Jacques Willemont

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Jacques Willemont
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Biographie
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Jacques Willemont, né en 1941, est un réalisateur français de films documentaires d’anthropologie, d’archéologie et d’histoire et de programmes multimédias interactifs. Il est à l'origine de deux festivals de films L'homme regarde l'homme (1975), devenu Cinéma du réel et Cris du monde (2013).

Biographie[modifier | modifier le code]

Le cinéma prend une place prédominante dans sa vie lorsqu'à 18 ans, il anime un ciné-club au foyer de PTT à Cachan. Vient, ensuite, le temps du service militaire. Sous-lieutenant à Saumur, à l'école de Cavalerie, il est affecté dans un régiment de Spahis. Sa vie professionnelle commence lorsqu'en 1966, il entre à l'Institut des hautes études cinématographiques (IDHEC) pour devenir chef-opérateur.

En parallèle, il mène des études en ethnologie à l'Université de Nanterre puis de Strasbourg. Un DEA (diplôme en études avancées) parachève ses recherches dans le domaine du cinéma ethnographiques.

La reprise du travail aux usines Wonder[modifier | modifier le code]

En Mai 1968 (alors qu'il termine ses études à l'IDHEC - future FEMIS), il participe à l'occupation de l'Institut. À partir du 25 mai, dans le cadre de la participation aux États généraux du cinéma des élèves en « grève active »[1], il entame le tournage d'un film documentaire de long métrage qui devait s'intituler Sauve qui peut Trotsky : tournages dans les locaux de l'OCI (Organisation Communiste Internationaliste), entretien avec Charles Berg (secrétaire général de l’organisation), entretien avec le délégué OCI à la SIDI (imprimerie à Levallois-Perret), séquence au meeting de Charléty le 27 mai... jusque fin juin.Le 10 juin, avec Pierre Bonneau (en première année à l'IDHEC) qui tient la caméra et Liane Estiez-Willemont qui enregistre le son, ils réalisent un plan-séquence de 9 minutes, connu sous les titres La reprise du travail aux usines Wonder et Wonder 68. Ce film court est considéré comme le film-phare sur les événements de mai 1968[2]. En 1996, le film Wonder servira de base au film Reprise d'Hervé Le Roux. Des extraits de Wonder seront utilisés dans de nombreux films sur Mai 68 dont Mai 68 de Gudie Lawaetz (1974), Génération de Daniel Edinger d'après Hervé Hamon et Patrick Rotman (1988) .

Le film Sauve qui peut Trotsky, n'a pu être terminé, les éléments de montage ayant disparus[3]..

Quarante ans plus tard, Jacques Willemont a réalisé pour France 3, un documentaire intitulé L'autre mai, Nantes mai 68 destiné à montrer que "le Mai 68 du quartier Latin, n'est que la face étudiante d'un conflit dont les paysans et les ouvriers de Nantes ont écrit les plus belles pages" (texte extrait du commentaire du film).

Carrière[modifier | modifier le code]

Fondateur en 1974 de la revue Impact[4], il crée le Festival L'Homme regarde l'Homme à la Maison des arts et de la culture de Créteil, en 1975, avec le soutien d'Olivier Barrot[5] puis, en 1978, à la BPI (Bibliothèque publique d'information du Centre Georges Pompidou). Ce festival est à l'origine de Cinéma du réel, créé l'année suivante. L'Homme regarde l'Homme sera reconduit en 1979, avec le soutien de l'INA, du CNC et de la Mairie de Paris.

En 1975, il crée une série de 13 films ethnographiques intitulée De l'Afrique et des Africains, avec la collaboration de conseillers scientifiques : Francine-Dominique Champault, Nicole Echard, Igor de Garine, Jean-Pierre Olivier de Sardan, Guy Le Moal, Viviana Paques, ...). Cette série de films qui avaient été vus précédemment par quelque 2 000 personnes, a été diffusée entre 1975 et 1976 sur les écrans de 17 télévisions dans le monde, soit 7 à 10 millions de téléspectateurs, faisant la preuve qu'il y avait un public pour d'authentiques films ethnographiques.

En 1978, il édite avec Lionel Ehrhard, un numéro spécial de la revue Impact intitulé Cinémai68 : il y donne la parole à Costa-Gavras, Jacques Rivette, Jacques Doniol-Valcroze, William Klein, Jean-Luc Godard et les équipes de Mai 68 (lien : Impact 8/9).

Il crée avec Liane Willemont, sa femme, une société de production garante de sa liberté. Il intervient comme chef opérateur, réalisateur ou producteur sur plus de 35 films de long, moyen et court métrage ong, moyen et court métrage entre 1968 et 1976. Il a suspendu ses activités cinématographiques de 1977 à 2004.

À partir de 1984, il se consacre à l'édition de programmes culturel et éducatifs sur les supports électroniques et multimédias, dont une série de programmes sur la grotte préhistorique de Lascaux. Actuellement, il réalise un programme pédagogique en ligne intitulé Ce que nous apprend l'anthropologie, dont le premier titre est consacré aux Gnawa (ou Gnaouas) et le second à l'anthropologue Maurice Godelier.

Il a enseigné l'anthropologie et la communication dans le cadre des sciences sociales pendant trente ans à l'université de Strasbourg. Il a présidé pendant trois ans l'association des auteurs multimédias qu'il a fondée en 1996. Il est également à l'origine du Festival Cris du monde soutenu par Marseille-Provence 2013 et la Ville de La Ciotat, dont la première édition s'est déroulée en novembre 2013 (Comité artistique : Emmanuelle Ferrari, Jean-Michel Frodon et Jacques Willemont).

Filmographie partielle[modifier | modifier le code]

  • 1968: Soto (Court-métrage d'Yvan Croce)
  • 1968 : La Reprise du travail aux usines Wonder (co-réalisation avec Pierre Bonneau)[6]
  • 1970 : Moussem et Derdeba (7 production et CNRS)
  • 1972 : Lettre de Budapest (réalisateur)
  • 1972 : Les Phalènes, long métrage de fiction de Philippe Vallois (producteur)
  • 1972 : Brayer - Weisbuch - Clavé, films documentaires de Henri Raschlé (directeur de la photographie)
  • 1973 : L'Autre France, long métrage de fiction d'Ali Ghalem (producteur)
  • 1973 : La Choule (réalisateur)
  • 1974 : L'Indien : avoir 20 ans chez les Piaroa (réalisateur ; conseiller scientifique: Boglár Lajos)
  • 1974 : De l'Afrique et des Africains (réalisateur ; conseillers scientifiques : Francine-Dominique Champault, Nicole Echard, Igor de Garine, Jean-Pierre Olivier de Sardan, Guy Le Moal, Viviana Paques, ...). Cette série de 13 films de 20 minutes a été diffusée entre 1974 et 1976 sur les écrans de 17 télévisions dans le monde.
  • 1976 : Un Homme par millions (réalisateur)
  • 2005 : Les Sept Couleurs de l'Univers (réalisateur ; conseiller scientifique : Viviana Paques)
  • 2007 : Lascaux, un nouveau regard (réalisateur ; conseiller scientifique : Denis Vialou)
  • 2008 : L'Autre Mai (réalisateur ; coauteur : Matthieu Maury)
  • 2009 : Le Goumbri et ses six femmes (réalisateur)
  • 2011 : Un village picard (réalisateur ; en montage)
  • 2012 : Gnawa, au-delà de la musique (réalisateur)
  • 2017 : La production des Grands hommes (réalisateur) - en cours d'écriture.

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. L'Idhec et la politique p. 18-21, in Le cinéma s'insurge - États généraux du cinéma n° 2, Éditions Le Terrain Vague - Éric Losfeld, Paris, 1968, Notice BnF no FRBNF37444210p
  2. Sébastien Layerle, Caméras en lutte en Mai 68 - Par ailleurs le cinéma est une arme..., Nouveau monde éditions, 2008, ISBN 978-2-84736-334-0, p. 51-53, 67-69, 258, 264-265, 419-422
  3. Sébastien Layerle en a retrouvé des éléments en 2005 alors qu'il préparait une thèse sur le cinéma militant.
  4. Sous-titrée Revue internationale d'anthropologie visuelle puis Revue du cinéma direct ; son dernier numéro intitulé Racisme et xénophobie paraîtra en 1979 ; il sera diffusé par les NMPP (Presstalis) à 28.000 exemplaires.
  5. Alors animateur de l'équipe cinéma de la Maison des arts et de la culture de Créteil.
  6. Cf. numéro 8/9 de Impact, revue du cinéma direct mai 1978 ; catalogue des États généraux du documentaire de Lussas août 1996 ; générique du film Reprise d'Hervé Le Roux 1996 ; générique de Paroles ouvrières, paroles de Wonder de Richard Copans, Arte, 23 mai 1997 ; jaquette du DVD Le Cinéma de Mai 68, une histoire - Volume 1 éditions Montparnasse 2008 ; catalogue de film-documentaire.fr

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Sébastien Layerle, « Devenir document du film militant. La Reprise du travail aux usines Wonder (IDHEC, 1968), », in La fiction éclatée 1 : Jean-Pierre Bertin-Maghit et Geneviève Sellier (dir.), Paris, INA / L'Harmattan, « Les médias en actes », 2008, p 85-104
  • Sébastien Layerle, Caméras en lutte en Mai 68 - Par ailleurs le cinéma est une arme..., Nouveau monde éditions, 2008 (ISBN 978-2-84736-334-0)

Article connexe[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]