Jacques Carpentier de Marigny

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Jacques Carpentier de Marigny
Biographie
Naissance
Décès
1670 ou 1673
Paris
Nationalité
Française
Activités

Jacques Carpentier de Marigny, est un poète et pamphlétaire français du XVIIe siècle né à Nevers en 1615, baptisé en l'église Saint-Jean et mort à Paris en 1670.

Biographie[modifier | modifier le code]

Homme cultivé, et peu soucieux d'être un jour à la tête des forges familiales, il adopta l’état ecclésiastique qui convenait fort peu à ses goûts mondains mais lui permit d’obtenir quelques bénéfices et de vivre en épicurien. Ami d’Adam Billaut, débauché et plein d’esprit, sa vie fut parfois dangereuse. Grâce à l'appui de Louise-Marie de Gonzague, fille du Duc Charles I de Nevers et future reine de Pologne, et de Bussy-Rabutin, il est introduit partout à Paris. Appelé par la Reine Christine de Suède en 1645, qui a été séduite par son esprit, il deviendra son Chambellan à Stockholm. De retour en France, il est nommé dès 1646 successivement Maître d'Hôtel et Gentilhomme de la Chambre du Roi, le jeune Louis XIV.

Dévoué au cardinal de Retz à partir de 1648, puis en 1649 au Prince de Condé, il fut mêlé à toutes les intrigues de la Fronde dont il devint un des principaux chansonnier. Puis il séduira Charles II Stuart, le souverain anglais en exil, qui le fera Chevalier-Baronet d'Angleterre en 1658, à Bruxelles où Marigny a suivi Condé en son exil.

Aussitôt M. le Prince rentré en grâce, en 1659, Marigny le suit en France et reparaît sans vergogne à la Cour où Louis XIV lui garde si peu rancune qu'il lui fait retrouver bientôt fonctions et prébendes. Jacques Carpentier de Marigny fut également le prieur de Cessy-les-Bois, Saint-Malo-en-Donziois, Coche et Vielmanay, dans la Nièvre, de 1651 à 1670. Il demeurait néanmoins à Paris rue des Francs-Bourgeois[1].

Jacques Carpentier de Marigny serait décédé en 1670[2].

Œuvre[modifier | modifier le code]

Marigny est l’auteur de triolets, de ballades, de stances et surtout de mazarinades. Ses vers, faciles et piquants, comptent des meilleurs qu’ait produits l’esprit de la Fronde.

Marigny n’exerça pas seulement sa verve satirique contre le cardinal Mazarin ; il chansonna également les chefs du parti opposé. C’est de lui que sont ces vers contre l’abbé de Gondi, depuis cardinal de Retz :

Monsieur notre coadjuteur
Vend sa crosse pour une fronde ;
II est vaillant et bon pasteur,
Monsieur notre coadjuteur !
Sachant qu’autrefois un frondeur
Devint le plus grand roi du monde,
Monsieur notre coadjuteur
Vend sa crosse pour une fronde.

On a deux éditions des Œuvres de Marigny (Paris, 1658 et 1673, in-12), la seconde plus complète. Guy Patin lui attribue le Traité politique ou Tuer un tyran n’est pas un crime (1658).

Famille[modifier | modifier le code]

Son père est Jean Carpentier, seigneur de Ratilly et de Marigny, maître de forges à Ratilly et bientôt aussi aux Pavillons par acquisition, échevin de Nevers et bien en cours auprès de Charles de Gonzague, Duc de Nevers. Sa mère est Anne Roux, dame de Marigny, paroisse de Jaugenay (actuellement commune de Chevenon dans la Nièvre), dont Jacques héritera en partie, en 1523, et dont il portera le nom dès l'adolescence.

Marigny a un jeune frère, François Carpentier, qui deviendra seigneur de Changy et deux soeurs.

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Source[modifier | modifier le code]

  • Gustave Vapereau, Dictionnaire universel des littératures, Paris, Hachette, 1876, p. 1336

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Jacques Carpentier de Marigny, chansonnier de la Fronde, poète et prosateur nivernais, 1615-1673, Marius Gérin, Mémoires de la Société académique du Nivernais, 2e série, tome VIII (tome XXII de la collection), Nevers, 1920.

Liens internes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Document de 1666, H 1046, Archives départementales de l'Yonne.
  2. Selon Marius Gérin, il serait en fait décédé en 1673 ; à l'appui de ses dires, il fait état d'une lettre adressée par Jacques Carpentier de Marigny à Roger de Bussy-Rabutin le 4 mars 1672.