Jacques Linard

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Vase de fleurs sur la boîte de copeaux, Karlsruhe, Staatliche Kunsthalle. c. 1640

Jacques Linard (1597 - 1645) est un peintre français de la première moitié du XVIIe siècle qui a réalisé un petit nombre de natures mortes.

Biographie[modifier | modifier le code]

Jacques Linard naît en 1597 et est baptisé le 6 septembre de cette même année en l'église Saint-Rémy de Troyes.

Actif à Paris dès le début des années 1620, on connaît aujourd'hui moins d'une cinquantaine d'œuvres de lui, dont un surprenant Flûtiste, datant de cette première décennie.

De tous les peintres de la Réalité, Linard paraît le plus ancien à avoir traité les thèmes des cinq sens et des quatre éléments.

Sa sœur épousa Claude Baudesson, et donna naissance au futur peintre de natures mortes Nicolas Baudesson.

Il est inhumé à Paris le 12 septembre 1645.

Généalogie[modifier | modifier le code]

Jehan Linard, père de Jacques était un peintre français, actif à Troyes à la fin du XVIe siècle. Son épouse (la mère de Jacques) se nomme Anne Thays. On ne connaît aucune œuvre de Jehan Linard. Dans l'acte de baptême [1]de son fils Jacques, Jehan Linard est qualifié de maître peintre.

Albert Babeau dans son ouvrage[2]sur le peintre verrier Linard Gontier cite Jehan Linard et ses quelques travaux mineurs accomplis pour des églises troyennes.

Jacques Linard, marié avec Marguerite Trehoire eut trois fils morts en bas-âge et une fille, Marguerite, mariée dans une famille de robe, avec Jean-Joseph Nau de Maisonrouge, dont postérité.

Œuvres conservées dans les Musées et Collections publiques[modifier | modifier le code]

Les n° sont ceux du catalogue raisonné cité plus bas.

Liste des œuvres répertoriées[modifier | modifier le code]

Tableaux signés et datés

  • 1. Flûtiste (162 ?), Collection privée.
  • 2. Coquillage rouge posé sur une boîte et autres coquillages (1621/4), Collection privée, Hawaï.
  • 3. Allégorie des cinq sens ou Les quatre éléments (1627), Paris, Musée du Louvre.
  • 4. Prunes et poires sur un plat (1629), huile sur bois, 42 × 56 cm, Pinacothèque nationale d'Athènes[5]
  • 5. Nature morte aux livres (1629), Localisation actuelle inconnue.
  • 6. Nature morte aux coquillages (1629), Localisation actuelle inconnue.
  • 7. Abricots aux papillons de nuit (1631), Localisation actuelle inconnue.
  • 8. Coupe de pêches (1634), Localisation actuelle inconnue.
  • 9. Vanité au papillon (1634), Localisation actuelle inconnue.
  • 10. Panier de prunes, avec un melon coupé à gauche (1635) Snowshill Manor, The Charles Paget Wade Collection (The National Trust), Grande-Bretagne.
  • 11. Fruits dans un panier en osier ajouré, avec un melon coupé (1636), Localisation actuelle inconnue.
  • 12. Corbeille de raisins, pêches et grenades (1636), Localisation actuelle inconnue.
  • 13. Nature morte aux coquillages et au livre (1638), Localisation actuelle inconnue.
  • 14. Allégorie des cinq sens, à la lettre (1638), Localisation actuelle inconnue.
  • 15. Panier de prunes (1638), Localisation actuelle inconnue.
  • 16. Allégorie des cinq sens, au paysage (1638), Strasbourg, Musée des Beaux-Arts.
  • 17. Les Coquillages et un coffret (1638) Zurich, Kunsthaus.
  • 18. Panier de fruits et roses (1638), Localisation actuelle inconnue.
  • 19. Panier de fruits et raisins, au melon coupé (1638), Localisation actuelle inconnue.
  • 20. Tulipes (1638), Strasbourg, Musée des Beaux-Arts.
  • 21. Allégorie des cinq sens, au portrait (1639), Localisation actuelle inconnue.
  • 22. Bouquet de fleurs, avec la coupe au poète (1640), Madrid, Fondacion Thyssen-Bornemisza.
  • 23. Nature morte aux coquillages et à la boîte (1640), Montréal, Musée des Beaux-Arts.
  • 24. Nature morte aux tulipes dans un vase orné d’un médaillon (1640), Localisation actuelle inconnue.
  • 25. Nature morte à la boîte de copeaux et aux coquillages (1640), Localisation actuelle inconnue.
  • 26. Fleurs dans un vase d’orfèvrerie, melon et figues (1640), Localisation actuelle inconnue.
  • 27. Les Cinq sens aux deux oiseaux, avec des huîtres posées sur l’entablement (1642), Localisation actuelle inconnue.
  • 28. Panier de fruits au melon (1642), Localisation actuelle inconnue.
  • 29. Panier de fruits, avec un melon à droite (1642), Barnard Castle, The Bowes Museum, Comté de Durham, Royaume-Uni.
  • 30. Vanité à la bougie (1644), Fondation Gustav Rau.

Tableaux signés

  • 31. Huîtres au citron, Localisation actuelle inconnue.
  • 32. Corbeille de fleurs, Paris, Musée du Louvre.
  • 33. Coupe de prunes avec une figue coupée en deux, Localisation actuelle inconnue.
  • 34. Les Primevères, Localisation actuelle inconnue.
  • 35. Vase de fleurs sur la boîte de copeaux, Karlsruhe, Staatliche Kunsthalle.
  • 36. Les Cinq sens aux oiseaux, avec des huîtres posées sur un plat, Indianapolis, Indianapolis Museum of Art.
  • 37. Panier rempli de grenades, de pommes et de raisins, Paris, Musée du Louvre.
  • 38. Vase de fleurs, homard, poisson et huîtres, Localisation actuelle inconnue.
  • 39. Nature morte de légumes et de fruits, Localisation actuelle inconnue.

Tableaux ni signés, ni datés

  • 40. Roses et tulipes dans un vase posé sur la boîte de copeaux, Localisation actuelle inconnue.
  • 41. Assiette de cerises et fraises avec deux fraises, deux mûres, un hanneton et un papillon, Localisation actuelle inconnue.
  • 42. Les Cinq sens aux fleurs, Pasadena, Norton Simon Museum.
  • 43. Fragment d’un panneau coupé, Localisation actuelle inconnue.
  • 44. Vanité à l’œillet, Madrid, Musée du Prado.
  • 45. Coquillages et deux coraux, Paris, Institut Néerlandais, Fondation Custodia.
  • 46. Assiette en porcelaine, remplie de fraises, Localisation actuelle inconnue.
  • 47. Nature morte au panier de prunes et aux chardonnerets, Dresde, Staatliche Kunstsammlungen, Gemäldegalerie, Alte Meister.
  • 48. Corbeille de raisins aux oiseaux, Localisation actuelle inconnue.

Actualisation du catalogue raisonné[modifier | modifier le code]

Bouquet de fleurs dans un vase en céladon sur un entablement.
  • Le 4 Prunes et poires sur un plat (1629), Pinacothèque nationale d'Athènes et le no 32 Corbeille de fleurs, Paris, Musée du Louvre furent exposés à la rétrospective de l'exposition de 1934 (Janvier-mars 2007) au musée de l'Orangerie, Paris, Orangerie 1934: Les Peintres de la Réalité no 83 et 84 du catalogue.
  • Le no 12 Corbeille de raisins, pêches et grenades (1636), est passé en vente aux enchères chez Sotheby's New York le 25 janvier 2007, no 93, estimé 200 000 $/3 000 000 $, il n'a pas trouvé preneur.
  • Le no 26bis (inédit) Bouquet de fleurs dans un vase en céladon sur un entablement, daté en bas à droite 1641, 26,7 cm.; Largeur 34,5 cm. Paris, collection particulière.
  • Le no 27 est passé en vente le 20 juillet 2006, à Clermont-Ferrand, étude Vassy-Jalenques.
  • Le no 33 a été vendu à un collectionneur belge par la galerie Haboldt en 2006[6] Ce collectionneur belge est Louis Grandchamp des Raux, sa vente, Paris (Sotheby's-Artcurial) 26 mars 2015, n° 5.
  • Le no 49 (inédit) Nature morte aux prunes, collection particulière, Paris, très proche du no 10.

La Coupe au poète[modifier | modifier le code]

Détail du tableau de 1627 du Louvre montrant la coupe au poète.

À trois reprises, no 3, no 16 et no 22, Linard a représenté un bol en porcelaine sur lequel est représentée en caractères chinois[7] une version abrégée du poème : L’Ode à la falaise Rouge du poète chinois de la dynastie Song Su Shi (1037 - 1101).

« Pourtant, répartis-je, connais-tu l’eau et la lune ?
L’onde ne cesse de passer mais jamais ne s’en va ;
La lune croît et décroît sans être entamé.
Sous l’angle du changement, le ciel et la terre n’existent pas même le temps d’un battement de cils ;
sous l’angle de la permanence, les choses, tout comme nous, sont infinies.
Qu’avons-nous à leur envier ?
En outre, dans la nature, tout ce qui existe a un maître,
si ce n’est pas mon bien, je ne saurais en prélever la moindre parcelle.
Seules la brise limpide sur le fleuve et la lune étincelante entre les monts s’offrent à nos sens,
spectacle pour les yeux et musique pour nos oreilles.
Nous en jouissons sans limites, en profitons sans fin.
C’est un trésor que la création n’aura pu totalement dissimuler et qui alimente notre bonheur commun.»

Ce poème inspiré d'une excursion sur le fleuve Yangsté est une référence classique de la littérature chinoise.

Référence Bibliographique[modifier | modifier le code]

  • Mickaël Szanto, « Pour Jacques Linard, peintre de natures mortes (Troyes,1597 - Paris, 1645) », Bulletin de la Société de l'Histoire de l'Art français, 2001, pages 25-61, 2002.
  • Philippe Nusbaumer, Jacques Linard 1597-1645, Catalogue de l'œuvre peint, Abbeville, 2006.

Notes[modifier | modifier le code]

  1. Registre baptistaire de la paroisse Saint-Rémy pour l'année 1597 folio 60 conservé à la médiathèque de l'agglomération troyenne.
  2. Albert Babeau, Linard Gonthier et ses fils, Troyes, 1888, page 8.
  3. titre du catalogue raisonné
  4. titre donné par le musée de Montréal
  5. Valérie Bougault, « Les Peintres de la réalité : l’œil de Pierre Georgel », Connaissance des Arts, no 644,‎ , p. 78
  6. Cf. Singular vision, Haboldt, Paris 2012, p. 131, reproduit.
  7. La date de la première représentation de porcelaine chinoise dans l'art occidental pourrait être 1514, date de création du tableau de Giovanni Bellini Le Festin des Dieux.

Liens externes[modifier | modifier le code]

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