Jack Unterweger

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Johann Jack Unterweger
Tueur en série
Information
Naissance
Judenburg, Drapeau de l'Autriche Autriche
Décès (à 43 ans)
Graz, Drapeau de l'Autriche Autriche
Condamnation 29 juin 1994
Sentence Prison à perpétuité
Actions criminelles Meurtres
Victimes 10-12
Période 1975-1992
Pays Drapeau de l'Autriche Autriche
Arrestation 26 février 1992

Johann Jack Unterweger (16 août 1950 à Judenburg - 29 juin 1994 à Graz) est un tueur en série autrichien. Condamné à perpetuité pour le meurtre d'une jeune femme en 1974, il est libéré en 1990, exemple alors d'une rédemption en prison. Il devient auteur et journaliste et acquiert une certaine célébrité en Autriche. Mais il va assassiner plusieurs prostituées dans ce pays mais également en Tchécoslovaquie et aux États-Unis[1],[2],[3], toutes étranglées (ce qui lui vaudra le surnom d'« l’Étrangleur de Vienne » par la presse[4]). Il se suicide en prison le soir de sa nouvelle condamnation à perpétuité.

Biographie[modifier | modifier le code]

Jeunesse et premier meurtre[modifier | modifier le code]

Jack Unterweger est né à Judenburg dans le land de Styrie dans le sud-est de l'Autriche. Il est le fils de Theresia Unterweger, barmaid que certaines sources décrivent également comme prostituée, et d'un père inconnu, peut-être l'officier militaire américain Frank M. Van Blarcom que sa mère aurait rencontré à Trieste en Italie. Sa mère est condamné pour fraude pendant sa grossesses et de nouveau condamné après sa naissance. Jack Unterweger est confié un temps à ses grands-parents. Peu éduqué et vivant dans la pauvreté, il bascule dans la délinquance à l'adolescence[5].

Unterweger est condamné et emprisonné plusieurs fois pour vol, braquage, cambriolage, enlèvement, et viol. En 1975, à 25 ans, il étrangle avec son soutien-gorge Margaret Schäfer, une jeune allemande de 18 ans. Arrêté, il est condamné à la prison à perpétuité.

Prison, « rédemption » et libération[modifier | modifier le code]

En prison, il apprend à lire, se cultive et se met à écrire poèmes, pièces de théâtre. Son roman autobiographique en 1982 (Fegefeuer : eine Reise ins Zuchaus, traduit en Purgatoire : un voyage à la prison) qui raconte l'histoire de son crime et de sa rédemption devient un best-seller[6]. Cette autobiographie est adaptée en téléfilm.

En 1985, une campagne pour une grâce et une libération anticipée débute. Le président autrichien, Rudolf Kirchschläger refuse alors la pétition qui lui est présentée, évoquant la peine incompressible minimale prononcée par la cour de 15 ans de prison[7]. Des écrivains, des artistes, des journaliste et des politiciens — principalement socialistes — s'activent pour une grâce[8] dont l'auteure et futur prix Nobel de littérature en 2004[3] Elfriede Jelinek, l'écrivain allemand Günter Grass[9], Peter Huemer[10] et l'éditeur du magazine autrichien de littérature Manuskripte, Alfred Kolleritsch[8].

Unterweger est libéré le 23 mai 1990, après avoir purgé la peine minimale requise de quinze ans de prison.

Réinsertion[modifier | modifier le code]

À sa libération, son autobiographie est enseignée dans les écoles et ses histoires pour enfants racontées à la radio. Unterweger devient l'invité de programmes de télévision pour discuter de la réhabilitation de criminels[11] et il acquiert une certaine notoriété. Il travaille comme reporter pour la radio publique autrichienne ORF. Il y fera des reportages sur les meurtres de prostituées pour lesquels il sera plus tard reconnu coupable[9],[8].

Meurtres de prostituées[modifier | modifier le code]

Quatre mois après sa libération, il recommence à tuer. Ainsi dans l'année suivant sa libération, il va étrangler avec leur soutien-gorge plusieurs prostituées : Blanka Bockova en Tchécoslovaquie [12],[13] et sept autres en Autriche (Brunhilde Masser, 39 ans, Heidi Hammerer, 31 ans, Elfriede Schrempf, 35 ans, Silvia Zagler, 23 ans, Sabine Moitzl, 25 ans, Karin Eroglu-Sladky, 25 ans et Regina Prem, 32 ans)[12]. En 1991, Unterweger est engagé par un magazine autrichien pour faire un reportage sur le crime à Los Angeles et les différences d'attitude entre les États-Unis et l'Europe sur la prostitution. Unterweger rencontre alors la police locale, participant avec un eux à une patrouille sur dans le quartier chaud de la ville[12] Durant le séjour d'Unterweger à Los Angeles, trois prostituées (Shannon Exley, Irene Rodriguez et Peggy Booth) sont battues, violées avec des branches d'arbres et étranglées avec leur soutien-gorge[14] mais la police locale ne trouve alors aucune piste.

En Autriche, Unterweger est considéré comme suspect pour les meurtres de prostituées dans son pays, la police ne trouvant aucune autre piste. Elle le met alors sous surveillance jusqu'à ce qu'il parte aux États-Unis pour faire son reportage, mais sans que rien ne le relie alors aux différents meurtres.

Arrestation, condamnation et suicide[modifier | modifier le code]

Revenu en Autriche, il utilise ses relations dans le milieu littéraire et médiatique pour se faire passer pour un bouc-émissaire. La police estime avoir suffisamment d'éléments pour mener une perquisition et l'arrêter mais il s'est enfui rejoindre sa maitresse en Suisse juste avant son arrestation. Un mandat d'arrêt est lancé contre lui et il est pourchassé en Suisse, en France puis aux États-Unis. Alors en fuite, il appelle des médias autrichiens pour essayer de les convaincre de son innocence.

Il est finalement arrêté avec sa compagne le 26 février 1992[6] à Miami par le FBI. À la suite des informations fournies par la police autrichienne, la police américaine le soupçonne des meurtres des trois prostituées à Los Angeles mais, faute de preuves suffisantes, ils acceptent de l'extrader. En Autriche, il est inculpé de 11 meurtres dont celui de Prague et des trois de Los Angeles[12]. Le jury le déclare coupable de 9 d'entre eux par une majorité de 6 contre 2[12] et il est condamné le 29 juin 1994 à perpétuité sans possibilité de réduction de peine.

La nuit suivante, il se suicide à la prison de Graz-Karlau (en) en se pendant avec une corde faite de lacets de chaussures et d'un lacet de pantalon de survêtement, utilisant le même type de nœud que celui utilisé pour étrangler toutes les prostituées<[1],[2],[3],[15].

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. a et b (en) Adrian Bridge, « Murderer's 'final freedom': The bizarre life of Jack Unterweger, poet and killer of prostitutes, ends at his own hand », sur independent.co.uk, (consulté le 20 mars 2018)
  2. a et b (en) Eric Malnic, « Austrian Slayer of L.A. Prostitutes Kills Self », sur latimes.com, (consulté le 20 mars 2018)
  3. a b et c (en)Michael Joseph Legare, When Things Seem Odd: Polly and the Internal Guardian, Friesen Press, (ISBN 9781460277539, lire en ligne)
  4. Julie Jacquet, « L'histoire de l'écrivain prodige Jack Unterweger : tueur en série », sur abebooks.fr (consulté le 20 mars 2018)
  5. (de) Jack Unterweger, Kerker, Edition Wien, , p. 186.
  6. a et b Jean-Pierre Vergès, Les tueurs en série, Hachette Pratique, coll. « Toutes les clés », (ISBN 9782012301573, lire en ligne)
  7. (en) John Leake, Entering Hades: The Double Life of a Serial Killer, Farrar, Straus and Giroux, (ISBN 9781429996334, lire en ligne)
  8. a b et c Robert MacFarlane, « A Murderous Talent », New York Times,
  9. a et b Kate Connolly, « John Malkovich brings serial killer Jack Unterweger back to life on Vienna stage », The Guardian,
  10. Gerhard Moser, « Der Mann aus dem Fegefeuer (The man from purgatory) », Österreichischer Rundfunk, ORF, ("Austrian Broadcasting"),
  11. (en) Michael Joseph Legare, When Things Seem Odd: Polly and the Internal Guardian, FriesenPress, (ISBN 9781460277539, lire en ligne)
  12. a b c d et e Rick Atkinson, « Killer Prose », The Washington Post,‎ (lire en ligne)
  13. Czech language article about the victim from Prague
  14. (en-US) Eric Malnic, « Austrian Slayer of L.A. Prostitutes Kills Self », Los Angeles Times,‎ (ISSN 0458-3035, lire en ligne)
  15. Nicolas Castelaux, Je tue donc je suis. Ecrits et dessins de serial killers, 2009, camion blanc, p. 87.

Filmographie[modifier | modifier le code]

Documentaires télévisés[modifier | modifier le code]

Émission radiophonique[modifier | modifier le code]

voir aussi[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]