Jacques Hogard (colonel)

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Jacques Hogard
Jacques Hogard (colonel)

Naissance 1955
Origine Drapeau de la France France
Arme Légion étrangère
Grade Colonel
Années de service 1974-2000
Commandement Groupement interarmées des forces spéciales
Conflits Tchad
Djibouti
Somalie
Rwanda
Kosovo
Faits d'armes Opération Turquoise Opération Oryx Opération Trident
Distinctions Officier de la Légion d'honneur
Officier de l'ordre national du Mérite
Croix de guerre des Théâtres d'opérations extérieurs
Croix de la Valeur militaire
Officier pro Merito Melitensi de l'Ordre souverain militaire de Malte
Autres fonctions Président directeur général d'E.P.E.E et président du conseil de surveillance d'E.S.E.I.
Famille Hogard

Jacques Hogard (né le à Saint-Mandé - Seine) est un colonel, ancien officier parachutiste de la Légion étrangère[1], de nationalité française.

Biographie[modifier | modifier le code]

Issu d'une vieille famille lorraine, il est le fils du général Jacques Hogard, officier d'infanterie de marine, combattant de la Seconde Guerre mondiale et des guerres d'Indochine et d'Algérie, et le neveu du général Pierre de Bénouville, héros de la Résistance et Compagnon de la Libération[2]. Son frère, le général d'armée Jean-François Hogard, a été directeur de la DRSD entre 2014 et 2018[3],[4].

Il effectue sa formation d'officier à l'École militaire interarmes (promotion Général Laurier, 1978-79), puis, ayant choisi l'infanterie, rejoint la Légion étrangère, où il sert comme lieutenant puis comme capitaine, notamment au 2e régiment étranger de parachutistes dont il commande la 3e compagnie (1986/1988), puis sera promu par la suite colonel[2]. Il participe à plusieurs missions extérieures dans les années 1980 et 1990, en Afrique notamment.

En 1992, chef de bataillon, il est nommé au bureau opérations de l'état-major des troupes françaises stationnées à Djibouti. Il dirige le « bureau opérations » de l'opération Oryx en Somalie (1992-1993), de l'opération Iskoutir en République de Djibouti, de l'opération Diapason au Yémen[2]. Nommé lieutenant-colonel en 1993 à l'âge de 37 ans, il est commandant du groupement de Légion Étrangère lors de l'opération Turquoise au Rwanda, en 1994[1].

À ce titre, il est membre fondateur de l'association France-Turquoise, dont la raison d'être est la défense de la vérité sur l'action de la France au Rwanda suite aux allégations concernant celles-ci durant le génocide au Rwanda[5]". Il écrira plus tard en 2005 son témoignage sur sa participation à l'opération Turquoise, Les larmes de l'honneur, 60 jours dans la tourmente du Rwanda paru aux éditions Hugo. Il soutient que le principal responsable de l'attentat du 6 avril 1994 au Rwanda au cours duquel sont morts Juvénal Habyarimana et Cyprien Ntaryamira est Paul Kagame et accuse Madeleine Albright d'avoir retardé l'envoi d'une force internationale pour mettre fin aux massacres[6]. Sur cette dernière, il n'hésite pas à dire qu'« elle a deux chouchous, Paul Kagame et Hashim Thaci, qu'elle a largement aidé dans les deux cas à établir leur emprise d'une main de fer sur le Rwanda pour l'un et sur le Kosovo pour l'autre. » Après le Rwanda, Il rejoint l'état-major de la Légion étrangère, puis celui de l'armée de terre française et enfin le commandement des opérations spéciales (COS). Il commande le groupement interarmées des forces spéciales qui ouvre la voie à la Brigade Leclerc en Macédoine, puis au Kosovo, en 1999 lors de la guerre du Kosovo[2]. Sa décision de porter secours aux communautés monastiques en danger et de protéger les monastères orthodoxes, notamment celui de Devič victime en juin 1999 des pires exactions de la part des rebelles albanais de l'UCK, lui vaudra la remise de la plus haute distinction de l'Église serbe orthodoxe, l'ordre de Saint Sava. Revenant sur ces événements dans son ouvrage L'Europe est morte à Pristina (2014), il dénonce la politique occidentale et en particulier française qui aura pour conséquence « la victoire de fait de l'UCK, organisation caractérisée par son triple visage mafieux, islamiste et terroriste et (la) prise de contrôle par la terreur, l'épuration ethnique et culturelle d'une terre chrétienne, à haute valeur spirituelle et identitaire pour les Serbes[7]. », préfiguration de ce qui pourrait survenir sur le sol français dans un avenir proche. Le 10 décembre 2014, il reçoit à Belgrade le Prix "Ivo Andric" de l'Académie pour cet ouvrage traduit et édité en serbe (Voir : Žak Ogar : "Evropa je skončala u Prištini") et en italien ("l'Europa è morta a Pristina").

Le colonel Hogard prend sa retraite anticipée en 2000. Il fonde[1] et dirige depuis EPEE, une entreprise spécialisée en intelligence stratégique et en diplomatie d'entreprises à l'international (www.epee.fr), ainsi qu'une société de conseil et d'ingénierie de sûreté à l'international (ESEI, www.esei.fr). Jacques Hogard est diplômé du CPA (Centre de Perfectionnement aux Affaires), Executive MBA d'HEC[1].

Le 13 mai 2009, avec un certain nombre d'autres anciens officiers de l'armée française ayant servi au Rwanda entre 1990 et 1994, il est distingué par un décret du Président de la République et promu au grade d'officier de la Légion d'honneur[8]. Le 22 mars 2017, il est décoré à Belgrade des mains du Président de la République de Serbie, Tomislav Nikolic, de l'ordre de "Milos Obilic" (médaille d'or du courage et de l'héroïsme) pour son action au Kosovo en 1999.

Membre du "Club des Meilleurs", le colonel Jacques Hogard est aussi l'actuel président du "Club des chefs de section parachutistes au feu" à la tête duquel il a succédé en 2016 au général Jean-Claude Thomann.

En 2018, il devient président de l'association AME-France, Association des Militaires Entrepreneurs, créée par un groupe d'anciens militaires devenus entrepreneurs[9].

Décorations[modifier | modifier le code]

Legion Honneur Officier ribbon.svg Ordre national du Merite Officier ribbon.svg Croix de Guerre des Theatres d'Operations Exterieurs ribbon.svg
Croix de la Valeur Militaire ribbon.svg

Intitulés[modifier | modifier le code]

Famille[modifier | modifier le code]

  • Son grand-père : le général de Brigade Emile-Louis Hogard (1894-1990), officier de l'armée d'Afrique, proche collaborateur du Maréchal Lyautey au Maroc, commandant les Goumiers marocains (1944-45)
  • Son père : le général de Brigade Jacques Hogard
  • Son frère : le général d'armée Jean-François Hogard, chef de corps du 3e RPIMa (2002-04)), commandant de la 9e brigade légère blindée d'infanterie de Marine (basée à Poitiers), conseiller Afrique du ministre de la Défense (2007-2009), commandant de la force Licorne en Côte d'Ivoire en 2009 et de la brigade La Fayette en Afghanistan (2010-2011), commandant supérieur des forces françaises du Sud de l'Océan Indien (FAZSOI) de 2011 à 2014. Il dirige la Direction du renseignement et de la sécurité de la Défense de 2016 à 2018 avant d'être nommé inspecteur général des armées, à compter du 1er septembre 2018 et élevé aux rang et appellation de général d’armée[10].
  • Son oncle : le général Pierre de Bénouville, héros de la Résistance et compagnon de la Libération, ancien député d'Ille-et-Vilaine et ancien député de Paris.
  • Son cousin : le général d'armée Bruno Cuche.
  • Son cousin : François Guillaume, ancien ministre, ancien président de la FNSEA, ancien député de Meurthe-et-Moselle, conseiller régional de Lorraine.

Publications[modifier | modifier le code]

  • Les larmes de l'Honneur : 60 jours dans la tourmente du Rwanda, Jacques Hogard, Hugo et Compagnie, 2005, (ISBN 2-7556-0054-3) - Nouvelle édition, actualisée et augmentée en 2016
  • Désinformation : le cas rwandais in Cahiers du CESAT (Collège d'Enseignement Supérieur de l'Armée de terre), n°13, septembre 2008
  • À propos du Rwanda, des Grands Lacs et de la politique française en Afrique in Revue Diplomatie, numéro 37 (mars-avril 2009), voir www.areion.fr
  • La Russie, ce marché qui vous tend la main ! in Revue Constructif, publication trimestrielle de la Fédération Française du Bâtiment, numéro 32 (Juin 2012).
  • L'Europe est morte à Pristina, Guerre au Kosovo (Printemps-Été 1999), Hugo et Compagnie, 2014, (ISBN 9-7827-5561-4961)
  • L'OTAN, une organisation obsolète et dangereuse (intervention au Colloque "l'Europe contre l'Occident", Maison de la Chimie, 1er avril 2017)

Références[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. a, b, c et d http://www.epee.fr/organisation/les-dirigeants-et-lactionnariat/
  2. a, b, c et d http://reveil-fm.com/index.php/2011/09/18/1737-le-colonel-francais-jacques-hogard-s-insurge-contre-la-visite-de-paul-kagme-a-paris
  3. « Renseignement et sécurité de la Défense : 3 questions au général Hogard », sur Ministère de la Défense, (consulté le 7 juillet 2018)
  4. « Le colonel français Jacques Hogard s'insurge contre la visite de Paul Kagamé à Paris », Réveil FM International- radio associative de Kinshasa,‎ (lire en ligne)
  5. http://www.france-turquoise.fr/index.php?option=com_content&task=blogsection&id=7&Itemid=29
  6. « Génocide rwandais : pourquoi le vrai coupable n'est pas la France, mais Kagame », Jacques Hogard, lefigaro.fr, 8 avril 2014.
  7. Jacques Hogard, L'Europe est morte à Pristina (page 93) 2014
  8. http://www.legifrance.gouv.fr/affichTexte.do?cidTexte=JORFTEXT000020605775
  9. www.ame-france.com
  10. conseil des ministres du 27/06/2018