Jacques Almain

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Jacques Almain
Naissance vers 1480
Sens (Yonne)
Décès
Paris ou Auvillar
Nationalité Drapeau de la France France
Profession
Autres activités
Formation

Jacques Almain (v.1480-1515) est un théologien français.

Biographie[modifier | modifier le code]

Né dans le diocèse de Sens, il étudie les arts au Collège de Montaigu de l'Université de Paris et fut l'élève du théologien écossais John Mair.

En 1507, il est recteur de l'Université de Paris, puis, en 1508, procureur de la Nation de France.

Le 26 janvier 1512 il a obtenu sa licence de théologie, deuxième sur les 23 qui ont obtenu la licence. Il est reçu docteur en théologie le 31 mars 1512 puis à la faculté de théologie.

Professeur et régent du collège de Navarre, il applique les thèses du conciliarisme dans une réflexion politique plus large où la souveraineté ne peut être dessaisie complètement du corps politique au profit du roi.

Il serait décédé à Paris, mais dans une lettre envoyée par Mathurin Alamande à Jacques Lefèvre d'Étaples, en 1517, il lui écrit que Jean Marre, évêque de Condom, a fait venir à grands frais à Condom Jacques Almain (mais il n'a pas dû rester longtemps car il n'y a pas d'autre document sur sa présence à Condom) et qu'il serait décédé à Auvillar[1].

Œuvres[modifier | modifier le code]

  • Libellus de auctoritate ecclesie seu sacrorum conciliorum eam representatium editus a magistro Jacobo Almain,Senonensis diocesis, doctore theologo, contra Thomam de Vio, qui his diebus suis scriptis nisus est omnem ecclesie Christi sponte potestatem enervare, 1512 (réponse au traité de Thomas de Vio, cardinal Cajétan, De la comparaison de l'autorité du pape et du concile de Pise). L'ouvrage fut publié au nom de la Faculté de théologie de Paris, sur l'invitation de Louis XII, pour répondre aux doctrines du pape Jules II relativement à l'origine de la puissance temporelle[2],[3].
  • Acutissimi divinorum archanorum scrutatoris magistri Jacobi Almain in tertium sententiarum utilis editio : cum omni adnotandorum literario indice per diligenter collecto : cumque perutilibus adnotationculis summa diligentia singulis questionibus appositis, Paris, 1516[4] ;
  • Moralia acutissimi ac clarissimi doctoris theologi magistri Jacobi Almani, Senonensis, a Joanne Maioris eruditissimo theologie professore emendata, Paris, 1516 ;
  • Questio in vesperiis habita, Paris, 1516 ; p. 16 ;
  • Aurea clarissimi et acutissimi doctoris theologi magistri Jacobi Almin,Senonensis, Opuscula ; Moralia optima recognita cum additionibus. - Lectura in tertium completa[5], Paris, 1518 ;
  • Acutissimi doctoris theologi magistri Jacobi Almain, Senonensis, Clarissima & admodum utilis expositio circa decisiones quaestionum M. Guillermi Ockam, super potestate summi pontificis : novissime recognita purgataque[6], Paris, 1512 ;
  • Dictata clarissimi & accutissimi doctoris theologi M. Jacobi Almain, Senonensis, super sententias magistri Roberti Holcot, apprime utilia[7], Paris, 1526.

François Rabelais et le peigne de Almain[modifier | modifier le code]

Dans le chapitre XXI de Gargantua, François Rabelais écrit : après se peignoit du peigne de Almain, c'estoit des quatre doigtz et le poulce, car ses précepteurs disoient que soy aultrement pigner, laver et nettoyer estoit perdre temps en ce monde.

François Rabelais a en partie expliqué ce jeu de mot dans un chapitre parlant des précepteurs sophistes. Almain a été remplacé par Alman dans l'édition de 1537 avant qu'Almain soit rétabli. Cette modification était peut-être suggéré par la malpropreté des Allemands qui était proverbiale au XVIe siècle. Gilles Ménage donne aussi une explication sur cette expression en la rapprochant de l'italien al mano[8],[9].

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. P. Rouleau, Jean Marre, évêque de Condom (1436-1521), p. 62-63, Revue de Gascogne, 1930, tome XXV (lire en ligne)
  2. Dezobry et Bachelet, Dictionnaire de biographie, t.1, Ch.Delagrave, 1876, p. 61
  3. (lire en ligne)
  4. (lire en ligne)
  5. (lire en ligne)
  6. (lire en ligne)
  7. (lire en ligne)
  8. p. 41, dans Études rabelaisiennes, Librairie Droz, Genève, 1990 (ISBN 978-2-600031493) (lire en ligne)
  9. Gilles Ménage, Dictionnaire étymologique de la langue françoise, tome premier, p. 42, chez Briasson, Paris, 1750 (lire en ligne)

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • (en) Jacques Almain, « A Book Concerning the Authority of the Church », dans James Henderson Burns et Thomas M. Izbicki, Conciliarism and Papalism, Cambridge University Press, , 315 p. (ISBN 9780521476744), p. 134-200.
  • (fr) Bardot, « Notice sur le canton de Chéroy », dans Annuaire historique du Département de l'Yonne: recueil de documents authentiques destinés à former la statistique départementale, Auxerre, (lire en ligne), p. 58-59.
  • (fr) Pierre Bayle, « Jacques Almain », dans Dictionnaire historique et critique de Pierre Bayle, vol. 1, Desoer, , 556 p. (lire en ligne), p. 457-458.
  • (en) James Henderson Burns, « Scholasticism : Survival and Revival », dans James Henderson Burns et Mark Goldie, The Cambridge History of Political Thought 1450-1700, Cambridge University Press, , 798 p. (ISBN 9780521477727, lire en ligne), p. 132-158.
  • (en) James Henderson Burns, « Jacques Almain on Dominium: A Neglected Text », dans Adrianna E. Bakos, Politics, Ideology, and the Law in Early Modern Europe: Essays in Honor of J.H.M. Salmon, University Rochester Press, , 186 p. (ISBN 9781878822390, lire en ligne), p. 149-158.
  • (en) Thomas M. Izbicki, « Jacques Almain », dans Henrik Lagerlund, Encyclopedia of Medieval Philosophy : Philosophy Between 500 and 1500, Springer Science & Business Media, , 1423 p. (ISBN 9781402097287, lire en ligne), p. 579-581.
  • (en) Jill Kraye, « Moral Philosophy », dans C.B. Schmitt and Q. Skinner, The Cambridge History of Renaissance Philosophy, Cambridge University Press, , 922 p. (ISBN 9780521397483).
  • (en) Arthur Stephen McGrade, « Jacques Almain », dans Jill Kraye, Cambridge Translations of Renaissance Philosophical Texts, vol. 2 : Political Philosophy, Cambridge University Press, , 332 p. (ISBN 9780521587570, lire en ligne).
  • (en) Francis Oakley, « The Absolute and Ordained Power of God in Sixteenth- and Seventeenth-Century Theology », Journal of the History of Ideas, Johns Hopkins University Press, vol. 59, no 3,‎ , p. 437-461 (ISSN 1086-3222, DOI 10.1353/jhi.1998.0027, lire en ligne).
  • (en) Francis Oakley, The Conciliarist Tradition : Constitutionalism in the Catholic Church, 1300-1870, Oxford University Press, 2003 298 (ISBN 9780199265282).

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]