James Le Mesurier

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James Le Mesurier
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Biographie
Naissance
Décès
Voir et modifier les données sur Wikidata (à 48 ans)
IstanbulVoir et modifier les données sur Wikidata
Nationalité
Formation
Activité
MilitaireVoir et modifier les données sur Wikidata
Autres informations
A travaillé pour
Royal Green Jackets, Mayday Rescue Foundation (en)Voir et modifier les données sur Wikidata
Arme
Grades militaires
Conflits
Distinctions
Ordre de l'Empire britannique
Officier de l'ordre de l'Empire britannique (d) ()Voir et modifier les données sur Wikidata

James le Mesurier est un ancien officier de l'armée britannique devenu directeur d'une ONG néerlandaise, la Mayday Rescue Foundation (en), né le à Singapour et mort le à Istanbul.

Il est connu pour avoir contribué à former la Défense civile syrienne, connue sous le nom de Casques blancs.

Biographie[modifier | modifier le code]

James Le Mesurier est tout d'abord officier dans l'armée britannique. Il travaille ensuite pour l'Organisation des Nations Unies puis devient consultant spécialiste des conflits armés[1].

Il est diplômé de l'Académie royale militaire de Sandhurst et a servi en tant que capitaine avec les Royal Green Jackets[2] notamment au Kosovo[3] . Après avoir quitté l'armée, il a rejoint Good Harbour, une entreprise de communication stratégique basée à Abou Dabi[4]

Formation de secouristes syriens[modifier | modifier le code]

Ému par les récits de civils syriens pris pour cibles dans les bombardements, il décide d'aider les secouristes à se former, en Turquie. Apporter une formation aux premiers-secours et un équipement aux volontaires permet d'augmenter le nombre de sauvetages[5]. En 2013, il contribue à former une équipe de vingt Casques blancs - secouristes de la Défense civile syrienne - avec des secouristes turcs, de manière plus structurée[6],[7],[8].

Il fonde alors l’ONG à but non-lucratif Mayday Rescue Foundation (en), qui forme, entraîne et équipe des secouristes qui interviennent dans les zones de conflits et dont les projets sont financés par les Nations Unies et divers gouvernements[9],[7].

En 2016, il reçoit la distinction honorifique d'Officier de l'ordre de l'Empire britannique[10].

Suspicion de fraude[modifier | modifier le code]

En 2019, un comptable néerlandais découvre que James Le Mesurier aurait détourné pour son propre usage 50 000 dollars de fonds destinés aux Casques Blancs via la fondation Mayday Rescue. Une enquête des comptes de Mayday par Grant Thornton a par la suite eu lieu à l’initiative des pays donateurs, car la plupart des documents financiers manquaient ; un rapport de synthèse que les journalistes du Volkskrant ont vu. La conclusion qualifie ce paiement de 50 000 $ de Le Mesurier à lui-même être le résultat d'un « malentendu » et non d'une fraude, aucun détournement de fond n'ayant été établi. Cela correspond à des reçus dont les dates ont été mal renseignées, sur les instructions de Le Mesurier. Le Mesurier avait en fait emprunté un montant important à la fondation pour payer son mariage en 2018, et de l'argent destiné à d'autres fins avait été utilisé pour payer des primes aux cadres supérieurs, y compris à lui-même et à sa femme[11],[12],[13].

Dans un courriel du , Le Mesurier informe de la situation les pays donateurs de la Mayday Rescue Foundation, tout en indiquant sa crainte que cela soit utilisé par les « trolls russes et pro-Assad » et s'engage à démissionner de la fondation Mayday et à rembourser les sommes si cela est exigé[14].

Décès[modifier | modifier le code]

Le matin du , James Le Mesurier est retrouvé mort au pied de l'immeuble où se trouvait son domicile à Istanbul dans le quartier de Beyoğlu[15], avec de multiples fractures. Les circonstances de sa mort ne sont pas claires, une enquête est ouverte[9],[16]. Selon sa femme, il souffrait d'un stress important lié à la campagne de diffamation et de propagande à son égard[17],[18], et prenait un traitement médical, ce qui peut laisser penser à un accident ou un suicide, mais la thèse de l'assassinat commandité par un État est également avancée[19],[20].

L'autopsie indique que la cause du décès correspond à « un traumatisme corporel général lié à une chute de hauteur », et un examen toxicologique indique la prise de somnifères, ce que sa femme avait déclaré aux autorités[21].

Le 2 mars 2020, le procureur clôt le dossier, le décès étant considéré comme un suicide : l'enquête a permis d'éclaircir les soupçons contre sa femme et aucune preuve d'intervention extérieure dans le drame n'a été mise en évidence[22].

Campagne de désinformation[modifier | modifier le code]

De même que les Casques blancs, James Le Mesurier est victime d'une « campagne de désinformation » et d'« attaques publiques » de la part de dignitaires des régimes russe et syrien[23]. Selon l'un de ses anciens collègues, il était au courant qu'il était la cible d'une telle campagne et d'« attaques au vitriol » de la part d'utilisateurs des réseaux sociaux, et prenait des mesures pour sa sécurité[4]. Trois jours avant sa mort, le ministère des affaires étrangères russe l'accuse d'être un ancien agent du MI6 « en lien avec des terroristes »[9],[24],[19].

Références[modifier | modifier le code]

  1. « Syrie. Les Casques blancs, héros ordinaires de la guerre civile », sur Courrier international, (consulté le 11 novembre 2019)
  2. James Le Mesurier, ex-officier britannique ayant entraîné les casques blancs syriens, retrouvé mort à Istanbul
  3. (en) « James-le-mesurier-obituary », sur theguerdian, (consulté le 19 novembre 2019)
  4. a et b James Le Mesurier, British ex-army officer who trained Syria's White Helmets, found dead in Istanbul
  5. « BBC Radio 4 - James Le Mesurier talks about the White Helmets, the Syrian Civil Defence » (consulté le 11 novembre 2019)
  6. « Q&A: Syria's White Helmets », sur www.aljazeera.com (consulté le 11 novembre 2019)
  7. a et b Julie Kebbi, « « C’était la première fois de ma vie que j’étais en contact avec des morts, les scènes étaient horribles » - Julie Kebbi », sur L'Orient-Le Jour, (consulté le 11 novembre 2019)
  8. « A Alep, sous un déluge de bombes, les secouristes sont tout particulièrement visés », Le Monde,‎ (lire en ligne, consulté le 11 novembre 2019)
  9. a b et c (en) « White Helmets Founder James Le Mesurier 'Found Dead In Home' », sur HuffPost UK, (consulté le 11 novembre 2019)
  10. « British man who fell to his death was target of Russian smear campaign », sur Mail Online, (consulté le 11 novembre 2019)
  11. (en) Janene Pieters, « Dutch accountant uncovers fraud behind Syria rescue organization White Helmets », sur nltimes.nl, (consulté le 28 juillet 2020)
  12. (nl) « Accountant bracht ‘misbruik’ donorgeld aan het licht bij Nederlandse stichting achter Witte Helmen », sur Accountancy Vanmorgen, (consulté le 30 juillet 2020)
  13. (nl) « Stichting achter Witte Helmen misbruikte donaties Syrië-hulp », sur NRC (consulté le 30 juillet 2020)
  14. (en)RECONSTRUCTION. The confession of James le Mesurier, De Voklkskrant, 17 juillet 2020
  15. (en) « British founder of White Helmets found dead in Istanbul », sur theguardian.com, 11 novembre 2019
  16. Le Figaro avec AFP, « Mort à Istanbul du principal soutien des Casques blancs syriens », sur Le Figaro.fr, (consulté le 11 novembre 2019)
  17. « PressReader.com - Journaux du Monde Entier », sur www.pressreader.com (consulté le 26 décembre 2019)
  18. Guy Adams, « Why do many of Russia's enemies plunge to their death from balconies? », sur Mail Online, (consulté le 26 décembre 2019)
  19. a et b Frédéric Autran, Mort suspecte à Istanbul du principal soutien des Casques blancs syriens, Libération, .
  20. Turquie : soupçons autour de la mort du principal soutien des Casques blancs syriens, Le Parisien, 12 novembre 2019.
  21. (en-GB) « White Helmets co-founder 'died from fall' », BBC News,‎ (lire en ligne, consulté le 21 juillet 2020)
  22. (de) DER SPIEGEL, « Istanbul: Ermittler sehen keine Fremdeinwirkung bei Tod des Weißhelm-Gründers - DER SPIEGEL - Politik », sur www.spiegel.de (consulté le 21 juillet 2020)
  23. Bel Trew, « James Le Mesurier: White Helmets backer found dead near his home in Istanbul », sur independent.co.uk, (consulté le 11 novembre 2019).
  24. (en) Richard Spencer, Middle East Correspondent, « British ex-Army man behind Syria’s White Helmet rescuers found dead », The Times,‎ (ISSN 0140-0460, lire en ligne, consulté le 11 novembre 2019)

Liens externes[modifier | modifier le code]