James C. Scott

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James C. Scott
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James C. Scott (né en 1936) est un professeur de sciences politiques à l'Université Yale aux États-Unis.

Anarchiste[1], il est un critique et continuateur de Pierre Clastres, Foucault, Bourdieu, Lukes, etc. Il a été une figure du mouvement Pérestroïka en sciences politiques.

Les travaux de James Scott portent principalement sur la résistance des personnes en situation de subalternité : il a longuement documenté la vie des paysans en Malaisie et a développé le concept de résistance infrapolitique[2]. Il propose dans ses ouvrages une relecture critique du concept d'hégémonie[3] et une distinction entre le « discours officiel » et le « discours caché » des paysans, qui peut être très critique dans la sphère privée. Cette distinction a des répercussions sur les théories du pouvoir.

Principales contributions[modifier | modifier le code]

Dans Weapons of the weak: Everyday forms of Peasant Resistance (1985), Scott présente les résultats de son ethnographie menée dans un village de Malaisie. Ce village est spécialisé dans la culture du riz et regroupe pas plus de 70 foyers. Scott y a passé deux ans environs et a étudié les relations de pouvoirs et les formes que prenait la "lutte des classes" entre "riches" et "pauvres". Il y a observé l'introduction des doubles récoltes et l'arrivée de la mécanisation des récoltes.

Dans Domination and the arts of resistance: Hidden Transcripts. (1990), Scott introduit les concepts de résistance infrapolitique, de "hidden transcript" et de "public transcript". Par résistance infrapolitique, Scott recouvre l'ensemble des pratiques qui ne sont pas partagées ouvertement sur la scène publique, car elles seraient symboliquement ou légalement réprimées, mais qui s'y insinue discrètement sans pouvoir être totalement identifiées. Par exemple, un vol dissimulé, la circulation de ragots, des anecdotes, de petits actes qui réduisent l'effort au travail, le contournement des taxes, etc. permettent à des populations dominées d'accroître leurs chances de survie. Ces actions sont souvent effectuées sous couvert d'anonymat ou évoquées en comité réduit. Ainsi, les populations qui ont recours à ce genre de pratiques présente souvent, dans la sphère privée un discours très critique des personnes au pouvoir. En revanche, ces mêmes personnes simulent souvent en public une fausse complicité avec les normes dominantes. C'est la distinction que Scott fait entre "hidden" et "public transcript".

Ces idées ont des implications sur la manière dont l'hégémonie est pensée: dans la tradition de Gramsci, l'hégémonie sous-entend qu'une population dominée a intégré les normes dominantes. Scott explique que cette erreur vient notamment d'un biais de méthode: en effet, si on ne regarde que le discours public des classes dominées, on risque de passer à côté de leurs réelles convictions. Selon Scott, ce discours de fausse complicité en public, dans ce type de société, s'explique par le simple besoin de survivre: le riche que l'on critique en privé, qui exploite les pauvres est aussi celui qui donne du travail.

Publications[modifier | modifier le code]

Bibliographie et sources[modifier | modifier le code]

  • Thierry Jobard, « Au pays de l'anarchisme oriental », Sciences Humaines,‎ (lire en ligne).
  • Nicolas Delalande, « Zomia, là où l’État n’est pas », La République des idées,‎ (lire en ligne).
  • Michel Lapierre, « Un anarchisme raisonnable est-il possible ? », Le Devoir,‎ (lire en ligne).
  • Sylvain Bourmeau, « Domination et Résistance : une anthropologie de l'Etat et de son absence », France Culture,‎ (lire en ligne).

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. (en) Jennifer Schuessler, « James C. Scott, Farmer and Scholar of Anarchism », The New York Times,‎ (lire en ligne).
  2. (en) James C. Scott, Domination and the Arts of Resistance: Hidden Transcripts., Yale University Press, (ISBN 0-300-04705-3)
  3. (en) James C. Scott, Weapons of the Weak: Everyday Forms of Peasant Resistance., Yale University Press,

Liens externes[modifier | modifier le code]