James B. Donovan

Un article de Wikipédia, l'encyclopédie libre.
Sauter à la navigation Sauter à la recherche
Page d'aide sur l'homonymie Pour les articles homonymes, voir Donovan.
James B. Donovan
une illustration sous licence libre serait bienvenue
Biographie
Naissance
Décès
Voir et modifier les données sur Wikidata (à 53 ans)
BrooklynVoir et modifier les données sur Wikidata
Nationalité
Formation
Activités
Autres informations
A travaillé pour
Parti politique

James Britt Donovan (29 février 1916 – 19 janvier 1970) fut un avocat, un négociateur et officier de la marine des États-Unis d'Amérique[1],[2].

J. B. Donovan est surtout connu pour la négociation menée en 1962 pour l'échange du pilote d'un avion de reconnaissance Lockheed U-2 abattu en URSS, Francis Gary Powers avec l'agent de renseignement soviétique Rudolf Abel. Il est également connu pour avoir négocié la même année la libération et le retour de 1 113 prisonniers à la suite de l'échec du débarquement de la baie des cochons à Cuba[3],[4]. Pour son travail, James Donovan reçut la Distinguished Intelligence Medal[2].

Jeunesse et début de carrière[modifier | modifier le code]

Famille et jeunesse[modifier | modifier le code]

James Britt Donovan naquit le 29 février 1916 dans le Bronx. Il est le fils d'Harriet O'Connor, professeur de piano, et de John J. Donovan, chirurgien. Les deux branches de la famille était donc d'ascendance irlandaise. Il eut un frère, John J. Donovan Jr. (en) qui fut sénateur de l'État de New York.

Il étudia au sein d'une école catholique, le lycée All Hallows (en). En 1933, il intégra l'université Fordham où il obtint un baccalauréat universitaire ès lettres en anglais en 1937. Il souhaitait devenir journaliste mais son père le persuada d'étudier le droit au sein de la faculté de droit de Harvard, qu'il intégra à l'automne 1937 et en sortit en 1940 avec un bachelor of laws[3].

Début de carrière[modifier | modifier le code]

Il commença alors à travailler au sein d'un cabinet d'avocats. En 1942, il devint directeur-adjoint du contentieux (Associate General Counsel) de l'Office of Scientific Research and Development avant de devenir, entre 1943 et 1945, le directeur du contentieux de l'Office of Strategic Services, ancêtre de la Central Intelligence Agency. Il avait intégré la marine en 1943 avec le grade d'enseigne de vaisseau et termina la guerre avec le grade de capitaine de frégate (commander) et décoré notamment de la Legion of merit et de la Commendation Medal[2]. En 1945, il devint l'assistant juridique de Robert H. Jackson lors du procès de Nuremberg[5]. Pendant la préparation du procès, il travailla également comme conseiller pour la réalisation du documentaire The Nazi Plan (en). Enfin, lors du procès, il fut chargé de présenter les preuves visuelles.

Négociations[modifier | modifier le code]

Affaire Rudolf Abel et libération de Francis Gary Powers[modifier | modifier le code]

En 1950, James Donovan devint partenaire d'un cabinet d'avocats new-yorkais : Watters & Donovan. En 1957, après que de nombreux autres avocats eurent refusé, il se chargea de défendre l'agent soviétique Rudolf Abel[6]. J. Donovan perdit le procès mais parvint par ses arguments à obtenir du juge d'éviter une condamnation à mort. Il échoua ensuite, par 5 voix contre 4 devant la Cour suprême en tentant de défendre que les preuves utilisées contre son client par le FBI violaient le quatrième amendement de la Constitution[7]. Le président de la Cour suprême (Chief Justice of the United States), Earl Warren, le loua et exprima publiquement la « gratitude de l'ensemble de la Cour » pour avoir défendu cette affaire[6].

En 1962, James Donovan — qui était négociateur principal — et l'agent de la CIA Milan C. Miskovsky [8] négocièrent avec les Soviétiques la libération du pilote Francis Gary Powers. J. Donovan parvint à négocier son échange contre Rudolf Abel, toujours détenu, qu'il avait défendu cinq ans auparavant[9].

Négociations cubaines[modifier | modifier le code]

En juin 1962, James Donovan fut contacté par l'exilé cubain Pérez Cisneros qui lui demanda de négocier la libération des 1113 hommes capturés après l'échec du débarquement de la Baie des cochons[4],[10]. J. Donovan offrit ses services juridiques pro bono au comité des familles cubaines liées aux prisonniers [10].

Quelques mois après, il voyagea à Cuba pour la première fois alors que les relations entre Cuba et les États-Unis d'Amérique étaient extrêmement tendues. Sa première rencontre avec Fidel Castro fut ainsi très brève[11] et James Donovan dut créer un climat de confiance. Fidel Castro l'encensa après qu'il eut emmené son fils à Cuba[4].

Le 21 décembre 1962, Fidel Castro et James Donovan signèrent un accord consistant en un échange des 1113 prisonniers contre 53 millions de dollars d'aliments et de médicaments fournis par des donations privées et de compagnies escomptant des contreparties fiscales[9]. James Donovan eut l'idée d'échanger les prisonniers contre des médicaments après avoir constaté que la production médicamenteuse cubaine ne lui avait pas permis de traiter son hygroma[12]. À la fin des négociations, le 3 juillet 1963, James Donovan avait obtenu la libération de 9703 personnes (hommes, femmes et enfants) des prisons cubaines[9].

Vie politique et littéraire[modifier | modifier le code]

Échec aux élections et implication dans le système scolaire[modifier | modifier le code]

En 1962, il fut choisi pour représenter le parti démocrate au poste de sénateur de New-York mais perdit l'élection contre le républicain et sénateur sortant Jacob K. Javits[13].

De 1961 à 1963, J. Donovan fut vice-président de la commission scolaire de New-York puis en exerça la présidence entre 1963 à 1965, en pleine ère du combat pour les droits civiques. Il déclara alors qu'il dirigeait « une commission scolaire, non une commission de l'intégration » (« a Board of Education, not a Board of Integration. »)

Travaux littéraires[modifier | modifier le code]

En 1964, J. Donovan publia un premier ouvrage, Strangers on a Bridge, The Case of Colonel Abel, rédigé avec l'assistance du nègre littéraire Bard Lindeman, sur l'histoire de la défense et du procès de Rudolf Abel suivi par l'intense négociation et l'échange des prisonniers au sommet de la Guerre froide. Divers travaux similaires ont été publiés ensuite mais Strangers passe comme étant décisif et fut largement acclamé par la critique[14],[15]. Grâce au film de Steven Spielberg, Le Pont des espions, le livre a connu un nouveau regain de popularité et a été republié chez Scubner, filiale de la maison d'édition Simon & Schuster le 4 août 2015.

En 1967, il publia un second ouvrage : Challenges: Reflections of a Lawyer-at-Large.

Fin de vie, décès et famille[modifier | modifier le code]

Dans ses dernières années, James Donovan fut président de l'Institut Pratt. Il décéda d'une crise cardiaque à l'hôpital méthodiste de New-York le 19 janvier 1970[2].

James Donovan fut marié en 1941 avec Mary E. McKenna, il eut un fils et trois filles[16].

Biographies littéraires et audiovisuelles[modifier | modifier le code]

  • En 2006, Philip J. Bigger publia Negotiator : The Life and Career of James B. Donovan[3].
  • Steven Spielberg a réalisé, sur un scénario rédigé par Matt Charman et les frères Coen, le film Le Pont des espions, avec Tom Hanks jouant le rôle de James Donovan et Amy Ryan celui de son épouse Mary. Le film est sorti le 16 octobre 2015 aux États-Unis d'Amérique [17] et le 2 décembre en France [18].
  • James Gregory interpréta le rôle de James Donovan dans un téléfilm de 1976 Francis Gary Powers: The True Story of the U-2 Spy Incident, basé sur la biographie du pilote écrite par Curt Gentry et avec Lee Majors jouant Powers[19].

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • (en) James B. Donovan, Strangers on a Bridge : The Case of Colonel Abel, (ISBN 978-1-299-06377-8)
  • Sa traduction : James B. Donovan, L'affaire Abel, Archipel, , 320 p. (ISBN 978-2809817713)
  • (en) James B. Donovan, Challenges : Reflections of a Lawyer-at-Large, , 155 p.
  • (en) Philip J. Bigger, Negociator : The Life And Career of James B. Donovan, Lehigh University Press, , 312 p. (ISBN 978-0-934-22385-0)

Références[modifier | modifier le code]

  1. (en) « Donovan, James B. (James Britt), 1916 », sur http://socialarchive.iath.virginia.edu (consulté le 4 janvier 2016)
  2. a b c et d (en) « Dr. James B. Donovan, 53, Dies ; lawyer Arranged Spy Exchange », New-York Times,‎ (lire en ligne)
  3. a b et c Bigger, Philip J. (2006).
  4. a b et c (en) Peter Kornbluh, « US-Cuban Diplomacy, ‘Nation’ Style », The Nation,‎ (lire en ligne)
  5. (en) « Nuremberg Trial Proceedings Vol. 1 : Prosecution Counsel », sur avalon.law.yale.edu (consulté le 5 juin 2015)
  6. a et b (en) Jay Scriba, « The Man Who 'Sprung' Powers », The Milwaukee Journal,‎ (lire en ligne)
  7. (en) « ABEL v. UNITED STATES », sur caselaw.findlaw.com (consulté le 4 janvier 2016)
  8. (en) « The People of the CIA … Milan Miskovsky: Fighting for Justice », sur cia.gov, (consulté le 4 janvier 2016)
  9. a b et c (en) Joseph Siracusa, Encyclopedia of the Kennedys : The People and Events That Shaped America, ABC-CLIO, , 1103 p. (ISBN 978-1-59884-538-9, lire en ligne), p. 193-195
  10. a et b (de) « FBK-Dokumentation Nr. 9 - Freundschaftsgesellschaft Berlin-Kuba e.V. », sur fg-berlin-kuba.de (consulté le 4 janvier 2016)
  11. (en) Gertrude Samuels, « How Metadiplomacy Works: James Donovan and Castro », The Nation,‎ , p. 299-302 (lire en ligne)
  12. (de) « James Britt Donovan », Der Spiegel, no 23,‎ (lire en ligne)
  13. (en) « Our Campaigns - NY US Senate Race - Nov 06, 1962 » (consulté le 4 janvier 2016)
  14. (en) « Strangers on a Bridge », sur Simon & Schuster, (consulté le 9 décembre 2015)
  15. (en) M. C. Miskovsky, « Strangers on a Bridge by James B. Donovan. Book review by M. C. Miskovsky », sur Central Intelligence Agency, (consulté le 9 décembre 2015)
  16. (en) « Famed Lawyer for Spies Dead », New Orleans States-Item,‎ , p. 1 & 6 (lire en ligne)
  17. (en) Dave McNary, « Tom Hanks-Steven Spielberg Cold War Thriller Set for Oct. 16, 2015 », variety,‎ (lire en ligne)
  18. « Le Pont des espions », sur allocine.fr (consulté le 4 janvier 2016)
  19. (en) « Francis Gary Powers: The True Story of the U-2 Spy Incident », sur imdb.com (consulté le 4 janvier 2016)

Liens externes[modifier | modifier le code]