Józef Haller

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Józef Haller de Hallenburg

Józef Haller de Hallenburg (né en Galicie (Autriche-Hongrie) le 13 août 1873 et mort à Londres le 4 juin 1960), est un général et homme politique polonais.

Biographie[modifier | modifier le code]

Jeunesse et formation[modifier | modifier le code]

Blason des Haller de Hallenburg.

Il est né en Galicie au manoir familial de Jurczyce, à Konradshof au sud de Cracovie, dans une famille aristocratique. Cette partie de la Pologne était alors sous administration de l'Empire austro-hongrois.

Son père Henryk Haller von Hallenburg et sa mère, née Olga Treter, lui donnent une éducation catholique stricte. Lui-même et son fils font partie du tiers-ordre franciscain. Son père Henryk a participé dans sa jeunesse à l'insurrection polonaise de 1863. Son grand-père maternel était capitaine pendant les événements de 1830 et fait chevalier de l'ordre militaire de Virtuti Militari. C'est son arrière-grand-père paternel, Martin Aloys Haller, qui a été anobli par l'empereur François II en 1795, ajoutant ainsi von Hallenburg à son nom. La famille est d'origine allemande. Le premier Haller, Johann, est un riche imprimeur originaire de Rothenburg ob der Tauber en Franconie qui s'est installé à Cracovie, où il est mort en 1525. Il donne naissance à une riche descendance de négociants et de propriétaires terriens autour de Cracovie. La famille Haller s'installe à Lemberg[1] en 1882, où Jozef fréquente le lycée allemand. Ensuite il poursuit ses études au lycée militaire de Kaschau en Hongrie[2]. Il passe son baccalauréat (Maturität) au lycée militaire supérieur de Mährisch Weißkirchen en Moravie, fréquenté par de jeunes archiducs et aristocrates autrichiens.

Au sein de l'armée austro-hongroise[modifier | modifier le code]

Jozef Haller étudie plus tard à l'Académie militaire et technique de Vienne, où il termine comme lieutenant et entre en 1895 dans l'armée impériale austro-hongroise. Il sert pendant quinze ans, jusqu'en 1910, au 11e régiment d'artillerie, stationné dans sa ville de jeunesse, Lemberg. C'est ici qu'il épouse en 1903 Alexandra Sala qui lui donne un fils en 1910, Erik. Il démissionne de l'armée au grade de capitaine à la naissance de son fils, afin de se consacrer à sa propriété. Il s'intéresse activement aux coopératives de consommation et il est actif dans le domaine du scoutisme catholique galicien alors naissant. Il organise aussi des cercles de travail au sein du mouvement Sokol, originaire de Moravie. Il est proche du parti national-démocrate.

Lorsque la Première Guerre mondiale éclate, l'armée impériale et royale austro-hongroise, alliée de l'armée impériale allemande, met sur pied des légions polonaises en Galicie, à partir du 27 août 1914. Elles sont indépendantes et formées à l'initiative de parlementaires de l'assemblée autrichienne et de membres de partis autonomistes polonais sujets de l'Autriche. Elles combattent l'armée impériale russe alliée de l'Angleterre et de la France, dans les Carpathes et en Galicie. Des sujets du Royaume du Congrès (sous administration russe) y sont même acceptés. Haller forme des bataillons de membres du parti agrarien, du mouvement Sokol, et fidèles des milices de défense de Piłsudski, etc. Cependant la Galicie orientale finit rapidement par être occupée par l'armée impériale russe et les Autrichiens (avec leurs légions polonaises) sont défaits à Lemberg dans les premières semaines de la guerre. Des officiers français et anglais viennent en renfort à Lemberg contre les armées austro-allemandes et leurs affidés polonais. Haller est nommé lieutenant-colonel. Il prend le commandement du 3e régiment de la 2e brigade du général-comte Szeptycki. À partir du 30 septembre 1914, Haller combat contre les troupes russes sur le front des Carpathes orientales, afin de défendre la frontière hongroise. Jusqu'au 24 janvier 1915, l'armée austro-hongroise défend une guerre de position extrêmement difficile. Mais finalement ce sont les Russes qui reculent cette fois-ci, mais les brigades polonaises ont perdu presque la moitié de leurs effectifs. Haller est nommé colonel au lendemain de la victoire de Rafaïlova.

Alors qu'il est en permission en mai 1915 pour un pèlerinage à Notre-Dame de Częstochowa, Haller subit un grave accident de la route qui l'immobilise à l'hôpital pendant dix mois. Il est nommé à son retour commandant de la Seconde Brigade des légions polonaises en juillet 1916, et en 1918 il dirige des unités commandées jusque-là par les forces françaises, et appelées armée bleue (ou armée Haller).

Tournant de 1918[modifier | modifier le code]

Au lendemain de la « charge de Rarańcza » en 1918, il traverse comme commandant du 2e corps auxiliaire polonais, la ligne de front austro-russe en direction de l'actuelle Ukraine, où il unit ses troupes aux détachements polonais qui ont quitté l'armée de l'Empire russe récemment disparu.

Il franchit le pas de combattre ses anciens alliés en vue de former une armée indépendante polonaise. Mais son corps d'armée est interné par les Allemands qui, après le traité de Brest-Litovsk avec les Bolchéviques, considéraient la présence des troupes polonaises en Ukraine comme illégale. Cet internement a lieu après une bataille féroce entre Polonais et Allemands à Kaniów (10 mai 1918, 2 500 pertes). Il parvient à s'échapper jusqu'à Moscou.

Après 1918[modifier | modifier le code]

Le général Haller touchant le drapeau de l'Armée bleue.

Plus tard, il arrive en France par la route de Mourmansk. Au nom du Comité national de Pologne, il forme en France une seconde Armée bleue (cette fois-ci en rapport avec les uniformes français « bleu horizon »), formée de volontaires polonais (dont 22 000 immigrés polonais des États-Unis et 300 Polonais du Brésil). Elle combat l'armée allemande dans les Vosges et en Champagne. À la fin de la guerre ce sont 100 000 hommes qui sont passés par cette armée.

Il arrive en 1919 en Pologne - tout juste indépendante - à la tête de cette nouvelle armée, et il est expédié sur le front ukrainien.

En 1920, l'armée de Haller s'empare de la Poméranie et entre dans Dantzig[3], ville entièrement allemande, au nom de la Pologne. Pendant la guerre russo-polonaise, il commande une armée de volontaires. Il est également inspecteur général de l'armée et membre du Conseil de guerre.

En 1920-1927, il est député du Sejm. Après l'élection de Gabriel Narutowicz comme président de la République en décembre 1922, Haller tombe en défaveur [citation nécessaire]. Après le coup d'État de 1926, il est contraint de prendre sa retraite. Il coorganise un parti d'opposition, le Front Morges.

Au moment de l'invasion de la Pologne par l'armée allemande, Haller vit à l'étranger. En 1940-1943, il sert comme ministre de l'éducation dans le gouvernement polonais en exil que dirige Sikorski. Après 1945, il s'installe à Londres et ne participe plus à aucune activité politique polonaise.

Décorations[modifier | modifier le code]

Mémorial du général Józef Haller à Puck en Pologne.

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Aujourd'hui en Ukraine
  2. Aujourd'hui en Slovaquie
  3. Aujourd'hui Gdańsk, ville polonaise

Sources[modifier | modifier le code]

Voir aussi[modifier | modifier le code]

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Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • (pl) Stefan Aksamitek, Generał Józef Haller: zarys biografii politycznej, Wydawn. "Śląsk", Katowice, 1989, 274 p. (ISBN 9788321606958)