Jacopo Bassano

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Jacopo Bassano
Jacopo Bassano (Jacopo dal Ponte) - The Adoration of the Kings - Google Art Project.jpg

L'adoration des mages. 1542. Huile sur toile, 183 × 235 cm. Galerie nationale d'Écosse, Édimbourg

Naissance
Décès
Activité

Jacopo Bassano, ou Jacopo da Ponte ou même Jacopo Bassano l'Ancien (Bassano del Grappa, 1510 - Bassano del Grappa, 13 février 1592) est un peintre italien maniériste de l'école vénitienne. Le plus âgé et le plus connu des peintres de la famille Da Ponte.

Biographie[modifier | modifier le code]

Il est né et mort à Bassano del Grappa, village proche de Venise, dont il tire son nom. Son père Francesco Bassano l'Ancien se définissait comme un « artiste paysan ». Dans ses toiles, pissenlits et mauvaises herbes sont décrits avec minutie. Jacopo adopta des éléments de son style, qu'il mit à profit pour réaliser des peintures religieuses innovantes incluant par exemple des animaux, des fermes et des paysages.

Après avoir débuté à l'atelier de Bonifacio de' Pitati à Venise, il étudia également en autodidacte auprès des autres artistes de son époque dans d'autres villes italiennes. Ses relations avec eux étaient variables : Jacopo Bassano dépeignit ainsi Le Titien en agent de change dans sa Purification du Temple. Il s'intéressait à la « manière moderne » des nouveaux artistes arrivés à Venise et surtout aux gravures provenant de Rome. Il conserva toutefois son goût pour le naturalisme chromatique et un sens prononcé des volumes et des formes, caractéristiques des peintures de cette époque.

Quand il revient à Bassano, il habite près du pont et on le nomme Jacopo dal Ponte. Sa renommée lui vaudra de prendre le nom de sa ville – où il travaille avec ses quatre fils : Francesco Bassano le Jeune (1549 -1592), Gerolamo (1566-1621), Giovanni Battista (1553-1613) et Leandro (1557-1622). Les Bassano ont mis au point un système étonnant de double signature: sur les copies ou variantes exécutées par ses fils, Jacopo appose son paraphe, comme un label de qualité. De ce fait tous partagent de nombreuses similitudes stylistiques et quelques œuvres sont difficilement attribuables.

Entre le milieu des années 1540 et la fin des années 1550 il crée une version personnelle du maniérisme qui était en faveur à Venise[1]. Les corps étirés et les grands effets de composition balancée ne lui font pas pour autant abandonner les robes de ses puissants animaux. À la fin des sa carrière le genre pastoral qui avait fait sa célébrité lui est commandé par des collectionneurs vénitiens. Il les compose dans un paysage crépusculaire rythmé par les effets presque théâtraux du clair-obscur. Dans l'une des toute dernières toiles, La Déposition du musée de Lisbonne (ci-dessous) W. R. Rearick[2] « pense que Jacopo l'envoya sans doute à Venise pour qu'elle serve de modèle dans l'atelier de son fils Francesco, d'où sont sorties la plupart des versions connues du thème (dont la version du Louvre)[3] ».

L'introduction du quotidien dans la peinture religieuse, a rencontré la faveur des commanditaires et a eu un grand succès au XVIIe siècle, y compris à la cour de Louis XIV, grâce à Richelieu. Au XIXe siècle, quand on commence à porter attention à la qualité intrinsèque de chaque œuvre, l'inégalité de leur facture apparaît. Les Bassano rejoignent en nombre les réserves des musées et sont un peu oubliés.

Jacopo figure dans le groupe des musiciens des Noces de Cana de Véronèse.

L'adoration des mages, 1563-1564. Huile / toile, 92 × 117 cm. Musée d'histoire de l'art de Vienne
L'Été (le sacrifice d'Isaac), v. 1575. Huile / toile 79 × 111 cm. Musée d'histoire de l'art de Vienne
Le calvaire, v. 1575. Huile sur ardoise. 49 × 29 cm.Musée national d'art de Catalogne
Le Christ dans la maison de Marie, Marthe et Lazare, v. 1577. Huile / toile, 98 × 126 cm. Musée des beaux-arts de Houston
La Déposition inachevée ? 1580 - 1590. Huile sur toile, 60 × 76 cm. Museu Nacional de Arte Antiga de Lisbonne

Œuvres dans les musées[modifier | modifier le code]

Le Christ se révélant aux pèlerins d'Emmaüs. Cathédrale de Citadella, près de Bassano. v. 1538. Huile / toile, 235 × 250 cm.
La Dernière cène, v. 1546. Huile / toile, 168 × 270 cm. Galerie Borghèse
La montée au calvaire, vers 1550-51. Huile / toile, 94 × 114 cm. Musée des beaux-arts de Budapest
Non datés 

Copies[modifier | modifier le code]

  • L'Annonce aux bergers, XVIIe siècle, huile sur toile, 86 × 115 cm. Musée d'Évreux
  • Marchandes de volailles et chasseurs (copie partielle), XVIIe siècle, huile sur toile, 25,9 × 34,5 cm, Musée d'Évreux

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Peter Humfrey 1996, p. 219
  2. Le siècle de Titien 1993, p. 634
  3. L'image sur le site du Louvre
  4. Nancy Grubb, Figures d’anges : Messagers célestes à travers les arts, Editions Abbeville, , 320 p. (ISBN 2-87946-082-4), p. 89
  5. Mina Gregori, Le Musée des Offices et le Palais Pitti : La Peinture à Florence, Editions Place des Victoires, , 685 p. (ISBN 2-84459-006-3), p. 271
  6. a, b et c Giovanna Nepi Sciré, La Peinture dans les Musées de Venise, Editions Place des Victoires, , 605 p. (ISBN 978-2-8099-0019-4), p. 310
  7. Vincent Pomarède, 1001 peintures au Louvre : De l’Antiquité au XIXème siècle, Musée du Louvre Editions, , 589 p. (ISBN 2-35031-032-9), p.324
  8. Wolfgang Prohaska, Le Kunsthistorisches Museum de Vienne : Peinture, C.H. Beck/Scala Books, (ISBN 3 406 47459 4), p. 30
  9. Véronique Prat, Chefs-d'œuvre secrets des grandes collections privées, Albin Michel, (ISBN 2-226-03427-7), p.12

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

Document utilisé pour la rédaction de l’article : document utilisé comme source pour la rédaction de cet article.

  • (en) Paolo Berdini, The religious art of Jacopo Bassano : painting as visual exegesis, Cambridge University Press, Cambridge, New York, 1997, 208 p. (ISBN 0-521-56170-1)
  • (fr) Jean-Pierre Habert et Catherine Loisel-Legrand, Bassano et ses fils dans les musées français, Réunion des musées nationaux, 1998, 119 p. (ISBN 9782711836697)
  • Raphaël Pic, « Fous de Bassano », Muséart, no 98,‎ , p.28-33
  • Document utilisé pour la rédaction de l’article Peter Humfrey, La peinture de la Renaissance à Venise, Adam Biro, (1re éd. 1995) (ISBN 2-87660-175-3)
  • Document utilisé pour la rédaction de l’article Michel Laclotte dir., Le siècle de Titien. L'âge d'or de la peinture à Venise, Réunion des Musées Nationaux, (ISBN 2-7118-2610-4), p. 745

Articles connexes[modifier | modifier le code]

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Sources[modifier | modifier le code]