Jacques Maire (homme politique)

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Jacques Maire
Illustration.
Fonctions
Président du groupe ADLE pour l'Europe à l'Assemblée parlementaire du Conseil de l'Europe
En fonction depuis le
(1 an, 4 mois et 19 jours)
Prédécesseur Rik Daems
Député français
En fonction depuis le
(3 ans, 11 mois et 25 jours)
Élection 18 juin 2017
Circonscription 8e des Hauts-de-Seine
Législature XVe
Groupe politique LREM
Prédécesseur Jean-Jacques Guillet
Conseiller régional de Bretagne

(6 ans et 13 jours)
Biographie
Date de naissance (59 ans)
Lieu de naissance Enghien-les-Bains (Val-d'Oise)
Nationalité Française
Parti politique PS (avant 2016)
LREM (depuis 2016)
EC (depuis 2020)
Père Edmond Maire

Jacques Maire, né le à Enghien-les-Bains (Seine-et-Oise), est un syndicaliste, diplomate, cadre et homme politique français.

Fils d'Edmond Maire, secrétaire général de la Confédération française démocratique du travail (CFDT) de 1971 à 1988, il est le premier président de Pour un syndicalisme autogestionnaire (PSA), syndicat étudiant proche de la CFDT. Dans les années 1990-2000, il occupe différents postes au sein de la haute administration, dont ceux de conseiller diplomatique, chargé des affaires européennes, auprès du Premier ministre Pierre Bérégovoy, et de directeur de cabinet de Dominique Voynet au ministère de l'Aménagement du territoire et de l'Environnement, ainsi que des postes de cadre chez Axa et Vigeo Eiris.

Membre du Parti socialiste puis de La République en marche, il exerce plusieurs mandats locaux en Bretagne dans les années 1990-2000. Il est élu député en 2017 dans la huitième circonscription des Hauts-de-Seine.

Origines et formation[modifier | modifier le code]

Jacques Maire, né le , est le fils d'Edmond Maire et de Raymonde Le Goff[1].

Il obtient une maîtrise de sciences économiques de l'Université Paris-Dauphine (1980-1984), ainsi qu'un D.E.S.S. de Développement économique de l'Université Paris-Nanterre (1984-1985). Il est également diplômé de l'Institut d'études politiques de Paris (1986)[2], et intègre l’École nationale d'administration (1988-1990, promotion Jean Monnet)[3],[4].

Parcours professionnel[modifier | modifier le code]

En 1992, Jacques Maire devient conseiller politique auprès de l'ambassadeur de France en Algérie[3],[5]. Il est ensuite conseiller diplomatique, chargé des affaires européennes, auprès du Premier ministre Pierre Bérégovoy, à Matignon d' à [5]. En , il est nommé directeur de cabinet de Dominique Voynet, ministre de l'Environnement et de l'Aménagement du Territoire[6]. Enfin, entre et , il se voit confier la direction des Affaires européennes et internationales au ministère du Travail, de la Santé et des Affaires Sociales[6],[5].

En , il décide de se tourner vers le secteur privé. Il rejoint le groupe assureur Axa, où il exerce différentes fonctions de management[6],[5], d'abord aux ressources humaines, avant de prendre en charge le développement international du groupe[4]. Il conduit notamment la stratégie d'Axa en Europe, ainsi que dans la région méditerranéenne[3], au Proche-Orient et en Amérique latine. Il a été président-directeur général de la filiale d'Axa en Hongrie de 2009 à 2012[3],[7],[5].

Fin 2012, il rejoint le Quai d'Orsay comme directeur des entreprises et de l’économie internationale[8], avec pour mission de développer la stratégie économique de la France à l'étranger et de soutenir les entreprises françaises dans la conquête de nouveaux marchés. Son ministre de tutelle est Laurent Fabius[3],[9],[10],[11].

De retour dans le secteur privé en 2015, il est nommé directeur de la stratégie et du développement de Vigeo Eiris, agence internationale indépendante de recherche et services environnementaux, sociaux et de gouvernance[4]. Il conduit une augmentation de capital de la société et négocie l'acquisition de son concurrent britannique EIRIS.

De janvier à , Jacques Maire est ambassadeur thématique au ministère des Affaires étrangères, chargé de la reconstruction et du développement des pays en crise[12].

Parcours politique[modifier | modifier le code]

Débuts[modifier | modifier le code]

Jacques Maire doit une part de son engagement associatif à ses origines familiales. En effet, son père Edmond Maire a été secrétaire général de la CFDT[3],[10],[5].

Durant ses années universitaires, Jacques Maire fonde Pour un syndicalisme autogestionnaire (PSA), syndicat étudiant proche de la CFDT, au cours des années 1982 et 1983, au moment du mouvement contre la réforme Savary des universités de 1983. Il est le premier président de ce syndicat, qui a le soutien financier et militant de la CFDT.

Il exerce plusieurs mandats locaux dans le Finistère : conseiller municipal de Plabennec de 1995 à 2001[5],[13], vice-président de la Communauté urbaine de Brest de 2001 à 2008 et conseiller régional PS[14] de Bretagne de 1998 à 2004[5].

Député[modifier | modifier le code]

Élection[modifier | modifier le code]

Il rejoint En Marche ! en et est investi par pour les élections législatives dans la 8e circonscription des Hauts-de-Seine[12],[15]. Au premier tour, il arrive en tête avec 48,03 % des voix[16],[17], devant le candidat Les Républicains, Gilles Boyer, l'ex-directeur de campagne d'Alain Juppé. Il est élu au second tour avec 61,03 % des voix[18].

Activité législative[modifier | modifier le code]

Il est membre de la Commission des Affaires étrangères de l’Assemblée nationale[19].

Fin 2017, Jacques Maire copilote, avec Matthieu Orphelin, un groupe de travail des députés LREM sur l'application de l'Accord économique et commercial global, dit CETA, qui formule une trentaine de propositions d'encadrement[20]. Durant l'été 2019, il est rapporteur du projet de loi de ratification du CETA[21].

Il est co-rapporteur, aux côtés d’Ugo Bernalicis (La France Insoumise), de la mission d’évaluation de la lutte contre la délinquance financière[22],[23]. Les deux députés présentent leur rapport en mars 2019, dans lequel ils réclament notamment la hausse des effectifs du parquet national financier[24],[25].

Il porte régulièrement le projet de réforme des retraites dans le débat public en soulignant notamment la nécessité d’un accord avec les partenaires sociaux réformistes sur le projet lui-même et sur une gouvernance partagée[26],[27]. À l'Assemblée, il est rapporteur du Titre II du projet de loi portant sur les sujets suivants : carrière longue, cumul emploi-retraite, retraite progressive, pénibilité, catégories actives (policiers, douaniers…), militaires, régimes spéciaux[28].

Lors de l’examen du projet de loi de finance rectificatif dans le contexte de la crise du Covid-19 no 2820[29], le 17 avril 2020, Jacques Maire, accompagné de 80 députés de la majorité dont Émilie Cariou et Lionel Causse, fait voter un amendement pour mettre sous surveillance le secteur des assurances[30],[31]. Cet amendement demande un rapport très précis pour examiner l’évolution des comptes des assurances, risque par risque, avant le mois d’août 2020[32].

Positionnement au sein du groupe LREM[modifier | modifier le code]

En , après la nomination de François de Rugy au gouvernement, il soutient la candidature de Barbara Pompili à la présidence de l'Assemblée nationale[33].

Impliqué comme animateur du Grand débat national au sein du groupe parlementaire La République en Marche, il déclare alors qu'« un pack de ministres dépasse le groupe sur son aile droite », et appelle le groupe à se positionner comme garant de l’équilibre du projet de la majorité[34].

Accompagné des députés Hugues Renson et Barbara Pompili, Jacques Maire est à l’origine de l’association « En commun ». Se positionnant au sein du groupe parlementaire de la République en Marche, cette association est composée de 56 députés, est ouverte aux citoyens et a pour objectif d’infléchir l’action de la majorité « dans le domaine des solidarités, de l’écologie, de la cohésion nationale et du renouveau des pratiques démocratiques »[35]. Alors que le mouvement se constitue en parti durant l'automne 2020, il en est l'un des trois vice-présidents avec Barbara Pompili et Hugues Renson[36].

Assemblée parlementaire du Conseil de l'Europe (APCE)[modifier | modifier le code]

Jacques Maire est membre de l’Assemblée parlementaire du Conseil de l’Europe depuis 2017[37],[38],[39].

En janvier 2020, il est élu à la présidence du troisième groupe de cette assemblée, le groupe Alliance des Démocrates et Libéraux pour l’Europe (ADLE). Ce dernier comprend 96 députés de plus de 30 nationalités différentes. [38],[40],[41]

Il est également membre du bureau du parti ADLE.

Accusations de conflits d'intérêts[modifier | modifier le code]

Le 25 février 2020, la députée LFI Mathilde Panot interpelle Jacques Maire, alors corapporteur du projet de loi sur la réforme des retraites, au sujet de ses plus de 300 000 euros d'actions chez l'assureur Axa, l'accusant ainsi de « conflits d'intérêt ». Il annonce saisir la déontologue de l'Assemblée nationale, Agnès Roblot-Troizier[42]. Celle-ci déclare que ses parts dans l’entreprise spécialisée dans les produits d’épargne-retraite ne lui « interdisent pas (…) d’exercer les fonctions », tout en estimant qu'il a péché par une trop grande discrétion sur ses anciennes activités professionnelles[43].

Caricatures[modifier | modifier le code]

Le 1er décembre 2020, il porte plainte contre X pour « acte d'intimidation envers un élu public pour qu'il influence une autorité pour l'obtention de décision favorable » et « diffamation envers un dépositaire de l'autorité publique » à la suite de caricatures à son effigie publiées dans l'espace public et sur les réseaux sociaux, concernant son vote favorable à la proposition de loi relative à la sécurité globale. Suite à cette plainte, un professeur d'histoire de l'art, militant engagé dans la défense des droits de l'homme, est convoqué au commissariat de la ville de Meudon le 17 décembre 2020[44].

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Qui est qui en France, J. Lafitte, , p. 1434.
  2. « Sciences Po Alumni », sur asso.fr (consulté le 2 avril 2021).
  3. a b c d e et f Hubert-Rodier, 25/03/2013, « Jacques Maire, un diplomate-militant au service de l'entreprise » [1]
  4. a b et c Déborah Paquet, 13/01/2015, Actu Environnement.com, « Jacques Maire est nommé directeur de la stratégie et du développement de Vigeo » [2]
  5. a b c d e f g et h Romain Chetaille (Auteur) et Joseph d'Arrast (Auteur), 100 Personnalités de demain : Portraits, 127-128 = p.
  6. a b et c Le Telegramme, 21/11/2002, « Jacques Maire rejoint AXA »[3]
  7. Gwenaëlle Thomas, 09/07/2013, Le Journal Francophone de Budapest, « Un pays qui fait débat ! »[4]
  8. Ministère de l'Europe et des Affaires étrangères, « Diplomatie économique : Interview de Jacques Maire (France 24, 06.04.2013) », (consulté le 27 mai 2017)
  9. Direction générale de la mondialisation, du développement et des partenariats, février 2014, « LE QUAI D'ORSAY AU SERVICE DES ENTREPRISES » [5]
  10. a et b Anne Denis, 08/04/2014, Slate.fr, « Le Quai d’Orsay veut régner sur la diplomatie économique »[6]
  11. Solène Davesne, LE 20/09/2012, usinenouvelle.com, « Les convictions du Monsieur "Entreprises" du quai d’Orsay »[7]
  12. a et b G. Guidi e A. Moccia di Ferrazzano, 25/05/2017, Opinione, « L’onda Macron e i suoi protagonisti »[8]
  13. « Jacques Maire », Le Telegramme,‎ (lire en ligne, consulté le 29 mai 2017).
  14. « cahier spécial élections régionales », Libération,‎ (lire en ligne).
  15. Anne-Sophie Damecour, Le Parisien, « Législatives : quatre nouveaux candidats se mettent en marche dans le 92 »[9]
  16. Ministère de l'Intérieur, « Elections législatives 2017 », sur elections.interieur.gouv.fr (consulté le 11 juin 2017).
  17. (en) « Législatives 2017 : Jacques Maire à 48 % dans la 8e circonscription des Hauts-de-Seine », sur m.leparisien.fr (consulté le 11 juin 2017).
  18. Ministère de l'Intérieur, « Élections législatives 2017 », sur elections.interieur.gouv.fr (consulté le 19 juin 2017).
  19. « Commission des affaires étrangères - Assemblée nationale », sur www2.assemblee-nationale.fr (consulté le 23 janvier 2019).
  20. « CETA: comment des députés LREM veulent encadrer son application », Challenges,‎ (lire en ligne, consulté le 24 janvier 2019).
  21. Ellen Salvi, « À l’Assemblée, l’opposition fait front commun contre le Ceta », sur Mediapart, (consulté le 20 juillet 2019).
  22. « Comité d'évaluation et de contrôle des politiques publiques - Assemblée nationale », sur www2.assemblee-nationale.fr (consulté le 30 janvier 2019).
  23. « Composition du comité d'évaluation et de contrôle des politiques publiques au 30 janvier 2019Comité d'évaluation et de contrôle des politiques publiques - Assemblée nationale », sur www2.assemblee-nationale.fr (consulté le 30 janvier 2019).
  24. « Délinquance financière : dans un rapport parlementaire, deux députés LFI et LaREM demandent plus de moyens », sur LCP Assemblée nationale (consulté le 24 avril 2019).
  25. « L’État dépassé par le développement de la délinquance financière », sur www.lefigaro.fr, (consulté le 24 avril 2019).
  26. Paris Match, « Jacques Maire : Une voix sociale chez les marcheurs », sur parismatch.com (consulté le 7 février 2020)
  27. « Retraites : les députés de la majorité qui vont porter le projet de loi à l'Assemblée », sur Les Echos, (consulté le 7 février 2020)
  28. « Retraites : les députés de la majorité qui vont porter le projet de loi à l'Assemblée », sur Les Echos, (consulté le 11 février 2020)
  29. Assemblée Nationale, « Projet de loi de finances rectificative nº 2820 pour 2020 », sur Assemblée nationale (consulté le 29 mai 2020)
  30. « "Les assureurs ont loupé le coche" : la contribution dérisoire du secteur financier à la crise », sur Marianne, (consulté le 29 mai 2020)
  31. « Coronavirus : les banques et les assurances échappent à une taxation supplémentaire », sur Les Echos, (consulté le 29 mai 2020)
  32. « Assemblée nationale ~ PLFR POUR 2020 (no 2820) - Amendement no 90 », sur www.assemblee-nationale.fr (consulté le 29 mai 2020)
  33. Julie Cloris, « Duel Ferrand-Pompili pour présider l’Assemblée : qui soutient qui ? », sur leparisien.fr, (consulté le 10 septembre 2018).
  34. « « Merde, on a voté Macron, pas Juppé ! » Les tensions secrètes de la majorité », sur L'Obs (consulté le 25 avril 2019).
  35. Laure Equy, « A l'Assemblée, «l'aile gauche» des marcheurs s'organise en courant », sur Libération.fr, (consulté le 3 juin 2020)
  36. Le Figaro avec AFP, « Majorité : le courant «En Commun!» de Pompili devient un parti », sur lefigaro.fr, (consulté le 22 octobre 2020).
  37. « Composition de la délégation française à l'Assemblée parlementaire du Conseil de l'Europe au 16 juin 2020 - Assemblée nationale », sur www2.assemblee-nationale.fr (consulté le 16 juin 2020)
  38. a et b « APCE - Membres de l'Assemblée », sur www.assembly.coe.int (consulté le 16 juin 2020)
  39. « Paroles de députés confinés : Jacques Maire | LCP », sur La Chaîne Parlementaire - Assemblée Nationale (consulté le 16 juin 2020)
  40. « Rik Daems elected President of the Council of Europe »
  41. « 2020, un double anniversaire pour le projet européen », sur EEAS - European Commission (consulté le 16 juin 2020)
  42. « Réforme des retraites : le co-rapporteur du texte Jacques Maire, accusé de "conflit d'intérêts" pour des actions chez Axa, saisit la déontologue de l'Assemblée », sur francetvinfo.fr, (consulté le 25 février 2020).
  43. Bertrand Bissuel et Raphaëlle Besse Desmoulières, « Réforme des retraites : Jacques Maire restera corapporteur du projet de loi, malgré ses liens avec Axa », sur lemonde.fr, (consulté le 1er mars 2020).
  44. Marjorie Lenhardt, « Un prof convoqué par la police pour avoir placardé le portrait de son «député de la honte» », sur leparisien.fr, (consulté le 16 décembre 2020).

Liens externes[modifier | modifier le code]