert Phelps (2010)
  • All That Is (2013)
  • Collected Stories (2013)

Traductions françaises[modifier | modifier le code]

  • L'Homme des hautes solitudes [« Solo Faces »], Paris, trad. de Antoine Deseix, Paris, Les Deux terres,‎ 2003, 2e éd. (1re éd. 1981), 255 p. (ISBN 978-2879290799)
  • American Express [« Dusk and Other Stories »], Paris, trad. de Lisa Rosenbaum, Paris, L'Olivier, coll. « Littérature étrangère »,‎ 1995, 208 p. (ISBN 978-2879290232)
  • Un sport et un passe-temps [« A Sport and a Pastime »], Paris, trad. de Philippe Garnier, Paris, L'Olivier, coll. « Littérature étrangère »,‎ 1996, 255 p. (ISBN 978-2879290799)
  • Un bonheur parfait : Mémoires [« Light Years »], Paris, trad. de Lisa Rosenbaum et Anne Rabinovitch, Paris, L'Olivier, coll. « Littérature étrangère »,‎ 1997, 382 p. (ISBN 978-2879290225)
  • Une vie à brûler : Mémoires [« Burning the Days »], Paris, trad. de François Ménard, Paris, L'Olivier, coll. « Littérature étrangère »,‎ 1999, 438 p. (ISBN 978-2879291789)
  • Cassada, Paris, trad. de Philippe Garnier, Paris, L'Olivier, coll. « Littérature étrangère »,‎ 2001, 282 p. (ISBN 978-2879293004)
  • Bangkok [« Last Night »], Paris, trad. de Anne Rabinovitch, Paris, Les Deux terres,‎ 2004, 255 p. (ISBN 978-2848930015)
  • Et rien d’autre [« All That Is »], trad. de Marc Amfreville, Paris, L’Olivier, coll. « Littérature étrangère », 2014, 368 p. (ISBN 978-2-8236-0290-6)
  • Pour la gloire [« The Hunters »], trad. de Philippe Garnier, Paris, L’Olivier, coll. « Littérature étrangère », mai 2015

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. a, b, c, d et e (en) James Salter, a ‘Writer’s Writer’ Short on Sales but Long on Acclaim, Dies at 90 par Helen Verongos dans The New York Times du 19 juin 2015.
  2. « La disparition de James Salter » par Pierre Maury dans Le Soir du 20 juin 2015.
  3. a, b, c et d James Salter au septième ciel par Éric Neuhoff dans Le Figaro du 20 juin 2015.
  4. Voir, p. ex., la référence de son condisciple Jack Broughton à l'« horrible » Horowitz à la page 56 de Rupert Red Two: A Fighter Pilot's Life from Thunderbolts to Thunderchiefs, Zenith Press, 2007 (ISBN 978-0760332177).
  5. William Dowie, James Salter, Twayne Publishers, 1998, (ISBN 978-0-8057-1604-7)

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • (en) William Dowie, James Salter, Twayne, New York, N. Y. ; Prentice Hall international, London, Mexico City, New Delhi [etc.], 1998, 142 p. (ISBN 0-8057-1604-1)
  • (en) Alex Vernon, Soldiers once and still : Ernest Hemingway, James Salter & Tim O'Brien, University of Iowa Press, Iowa City, 2004, 314 p. (ISBN 0-87745-886-3)

Liens externes[modifier | modifier le code]

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