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Jacques Trémolin

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Jacques Trémolin
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Fonction
Préfet de l'Ardèche
Biographie
Naissance
Décès
Nom de naissance
Jacques Auguste Méaudre de Sugny
Pseudonyme
LoyolaVoir et modifier les données sur Wikidata
Nationalité
Activités
Autres informations
Parti politique
Membre de
Conflit
Distinction
Escrinet : Stèle à la mémoire de Jacques de Sugny alias J. Trémolin.

Jacques Méaudre de Sugny, dit Jacques Trémolin, né le dans le 2e arrondissement de Lyon[1] et mort le à Bobigny, est un conteur et chroniqueur animalier pour enfants dans les années 1970 (dans Les Visiteurs du mercredi sur TF1), mais également un résistant, préfet de l'Ardèche à la Libération, et un responsable politique.

Le Résistant

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Né à Lyon dans une famille aristocratique originaire de la Loire et du nord de l'Ardèche, il est le troisième enfant d'Henri Méaudre de Sugny et de Suzanne de Missolz. Il passe une grande partie de son enfance à Annonay, en Ardèche. À 19 ans, il est employé de banque, et à 25 ans, directeur de banque. Trémolin était capitaine de la compagnie France-Navigation.

À 27 ans, il s'inscrit au Parti communiste français. Il fera connaissance avec le communisme en 1937, suite à un accident de moto où Il fut soigné à Annonay, puis Marseille où il rencontrera le docteur Robert Gauthier, militant communiste, qui lui sauvera une jambe de l'amputation. Trémolin boitera légèrement à la suite de cet accident. Tremolin sera réformé du service militaire, en 1931, à cause des débuts d'une leucémie. Il est un résistant communiste, opposé au nazisme, sous le nom de Loyola (référence à son éducation chez les jésuites). Lors de la libération de la ville d’Annonay en juin 1944, il y proclame la République et en est maire jusqu'à la reprise par les Allemands. L'événement survient le 6 juin 1944, le jour du débarquement des alliés en Normandie. Les résistants ardéchois vont apprendre la nouvelle dans la soirée du 6 juin. Les Allemands ne vont quitter le nord de l'Ardèche que vers le 20 août 1944, en emmenant des otages, et tuant au hasard quelques civils. La plupart des otages seront envoyés au camp de concentration de Ravensbrück, en Allemagne. Un monument, situé dans le quartier de la gare d'Annonay, commémorera ces événements. Le 6 juin 1944, le commandement allié ne voulait pas d'actions de la résistance à Annonay, car il redoutait un bain de sang comparable à celui d'Oradour-sur-Glane de la part de l'armée allemande, d''autant plus que le débarquement en Provence n'interviendra pas avant la mi-août 1944. L'important pour les alliés était de repousser au maximum vers le nord-est de la France, et assez rapidement, les troupes allemandes, mais Trémolin et les résistants ardéchois ne vont pas suivre ces ordres des alliés, ce qui causera des morts inutiles chez les civils et les résistants, alors que cette mission pour repousser les Allemands devait se faire par les troupes alliées, très armées. Le , il devient le premier préfet de l'Ardèche lors de la libération de Privas par la Résistance. Il le reste jusqu'au [2]. Le débarquement des forces alliées en Provence surviendra le 15 août 1944. Les Allemands vont reprendre le contrôle de la ville d'Annonay le 19 juin 1944, et Annonay ne sera libérée que vers le 15 août 1944. Le 19 juin 1944, l'épouse et la fille cadette de Trémolin sont capturées par les Allemands, et font partie des otages déportés à Ravensbrück. En 1945, la femme de Trémolin sera libérée à la libération des camps de concentration, mais sa fille cadette décédera la même année. Tremolin avait déjà perdu une fille en 1943.

Dans l'après-guerre, secrétaire de Lucien Monjauvis, préfet de la Loire (1944-1945), chef de cabinet de François Billoux, ministre de l'Économie nationale et ministre de la Reconstruction (1945-1947), secrétaire général à la mairie de Marseille dirigée par Jean Cristofol, en 1947, il travaille à L’Humanité, dont il est administrateur jusqu'à son exclusion du parti communiste en 1954. Après 1954, il sera déçu par le communisme, surtout en apprenant les crimes de Staline, par exemple, par le rapport Khroutchev, et de Mao Ze Dong, en Chine. Aussi, il n'accepte pas et condamne l'écrasement par l'URSS de la révolte de Budapest en Hongrie en 1956. Il se détourne alors de la politique pour s'intéresser à la nature et aux animaux. À la même époque, il se réconcilie avec les membres de sa famille à droite politiquement, avec des idées libérales ou conservatrices.

Le naturaliste

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Vers 1970, il devient écrivain et chroniqueur naturaliste sur France Inter sous le nom de Jacques Trémolin. Il est pendant plusieurs années le spécialiste des animaux dans les émissions pour la jeunesse telles que Les Visiteurs du mercredi sur TF1. C'est Frédéric Rossif, réalisateur de documents animaliers, qui sera à l'origine du recrutement de Trémolin, en le recommandant à Christophe Izard. Il arrive à trouver les mots pour raconter des histoires, et à être pédagogue en échangeant avec desenfants et jeunes adolescents, alors que ce public est souvent considéré comme exigeant et difficile. Dès lors, il est vu et considéré par de nombreuses personnes comme un conteur pédagogue, et marquera cette émission de son passage. En abordant la nature, les animaux, et l'environnement, Tremolin devient à l'époque un précurseur des idées écologistes et de l'écologie.

Le 24 décembre 1978, TF1 lui confie l'animation de la soirée de Noël Disney : il y racontera les animaux, à travers des extraits de films Disney. Par exemple, à partir d'extraits du film Les Aristochats, il racontera la vie sociale des chats. Jacques Tremolin animera une chronique sur les animaux à l'émission pour la jeunesse Les Visiteurs du mercredi de janvier 1975 à février 1982.

Malade, il apparaîtra moins souvent en public à partir de juillet 1983. Le 6 juin 1984, Tremolin sera présent aux commémorations du 40e anniversaire de la libération d'Annonay, le 6 juin 1944 à Annonay, avec des élus et d'anciens résistants, dont Claude Faure, maire RPR d'Annonay, et Régis Perbet, député RPR du Nord Ardèche, qui accueillent Trémolin avec émotion. La même année, il interviendra dans divers établissements scolaires d'Annonay pour raconter et expliquer ce qu'était la résistance, et évoquer le devoir de mémoire au moment où Klaus Barbie était interpellé pour être ensuite jugé, en rappelant les sombres années de l'occupation.

En 1984, l'animateur animalier Allain Bougrain-Dubourg proposera à Jacques Tremolin une rubrique pour son émission télévisée Terre des bêtes, mais Tremolin déclinera l'offre du fait de problèmes de santé.

En 1984, malade de la leucémie, il s'installe au château de Trémolin avec son épouse et sa fille Françoise. Il y écrit le scénario de Sauvage et beau, un documentaire animalier de Frédéric Rossif.

Il meurt le . Le , la totalité de ses cendres sont répandues au col de l'Escrinet, lieu de sa rencontre avec le général Jean Touzet du Vigier, commandant de la 1re division blindée (Saint-Louis) de la 1re armée de libération[3]. Une stèle en pierre de Volvic, venant du château de Trémolin, rappelle sa mémoire et ses identités successives. Son dernier livre, intitulé Ces bêtes que j'aime, sortira quelques mois après sa mort, en 1986, aux éditions Hachette.

En CD (Compacts Radio France)
  • Histoires d'animaux : Nos animaux familiers, Grasset/Hachette - 211810HM76
  • Histoires d'animaux : La faune africaine, Grasset/Hachette - 211810HM76

Décoration

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  • Croix de guerre 1939-1945 Croix de guerre - avec étoile de vermeil et étoile d'argent (une citation à l'ordre du corps d'armée et une citation à l'ordre de la division)[2]

Notes et références

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  1. Acte de naissance no 3358 du 2 novembre 1910 avec mention marginale du décès, en ligne sur le site des archives municipales de Lyon.
  2. a et b Notice « Sugny (Méaudre de) Jacques Auguste, dit Loyola, dit Trémolin », par Pierre Bonnaud, Le Maitron en ligne
  3. Raoul Galataud, « Soldats de la 1re armée de libération du général de Lattre, en Ardèche » [html], sur Musée de la Résistance en ligne (consulté le ).

Liens externes

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