Jack Kahane

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Jack Kahane
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Jack Kahane, né à Salford le 20 juillet 1887 et mort à Paris le 3 septembre 1939, est un écrivain et éditeur britannique, qui a fondé la maison d'édition Obelisk Press à Paris, en 1929.

Biographie[modifier | modifier le code]

Ses parents, Selig et Susy Kahane, sont des immigrants roumains.

Jack Kahane découvrit Paris durant la Première Guerre mondiale, alors qu'il était mobilisé comme soldat sur le front.

À la fin des années 1920, Jack Kahane, qui se veut alors romancier et qui a déjà publié un ouvrage chez Brentano's sous le pseudonyme de « Cecil Barr », décide de fonder l'Obelisk Press après la faillite en 1925 de Grant Richards, son éditeur[1]. Via un partenariat avec un imprimeur, Kahane publie donc lui-même son roman suivant, Daffodil, toujours sous pseudonyme.

En tant qu'éditeur de « dirty books » (de livres érotiques, ou curiosa, vendus par souscription dans le cadre du marché de la bibliophilie), Kahane publie des travaux sérieux comme des livres jugés à l'époque pornographiques. Ces derniers étaient bien entendu interdits de publication et de publicité, mais Kahane profita d'un vide juridique qui entourait les livres en anglais lorsque ceux-ci étaient publiés en France pour en éditer sans entrer dans l'illégalité. Les importer en Angleterre — voire aux États-Unis — pouvaient conduire à leurs confiscations, mais aucune loi des deux côtés de la Manche n'interdisait de les fabriquer en France. Kahane, dans le cadre de ce trafic, n'était ni le premier ni le seul à user de ce stratagème.

La maison Obelisk Press, officiellement fondée en janvier 1932 en hommage à l'obélisque de la place de la Concorde, est d'abord lancée sous le nom de « The Vendôme Press » en janvier 1930 avec comme adresse (fictive ?) la place Vendôme. Il publia notamment Tropique du Cancer d'Henry Miller ainsi que des travaux que les autres éditeurs n'auraient pas publié par peur d'éventuelles poursuites judiciaires, comme L'Amant de lady Chatterley de D. H. Lawrence ou certaines œuvres de James Joyce, comme Haveth Childers Everywhere, un extrait du Work in progess, publié au printemps 1930 avec l'aide de l'éditeur Henri Babou — le siège parisien est alors situé au 1 rue Verniquet sous le nom de « Henri Babou and Jack Kahane Publishers » : il se peut que Kahane ait utilisé la marque Babou dès 1927-1928. Le catalogue indique parfois des prix de ventes très élevés — au moins dix fois celui d'une édition courante — et que la moitié des ouvrages est destinée à la vente aux États-Unis[2], [3] : Kahane avait donc créé deux formes d'ouvrages, une édition courante vendue seulement en France et tirée à environ un millier d'exemplaires, et une édition format luxe qui pouvait être exportée sous le couvert de la bibliophilie, tirée à moins de 500 exemplaires.

Marié à Marcelle Girodias, Jack Kahane est le père de  :

Écrits[modifier | modifier le code]

Livres composés par Jack Kahane et publiés sous le pseudonyme de Cecil Barr[4] :

  • Laugh and grow rich. Life, loves and adventures of an expatriate Englishman in post World War I in Paris, New York, Brentano's, 1923.
  • Daffodil, Paris, The Vendôme Press, 1931.
  • Amour: French for Love, Paris, The Obelisk Press, 1932.
  • Lady, take heed!, Paris, The Obelisk Press, 1937.
  • (en) Memoirs of a Booklegger, The Obulus Press (réimpr. 2010) (1re éd. 1939), 222 p. (ISBN 0981178014 et 9780981178011, OCLC 633169640, présentation en ligne)

Extrait de son catalogue[modifier | modifier le code]

La plupart des ouvrages portent la mention « Not to be imported in Great-Britain or U.S.A. ».

  • Richard Aldington, Death of a Hero (Babou & Kahane Publishers, 1930)
  • James Joyce, Pomes Penyeach (1932)
  • Frank Harris, My Life and Loves (1934)
  • Henry Miller, Tropic of Cancer (1934)
  • James Hanley, Boy (1935)
  • Cyril Connolly, The Rock Pool (1936)
  • Lawrence Durrell, The Black Book (1938)
  • Anaïs Nin, Winter of Artifice (1939)

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

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Liens externes[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Dans Obelisk: A History of Jack Kahane and the Obelisk Press (op. cit., p. 57), où Neil Pearson indique que Grant Richards a fait faillite en 1925. [(en) lire en ligne]
  2. Chronologie de l'édition française par Pascal Fouché, moteur de recherche en ligne.
  3. Bulletin du bibliophile no 22, Paris, Éditions Au sans-pareil, juillet 1930, annonce publicitaire en hors-texte.
  4. (en) « Obelisk Scarcity » par The Bookworm, 21 novembre 2014.