Jacques Follorou
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Centre de formation des journalistes (jusqu'en ) |
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Jacques Follorou, né le [1] à Paris, est un journaliste d'investigation français du quotidien du Monde et auteur d'une dizaine d'ouvrages.
Biographie
[modifier | modifier le code]Ancien élève du Centre de formation des journalistes (promotion 1991), Jacques Follorou a commencé sa carrière, en 1993, en travaillant pour Le Canard enchaîné et sa publication trimestrielle, les dossiers du Canard enchaîné. Il contribue, notamment, à la publication d'informations, en 1994 et 1995, sur le patrimoine immobilier de Jacques Chirac, d'Alain Juppé et de Jean Tiberi ainsi que sur la politique d'attribution discrétionnaire d'appartements de la ville de Paris. Début 1996, il découvre la problématique corse en participant au dossier du Canard enchaîné consacré à cette île alors plongée en pleine guerre fratricide entre groupes nationalistes.
En 1996, il est embauché au quotidien du Monde où il travaille sur les affaires judiciaires, notamment celles relatives au financement des partis politiques et aux faits de corruption internationale. Il sera, notamment, à l'origine des informations publiées sur l'affaire dite « des lycées de la région Ile-de-France » ainsi que sur l'affaire des détournements de fonds de la Mutuelle nationale des étudiants de France (MNEF) et sur les dérives financières du Crédit Lyonnais.
Le , après l'assassinat, à Ajaccio, du préfet Claude Érignac, il est également chargé de suivre pour Le Monde le terrorisme corse, l'enquête Érignac puis la dérive, en 1999, de son successeur, le préfet Bernard Bonnet. À partir de 2000, il étend ses investigations vers le pouvoir criminel insulaire, travail qu'il poursuit toujours aujourd'hui en s'efforçant de définir la spécificité du phénomène mafieux corse[2]. Fin 2001, après les attentats du perpétrés aux États-Unis, à New York et à Washington, il élargit son travail d'enquête aux questions du financement du terrorisme. Début 2008, il intègre le service international du Monde où il couvre, notamment, l'Afghanistan et le Pakistan et se spécialise sur les questions liées au terrorisme et à l'espionnage[3].
En 2013, il devient l'interlocuteur exclusif, en France, de l'avocat et activiste américain Glenn Greenwald à qui Edward Snowden, l'ex-contractuel de l'Agence nationale de sécurité (NSA), a confié ses archives. C'est le début d'un dialogue direct avec le lanceur d'alerte américain et l'amorce d'une enquête sur le système de surveillance créé par la France et demeuré inconnu jusqu'aux révélations du Monde, entre 2013 et 2015, qui sont confirmées par le président de la République, François Hollande, en . Durant cette période, il couvre les attaques terroristes intervenues sur le sol français et à l'étranger. Depuis, Jacques Follorou poursuit ses investigations sur le monde du renseignement en contribuant, notamment, aux révélations sur l'espionnage russe en Europe.
Dans le même temps, il est mobilisé par Le Monde sur différentes zones de conflit. Il se rend, en , au Sahel, notamment à Kidal, au Mali. Il part, en , au Kurdistan irakien et syrien afin d'y couvrir les affrontements entre Kurdes et l'État islamique (EI). En , il effectue un séjour en Corée du Nord. Il poursuit ses reportages en Afghanistan depuis le retour au pouvoir des talibans en 2021. Il participe à la couverture de la guerre en Ukraine débutée en février 2022.
Fin 2018, il publie, chez Fayard, L'État secret, la démocratie mise à mal, paru, en 2020, en Poche, sous le titre État hors la loi. Ce travail, qui comprend un entretien exclusif d'Edward Snowden, s'attache à montrer comment la liberté et le débat contribuent à la sécurité.
Procédure judiciaire
[modifier | modifier le code]En 2025, il est mentionné, sans avoir été poursuivi ni entendu, dans une procédure judiciaire lancée par la direction générale de la Sécurité intérieure (DGSI) contre deux anciens agents et un journaliste d'investigation, Alex Jordanov, pour atteinte au secret défense après la publication, en 2019, par ce dernier, d'un livre sur la DGSI. Selon l'ordonnance de renvoi du 10 septembre 2025, révélée, le 26 septembre 2025, par l'Agence France-Presse, la justice leur reproche également d'avoir fait des révélations permettant l'identification d'une source syrienne commune à la DGSI et au Mossad israélien, ce qui aurait conduit à son exécution au cours de l'année 2019. La justice n'en fournit aucune preuve et se contente d'indiquer que cette information avait déjà été publiée, en 2017, dans Le Monde par Follorou qui aurait été en contact avec les mêmes sources que Jordanov[3].
Ouvrages
[modifier | modifier le code]- Jacques Follorou, Corse : l'Etat bafoué, Paris, Stock, , 287 p. (ISBN 2-234-05185-1)
- Jacques Follorou et Vincent Nouzille, Les parrains corses : Leur histoire, leurs réseaux, leurs protections, Paris, J'ai lu, , 574 p. (ISBN 2-213-61759-7)
- Jacques Follorou, Bérégovoy, le dernier secret, Fayard, (ISBN 978-2-213-63426-5 et 2-213-63426-2)
- Jacques Follorou et Isabelle Prévost-Desprez, Une juge à abattre, Fayard, , 280 p. (ISBN 978-2-213-64316-8 et 2-213-64316-4)
- Jacques Follorou et Philippe Legorjus (préf. Mathieu Kassovitz), Ouvéa, la République et la morale, Plon, , 210 p. (ISBN 978-2-259-21706-4 et 2-259-21706-0)
- Jacques Follorou, La guerre des parrains corses, Flammarion, , 348 p. (ISBN 978-2-08-125491-6 et 2-08-125491-3)
- Jacques Follorou, Démocratie sous contrôle : la victoire posthume d’Oussama Ben Laden, Paris, CNRS Éditions, 2014, 55p, (ISBN 978-2-271-08298-5)
- Jacques Follorou, L'Etat secret, la démocratie mise à mal. Fayard, 2018, 282 pages.
- Jacques Follorou, Parrains corses, la guerre continue. Plon, 2019, 330 pages.
- Jacques Follorou, Mafia corse - Une île sous influence, Robert Laffont, 2022, 256 pages.
Notes et références
[modifier | modifier le code]- ↑ « Plainte de Jacques Follorou au CSM »
- ↑ « Corse : pour Jacques Follorou, "il y a une emprise criminelle sur la société insulaire" », sur France 3 Corse ViaStella, (consulté le )
- « France : Après la disparition d'un informateur syrien, la DGSI règle ses comptes avec un journaliste du Monde », sur Intelligence Online, (consulté le )
Liens externes
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