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Jacques Natanson (scénariste)

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Jacques Natanson
Nom de naissance Jacques Joseph Emmanuel Natansonoff
Naissance
Asnières-sur-Seine
(Seine, France)
Nationalité française
Décès (à 74 ans)
Le Bugue
(Dordogne, France)
Profession dramaturge
scénariste
dialoguiste
réalisateur

Jacques Natanson est un dramaturge, scénariste, dialoguiste et réalisateur français né le à Asnières-sur-Seine et mort le au Bugue.

Qualifié par Colette d'« auteur dramatique le plus doué de sa génération »[1], il a notamment co-écrit avec Max Ophuls trois chefs d’œuvres du réalisateur : La Ronde (1951), Le Plaisir (1952) et Lola Montès (1955).

Jacques Joseph Emmanuel Natansonoff naît hors-mariage le à Asnières-sur-Seine de Jacques Natansonoff, voyageur de commerce de nationalité bulgare né en 1869 à Sofia, et Albine Marie-Thérèse Camille Vandeputte, née en à Liège en 1876, de nationalité belge et sans profession[2].

Il est légitimé par le mariage de ses parents le 8 novembre 1910 à la mairie du 14e arrondissement de Paris[3], son père ayant entre temps francisé son nom en Natanson[4], puis naturalisé français en août 1915[5].

Jacques Natanson n'est encore qu'un adolescent quand il commence à écrire des pièces de théâtre qui vont attirer l'attention du directeur du théâtre de l'Œuvre, Lugné-Poe. Il crée les deux premières comédies du jeune homme en 1922 : L'Âge heureux, suivie neuf mois plus tard de L'Enfant truqué, qui rencontrent immédiatement le succès. Sa pièce L'Infidèle éperdu est choisie par Gustave Quinson pour inaugurer le théâtre de la Michodière le .

Cette activité d'auteur dramatique le met en contact avec le monde du cinéma, pour lequel il adapte en 1929 sa pièce Le Greluchon délicat, créée en 1925 et renommée Anschluß um Mitternacht en raison de la coproduction allemande. Il exerce ensuite les fonctions de directeur artistique sur plusieurs films avant de participer en 1931 au scénario de Un soir de rafle aux côtés de Henri-Georges Clouzot et Henri Decoin.

Mais il préfère revenir à l'écriture et rédige les dialogues de longs-métrages comme Michel Strogoff de Jacques de Baroncelli en 1936 puis le scénario de Salonique, nid d'espions de Georg Wilhelm Pabst en 1936.

En 1941, son portrait est affiché dans l'exposition Les Juifs et la France dans la section Les Juifs, maîtres du cinéma français accompagnée de ce texte : « Les créateurs juifs imposaient des Juifs dans les films français au détriment des acteurs et des techniciens français. »[6].

À la Libération, il reprend ses activités. Certaines de ses œuvres sont créées sur les ondes de la Radiodiffusion française, telles Le Plongeur de chez Maxime et Un valet de comédie dans la série des Mélimélodrames, mise en ondes de Jean d'Yd.

Les années 1950 vont voir l'apogée de sa carrière de scénariste et de dialoguiste grâce à sa collaboration avec le réalisateur Max Ophuls, pour lequel il avait écrit avant-guerre De Mayerling à Sarajevo, et qui donne naissance à trois films majeurs : La Ronde (1951), qui lui vaut une nomination aux Oscars, Le Plaisir (1952) et Lola Montès (1955).

Il meurt le au Bugue en Dordogne, à l'âge de 74 ans[7].

L'une de ses pièces les plus connues, Le Greluchon délicat, a été reprise dans l'émission Au théâtre ce soir en 1978 et son roman La Nuit de Matignon a été adapté à la télévision en 1982.

Vie privée

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Jacques Natanson épouse le 8 août 1929 à Abondant (Eure-et-Loir) Lucienne Léonie Parizet, puis en secondes noces Geneviève Flory le 11 septembre 1944 aux Eyzies-de-Tayac[2].

  • Manigances, éditions de la Nouvelle France, 1946
  • Le Club des Ex, éditions du Bateau ivre, 1948
  • La Nuit de Matignon, Calmann-Lévy, 1960

Filmographie

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En tant que réalisateur

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En tant que scénariste

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En tant que dialoguiste

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En tant que directeur artistique

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Distinctions

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Officier de la Légion d'honneur Officier de la Légion d'honneur (1953)[8]

Notes et références

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  1. Jean-Loup Passek (dir.), Dictionnaire du cinéma français, Larousse, 1987, p. 312 (ISBN 2-03-720031-5).
  2. a et b Acte no 264 (vue 69/174), registre des naissances de l'année 1901 pour la ville d'Asnières sur le site des archives départementales des Hauts-de-Seine (avec mentions marginales des légitimation, mariages et décès).
  3. Acte no 1555 (vue 28/31), registre des mariages de l'année 1910 pour le 14e sur le site des archives de Paris.
  4. L'acte de naissance de Jacques Natanson précise toutefois que la rectification officielle par le procureur de la République de la Seine n'interviendra qu'en 15 mars 1962 pour lui et son père.
  5. « No 178 Natansonoff (Jacques-Joseph-Emmanuel) », Bulletin des lois de la République française, 2e semestre 1915 (lire en ligne sur Gallica).
  6. Photographie de l'exposition Les Juifs et la France.
  7. Relevé des fichiers de l'Insee
  8. « Jacques Natanson », sur Base de données Léonore (consulté le )

Liens externes

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