Jacques Gamelin

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Jacques Gamelin
Falguière-Gamelin.jpg
Portrait en bronze de Jacques Gamelin sculpté par Alexandre Falguière .
Naissance
Décès
Nationalité
Drapeau de la France France
Activité
Peintre

Jacques Gamelin est un peintre français né à Carcassonne le et mort dans la même ville le .

Biographie[modifier | modifier le code]

Fils d'un marchand de drap, il commence sa formation d'artiste à Toulouse auprès de Jean-Pierre Rivalz puis continue à Paris dans l'atelier de Jean-Baptiste Deshays De Colleville. En 1763 et 1764, il participe à des concours de peinture sans grand succès. Son protecteur, le baron de Puymaurin, l'encourage et l'envoie en Italie où il séjourne à Rome de 1765 à 1774 et rencontre de nombreux artistes.

Il trouve son style dans les scènes de batailles et gagne le 1er prix du modèle vivant de l’Académie Saint-Luc à Rome en 1771. Durant cette même année, il épouse Giulia Tridix dont il aura cinq enfants. En 1772, il réalise le plafond des galeries du palais Rondinini au Corso où l'on peut encore admirer une voûte peinte à la détrempe dans la grande gallerie (dans les 20 x 6 m), illustrant la chute de Phaéton. En 1773, il rentre à Toulouse au chevet de son père mourant. Il s'installe puis expose à Toulouse en 1774 plusieurs œuvres ramenées de Rome. Il débute de grands tableaux pour l’église de Montréal dans l'Aude en 1777 et pour l'abbaye de Fontfroide en 1779 (aujourd'hui conservés dans la chapelle de l'Hôtel-Dieu de Narbonne).

Il se consacre ensuite à la rédaction de son recueil d'ostéologie et de myologie mais cela est un échec. En 1780, Jacques Gamelin prend la direction de l'Académie de Montpellier où il fonde une école de dessin qui aura beaucoup de mal à survivre. En 1783, il s'installe à Narbonne après avoir abandonné son poste par découragement. Il peint tant bien que mal et produit de nombreuses œuvres notamment de camaïeux bleu et blanc. Lors de la Révolution française, il est commissaire et fait partie de la société populaire et républicaine des sans-culottes de Narbonne. Il joue un rôle important lors de la célébration des prises de Nice et Chambéry. Il sauve de nombreuses œuvres religieuses et propose à la ville de Narbonne de créer un musée mais le projet ne verra pas le jour. En 1795, la ville de Carcassonne crée une école centrale et Jacques Gamelin est nommé professeur le 9 juin 1796.

Il termine son œuvre inspiré par les grandes batailles de Bonaparte. Il meurt à Carcassonne le 22 octobre 1803 et est inhumé au cimetière Saint-Michel de Carcassonne

Œuvres[modifier | modifier le code]

Le musée de Perpignan possède plusieurs tableaux de Gamelin dont un Christ expirant. Le musée des Augustins de Toulouse possède plusieurs œuvres dont deux beaux et grands dessins au lavis ayant pour sujet : l'un Achille traînant le corps d'Hector autour des remparts de Troie ; l'autre Ulysse massacrant les prétendants de sa femme.

Son buste par Falguière est visible dans le hall d'entrée du musée des Beaux-Arts de Carcassonne qui lui consacre une salle et conserve l'une des plus importantes collection de ses œuvres.

Le musée d'art et d'histoire de Narbonne possède onze tableaux de sa main, ainsi qu'une soixantaine de dessins, issus de carnets de croquis ou encore préparatoires à des compositions (cycle de la vie de Saint Louis)[1].

Des œuvres sont aussi conservées dans divers monuments de la ville : cinq tableaux représentant l'Assomption de la Vierge, l'Apothéose de saint Joseph, Saint Charles Boromée distribuant le viatique dans les rues de Milan, Saint Augustin défendant le mystère de l'incarnation devant une réunion d'évêques et Jésus prêchant sur la montagne dans l'église Saint-Paul de Narbonne[2]. Huit tableaux monumentaux, initialement destinés à la chapelle des Pénitents bleus et au réfectoire de l'Abbaye de Fontfroide sont conservés dans la chapelle de l'Hôtel Dieu, ancienne chapelle des Pénitents blancs[3]. Enfin, un tableau représentant la Lapidation de saint Étienne se trouve dans la cathédrale de Narbonne[4].

Un tableau représentant la Lapidation de saint Étienne se trouve dans l'église de Pépieux[5]

Dans le chœur de l'église Saint-Paul de Puisserguier, deux de ses tableaux ont été restaurés en 2010 : il s'agit de Saint Paul sur le chemin de Damas et La guérison de saint Paul par Ananie[6].

Une rue situé à côté de l'église Saint-Vincent (qui accueille plusieurs de ses tableaux) dans la Bastide Saint-Louis de Carcassonne porte son nom.

L'embarquement de Saint Louis à Aigues Mortes, Musée d'art et d'histoire de Narbonne

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Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Jean Alboise, Honneurs funèbres rendus au peintre Jacques Gamelin (1803), in L'Artiste, 1899, tome 2, p. 56-76
  • Simone Mouton, "Jacques Gamelin 1738-1803", catalogue de l'exposition présentée au Musée Municipal de Carcassonne en 1938. Imprimerie Gabelle Carcassonne.
  • Joseph Hahn, Catalogue de l'exposition consacré à "Jacques Gamelin". Paris du 16 mai au 30 juin 1979.
  • Jérôme Montcouquiol et Guy Durbet, Le Temple décadaire de Perpignan, dans le catalogue de l’exposition "Jacques Réattu sous le signe de la Révolution", Vizille, musée de la Révolution française, 30 juin-2 octobre 2000, p. 99 à 120.
  • Jérôme Montcouquiol, "Les fresques de Jacques Gamelin de la chapelle de l’Immaculée-Conception à Perpignan.", in "La Peinture baroque en Méditerranée de Gênes à Majorque", sous la direction de Julien Lugand, Trabucayres éditions, 2010.
  • Jacques Gamelin, "Le nouveau recueil d'ostéologie et de Myologie", avec la collaboration de Jacques Lavallée (graveur sur métal) pour l'édition de 1779, imprimerie Desclassan[7]. Réédition enrichie suite à l'exposition présentée au Musée des Beaux-Arts de Carcassonne du 21 octobre 2017 au 20 janvier 2018.

Liens externes[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. « http://webmuseo.com/ws/musees-narbonne/app/collection »
  2. « Église Saint-Paul », notice no PM11000554, base Palissy, ministère français de la Culture
  3. « Base Palissy », sur Ministère de la culture et de la communication
  4. « Lapidation de saint Étienne », notice no PM11000413, base Palissy, ministère français de la Culture
  5. « Lapidation de saint Étienne », notice no PM11001238, base Palissy, ministère français de la Culture
  6. Hélène Palouzié, « Redécouverte de deux tableaux de Jacques Gamelin », Chantiers (revue de la Direction régionale des affaires culturelles du Languedoc-Roussillon), (ISSN 2256-6775), no 4 (2012) Lire en ligne - Chantiers no 4 p.6
  7. Nouveau recueil d'ostéologie et de myologie, dessiné d'après nature par Jacques Gamelin de Carcassonne, professeur de peinture, de l'Académie de Saint Luc de Rome. Pour l'utilité des sciences et des arts, divisé en deux parties. Dédié à M. le baron de Puymaurin, des académies royales des sciences, inscriptions, & belles-lettres de Toulouse & de Nîmes, & de la Société des arts de Montpellier, (lire en ligne)