Jacques-Étienne Montgolfier

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 Ne doit pas être confondu avec Étienne Montgolfier (1712-1791).
Jacques-Étienne Montgolfier
Jacques Étienne Montgolfier.jpg

Étienne Montgolfier

Biographie
Naissance
Décès
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SerrièresVoir et modifier les données sur Wikidata
Activité
Fratrie

Jacques-Étienne Montgolfier (plus connu sous le nom d'Étienne de Montgolfier), né le à Vidalon-lès-Annonay en Ardèche et mort le à Serrières dans l'Ardèche, est le frère de Joseph-Michel Montgolfier, avec qui il inventa la Montgolfière en 1782.

Biographie[modifier | modifier le code]

Étienne et Joseph Montgolfier sont les fils de Pierre Montgolfier, papetier de Vidalon en Ardèche dont la manufacture familiale est réputée dans toute l'Europe, et d'Anne Duret. Étienne est le 15e enfant d'une fratrie de 16 enfants. Il se marie en 1774 avec Adélaïde Bron à Vienne en Isère et de leur mariage naquirent six enfants.

En 1782, il inventa la Montgolfière avec son frère Joseph. Son esprit méthodique et l'intuition de Joseph leur attribue chacun le mérite respectif de la conception de cet aérostat.

Au printemps 1784, il revient à Annonay pour s'occuper de la papeterie familiale qui, négligée pendant tout ce temps, se porte assez mal. Il continue à s'intéresser aux ballons et fait construire une montgolfière par Réveillon à des fins scientifiques, elle est d'ailleurs utilisée par Jean-François Pilâtre de Rozier, le , où elle bat un record d'altitude mais ne peut être récupérée.

De 1785 à 1787, Il essayera avec Joseph et un autre frère, Alexandre, de réunir des fonds pour construire un ballon qu'ils veulent diriger. Mais le projet s'enlise.

En juin 1796, Étienne est nommé Membre associé à l’Académie des sciences.

L'expérience d'Avignon[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Frères Montgolfier.

Plusieurs hypothèses : soit après avoir jeté un papier dans la cheminée Joseph s’aperçoit que ce dernier est aspiré, soit en voyant monter la fumée dans la cheminée : les sources ne sont pas sûres. En novembre 1782, alors que celui-ci est à Avignon, il fait une première expérience avec une chemise fermée, puis avec un « cube » de taffetas de soie d'un mètre cube environ qu'il parvint à faire monter au plafond de son logement.

Elle eut lieu dans la Maison aux Ballons qui se situe au no 18 de la rue Saint-Étienne. Elle se distingue, entre toutes, par ses appuis de fenêtres en fer forgé portant, chacun en son centre, « la figure d'un ballon, réhaussée sur ceux du deuxième étage par un petit aérostat en tôle découpée et repoussée »[1].

Ici descendaient les frères Montgolfier quand ils venaient d'Annonay pour leur commerce de papier. Le Courrier d'Avignon du relate : « C'est à Avignon que M. de Montgolfier l'aîné fit son expérience pour la première fois. Là, il ne vit pas sans une profonde joie, qu'un petit parallélépipède creux de taffetas ayant été chauffé préalablement monta rapidement au plafond »[2].

Une autre relation de cet évènement a été faite par Félix Dugonet, dans son ouvrage paru en 1903, L'invention de l'Aéronautique à Avignon en 1782. Il narre « Il voulut en se lavant chauffer la chemise qu'il allait mettre. À cet effet, il alluma devant la cheminée une flambée de papier et, serrant l'ouverture du col de la main gauche, il évasait les pans de la chemise en forme de cloche pour y concentrer la chaleur. Il arriva que l'air chaud, étroitement emprisonné dans le ballonement bien réussi de la toile, se mit à élever avec assez de force la chemise gonflée au-dessus du foyer improvisé »[2].

De plus, il est de tradition que les frères Montgolfier donnèrent une des premières séances d'aérostation dans la cour d'honneur de l'Hôtel particulier des Villeneuve-Martignan, l'actuel Musée Calvet d'Avignon[2].

Les expériences publiques[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Frères Montgolfier.

La première expérience publique, officielle, de Joseph et Étienne a lieu dans la cour du couvent des Cordeliers à Annonay, le , devant les conseillers généraux du Vivarais[3]. Ils font voler le premier ballon à air chaud au-dessus de leur ville. Un ballon de douze mètres de diamètre, de 770 m3, constitué de fuseaux de papier reliés entre eux par des boutonnières, il s'élève à mille mètres, pendant dix minutes, et parcourt trois kilomètres grâce à l'air chauffé avec de la paille enflammée.

L'expérience est répétée à nouveau près de Versailles le , devant le roi Louis XVI et la cour, par les frères Montgolfier, avec un ballon de 1 000 m3 qui monte à 600 mètres et parcourt 3,5 kilomètres[4]. Le ballon, auquel est suspendu un panier en osier emporte avec lui les trois premiers passagers de l'espace : un mouton, un coq et un canard. Tous supporteront le voyage. À son retour le mouton est placé dans la ménagerie de la reine.

Le a lieu le premier vol habité à la Folie Titon[5], manufacture royale des papiers peints, dans l'actuelle rue de Montreuil à Paris, dans le faubourg Saint-Antoine. Le premier vol s'élève à 81 m, avec Jean-François Pilâtre de Rozier seul, et le deuxième à 105 m, avec deux passagers : Pilâtre et André Giroud de Villette (durée 8 min[6]). Ces deux vols eurent lieu en captif, c'est-à-dire que le ballon est attaché au sol par une corde solide reliée à une masse suffisamment importante pour le retenir. Il faut un équipier, après l'essai de Giroud de Villette, c'est le Marquis d'Arlandes qui sera choisi. Tout est prêt, mais il manque l'autorisation du Roi. Il préfèrerait proposer la vie à deux condamnés à mort volontaires pour l'expérience, mais finalement se laisse fléchir.

Le , Jean-François Pilâtre de Rozier et le marquis d'Arlandes[7], sont les premiers humains à s'élever au-dessus du sol, à bord d'une montgolfière de 2 200 m3. Devant trois cents personnes, ils partent du parc du Château de la Muette, s'élèvent, saluent la foule, survolent Paris au-dessus de la Seine et se posent à la Butte-aux-Cailles, distante de 10 kilomètres environ.

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Joseph Girard, op. cit., p. 233.
  2. a, b et c Joseph Girard, op. cit., p. 234.
  3. Marie-Hélène Reynaud, Les Frères Montgolfier et leurs étonnantes machines, p. 44 et suivantes.
  4. Marie-Hélène Reynaud, op. cit., p. 70 et suivantes.
  5. Marie-Hélène Reynaud, op. cit., p. 74.
  6. Prisma Media, « Dix choses que vous ne saviez pas sur le château de Versailles », GEO.fr,‎ (lire en ligne)
  7. Marie-Hélène Reynaud, op. cit., p. 106.

Annexes[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Joseph Girard, Évocation du Vieil Avignon, Les Éditions de Minuit, Paris, 2000, (ISBN 270731353X)
  • Marie-Hélène Reynaud, Les Frères Montgolfier et leurs étonnantes machines, éd. de Plein Vent, 1983
  • Louis de Grandmaison, Essai d'armorial des artistes français. Lettres de noblesse. Preuves pour l'Ordre de Saint-Michel, p. 391-393, Réunion des sociétés savantes des départements à la Sorbonne. Section des beaux-arts, Ministère de l'instruction publique, 1903, 27e session (lire en ligne)

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]