Jacques Gamelin

Un article de Wikipédia, l'encyclopédie libre.
Sauter à la navigation Sauter à la recherche
Jacques Gamelin
Beaux-Arts de Carcassonne - Buste de Jacques Gamelin - Alexandre Falguiere.jpg
Portrait en bronze de Jacques Gamelin sculpté par Alexandre Falguière.
Naissance
Décès
Nationalité
Drapeau de la France France
Activité
Peintre

Jacques Gamelin est un peintre français né à Carcassonne le et mort dans la même ville le .

Biographie[modifier | modifier le code]

La tombe de Jacques Gamelin au cimetière Saint-Michel à Carcassonne.

Fils d'un marchand de drap, il commence sa formation d'artiste à Toulouse auprès de Jean-Pierre Rivalz puis continue à Paris dans l'atelier de Jean-Baptiste Deshays De Colleville. En 1763 et 1764, il participe à des concours de peinture sans grand succès. Son protecteur, le baron de Puymaurin, l'encourage et l'envoie en Italie où il séjourne à Rome de 1765 à 1774 et rencontre de nombreux artistes[1].

Il trouve son style dans les scènes de batailles et gagne le 1er prix du modèle vivant de l’Accademia di San Luca à Rome en 1771. Durant cette même année, il épouse Giulia Tridix dont il aura cinq enfants. En 1772, il réalise le plafond des galeries du palais Rondanini (it) au Corso où l'on peut encore admirer une voûte peinte à la détrempe dans la grande galerie (dans les 20 x 6 m), illustrant la chute de Phaéton. En 1773, il rentre à Toulouse, au chevet de son père mourant. Il s'installe puis expose à Toulouse en 1774 plusieurs œuvres ramenées de Rome. Il débute de grands tableaux pour la collégiale Saint-Vincent de Montréal dans l'Aude en 1777 et pour l'abbaye de Fontfroide en 1779 (aujourd'hui conservés dans la chapelle de l'Hôtel-Dieu de Narbonne).

Il se consacre ensuite à la rédaction de son recueil d'ostéologie et de myologie mais cela est un échec. En 1780, Jacques Gamelin prend la direction de l'Académie de Montpellier où il fonde une école de dessin qui aura beaucoup de mal à survivre. En 1783, il s'installe à Narbonne après avoir abandonné son poste par découragement. Il peint tant bien que mal et produit de nombreuses œuvres notamment de camaïeux bleu et blanc. Lors de la Révolution française, il est commissaire et fait partie de la société populaire et républicaine des sans-culottes de Narbonne. Il joue un rôle important lors de la célébration des prises de Nice et Chambéry. Il sauve de nombreuses œuvres religieuses et propose à la ville de Narbonne de créer un musée mais le projet ne verra pas le jour. En 1795, la ville de Carcassonne crée une école centrale et Jacques Gamelin est nommé professeur le .

Il termine son œuvre inspiré par les grandes batailles de Bonaparte. Il meurt à Carcassonne le et est inhumé au cimetière Saint-Michel de Carcassonne.

Il aurait eu pour élève Jacques Lavallée[2].

Œuvre[modifier | modifier le code]

  • France

Dans sa ville natale, son buste par Falguière est visible dans le hall d'entrée du musée des Beaux-Arts de Carcassonne qui, sous l'impulsion de Jean Alboize, lui consacre une salle à son nom et conserve l'une des plus importantes collection de ses œuvres[3] enrichie régulièrement de dons des associations des Amis de la ville et de la Cité[4] et de celle des Amis du musée. L'église Saint-Vincent abrite neuf tableaux dont quatre peints vers 1778, représentants L'invention de la Sainte-Croix. L'hôtel de Murat, siège de la Chambre de commerce et d'industrie de l'Aude à Carcassonne, conserve en dépôt du Musée des beaux-arts, L'allocution de Constantin à ses soldats[5]. Le trésor de la cathédrale Saint-Michel, expose plusieurs œuvres dont Moïse à la bataille de Raphidim, Le serpent d'airain et L'entrée triomphale de Constantin à Rome[6].

Le musée d'art et d'histoire de Narbonne possède onze tableaux de sa main, ainsi qu'une soixantaine de dessins, issus de carnets de croquis ou encore préparatoires à des compositions (cycle de la vie de Saint Louis)[7]. Des œuvres sont aussi conservées dans divers monuments de la ville : cinq tableaux représentant l'Assomption de la Vierge, l'Apothéose de saint Joseph, Saint Charles Boromée distribuant le viatique dans les rues de Milan, Saint Augustin défendant le mystère de l'incarnation devant une réunion d'évêques et Jésus prêchant sur la montagne dans l'église Saint-Paul de Narbonne[8]. Huit tableaux monumentaux, initialement destinés à la chapelle des Pénitents bleus et au réfectoire de l'Abbaye de Fontfroide sont conservés dans la chapelle de l'Hôtel Dieu, ancienne chapelle des Pénitents blancs[9]. Enfin, un tableau représentant la Lapidation de saint Étienne se trouve dans la cathédrale de Narbonne[10].

Un tableau représentant la Lapidation de Saint Étienne se trouve dans l'église de Pépieux[11]

Dans le chœur de l'église Saint-Paul de Puisserguier, deux de ses tableaux ont été restaurés en 2010 : il s'agit de Saint Paul sur le chemin de Damas et La guérison de saint Paul par Ananie[12].

Le musée Hyacinthe Rigaud de Perpignan possède plusieurs tableaux de Gamelin dont un Christ expirant et le portrait de Jean Baptiste Frion.

Le musée Fabre à Montpellier, possède une gouache bleue et blanche exécutée vers 1780, représentant Ménélas perçant de sa lance le cou d'Euphorbe.Cette œuvre a fait partie de l'exposition Génération en Révolution présentée au Musée Cognacq-Jay à Paris en 2019[13].

Le musée des Augustins de Toulouse possède plusieurs œuvres dont deux beaux et grands dessins au lavis ayant pour sujet : l'un Achille traînant le corps d'Hector autour des remparts de Troie ; l'autre Ulysse massacrant les prétendants de sa femme ainsi que les tableaux L'orgie et Tête de vieillard. Le musée Paul Dupuy[14] conserve de nombreux dessins dont celui de L'incendie du temple de Vesta.

Le musée Ingres-Bourdelle à Montauban, présente le tableau représentant une Famille de paysans dans un intérieur.

Le musée des beaux-arts de Bordeaux possède Le départ d'Abradate pour le combat (1793).

Le musée de la révolution française à Vizille dans l'Isère conserve de nombreuses estampes et gravures.

Le musée d'art Roger-Quilliot à Clermond-Ferrand, possède trois de ses chefs-d'œuvres, La marchande d'amours, Incendie d’un monastère et Antiochus et Statonice.

Le musée de Picardie à Amiens, possède La Mort de Caton d'Utique (1785).

Le musée des beaux-arts d'Orléans, expose Andromaque pleurant sur les cendres d'Hector et Le supplice d'une vestale (1798).

Le département des peintures du musée du Louvre, à Paris conserve un Choc de cavalerie et L'évanouissement. Celui des arts graphiques de nombreux dessins.

  • États-Unis

Le département des dessins et peintures du Metropolitan museum of art[15] de New-York, possède trois œuvres dont une gouache représentant L'enlèvement des sabines.

Cliquez sur une vignette pour l’agrandir.

Publication[modifier | modifier le code]

  • Nouveau recueil d'ostéologie et de myologie, dessiné d'après nature par Jacques Gamelin de Carcassonne, professeur de peinture, de l'Académie de Saint Luc de Rome. Pour l'utilité des sciences et des arts, divisé en deux parties. Dédié à M. le baron de Puymaurin, des académies royales des sciences, inscriptions, & belles-lettres de Toulouse & de Nîmes, & de la Société des arts de Montpellier, Toulouse, imprimerie Desclassan, (lire en ligne), avec la collaboration de Jacques Lavallée (graveur sur métal) pour l'édition de 1779. Réédition enrichie suite à l'exposition présentée au Musée des Beaux-Arts de Carcassonne du au [16].

Postérité[modifier | modifier le code]

Carcassonne, Toulouse, Narbonne et Perpignan, l'honore par une rue donnée à son nom.

Allocution de Constantin à ses soldats. Chambre de commerce et d'industrie de l'Aude.
L'embarquement de Saint Louis à Aigues Mortes, Musée d'art et d'histoire de Narbonne

Cliquez sur une vignette pour l’agrandir.

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Olivier Michel, « Jacques Gamelin ou la quête tourmentée de la réussite », sur www.persee.fr, (consulté le 21 juillet 2020)
  2. « Lavallée, Jacques (17..-18.. ; graveur) », notice bibliographique du Catalogue général de la BNF.
  3. Olivier Michel, « Huit tableaux du peintre languedocien Jacques Gamelin (1738-1803) », sur www.persee.fr, (consulté le 21 juillet 2020)
  4. Laurent Coste, « Carcassonne. Les Amis de la Ville et de la Cité ont acquis un tableau de Gamelin », sur www.ladepeche.fr, (consulté le 21 juillet 2020)
  5. Claude Marquié, De la Chambre de Commerce à Carcassonne à la Chambre de Commerce de Carcassonne-Limoux-Castelnaudary, Carcassonne, Imprimerie Mavit-Sival, , 176 p., p. 32 à 33
  6. Olivier Poisson, Laurent Hugues, La cathédrale Saint-Michel de Carcassonne, DRAC du Languedoc-Roussillon, (ISBN 978-2-11-129724-1), p.36 à 43
  7. « http://webmuseo.com/ws/musees-narbonne/app/collection »
  8. « Église Saint-Paul », notice no PM11000554, base Palissy, ministère français de la Culture
  9. « Base Palissy », sur Ministère de la culture et de la communication
  10. « Lapidation de saint Étienne », notice no PM11000413, base Palissy, ministère français de la Culture
  11. « Lapidation de saint Étienne », notice no PM11001238, base Palissy, ministère français de la Culture
  12. Hélène Palouzié, « Redécouverte de deux tableaux de Jacques Gamelin », Chantiers (revue de la Direction régionale des affaires culturelles du Languedoc-Roussillon), (ISSN 2256-6775), no 4 (2012) Lire en ligne - Chantiers no 4 p.6
  13. Etienne Dumont, « Le Musée Cognacq-Jay présente à Paris les dessins de la "Génération en Révolution" », sur www.bilan.ch, (consulté le 23 juillet 2020)
  14. (en) « Recent acquisitions of drawings by the Musée Paul-Dupuy in Toulouse », sur http://www.thearttribune.com, (consulté le 21 juillet 2020)
  15. (en) « Search the Collection », sur www.metmuseum.org (consulté le 21 juillet 2020)
  16. Bruno Coince, « Gamelin, premier peintre du pape et anatomiste », Midi Libre,‎

Annexes[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Daniel Fabre, Les Audois, dictionnaire biographique, Jacques Gamelin, p.174-175. Édité en 1990 par l'Association audoise des archives de l'Aude, la Fédération audoise des œuvres laïques et la Société d'études scientifiques de l'Aude. (ISBN 2-906442-07-0)
  • Jean Alboise, Honneurs funèbres rendus au peintre Jacques Gamelin (1803), in L'Artiste, 1899, tome 2, p. 56-76
  • Simone Mouton, Jacques Gamelin 1738-1803, catalogue de l'exposition présentée au Musée Municipal de Carcassonne en 1938. Imprimerie Gabelle Carcassonne.
  • Joseph Hahn, J.Gamelin, catalogue de l'exposition consacré au peintre. Paris du au .
  • Musée des beaux-arts de Carcassonne, Jacques Gamelin, 1990, 134 p., Imprimerie MV Graphic, Carcassonne.
  • Jérôme Montcouquiol et Guy Durbet, Le Temple décadaire de Perpignan, dans le catalogue de l’exposition Jacques Réattu sous le signe de la Révolution, Vizille, musée de la Révolution française, -, p. 99 à 120.
  • Jérôme Montcouquiol, Les fresques de Jacques Gamelin de la chapelle de l’Immaculée-Conception à Perpignan, in La Peinture baroque en Méditerranée de Gênes à Majorque, sous la direction de Julien Lugand, Trabucayres éditions, 2010.
  • Musée des beaux-arts de Carcassonne, Jacques Gamelin, le nouveau recueil d'ostéologie et de myologie, 2017, 95 p., Imprimerie Sepec, Peronnas.

Expositions[modifier | modifier le code]

  • Musée des beaux-arts de Carcassonne, Jacques Gamelin, le nouveau recueil d'ostéologie et de myologie, du 21 octobre 2017 au 20 janvier 2018.
  • Musée des beaux-arts de Carcassonne, Jacques Gamelin, peintre des batailles (1738-1803), du 13 juin au 14 septembre 2003.
  • Musée des beaux-arts de Carcassonne, Jacques Gamelin (1738-1803) et les peintres de son temps, du 2 juillet au 2 octobre 1999.

Liens externes[modifier | modifier le code]