Jacques Loew

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Jacques Loew, né le à Clermont-Ferrand et décédé le à l'abbaye d'Échourgnac, est un frère dominicain français, prêtre ouvrier, fondateur de la Mission Ouvrière saints Pierre-et-Paul (MOPP), et fondateur de l'École de la Foi à Fribourg (Suisse).

Biographie[modifier | modifier le code]

Étudiant en droit, il se convertit en 1934 pendant sa convalescence dans un sanatorium suisse à la lecture des Évangiles et un séjour à La Valsainte. Il entre dans l'Ordre des Frères Prêcheurs (dominicains) et fait son noviciat à Saint-Maximin (Var).

En 1938, il est président du patronage la Semeuse, à Nice[1] et il est ordonné prêtre en 1939. Il devient secrétaire du centre Économie et Humanisme. En 1941, il devient le premier prêtre à travailler comme ouvrier (« prêtre-ouvrier ») : il travaille comme docker au port de Marseille pendant trois ans. Il publie une enquête sur les Dockers de Marseille (1943) qui est à l’origine d’une loi améliorant leurs conditions de travail.

« Dans une remarquable enquête, il dénonça sa misère et ses déplorables conditions de travail, réclamant pour ces travailleurs une formation et une organisation professionnelles leur permettant de participer au contrôle de l’embauche pour pallier les variations inévitables de l’activité portuaire afin qu’elles ne soient pas supportées par eux seuls, mais partagées avec leur patron. Ces préconisations, qui inspirèrent partiellement le statut des dockers après la Libération, lui valut l’accusation d’être un des principaux responsables du déclin des ports français, à la suite de la prise de contrôle de la profession par la CGT. Accusation infondée pour tout lecteur de son enquête
Économie et Humanisme no 9, 10 et 11, 1943-1944[2]. »

En 1946, il se voit confier la paroisse de La Cabucelle (banlieue de Marseille), puis celle de Port-de-Bouc (étang de Berre) où, avec plusieurs jeunes laïcs et prêtres, il lance les bases de ce qui devient la Mission Ouvrière Saints-Pierre-et-Paul (MOPP). Son but est de rapprocher paroisse et mission pour un « apostolat intégral » en vue d’« extirper les racines des malheurs injustes » qui pèsent sur les pauvres[3].

Il entretient des liens d’amitié avec Paul VI, qui l’invite à prêcher la retraite de Carême au Vatican en 1970.

Jacques Loew est également le fondateur d'une École de la Foi à Fribourg en 1968, à la demande du Père René Voillaume. Il donne des enseignements bibliques à de jeunes Russes à la demande du Père Alexandre Men.

En 1973, il abandonne la responsabilité de la MOPP (« pour laisser ses frères agir à leur guise, comme des parents laissent leurs enfants décider de leur vie », selon Gilles Fumey) pour se consacrer entièrement à l’École de la foi. Malgré des difficultés croissantes, notamment l’obtention de visas pour les Africains, celle-ci se poursuit jusqu'en 2006, avant d'essaimer à Yamoussoukro (Côte d’Ivoire) où elle rouvre en novembre 2012[4].

Jacques Loew effectue de nombreux voyages à l'étranger, comme au Brésil. Il est prédicateur de retraites, conférencier, écrivain. En 1981, il se retire à la Trappe de Cîteaux pour accomplir ses jours dans la prière. C'est le début d'un itinéraire monastique de vingt années qui le conduit successivement à Tamié, dans un ermitage de moniales ermites à Saint-Jean-de-l'Albère et, enfin, à l'Abbaye d'Echourgnac où il est accueilli par des moniales cisterciennes. C'est là qu'il meurt, peu de temps après avoir fêté ses quatre-vingt-dix ans.

Œuvres[5][modifier | modifier le code]

  • Jacques Loew : docker à Marseille, Paris, Cerf, 1948.
  • Foi vivante, hommes d'aujourd'hui. Loew, 1955.
  • (en) Mission to the poorest. 1950, Sheed and Ward (New York). With an introd. and epilogue by Maisie Ward. Foreword by Archibishop Cushing.
  • Si vous saviez le don de Dieu, Collection « Homélies et Catéchèses » Le Cerf juillet 1958.
  • En mission prolétarienne, Le Seuil, 1961.
  • Journal d'une Mission ouvrière, Le Seuil, 1963.
  • Dynamisme de la foi et incroyance, Éditions du Cerf, 1963.
  • Comme s'il voyait l'invisible, Le Cerf, 1964.
  • (es) Marxismo e problemas de pastoral par Jacques Loew Vozes, 1966.
  • (de) Auf dein Wort hin. par Jacques Loew Verlag Styria, 1968.
  • À temps et à contretemps. Retrouver dans l'Église le visage de Jésus-Christ, Yves Congar - Jacques Loew - René Voillaume, Le Cerf septembre 1969.
  • Ce Jésus qu'on appelle Christ Retraite au Vatican (1970) Le Cerf Collection « Foi vivante » no 371.
  • Les Cieux ouverts. Chronique de la Mission ouvrière Saints-Pierre-et-Paul, mars 1971, Le Cerf, Collection « L'Évangile au XXe siècle ».
  • (en) Face to face with God par Jacques Loew, Darton, Longman and Todd, 1977.
  • Paraboles et Fariboles par Jacques Faizant - Jacques Loew Le Cerf « Foi vivante » no 323, 1978.
  • Vous serez mes disciples, Mame, 1978.
  • Mon Dieu dont je suis sûr, Éditions Bayard, 1983.
  • Le Puits de l'exil, Berg International.
  • Le Bonheur d'être homme, 1988.
  • Dans la nuit, j'ai cherché, 1991.
  • Vivre l'Évangile avec Madeleine Delbrêl, Centurion.
  • Jésus où te chercher ?, Le Livre Ouvert, 1992.
  • La Flamme qui dévore le berger. Éléments de spiritualité pour l'évangélisation, Jacques Loew - Paul Xardel, Le Cerf Collection « Épiphanie » Octobre 1993.
  • La Prière à l'école des grands priants, Fayard 1975 red. 1985.
  • La Vie à l'écoute des grands priants, Fayard 1986.
  • Histoire de l'Église par elle-même, Meslin, Jacques, Fayard.

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • L'Écran Français no 228 page 6, autre (14/11/1949). Ceux qui viennent : Jacques Loew, Thévenet René (film).
  • Robert Masson, Jacques Loew - Ce Qui S'appelle La Foi, Parole Et Silence, 2000.
  • Bernard Cougoul, Prier 15 jours avec Jacques Loew
  • Dominique Xardel, Jacques Loew, Le Bonheur d'être Homme, Bayard.
  • Georges Convert, La quête de Dieu de l'athéisme à la nuit de la foi, DDB.
  • Jacques Loew : serviteur de la parole Par Jacques Loew, Marie-Gabrielle Bérard.
  • Contexte : [lire en ligne] Prêtres et ouvriers: une double fidélité mise à l'épreuve, 1944-1969 , Charles Suaud, Nathalie Viet-Depaule.

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Yvan Gastaut & Stéphane Mourlane, La Semeuse, histoire d'un patronage niçois, Serre Editeur, 2004 (ISBN 2-8641-0409-1)
  2. (fr) « Comme s’il voyait l’invisible, par Jacques Loew », sur Dominicains.fr (consulté le 10 mai 2010)
  3. Biographie du journal La Croix
  4. « Partie de Fribourg en 2006, l’Ecole de la Foi rouvre ses portes en novembre 2012 », sur APIC
  5. (fr) « Jacques-Loew, la liste de ses écrits. », sur openlibrary.org (consulté le 10 mai 2010)