Jacques Marchand

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Jacques Marchand
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Jacques Marchand (né le et mort le [1]) est un journaliste sportif français.

Spécialisé plus particulièrement dans le cyclisme, il fut le créateur du Tour de France de l'Avenir. C'est également un historien du journalisme sportif, un écrivain du cyclisme, auteur de plusieurs ouvrages.

Biographie[modifier | modifier le code]

Journaliste[modifier | modifier le code]

Après des débuts à L'Écho des Sports en 1942, où Jacques Marchand couvre des matchs de boxe et de basket, il est requis pour le STO en Allemagne. Il s'évade et devient clandestin. Après le Libération de la France, convaincu de sa vocation pour le journalisme, il est engagé, en février 1946, par le quotidien sportif Sports, l'un des trois journaux sportifs (avec Élans et L'Équipe) autorisés à paraître. Il écrit ensuite à Ce soir, puis à Libération. En 1955, il entre au quotidien L'Équipe, ou de chef de la rubrique cycliste, il devient rédacteur en chef. Proche collaborateur de Jacques Goddet, avec lequel il suit le Tour de France, il est durant 15 ans la « voix du Tour » sur « Radio Tour », destinée à renseigner directeurs sportifs et suiveurs de l'avancement de la course. En 1977, il quitte L'Équipe pour Le Matin de Paris. À la même époque il est parmi les collaborateurs réguliers de Miroir du cyclisme.

Au sein de la profession des journalistes sportifs, Jacques Marchand a été l'un des responsables de l'Union Syndicale des Journalistes Sportifs de France, désormais Union des Journalistes Sportifs de France, dont il est président d'honneur. Il a participé aux activités du CFPJ, le Centre de formation et de perfectionnement des journalistes.

Organisateur de course[modifier | modifier le code]

En 1961, le groupe l'Équipe-Le Parisien libéré lui confie la charge d'organiser une nouvelle compétition, dont il est le promoteur : une épreuve cycliste internationale, destinée aux coureurs amateurs. Le but est de faire s'affronter sur les routes françaises l'élite des amateurs de l'Ouest européen avec les champions du cyclisme de l'Est. Bien sûr il existe déjà une telle compétition à avoir cette vocation de rencontre entre les coureurs des deux blocs géopolitiques : la Course de la Paix. Mais la FFC pratique en matière de sélection pour cette course une politique restrictive, selon beaucoup d'observateurs. De plus les coureurs français, à l'inverse des Belges, hésitent à franchir le « rideau de fer », pour une course dont le profil leur paraît, à tort, ressembler plus à celui de classiques, que d'épreuves de montagne. Jacques Marchand se propose donc à faire venir les athlètes d'État de l'Est, pour disputer une épreuve par étapes calée sur le Tour de France : le Tour de l'Avenir. Même parcours, mais étapes moins longues et durée de la course raccourcie, selon les réglements, à 15 jours. La nécessité d'une telle rencontre avait été mise en lumière après les trois succès consécutifs des coureurs de la RDA aux championnats du monde « amateurs » : en 1958 et 1959, victoire de Gustav-Adolf Schur, en 1960, succès de Bernhard Eckstein. Cette même année à Rome, le Soviétique Viktor Kapitonov enlevait le titre olympique dans la course sur route... Malgré la présence de coureurs de l'Est certaines années (les Polonais dès 1961, l'un d'eux Józef Gawliczek démontrant des bonnes facultés de grimpeurs et terminant 11e au classement final de ce premier Tour de l'Avenir), la confrontation n'eut lieu que rarement. Les Fédérations cyclistes des pays de l'Est auraient demandé la réciprocité dans la valeur des sélections nationales entre « l'Avenir » et « la Paix ». Sauf en 1963, puis en 1966, les compétiteurs soviétiques ne furent que des coureurs de moindre rang, ou s'abstinrent, les Polonais, les Tchèques et Slovaques, les Bulgares étaient en manque de vainqueurs potentiels, et les coureurs d'Allemagne de l'Est n'étaient pas invités, pour des raisons politiques. Sans doute aussi l'abord de la grande montagne nécessitait des paliers de préparation, technique, physique et mentale peu envisagés lors de la création de l'épreuve. Le Tour de l'Avenir allait cependant révéler durant ses premières années d'existence des champions : Felice Gimondi, Lucien Aimar, Joop Zoetemelk, Lucien Van Impe firent des classes brillantes sur cette compétition. En ce sens Jacques Marchand avait gagné la partie. La suite de l'histoire de cette course est plus chaotique. Qu'elle ait survécu, sous des labels divers, qu'on y associe les noms de Serguei Soukhoroutchenkov, Greg LeMond, Olaf Ludwig, de Colombie, montre que l'« avenir » a été au rendez-vous amorcé par Jacques Marchand en 1961.

À l'Association internationale des organisateurs de courses cyclistes[modifier | modifier le code]

En tant qu'organisateur de courses cyclistes Jacques Marchand participe à l'Association internationale des organisateurs de courses cyclistes (AIOCC). En 1965, il est secrétaire général de la section des courses « amateurs » qu'il crée avec en particulier les organisateurs de la Course de la Paix. Il quitte ces fonctions à la fin de l'année 1984, au moment où les courses « open » résolvent le problème de la division du cyclisme en deux aires géopolitiques[2].

L'auteur et l'historien du sport[modifier | modifier le code]

Jacques Marchand, dont il a été noté l'implication dans la vie du cyclisme est devenu un historien du journalisme sportif. En particulier il a réalisé un ouvrage sur les journalistes pionniers, qui pour la plupart écrivaient dans le domaine du vélo : la rivalité entre Pierre Giffard et Henri Desgrange allait être source de la création du Tour de France.

Jacques Marchand est membre du comité d'honneur de l'Académie du basket-ball français.

Ouvrages (sur le cyclisme)[modifier | modifier le code]

  • Le Cyclisme, éditions La Table Ronde, Paris, 1963.
  • Les Défricheurs de la presse sportive, éditions Atlantica, Biarritz, 1999 (ISBN 2-84394-120-2)
  • Vélodrame, Calmann-Lévy éditeur, 2008 (ISBN 978-2-7021-3918-9)

Distinctions[modifier | modifier le code]

  • En 2003, Jacques Marchand reçoit le Prix de la carrière décerné par l'association des écrivains sportifs. Le Prix de la carrière récompense une femme ou un homme qui, tout au long de sa carrière, par ses écrits ou par ses travaux, a apporté une contribution importante au sport, à sa diffusion et son retentissement[3].
  • Désigné Gloire du sport dans la promotion 2011[4].

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Jacques Marchand, légende du journalisme de sport, est mort
  2. Miroir du cyclisme, n° 383, janvier 1985, interview de Jacques Marchand.
  3. « Prix de la carrière », sur ecrivains-sportifs.fr, Association des écrivains sportifs (consulté le 5 mai 2017)
  4. « Trois médaillés olympiques désignés Gloires du Sport 2011 », sur medailles-olympiques-francais.over-blog.com, (consulté le 30 novembre 2011)

Sources[modifier | modifier le code]

  • Edouard Seidler : Le sport et la presse, Armand Colin éditeur, 1964.
  • Christophe Penot : J'écris ton nom Tour de France, Éditions Cristel, Saint-Malo, 2002.
  • Miroir du cyclisme : n° 251, rubrique « Les compagnons du vélo ».

Liens externes[modifier | modifier le code]