Jacques Marilossian

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Jacques Marilossian
Illustration.
Jacques Marilossian en 2020.
Fonctions
Député français
En fonction depuis le
(4 ans, 1 mois et 10 jours)
Élection 18 juin 2017
Circonscription 7e des Hauts-de-Seine
Législature XVe (Cinquième République)
Groupe politique LREM
Prédécesseur Patrick Ollier
Biographie
Date de naissance (63 ans)
Lieu de naissance Le Puy-en-Velay (France)
Nationalité Française
Parti politique PS (avant 2016)
LREM (depuis 2016)
Diplômé de École centrale Paris
IEP de Paris
Université Panthéon-Sorbonne
Profession Consultant

Jacques Marilossian, né le au Puy-en-Velay (Haute-Loire), est un homme politique français, ingénieur et consultant de profession.

Membre de La République en marche (LREM), il est élu député en 2017 dans la septième circonscription des Hauts-de-Seine.

Biographie[modifier | modifier le code]

Origines, études et carrière professionnelle[modifier | modifier le code]

Jacques Marilossian est petit-fils d’immigrés arméniens, par son côté paternel. D'origine modeste, il est la première personne de sa famille à décrocher le baccalauréat[1].

Il est ingénieur de l'École centrale Paris (1981)[2] puis diplômé de l'Institut d'études politiques de Paris (Service public, 1982)[3]. Il est également titulaire d'une licence de sciences économiques de la Sorbonne[1] (1980).

Après avoir travaillé au sein de grands groupes informatiques (IBM, SUN Microsystems, CA puis Oracle) en France et à l'international[4],[1], Jacques Marilossian crée en 2017 son entreprise de conseil en stratégie des systèmes d'information[5].

Carrière politique[modifier | modifier le code]

Il est conseiller municipal d'opposition (PS) entre 2010 et 2014 à Saint-Cloud[1].

Lors des élections législatives de mai-juin 2017, Jacques Marilossian est investi par En Marche ! (LREM) et obtient 48,48 % des suffrages exprimés dès le premier tour, dans la septième circonscription des Hauts-de-Seine[6]. Obtenant 57,81 % des suffrages exprimés au second tour, il bat Éric Berdoati (LR) et est élu député des Hauts-de-Seine le [7], poste où il succède à Patrick Ollier (LR). Il déclare alors : « Prendre cette circonscription à la droite [était un vrai défi]. Elle faisait partie de ces fiefs qu'on disait imprenables »[1].

À l'Assemblée nationale, il est membre de la commission de la défense nationale et des forces armées et président du groupe d'amitié France-Arménie[8].

Début 2019, alors que la préfecture des Hauts de Seine réquisitionne un gymnase de Saint-Cloud, malgré l'opposition de son maire Éric Berdoati, afin d'héberger des migrants sans-abris dans le cadre du Plan grand froid, Jacques Marilossian se rend sur les lieux afin de constater « comment se passe l'accueil et comment les aider », précisant que les migrants « n'ont qu'un seul désir, celui de pouvoir s'intégrer. Il n'y aucune raison d'affoler la population »[9].

Avec son épouse, il a eu recours à une PMA ; ils sont les parents de jumeaux. Il défend son élargissement aux couples de femmes lors des débats sur le projet de loi bioéthique en 2019, racontant son expérience personnelle dans les médias à cette fin : « Ce n’est pas un gadget, ce n'est pas quelque chose qu’on peut aller prendre au supermarché pour ensuite l'appliquer »[10],[11].

Avant les élections municipales de 2020, alors que certains maires de droite des Hauts-de-Seine souhaitent un rapprochement avec LREM, Jacques Marilossian fait part de son opposition au bureau politique du parti, mettant en garde ses cadres contre « le chant des sirènes de ces maires-là » et leur rappelle que les militants locaux se sont « construits contre eux »[12]. Finalement, à Rueil-Malmaison, dans sa circonscription, LREM se rallie au maire sortant LR Patrick Ollier, ce que regrette Jacques Marilossian[13].

Polémiques[modifier | modifier le code]

Son journal de député est intégralement financé par des entreprises de sa circonscription, telles que Dassault Aviation ou Heineken, et celles-ci ont droit à des encarts publicitaires dans la publication. Plusieurs opposants dénoncent une « confusion des genres » par rapport aux lois que le député serait susceptible de voter à l'Assemblée nationale sur des sujets les concernant. Pour sa part, Jacques Marilossian considère que ce choix permet à son journal parlementaire de ne rien coûter aux contribuables, estimant par ailleurs que « leur participation ne saurait être considérée comme un engagement ou un soutien politique de leur part, mais comme une contribution à l'information citoyenne »[14].

Le 29 octobre 2018, il participe aux célébrations du 95e anniversaire de la République turque à son ambassade, alors que la question de la reconnaissance du génocide arménien reste vivace en Turquie. Il se fait notamment photographier à côté de l'ambassadeur İsmail Hakkı Musa. Cette présence provoque les critiques de Français d'origine arménienne, le Conseil de coordination des organisations arméniennes de France (CCAF) demandant sa démission de la présidence du groupe d'amitié parlementaire France-Arménie. L'association considère en effet que l'ambassadeur est « le chef d'orchestre du négationnisme turc » et estime que l'attitude du député traduit « une profonde méconnaissance de la problématique arménienne et une très faible propension au dialogue avec les Arméniens ». En réponse, Jacques Marilossian rappelle le caractère « indéfectible » de son « combat contre le négationnisme » et son « engagement en faveur de l'amitié franco turque », présentant ses excuses au CCAF, qui les accepte mais considère malgré tout qu'il n'est plus légitime à la tête du groupe d'amitié parlementaire précédemment cité[8].

Lors du mouvement des Gilets jaunes, il suscite la polémique en qualifiant l'un de ses leaders, Jérôme Rodrigues, de « débile profond ». De manière discrète, il est recadré par la secrétaire d’État chargée des Personnes handicapées Sophie Cluzel, qui déclare : « Quand arrêterons nous d'utiliser des mots blessants ? » [15],[16],[17].

Le 13 juin 2020 se déroule place de la République (Paris) une manifestation contre le racisme et les violences policières. Invité à commenter ce rassemblement sur LCI, Jacques Marilossian déclare : « La délinquance, aujourd'hui, elle est dans les banlieues et c'est le fait de gens aux origines ethniques, il faudrait les éduquer, ils seront alors de jeunes Français, capables de faire autre chose que d'être des délinquants ». Le journaliste Antoine Perraud de Mediapart considère que ces propos révèlent un non-dit du député, selon lequel ces minorités « ne sont pas françaises et ne le deviendront qu'à la condition de recevoir les Lumières idoines, d'être élevées, éduquées. Le leg colonial n'est jamais loin... »[18].

Début 2021, le rappeur Youssoupha est désigné par la Fédération française de football pour interpréter l'hymne des Bleus pour la prochaine Coupe d'Europe. Cette décision fait polémique, une chanson de 2006 où il qualifiait Marine Le Pen de « chienne » refaisant surface. À ce sujet, Jacques Marilossian estime que cette dernière « n'est pas une femme » mais « un leader politique » et, selon lui, « on peut traiter un leader politique de chien ou de chienne », estimant qu'il en va de « la liberté d’expression ». Il reconnaît toutefois que ce terme le « choquerait » s'il était employé à l'égard de la ministre LREM Marlène Schiappa[19].

Sur le même plateau, il fait également polémique en déclarant « être choqué » par une partie des paroles de La Marseillaise. Le lendemain, Patrick Ollier réagit en estimant que ces propos sont « indignes ». Jacques Marilossian regrette pour sa part une « mauvaise interprétation »[20],[21].

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. a b c d et e « Qui est Jacques Marilossian, votre député (LREM) à Garches - Rueil - Saint-Cloud », sur leparisien.fr, Le Parisien, (consulté le 19 juin 2017)
  2. « CentraleSupélec Alumni », sur association.centralesupelec-alumni.com (consulté le 10 juin 2021)
  3. « Jacques Marilossian », sur sciences-po.asso.fr
  4. « Jacques Marilossian, Député - Biographie », sur jmarilossian.fr (consulté le 5 novembre 2017)
  5. « Fiche Jacques Marilossian » (consulté le 10 juin 2021)
  6. « Résultats des élections législatives 2017. Hauts-de-Seine - 7e circonscription », sur L'Express (consulté le 24 mai 2021).
  7. « Résultats des élections législatives 2017 : Hauts-de-Seine (92) - 7ème circonscription ; Résultats de la circonscription au 2d tour », sur www.interieur.gouv.fr, site officiel du ministère de l'Intérieur français (consulté le 29 mars 2019).
  8. a et b David Livois, « Le député du 92 Jacques Marilossian provoque l’indignation de la communauté arménienne », sur Le Parisien, (consulté le 24 mai 2021).
  9. Marjorie Lenhardt, « A Saint-Cloud, le député vérifie les conditions d’accueil des migrants », sur Le Parisien, (consulté le 24 mai 2021).
  10. « Loi bioéthique: une réforme à laquelle tient ce député LREM qui a eu recours à la PMA », sur BFM TV, (consulté le 24 mai 2021).
  11. « PMA : deux députés racontent leur expérience », sur France Télévisions, (consulté le 24 mai 2021).
  12. Jean-Baptiste Daoulas, « Municipales : l'appel du pied des ex-LR fait rugir les macronistes des Hauts-de-Seine », sur L'Express, (consulté le 24 mai 2021).
  13. Anthony Lieures, « Hauts-de-Seine : les étonnantes publicités du journal du député En Marche », sur Le Parisien, (consulté le 24 mai 2021).
  14. Anthony Lieures, « Hauts-de-Seine : les étonnantes publicités du journal du député En Marche », sur Le Parisien, (consulté le 24 mai 2021).
  15. Romain Herreros, « "Debile profond": Sophie Cluzel recadre (discrètement) Jacques Marilossian », sur Le HuffPost, (consulté le 24 mai 2021).
  16. « En direct, un député LREM traite Jérôme Rodrigues de "débile profond" », sur L'Express, (consulté le 24 mai 2021).
  17. « "Gilets jaunes" : un député LREM qualifie l'un des leaders du mouvement de "débile profond" », sur France Télévisions, (consulté le 24 mai 2021).
  18. Antoine Perraud, « Télé, réalité, berlue », sur Mediapart, (consulté le 24 mai 2021).
  19. « Quand un député LREM estime qu'« on peut traiter un leader politique de chienne » », sur Valeurs actuelles, (consulté le 24 mai 2021).
  20. « Hauts-de-Seine. Un député LREM juge "choquantes" certaines paroles de la Marseillaise », sur actu.fr, (consulté le 24 mai 2021).
  21. « Le député Jacques Marilossian ne chante pas La Marseillaise », sur Nouvelles d'Arménie Magazine, (consulté le 24 mai 2021).

Liens externes[modifier | modifier le code]