Jack-o'-lantern

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Une citrouille-lanterne, ou jack-o’-lantern.

Une jack-o’-lantern (ou citrouille-lanterne[1],[2],[3]) est un lampion fabriqué à partir d'un navet ou d'une citrouille évidée dans laquelle un visage, souvent grimaçant, a été découpé.

Origine du terme[modifier | modifier le code]

D’après le Dictionnaire étymologique en ligne Douglas Harper, l’expression anglaise jack-o’-lantern serait apparue vers 1660 pour signifier night-watchman (« garde de nuit », « veilleur ») et était utilisé dès 1670 comme variation locale de will-o-the-wisp en East Anglia et dans le sud ouest de l’Angleterre[4]. D’après le même dictionnaire, le terme Will with the wisp serait apparu vers 1600, mais le dictionnaire ne cite aucune source écrite pour ces termes.

Il est probable qu’à l’origine, un jack-o’-lantern, connu aussi sous le nom de Jack with a lantern, Jack Lantern, Will with a whisp, Will of the wisp, désignait simplement un feu follet. Abel Boyer notait par exemple dans son Dictionnaire royal francois-anglois (et anglois-francois): « Jack with a Lantern (or Wil-with a wisp) Un feu follet, forte de météor »[5]. Et M. Lescallier donne une description similaire dans son Vocabulaire des termes de marine anglois et françois : « Jack with a lantern, voy. Saint Elme's fire »[6].

En effet, les feus follets sont de petites flammes dues à la combustion spontanée à l’air libre d’émanations conjointes de gaz contenant du méthane et du phosphore, émis par la décomposition de matières organiques telles que des cadavres, d’où leur présence dans les cimetières: ceci expliquerait que le folklore ancien les voyait comme la manisfestation d’esprits ou d'âmes venues de l’autre monde.

De nombreux textes abondent dans ce sens. En 1790, dans sa comédie The Battle of Hexham, George Colman écrit « Has Jack Lantern e’er play’d tricks with thee? »[7] En 1798, Tom Telescope écrit dans The Newtonian System of Philosophy « but I want to have an account of, is this same Jack-with-a-Lantern, which so haunts my Lord Marquis’s park, and t’other day led my friend Tom Wilson into a large pond »[8].

Quoi qu’il en soit, le terme est ancien puisqu’on le trouve déjà en 1704, dans A Tale of a Tub de Jonathan Swift : «  Sometimes they would call Jack the Bald ; sometimes Jack with a lantern ; sometimes Dutch Jack ; »[9].

Il est possible que la légende de Jack à la lanterne soit plus ancienne, mais elle appartiendrait à la tradition orale. On n’en trouve pas de retranscription avant le XIXe siècle.

Description[modifier | modifier le code]

Jack est probablement le personnage le plus populaire associé à la fête d’Halloween. Il provient d’un vieux conte Irlandais et aurait été un maréchal-ferrant irlandais, avare, ivrogne, méchant et égocentrique[10]. Un auteur en donne une version détaillée dans le Dublin Penny Journal (1835)[11].

Une jack-o’-lantern traditionnelle (navet) irlandaise du début du XXe siècle exposée au Museum of Country Life (en).

Un soir, alors qu’il était dans une taverne, Jack bouscule le Diable. Ce dernier, comme à son habitude tente de convaincre Jack de lui laisser son âme en échange de faveurs diaboliques. Sur le point de succomber, Jack demande alors au Diable de lui offrir un dernier verre avant qu’il n’accepte le pacte. Le Diable se transforme alors en pièce de six pence afin de payer le tavernier. Prestement, Jack empoigne la pièce et la glisse dans sa bourse. Or, celle-ci contient une croix d’argent : le Diable ne pouvant plus se transformer de nouveau, est prisonnier sous la forme de cette petite pièce. Jack obtint alors du Malin qu’il ne vienne pas réclamer son âme avant que ne se soit écoulé dix ans, ce que le Diable accepte. Dix ans plus tard, Jack rencontre le Diable sur une route de campagne : ce dernier réclame son dû. Jack réfléchissant à toute allure dit alors « Je vais venir, mais d’abord pourrais-tu cueillir une pomme de cet arbre pour moi ? ». Le Diable grimpe sur les épaules de Jack et s’accroche aux branches du pommier. Jack sort alors son couteau et sculpte une croix sur le tronc de l’arbre. Coincé de nouveau. Le rusé maréchal-ferrant obtient alors du Diable la promesse qu’il ne prenne jamais son âme… Sans autre solution, le Diable accepte et Jack efface la croix rouge du tronc.

Lorsque Jack meurt, l’entrée au paradis lui est refusée, à cause de sa vie d’ivrogne, et conformément à sa promesse, le Diable refuse également de le laisser entrer en enfer. Jack réussit néanmoins à convaincre le Diable de lui donner un morceau de charbon ardent afin d’éclairer son chemin dans le noir. Il place alors le charbon dans un navet creusé en guise de lanterne, et se voit condamné à errer sans but jusqu’au jour du jugement dernier, avec sa lanterne. Il y gagne le surnom de Jack of the Lantern (Jack à la lanterne, en anglais), ou Jack-o’-Lantern, et il réapparaît chaque année, le jour de sa mort, à Halloween.

Le terme « Jack à la lanterne » désignait à l’origine un veilleur de nuit ou quelqu’un portant une lanterne. La tradition irlandaise de creuser des navets lors de la nuit d’Halloween (en souvenir des âmes perdues comme celle de Jack) fut vite remplacée, lors de l’exode massif des Irlandais vers les Amériques en 1845-1850 (Grande famine en Irlande) par celle de creuser des citrouilles qu’ils trouvèrent sur place. Cette tradition, plutôt campagnarde, ne s’est répandue partout aux États-Unis que depuis le début du XXe siècle. Les citrouilles utilisées sont d’une variété particulière de ce cucurbitacée orange, elles sont devenues rapidement le symbole principal de la fête d’Halloween grâce à leur forme régulière rappelant un visage, et à la facilité avec laquelle on peut les creuser[12].

Toutefois, le fait de creuser des têtes de mort dans des navets pour fabriquer des lampions, n’est pas une tradition exclusivement irlandaise et n’est pas associée qu’à Halloween.

Galerie[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. « Citrouille-lanterne », Le Grand Dictionnaire terminologique, Office québécois de la langue française
  2. Revue d’histoire et d’archéologie p. 172 (volume IV)
  3. En règle générale, ces noms composés (contrairement aux adjectifs) sont dépourvus de trait d’union : cf. Trait d’union (généralités).
  4. (en) « Jack-o’-lantern (n.) », sur Douglas Harper Online Etymological Dictionary, 2001-2016
  5. Abel Boyer, Dictionnaire royal françois-anglois et anglois-françois: tiré des meilleurs auteurs qui ont écrit dans ces deux langues, Paris, Adrian Moetjens, Marchand libraire près de la Cour, à la libraire françoise, , p. 138
  6. M. Lescallier, Vocabulaire des termes de marine anglois et françois, en deux parties; orné de planches, avec une explication des figures qui y font contenues, & des définitions de quelques termes de marine, principalement ceux de gréement, Londres, Peter Elmsley, , p. 39
  7. (en) George Colman, The Battle of Hexham: A Comedy in Three Acts : as Performed at the Theatre-Royal, Crow-Street, Dublin, Peter Byrne, , p. 41
  8. (en) Tom Telescope (A.M.), The Newtonian System of Philosophy: Explained by Familiar Objects, in an Entertaining Manner, for the Use of Young Ladies and Gentlemen, Ogilvy and Son, Vernor and Hood, J. Walker, Lackington, Allen, and Company, and Darton and Harvey, , p. 68
  9. (en) Jonathan Swift, The Works of Dr Jonathan Swift, Londres, C. Bathurst, 1765 (1704 pour la première édition du texte), p. 110
  10. (en)The Old and Enchanting History of the Jack-O-Lantern
  11. (en) E.W. (auteur) Philip Dixon Hardy (éditeur), "Jack o' the lantern" in The Dublin Penny Journal, volume 4, Dublin, Philip Dixon Hardy, 1834-1835, p. 229-232
  12. (en)Origins of the Jack O’ Lantern

Annexes[modifier | modifier le code]

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Liens externes[modifier | modifier le code]