Jacques Hogard (colonel)

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Jacques Hogard
Jacques Hogard et Louis de Bourbon (détail).jpg
Le colonel Hogard à La Manif pour tous, le 19 janvier 2020.
Biographie
Naissance
Nationalité
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Activité
MilitaireVoir et modifier les données sur Wikidata
Famille
Père
Mère
Christiane Bénouville (d)Voir et modifier les données sur Wikidata
Autres informations
Arme
Grade militaire
Conflit
Grade
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Jacques Hogard, né le à Saint-Mandé, est un officier supérieur français, ancien parachutiste de la Légion étrangère.

Famille[modifier | modifier le code]

Issu d'une famille lorraine, il est le fils du général Jacques Hogard, officier d'infanterie de marine, combattant de la Seconde Guerre mondiale et des guerres d'Indochine et d'Algérie, lui-même fils du général Émile-Louis Hogard (1894-1990), officier de l'armée d'Afrique, proche collaborateur du maréchal Lyautey au Maroc et commandant les Goumiers marocains (1944-45). Il est aussi le neveu du général Pierre de Bénouville, héros de la Résistance et Compagnon de la Libération[1]. Son frère, le général d'armée Jean-François Hogard, a été directeur de la DRSD entre 2014 et 2018[2],[3]. Parmi ses cousins, on trouve également le général d'armée Bruno Cuche et l'homme politique François Guillaume.

Biographie[modifier | modifier le code]

Il effectue sa formation d'officier à l'École militaire interarmes (promotion Général Laurier, 1978-79), puis, ayant choisi l'infanterie, rejoint la Légion étrangère, où il sert comme lieutenant puis comme capitaine, notamment au 2e régiment étranger de parachutistes dont il commande la 3e compagnie (1986/1988), puis sera promu par la suite colonel[1]. Il participe à plusieurs missions extérieures dans les années 1980 et 1990, en Afrique notamment.

En 1992, chef de bataillon, il est nommé au bureau opérations de l'état-major des troupes françaises stationnées à Djibouti. Il dirige le « bureau opérations » de l'opération Oryx en Somalie (1992-1993), de l'opération Iskoutir en République de Djibouti, de l'opération Diapason au Yémen[1]. Nommé lieutenant-colonel en 1993 à l'âge de 37 ans, il est commandant du groupement de Légion Étrangère lors de l'opération Turquoise au Rwanda, en 1994[4].

À ce titre, il est membre fondateur de l'association France-Turquoise (https://www.france-turquoise.fr), dont la raison d'être est la défense de la vérité sur l'action de la France au Rwanda à la suite des allégations concernant cette dernière. Il écrira plus tard en 2005 son témoignage sur sa participation à l'opération Turquoise, Les larmes de l'honneur, 60 jours dans la tourmente du Rwanda paru aux éditions Hugo. Il soutient que le principal responsable de l'attentat du 6 avril 1994 au Rwanda au cours duquel sont morts Juvénal Habyarimana et Cyprien Ntaryamira est Paul Kagame et accuse Madeleine Albright d'avoir retardé l'envoi d'une force internationale pour mettre fin aux massacres[5]. Sur cette dernière, il n'hésite pas à dire qu'« elle a deux chouchous, Paul Kagame et Hashim Thaci, qu'elle a largement aidé dans les deux cas à établir leur emprise d'une main de fer sur le Rwanda pour l'un et sur le Kosovo pour l'autre. » Après le Rwanda, Il rejoint l'état-major de la Légion étrangère, puis celui de l'armée de terre française et enfin le commandement des opérations spéciales (COS). Il commande le groupement interarmées des forces spéciales qui ouvre la voie à la Brigade Leclerc en Macédoine, puis au Kosovo, en 1999 lors de la guerre du Kosovo[1]. Sa décision de porter secours aux communautés monastiques en danger et de protéger les monastères orthodoxes, notamment celui de Devič victime en des pires exactions de la part des rebelles albanais de l'UCK, lui vaudra la remise de la plus haute distinction de l'Église serbe orthodoxe, l'ordre de Saint Sava. Revenant sur ces événements dans son ouvrage L'Europe est morte à Pristina (2014), il dénonce la politique occidentale et en particulier française qui aura pour conséquence « la victoire de fait de l'UCK, organisation caractérisée par son triple visage mafieux, islamiste et terroriste et (la) prise de contrôle par la terreur, l'épuration ethnique et culturelle d'une terre chrétienne, à haute valeur spirituelle et identitaire pour les Serbes[6]. », préfiguration de ce qui pourrait survenir sur le sol français dans un avenir proche. Le , il reçoit à Belgrade le Prix "Ivo Andric" de l'Académie pour cet ouvrage traduit et édité en serbe (Voir : Žak Ogar : "Evropa je skončala u Prištini") et en italien ("l'Europa è morta a Pristina").

Le colonel Hogard prend sa retraite anticipée en 2000. Il fonde[4] et dirige depuis EPEE, une entreprise spécialisée en intelligence stratégique et en diplomatie d'entreprises à l'international (www.epee.fr), ainsi qu'une société de conseil et d'ingénierie de sûreté à l'international (ESEI, www.esei.fr). Jacques Hogard est diplômé du CPA (Centre de Perfectionnement aux Affaires), Executive MBA d'HEC[4].

Le , avec un certain nombre d'autres anciens officiers de l'armée française ayant servi au Rwanda entre 1990 et 1994, il est distingué par un décret du Président de la République et promu au grade d'officier de la Légion d'honneur[7]. Le , il est décoré à Belgrade des mains du Président de la République de Serbie, Tomislav Nikolic, de l'ordre de "Milos Obilic" (médaille d'or du courage et de l'héroïsme) pour son action au Kosovo en 1999.

Membre du "Club des Meilleurs" depuis 2007, il en devient le président en 2020[réf. nécessaire]. Le colonel Jacques Hogard est par ailleurs président du "Club des chefs de section parachutistes au feu" à la tête duquel il a succédé en 2016 au général Jean-Claude Thomann[8].

En 2018, il devient président de l'association AME-France, Association des Militaires Entrepreneurs, créée par un groupe d'anciens militaires devenus entrepreneurs[9].

Le , il reçoit à Belgrade le Prix "Braca Karic" en tant que "lauréat pour la paix, la coopération et l'amitié entre les peuples, pour son courage exceptionnel, sa charité vis-à-vis du peuple serbe et le renforcement de l'amitié franco-serbe séculaire".

Décorations[modifier | modifier le code]

Publications[modifier | modifier le code]

  • Les larmes de l'Honneur : 60 jours dans la tourmente du Rwanda, Hugo et Compagnie, 2005 (rééd. 2016).
  • « Désinformation : le cas rwandais » dans Cahiers du CESAT, n° 13, .
  • « À propos du Rwanda, des Grands Lacs et de la politique française en Afrique » dans Diplomatie, n° 37 (mars-).
  • « La Russie, ce marché qui vous tend la main ! » dans Constructif, n° 32, .
  • L'Europe est morte à Pristina - Guerre au Kosovo (printemps-été 1999), Hugo et Compagnie, 2014.

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. a b c et d http://reveil-fm.com/index.php/2011/09/18/1737-le-colonel-francais-jacques-hogard-s-insurge-contre-la-visite-de-paul-kagme-a-paris
  2. « Renseignement et sécurité de la Défense : 3 questions au général Hogard », sur Ministère de la Défense, (consulté le 7 juillet 2018)
  3. « Le colonel français Jacques Hogard s'insurge contre la visite de Paul Kagamé à Paris », Réveil FM International- radio associative de Kinshasa,‎ (lire en ligne)
  4. a b et c http://www.epee.fr/organisation/les-dirigeants-et-lactionnariat/
  5. « Génocide rwandais : pourquoi le vrai coupable n'est pas la France, mais Kagame », Jacques Hogard, lefigaro.fr, 8 avril 2014.
  6. Jacques Hogard, L'Europe est morte à Pristina (page 93) 2014
  7. http://www.legifrance.gouv.fr/affichTexte.do?cidTexte=JORFTEXT000020605775
  8. « club des chefs de section para au feu - bulletin n°114 »,
  9. www.ame-france.com

Annexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]