Jacques Kébadian

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Jacques Kébadian
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Jacques Kébadian est un réalisateur français, né le à Paris.

Biographie[modifier | modifier le code]

Après ses études à l'IDHEC, Jacques Kébadian entre dans le cinéma en tant qu'assistant réalisateur sur trois films de Robert Bresson : Au hasard Balthazar (1966), Mouchette (1967), Une femme douce (1969). Dans Une femme douce, il tient le rôle d'un séducteur.

En 1967, il réalise son premier film de fiction, Trotsky, avec Patrice Chéreau (dans le rôle de Trostky), Marcel Maréchal, Marcel Bozonnet, François Lafarge, Françoise Renberg, Guy Hocquenghem, Joani Hocquenghem, Pierre-William Glenn, Michel Andrieu.

En 1968, Kébadian participe à la création des États généraux du cinéma et filme les grèves ouvrières. Il confonde le collectif militant ARC, qui réalise Le Droit à la parole, Joli mois de mai, Comité d'action 13. Jean-Luc Godard intègre certaines des images filmées par l'ARC à Un film comme les autres (1968). Soucieux d'efficacité révolutionnaire, Kébadian embauche comme ouvrier à l'usine de peinture Valentine et y dénonce les conditions de travail : intoxication par vapeurs de soude, maladies mortelles, polices patronales. Son action militante lui vaut un procès et 2 mois de prison avec sursis.

Tout au long de son œuvre, Kébadian rend compte des combats menés par les opprimés : lutte des sans-papiers dans D’une brousse à l’autre (1997), lutte des Indiens zapatistes dans La Fragile Armada (2003).

Ses origines arméniennes le déterminent à consacrer de nombreux films au génocide et à la diaspora arméniens, ainsi qu'une monumentale installation, Mémoires arméniennes, pour célébrer le centenaire du génocide de 1915. En 1982, il crée l’Association audiovisuelle arménienne et organise le festival du cinéma arménien au Studio 43 (Paris), qui connaît quatre éditions entre 1984 et 1989.

Cinéaste au long cours, Jacques Kébadian se consacre aussi à suivre le travail de nombreux artistes dans plusieurs disciplines, littérature, sculpture, architecture, peinture, danse, scénographie..., et notamment Jean-Robert Ipoustéguy, Pierre Guyotat, François Marie Anthonioz, Patrick Bouchain, André Acquart. Il réalise des portraits singuliers et historiques du compositeur expérimental Michel Chion (1972) et du cinéaste Sergueï Paradjanov, filmé à sa sortie de prison en 1983 dans sa maison d'Erevan, avec Serge Avedikian.

Le travail de Kébadian bâtit une galerie de portraits de femmes révoltées pour de justes causes : Albertine, jeune fille libertaire interprétée par la future réalisatrice Franssou Prenant dans Albertine ou Les souvenirs parfumés de Marie-Rose (1972), les résistantes Germaine Tillion et Geneviève de Gaulle, filmées dans Germaine Tillion (1974), puis toutes deux avec le comité de soutien des sans-papiers dans D'une brousse à l'autre, puis dans un double portrait (2000) qui anticipe de façon visionnaire sur l'entrée simultanée de celles-ci au Panthéon le . Il filme également les femmes de sa propre famille.

En 1985, Gérard Courant l'intègre à son anthologie cinématographique Cinématon ; il est le numéro 614 de la collection. En 1989, Philippe Garrel lui confie un rôle dans son film Les Baisers de secours.

Famille[modifier | modifier le code]

Jacques Kébadian est le père de l'artiste et réalisateur Itvan Kébadian[1].

Filmographie sélective[modifier | modifier le code]

Assistant réalisateur[modifier | modifier le code]

Avec le collectif ARC[modifier | modifier le code]

Réalisateur[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]