Jacques de Goyon de Matignon

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Jacques de Goyon de Matignon
Biographie
Naissance
Torigni-sur-Vire
Ordination sacerdotale
Décès (à 83 ans)
Paris
Évêque de l’Église catholique
Consécration épiscopale
par Jacques-Bénigne Bossuet
Abbé de Saint-Victor de Marseille
Abbé de Foigny
Évêque de Condom
(en) Notice sur www.catholic-hierarchy.org

Jacques de Goyon de Matignon, né le 16 mars 1643, probablement à Torigni, près de Saint-Lô, et mort le , est un homme d'Église français.

Il est le fils de François Goyon de Matignon, comte de Torigni et de Gacé, lieutenant-général de la Normandie et chevalier des Ordres, et d'Anne Malon de Bercy.

Biographie[modifier | modifier le code]

Il appartenait à une ancienne famille noble dont plusieurs de ses membres se sont illustrés. Son oncle paternel, Léonor de Matignon avait été évêque de Coutances puis de Lisieux.

Au début de ses études à Paris, en 1652, à l'âge de neuf ans, il a été pourvu du prieuré du Plessis-Grimoult, dans le diocèse de Bayeux. Il étudie la théologie à la Sorbonne et obtient une licence de droit canon en juin 1665. Quand il fut ordonné prêtre, son frère Léonor lui céda la place de doyen de la cathédrale de Lisieux le 21 avril 1666. Ce frère succéda à son oncle comme évêque de Lisieux le 14 mars 1677[1].

Jacques-Bénigne Bossuet avait été nommé évêque de Condom le 13 septembre 1699. Le 16 novembre de cette année, il prononça l'oraison funèbre de la reine d'Angleterre, puis neuf mois plus tard celle d'Henriette d'Orléans. Ces deux oraisons impressionnèrent les auditeurs, et un mois plus tard, Louis XIV l'a nommé précepteur du Dauphin. Il a été sacré évêque de Condom le 21 septembre 1670. Sa charge auprès du Dauphin le tenant loin de son évêché, il a envoyé pour l'administrer un de ses parents, l'abbé de Janon. Mais Bossuet comprenant que sa charge était incompatible avec son épiscopat, il a donné sa démission de son évêché 31 octobre 1671.

Jacques de Goyon de Matignon est alors nommé évêque de Condom en cédant à Bossuet le prieuré du Plessis Grimoult. Les bulles du pape confirmant cette nomination tardèrent à arriver. C'est en avril 1673, dans l'église des Chartreux de Paris, que Jacques de Goyon de Matignon a été consacré évêque de Condom par Bossuet lui-même, assisté de l'évêque d'Arras et évêque de Langres.

En septembre 1693, considérant qu'il ne pourrait plus suffire aux soins de sa charge pastorale, il a donné sa démission. Il a alors été pourvu de l'abbaye de Foigny dans le diocèse de Laon.

Dix ans plus tard, il résigna son bénéfice et fut nommé abbé de l'abbaye Saint-Victor de Marseille, le 7 septembre 1703. Les bulles de nomination n'arrivèrent qu'au mois d'août 1708 et il les envoya avec sa procuration à Charles Cipriani Saint-Savournin, religieux hôtelier de l'abbaye et prieur de Manosque, pour prendre possession en son nom. Cette cérémonie est faite le 8 septembre 1708 en présence des échevins, des consuls, les commandants des citadelles Saint-Jean et Saint-Nicolas, et d'une foule importante. Il arriva à Marseille le 27 décembre suivant, sans prévenir pour éviter qu'on le reçoive avec pompe. Il a introduit dans l'abbaye des réformes pour obliger les moines ayant de riches bénéfices de résider dans l'abbaye et respecter les obligations de la règle bénédictine. L'ordre de l'abbaye se composait de 40 ecclésiastiques, soit l'abbé, 17 dignitaires et 22 simples religieux. Certains religieux s'opposèrent à cette réforme qui fut présentée au Conseil d'État qui a accepté par lettres patentes du 20 juillet 1709. Il aurait voulu aller plus loin et introduire dans l'abbaye Saint-Victor la réforme de Saint-Maur. La municipalité de Marseille s'y est opposé et un arrêt du parlement d'Aix a repoussé cette réforme par un arrêt du 4 décembre 1716.

Il a exercé à Marseille une important activité de charité. En 1719 il a créé une fondation donnant treize bourses pour les élèves du collège de l'Oratoire. Ses bourses étaient obtenues par concours public ouvert entre élèves qui venaient de terminer le cours de rhétorique.

À la suite de la peste de 1720 il a prêté à la ville de Marseille la somme de 60 000 livres sans intérêt qui devait être remboursé en juin 1725. Il a fait son testament le 23 mars 1725. En mars 1725, il était à Marseille après un long séjour à Paris et se préparait à aller à Rome.

En juin 1725, il a décidé de faire un don de 100 000 livres pour la reconstruction de l'Hôtel-Dieu de Marseille qui tombait en ruines. L'acte de donation est passé le 15 juin 1725 devant Me Cuzin, avec le concours des administrateurs des hospices et en présence du lieutenant-général de la sénéchaussée et des échevins. Le 19 juin, M. de Matignon y a ajouté un don de 20 000 livres pour la construction des bâtiments. La première pierre a été posée le 4 septembre 1753.

En 1725 et 1726, il a financé l'hôpital de La Ciotat et laissa dans son testament des fonds pour achever la construction. Il fit aussi des llegs pour les hospices de La Seyne, d'Auriol et d'autres localités relevant de l'abbé de Saint-Victor.

En 1726 il se rendit à Paris et à l'automne il était gravement malade. Il est mort à Paris, à l'hôtel de Matignon, le 15 mars 1727.

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. (en) Joseph Bergin, Crown, Church, and Episcopate Under Louis XIV, Yale University Press, 2004 (ISBN 0300103565), p. 451-452.

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Amédée Autran, Éloge historique de Jacques de Matignon, ancien évêque de Condom, abbé de Saint-Victor, imprimerie de Vve P. Chauffard, Marseille, 1871 (lire en ligne)
  • Émile Perrier, Les bibliophiles et collectionneurs provençaux : Arrondissement de Marseille, Marseille, Barthelet & Cie imprimeurs, , 561 p., p. 333-345

Article annexe[modifier | modifier le code]