Jacques d'Alphée

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Saint Jacques le Mineur, basilique Saint-Jean-de-Latran, Rome, Italie.

Jacques d'Alphée ou Jacques, fils d'Alphée, du grec Iάκωβος ὁ τοῦ Ἁλφαίου, est un Juif de Galilée qui fait partie des douze apôtres de Jésus. Dans la tradition du christianisme occidental, il est aussi appelé Jacques le Mineur, pour le distinguer de Jacques de Zébédée, dit Jacques le Majeur, frère de l'apôtre Jean.

Il est présenté comme fils d'Alphée, nom traduit du grec Alphaios, de l'araméen Alpay, lui-même parfois assimilé à Clopas[réf. nécessaire]. Selon l'Évangile de Marc (Mc 2:14), l'apôtre Lévi-Matthieu est aussi fils d'un Alphée.

L'un des « Jacques » du Nouveau Testament[modifier | modifier le code]

Plusieurs personnages s'appellent Jacques dans le Nouveau Testament : Jacques de Zébédée, également nommé Jacques le Majeur, l'un des Douze, frère de l'apôtre Jean de Zébédée ; Jacques d'Alphée, qui appartient également aux Douze, surnommé Jacques le Mineur dans la tradition romaine ; un autre Jacques, faisant lui aussi partie des Douze, et dont on ne sait s'il est le père ou le frère de l'apôtre Jude (mais les traditions ultérieures ne l'évoquent presque pas) ; enfin, Jacques le Juste, « frère » (ou cousin) de Jésus, considéré comme le premier « évêque » de l'Église de Jérusalem[1]. À ces homonymes s'ajoute l'auteur de l'Épître de Jacques, qui ne correspond à aucun des personnages précédents et peut être défini comme un chrétien « de la deuxième ou de la troisième génération », l'épître ayant été rédigée vers la fin du Ier siècle ou pendant le premier tiers du IIe siècle[2].

Les interrogations[modifier | modifier le code]

Edme Jeaurat, Saint Jacques le Mineur, d'après François Boucher.

Autant Jacques de Zébédée et Jacques le père ou frère de Jude apparaissent bien distincts, autant la question s'est posée d'une éventuelle synonymie entre Jacques d'Alphée et Jacques le Juste, « frère du Seigneur »[1]. Toutefois, si cet apôtre est le fils d'Alphée, il ne saurait être celui de Joseph, sauf à supposer qu'Alphée et Joseph ne feraient qu'un, ce qui ne figure pas dans l'Écriture[1].

Face à ces interrogations, le christianisme oriental distingue d'une part le fils d'Alphée (fêté le 9 octobre) et d'autre part le Mineur [ou le Juste] (fêté le 25 octobre)[1]. Le qualificatif de « Mineur » a d'ailleurs pu traduire une volonté du courant majoritaire de minimiser le courant judéo-chrétien dont Jacques le Juste était le chef[3].

À l'inverse, « la tradition occidentale a assimilé Jacques fils d'Alphée et Jacques le frère du Seigneur » en tenant le raisonnement suivant : si en Ga 1:19 Jacques le frère du Seigneur est un apôtre, il faut l'intégrer dans la liste des Douze et, comme il ne peut s'agir du fils de Zébédée, il ne reste plus que le fils d'Alphée[1]. De surcroît, si l'on admet que « frère » signifie « cousin », Jacques d'Alphée peut être un cousin de Jésus : ainsi s'est développée à la suite de Clément d'Alexandrie la tradition de l'Église romaine, pour laquelle il n'existe que deux Jacques, le Majeur (le fils de Zébédée) et le Mineur (le fils d'Alphée, le Juste, le « frère du Seigneur »)[1],[4].

Occurrences néotestamentaires[modifier | modifier le code]

Célébration[modifier | modifier le code]

Fête le 3 mai dans l'Église catholique et le 9 octobre dans l'Église orthodoxe.

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. a, b, c, d, e et f André Benoit, « Les personnages de l'Évangile nommés Jacques », in Pierre Geoltrain (dir.), Aux origines du christianisme, Folio/Histoire, 2000 (ISBN 978-2-07-041114-6), p. 246-250.
  2. François Vouga, « L'Épître de Jacques », in Daniel Marguerat (dir.), Introduction au Nouveau Testament : Son histoire, son écriture, sa théologie, Labor et Fides, 2008 (ISBN 978-2-8309-1289-0), p. 438-440.
  3. René Nouailhat, Les Premiers Christianismes, éditions Errance, 1991.
  4. Ainsi est-il écrit dans L'Art de vérifier les dates (1821), de David Bailie Warden (1778-1845), Nicolas Viton de Saint-Allais et al. : « Saint Jacques, surnommé le Mineur pour le distinguer de saint Jacques le Majeur, fils de Zébédée et frère de saint Jean, fut créé par les apôtres, du nombre desquels il était, évêque de Jérusalem. L'écriture le nomme frère, c'est-à-dire cousin du Seigneur; et presque tous les critiques anciens et modernes s'accordent à l'identifier avec Jacques, fils d'Alphée et l'un des douze apôtres que J. C. élut sur la montagne. Mais les Bollandistes s'écartent de l'opinion commune, prétendant qu'il était fils de Cléophas et de Marie, sœur de la mère du Sauveur. »

Annexes[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]