Jacques Pierre Abbatucci

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Jacques Pierre Abbatucci
Abbatucci, Jacques Pierre.jpg
Biographie
Naissance
Décès
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AjaccioVoir et modifier les données sur Wikidata
Période d'activité
Nationalité
Allégeance
Activité
Enfants
Jean Charles Abbatucci
Antoine-Dominique Abbatucci (d)
Jacques-Marie-Séverin Abbatucci (d)
Jacques Pierre Nicolas Pascal Abbatucci (d)Voir et modifier les données sur Wikidata
Autres informations
Arme
Grade militaire
Conflit
Distinction

Jacques Pierre Abbatucci (Giacomo Pietro Abbatucci), né à Zicavo (Corse) le et mort à Ajaccio le , officier royal devenu général de division sous la Révolution.

Biographie[modifier | modifier le code]

Né à Zicavo d'un père (mort à Zicavo en 1751, à 65 ans, enterré au couvent franciscain) colonel corse au service de Venise et petit-fils du général Paganelli dit Zicavo, lui aussi corse, il fait ses études au collège des Jésuites de Brescia, puis est docteur de médecine à l’université de Padoue en 1746. Docteur en médecine, philosophie et théologie, Jacques Pierre Abbatucci est rentré en Corse vers 1750. Jacques-Pierre, d'abord l'un des rivaux sudistes de Paoli, élu comme lui général de la Corse, lutta énergiquement contre Gênes, se rapprocha de Paoli (qui devint le parrain de son fils aîné) définitivement en 1765. Il fut l'un des principaux généraux contre Gênes et contre la France (il vainquit les Français à Borgo et tint en échec la cavalerie française qu'il poursuivit). Rallié sur ordre de Paoli (sources manuscrites familiales) qu'il escorta jusqu'à Porto-Vecchio, il fit en septembre 1769 son entrée à Ajaccio avec un millier de cavaliers ; s'opposant à Marbeuf, il fut victime d'un piège judiciaire et politique (1778-1787). Élu aux États de Corse, il avait eu pour suppléant Charles Bonaparte. Il était alors également lieutenant colonel du régiment provincial de Corse et s'opposait aux mesures de répressions excessives voulues par Marbeuf, notamment en 1774 dans le Niolo. Celui qui avait été le dernier chef militaire corse à déposer les armes en 1769 fut en 1779 condamné aux galères et au bagne à Toulon au terme d'un procès falsifié et entièrement monté par les sbires de Marbeuf. Emprisonné jusqu'en 1782, il vit son jugement cassé à Aix et par le conseil du Roi. Réhabilité par Louis XVI, chevalier de Saint-Louis, il fut en 1789 reçu à Versailles. S'opposant entre 1794 et 1796 aux Anglo-paolistes, il fut général divisionnaire sous la Révolution. Retraité à Zicavo après 1800, il mourut "sans infirmité ni maladie", chez lui, à Zicavo, le 17 mars 1813.

La Corse génoise[modifier | modifier le code]

Il retourne s’établir en Corse, où il devient en 1753, après l’assassinat de François Gaffori, consulte de Petreto, lieutenant général des milices des pievi de l'Ornano, de l'Istria, de la Rocca et du Talavu, alors que la situation est très agitée sur l'île : Gênes tente désespérément de se maintenir, mais le départ des troupes françaises commandées par de Cursay la met dans une situation périlleuse. En 1755, Pascal Paoli est élu général des Corses (par 16 des 66 pievi, provinces) ; quatre pievi du sud, dont celle d’Abbatucci, le rejoignent en 1757. Il est élu lieutenant général pour le sud de l'île en 1763, dans une sorte de coup d’État interne des miliciens corses, ce qui entraîne son arrestation et son incarcération à Corte par Paoli, de novembre 1763 à mai 1764, date à laquelle il est banni. Il se maintient cependant en Corse jusqu’en 1765, avant de partir pour la Toscane.

En 1766, il est nommé par Paoli général pour le sud de l'île. En octobre 1768, il bat à Borgo les forces de Chauvelin, puis arrête Grandmaison et fait reculer Narbonne. Après la défaite de Ponte-Novo, il couvre la retraite de Paoli, puis fait allégeance au roi de France.

Officier royal[modifier | modifier le code]

Il est nommé immédiatement capitaine de dragons avec le rang de lieutenant-colonel dans la Légion Corse, il est promu lieutenant-colonel en 1770. Il consolide sa position de notable par son élection aux États de Corse, puis sa nomination au grade de lieutenant-colonel à la tête du Provincial-Corse. Il poursuit les rebelles, notamment dans le Fium'Orbo, mais avec trop de tièdeur au goût du comte de Marboeuf, gouverneur de la Corse. Impliqué dans une affaire de meurtre à la suite d'un faux témoignage, il est arrêté en 1779, puis envoyé pour trois ans au bagne. Ce jugement est cassé en 1782, et Abbatucci est innocenté en 1786 devant le parlement d’Aix[1].

Il est fait chevalier de l’ordre de Saint-Louis le .

Général de la Révolution[modifier | modifier le code]

Élu colonel général de la garde nationale des pieve du sud, il est mis à la retraite et devient maréchal de camp le 1er mars 1791, à la tête des gardes de deux cantons corses où il combat les Génois qui menaçaient l'indépendance de la Corse. Battu aux élections à la Convention en 1793, il demeure en Corse, et, avec les représentants de la Convention, y organise la résistance aux Britanniques, appelés par Pascal Paoli. Ceux-ci, après leur défaite au siège de Toulon (définitivement repris par un Corse, Bonaparte, en décembre 1793) prennent Saint-Florent en février 1794, puis Bastia en mai. Il participe à la défense de Calvi, prise en août par les Britanniques. Il négocie cependant la reddition de la place avec les honneurs, et est rapatrié par les britanniques à Toulon.

En 1794, il est nommé à l'armée de Rhin-et-Moselle en tant que général de division, participe à toutes les opérations et se fait remarquer dans plusieurs actions. Il est ensuite promu général de brigade le 17 décembre 1795 à l’armée d'Italie, commandée par Bonaparte et général de division le 16 avril 1796. En raison de son âge (73 ans), il est dispensé de faire campagne en 1796, et est affecté à Aix-en-Provence où il exerce un commandement de général de division en Corse jusqu'à la fin 1796. Autorisé à prendre sa retraite en décembre 1796, il est réformé en janvier 1797 et finalement mis à la retraite le .

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. F. M. Patorni, La Corse: documents historiques, législatifs et judiciaires, 1768 à 1842, Paris, Imprimerie Adolphe Blondeau, (lire en ligne)