Jacques Léon Clément-Thomas

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Jacques Léon Clément-Thomas
Jacques Léon Clément-Thomas
Jacques Léon Clément-Thomas

Naissance 1809
Libourne
Décès (à 62 ans)
Paris
Allégeance Gouvernement de la Défense nationale
Grade Général[1]
Conflits Journées de Juin (1848)
Commune de Paris (1871)
Faits d'armes fusillé lors du soulèvement du 18 mars 1871

Jacques Léon Clément-Thomas, né en 1809 à Libourne (Gironde) et fusillé le à Paris, républicain de la vieille roche, est un des premiers morts de la Commune de Paris[1].

Éléments biographiques[modifier | modifier le code]

Jacques Léon Clément-Thomas entre dans l'armée, comme volontaire, à l'âge de vingt ans[1]. Sous-officier (cuirassier) de tendances républicaines, il est compromis dans plusieurs complots (dont celui de Lunéville) pendant la Monarchie de Juillet. Arrêté en 1835, il parvient à s'enfuir de la prison parisienne de Sainte-Pélagie.

Les généraux Lecomte et Clément-Thomas devant le peloton d'exécution. (montage de 1908)

Exilé en Angleterre, il rentre en France après l'amnistie de 1837. Il collabore alors au journal Le National. Favorable à la Deuxième République. Il est élu député de la Gironde à l'Assemblée constituante (1848). Il commande la Garde nationale de la Seine qui réprime durement les ouvriers révoltés des Ateliers nationaux lors du soulèvement de juin 1848. Il échoue à devenir député de l'Assemblée législative de 1849. Il s'oppose au Coup d'État du 2 décembre 1851 de Louis-Napoléon Bonaparte et tente vainement de soulever la Gironde. Pendant le Second Empire, il s'exile en Belgique puis au Luxembourg.

Il revient à Paris après la proclamation de la République le 4 septembre 1870. Le gouvernement de la Défense nationale le nomme commandant en chef de la Garde nationale de la Seine pendant le siège de Paris. Il participe à la désastreuse « sortie de Buzenval » du 20 janvier 1871. Il démissionne le 14 février. Pendant le soulèvement du 18 mars 1871, habillé en civil, il repère les plans des barricades de Montmartre[2]. Reconnu, il est arrêté par la foule, jeté sur le cadavre du général Lecomte, qui avait été lynché quelques minutes plus tôt, et massacré à son tour. Leurs corps restent exposés sur place pendant deux jours rue des Rosiers (actuelle rue du Chevalier-de-la-Barre).

La légende qui représente les généraux Lecomte et Thomas fusillés « dans les règles » par un peloton d’exécution est une fabrication médiatique : elle repose sur une image mise en scène par le photographe Eugène Appert, réalisée plus tard. Une légende tenace, qui jusqu'à aujourd'hui se reproduit automatiquement. On trouve même une pièce de théâtre militante (La Commune, drame historique de 1908), qui met en scène un pseudo-procès des deux généraux républicains avant leur exécution.

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. a, b et c L'Illustration européenne, première année, no 21, Bruxelles, 8 avril 1871, p.168
  2. Louis-Jules Trochu, Œuvre posthume, vol. 1, p. 53

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Sources[modifier | modifier le code]

Sur les autres projets Wikimedia :

  • « Jacques Léon Clément-Thomas », dans Robert et Cougny, Dictionnaire des parlementaires français, [détail de l’édition]
  • Bernard Noël, Dictionnaire de la Commune, Flammarion, collection Champs, 1978.
  • Récit de l'exécution des Généraux Lecomte et Clément-Thomas par Alphonse Daudet dans Le jardin de la rue des rosiers - Souvenirs d'un homme de lettres [1]