Jacques Peirotes

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Jacques Peirotes
Jacques Peirotes (photographie de presse, 1929)
Jacques Peirotes (photographie de presse, 1929)
Fonctions
Député allemand de 1911-1918
Maire de Strasbourg de 1919-1929
Député français de 1924 à 1932
Gouvernement Empire allemand
IIIe république
Groupe politique SPD (1911-1918)
Dém. (1919-1927)
DP (1928-1936)
NI (1936-1940)
Biographie
Date de naissance
Lieu de naissance Strasbourg, Bas-Rhin
Date de décès (à 65 ans)
Lieu de décès Lichtenberg, Bas-Rhin
Nationalité française
Profession typographe
maire de Strasbourg
Résidence Alsace

Jacques Peirotes, né à Strasbourg le et mort à Lichtenberg le , est un homme politique socialiste allemand et français, maire de Strasbourg de 1919 à 1929[1] et député du Bas-Rhin de 1924 à 1932.

Biographie[modifier | modifier le code]

Le jeune Jacques-Laurent Peirotes, fils d'un ouvrier menuisier travaillant à l'usine de locomotives de Graffenstaden, apprend le métier de typographe tout en se lançant dans la vie politique. Dès 1900, il est rédacteur de la Freie Presse (la Presse libre) qui était un organe du Parti social-démocrate strasbourgeois qu'il avait rejoint en 1895. En 1902, il en devient directeur politique. En 1913, le journal tire à 9 500 exemplaires.

Il entre au conseill municipal de Strasbourg en 1902 et est élu conseiller du canton sud du Kreis Straßburg (Stadt) (arrondissement de Strasbourg-Ville) en 1903. Il est aussi député à la deuxième chambre du Landtag du Reichsland Elsaß-Lothringen, de 1911 à 1918. Il est ensuite élu député, sur la circonscription de Colmar, au Reichstag en 1912.

Quand la guerre éclate, il est exilé par les autorités allemandes à Hanovre et paré du titre de Proscrit d'Alsace. Il fait publier Neutral oder Französisch (Neutre ou français). De retour à la fin de la guerre, il a l'habileté de neutraliser les comités de soldats et d'ouvriers[2]. Il siège en tant que président de la Commission municipale de Strasbourg du 10 au 29 novembre 1918.

Alors que la révolution vient d’éclore à Strasbourg, Jacques Peirotes, suite à la démission de Schwander, se fait élire maire le 10 novembre 1918. Tandis que la salle du conseil municipal est occupée par les Soviets qui forment un gouvernement révolutionnaire composé de 120 représentants, Peirotes rassemble le conseil municipal en salle des commissions, et est élu à l’unanimité. Le gouvernement révolutionnaire siège dans la salle de la cour d’assises du Tribunal au 1 quai Finkmatt. Deux exécutifs rivaux coexistent. Vers midi, le conseil municipal, Peirotes en tête, quitte l’Hôtel de Ville de la rue Brulée pour se rendre place Kleber. Il y proclame la République, devant la statue du général Kléber, sans plus de précision. Dans le même temps, le « Soviet de Strasbourg » proclame une « République d'Alsace-Lorraine » (Republik Elsaß-Lothringen). Pendant dix jours, Jacques Peirotes doit composer avec les éléments révolutionnaires, civils et militaires. Notons que Peirotes siège en même temps dans les deux gouvernements : au Conseil des soldats et des ouvriers et au Gouvernement Provisoire dési-gné par le Landtag devenu « Conseil National » (Nationalrat)[3].

Élu maire de Strasbourg en 1919 et réélu en 1925, il crée un office municipal d'habitat bon marché qui construit 3 000 logements sociaux en 10 ans. Il est battu en 1929 par une coalition de communistes et d'autonomistes qui porte Charles Hueber à la mairie.

Il est inhumé au cimetière Saint-Gall de Strasbourg (Koenigshoffen)[4].

Postérité[modifier | modifier le code]

Monument commémoratif de la rue Jacques Peirotes
Monument funéraire au cimetière Saint-Gall

Le nom de Jacques Peirotes a été donné à une rue de Strasbourg (Quartier Suisse), où un monument orné d'une plaque en bronze réalisée par le sculpteur Alfred Marzolff honore sa mémoire[5].

Son monument funéraire au cimetière Saint-Gall de Strasbourg (Koenigshoffen) porte la même plaque.

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Danièle Voldman, La reconstruction des villes françaises de 1940 à 1954 – Histoire d'une politique, éd. L'Harmattan, 1997, 487 p. (ISBN 2738451942 et 978-2738451941), p. 382 [lire en ligne]
  2. Jacques Fortier, « L'Alsace dans la Grande Guerre – La chute de l'Empire – La journée des deux Républiques », Les Dernières Nouvelles d'Alsace, 16 novembre 2008. [lire en ligne sur le site dna.fr], consulté le 24 novembre 2008.
    « [...] Le 10 à Strasbourg, l'un des insurgés [...] proclame la République d'Alsace-Lorraine [...]. Le même jour, le socialiste Jacques Peirotes, élu maire de Strasbourg, proclame aussi la République devant la statue du général Kléber. Le 11, la chambre basse du Landtag se constitue en Conseil national et investit Ricklin comme chef de gouvernement, remplacé dès le lendemain par Peirotes. Le 13, le drapeau rouge flotte sur la cathédrale. Des débats épiques opposent les conseils de soldats et d'ouvriers et les élus dans une ambiance confuse. Sollicitées par des notables inquiets, les troupes françaises décident alors d'avancer leur arrivée... »
  3. Edith Peirotes / Daniel Fischer, De Dietrich des lieux de mémoire - De 1789 à 1918, les lieux de pouvoir à Strasbourg en révolution(s), Strasbourg, Edition Association De Dietrich, , 200 p. (ISBN 978-2-9525943-8-7), p.86 et 87
  4. Strasbourg-Koenigshoffen. Cimetière Saint-Gall, Ville de Strasbourg, 2008, p. 83
  5. « Jacques Peirotes », in Les statues de Strasbourg, Éditions Coprur, Strasbourg, p. 73-74 (ISBN 2-903297-42-8)

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]

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