Jacques Glénat

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Jacques Glénat (né le à Grenoble), parfois appelé Jacques Glénat-Guttin, est un éditeur français, fondateur de la maison d'édition du même nom. Il est particulièrement connu pour son travail dans la bande dessinée.

Biographie[modifier | modifier le code]

Petit-fils de commerçants dauphinois, il est le fils adoptif de M. Guttin, un médecin du travail[1]. Jacques Glénat insiste souvent sur l'apport de sa grand-mère dans sa passion pour la bande dessinée, expliquant qu'elle l'abonne à Spirou à 12 ans et rappelant régulièrement son aide dans le montage de ses premiers fanzines[2].

Il est assez tôt membre de plusieurs clubs de bande dessinée, et admire notamment le fanzine Ran Tan Plan[3], édité par le Club des amis de la bande dessinée. L'influence de ce titre le pousse à créer Schtroumpf alors qu'il n'a que 16 ans, lançant l'image du jeune éditeur « en culottes courtes », mot-clé repris dans toute la communication officielle du groupe[4]. Le premier numéro est consacré à une histoire du fandom rédigée par Jacques Glénat-Guttin, grâce à ce fanzine il rencontre ceux qui seront ses bras droits pour accompagner sa carrière d'éditeur, notamment Numa Sadoul et Henri Filippini. Il entame par ailleurs des études qu'il n'achèvera pas et dont les matières changent selon les témoignages, entre pharmacie, médecine, anglais et architecture[5].

Outre son premier article il écrit dans Schtroumpf durant quelques numéros : une histoire du journal Risque-Tout, un article sur Little Nemo, des brèves, etc. Il va cependant rapidement cesser d'écrire des articles, se contentant de gérer l'édition et de participer ponctuellement aux entretiens. Il écrit toutefois un article d'écho dans le Robidule n°2 (1972, fanzine de Bernard Hislaire) puis devient chroniqueur d'actualité de la bande dessinée pour Charlie Mensuel de 1971 à 1974. Il y détaille les échos du fandom, s'attirant régulièrement des moquerie de Georges Wolinski, pourtant rédacteur en chef. Il est renvoyé du magazine dans des circonstances floues, selon lui à cause d'un entretien avec Goscinny publié dans Schtroumpf dans lequel le rédacteur en chef de Pilote attaquait Charlie[6]. Yves Frémion reprend sa chronique[7] et Jacques Glénat ne produira quasiment plus d'articles hormis dans l'Histoire de la Bande dessinée en France et en Belgique publiée en 1980 et pour quelques préfaces.

En 1972 il publie les premiers albums des éditions Glénat, obtenant un grand succès avec celui de Claude Serre. Récompensé par le prix du meilleurs éditeur français lors du Festival d'Angoulême 1974, il transforme sa maison d'édition en SARL au capital de 20000 francs, dont 6000 apportés par ses parents[8].

Les éditions Glénat rachètent de nombreuses maisons d'édition de bande dessinée mais aussi de vie pratique, notamment de beaux livres liés à la montagne et à la mer. En 2006, Jacques Glénat devient actionnaire à 18 % de TV8 Mont-Blanc[9], il créé par ailleurs la Fondation Glénat en septembre 2012 afin d'acquérir des œuvres d'art et de présenter des expositions dans le Couvent Sainte-Cécile de Grenoble, récemment réhabilité en siège-social[10].

En avril 2016 son nom ressort dans l'affaire des Panama Papers, prouvant qu'il a acheté la société Getway S.A., spécialisée dans l'achat d'art et possédant un compte domiciliée aux Seychelles, en 2009. Il l'utilise jusqu'en 2014 afin d'acheter et de placer des tableaux de maîtres et de l'ébénisterie ancienne[11]. Jacques Glénat dénonce un « amalgame scandaleux », expliquant que ses actions sont légales et que le compte a été déclaré puis clôturé, les œuvres concernées ayant été léguées par donation à ses enfants ou placées dans la fondation[12].

En avril 2018 le groupe ACME (groupe universitaire de recherche international sur la bande dessinée) tient une journée d'étude sur Jacques Glénat et son impact à l'Université de Liège. Il s'agit du premier travail universitaire collectif centré sur l'éditeur[13].

Ouvrages[modifier | modifier le code]

  • Histoire de la Bande dessinée en France et en Belgique, avec Thierry Martens, Henri Filippini et Numa Sadoul, Glénat, 1980.

Prix et distinctions[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

Décoration[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Henri Filippini : défenseur du patrimoine et des auteurs, entretien avec Thierry Groensteen, neuvième art 2.0, janvier 2017, consulté le 23 avril 2018.
  2. Jacques Glénat, PDG des éditions Glénat, a toujours une case d'avance, Capital, 22 octobre 2010, consulté le 23 avril 2018.
  3. Didier Pasamonik, Disparition d’André Leborgne, pionnier belge de la reconnaissance du 9e Art, actuabd, 8 mars 2012, consulté le 23 avril 2018.
  4. Voir par exemple l'entretien avec Numa Sadoul ou le livre de Paul Herman cités en bibliographie.
  5. « Bruno Frappat, "Schtroumpf patron" », Le Monde, 6 août 1979, consulté le 23 avril 2018
  6. Voir Paul Herman, biliographie, chapitre 1.
  7. « Yves Frémion : "un bénédictin athée" », entretien avec Thierry Groensteen, neuvième art 2.0, octobre 2016, consulté le 23 avril 2018.
  8. Voir « Citizen Glénat », bibliographie.
  9. La troisième vie de TV8 Mont-Blanc, Le Monde, 25 août 2006, consulté le 23 avril 2018.
  10. Didier Pasamonik, « Jacques Glénat : "Les éditions Glénat portent mon nom, tout comme mes diverses activités culturelles, ce qui prête parfois à confusion." »
  11. « "Panama papers" : comment de riches Français ont utilisé l’évasion fiscale pour dissimuler argent ou œuvres d’art », Le Monde, 06 avril 2016, consulté le 23 avril 2018.
  12. « Panama papers. “Un amalgame scandaleux” pour Jacques Glénat », France 3 Auvergne-Rhônes Alpes, 08 avril 2016, consulté le 23 avril 2018.
  13. « Journée d’étude sur Glénat », programme sur le site d'ACME, 6 avril 2018, consulté le 23 avril 2018.
  14. « Décret du 13 juillet 2018 portant promotion et nomination », sur legiondhonneur.fr (consulté le 14 juillet 2018).

Liens externes[modifier | modifier le code]